16 avril 2014

Réveil en douceur sous un temps pas trop mauvais. Le programme aujourd'hui c'est d'aller demander à l'Office de tourisme (qui ne nous a pas rappelé) si on peut filmer le concert qui se déroule à l'Eglise San Rucchellu ce soir à Ajaccio (ça tombe bien puisqu'on y est). Départ en fin de matinée pour le centre ville d'Ajaccio... Comment il peut y avoir autant de voitures dans une ville aussi petite ? Je veux dire, okay Ajaccio c'est pas minuscule, mais y a des bouchons à toute heure et les rues sont remplies de voiture garées des deux côtés. Faut dire aussi que les rues sont pas larges, ça aide pas. Après avoir tourné un quart d'heure, on trouve finalement une petite place à côté d'une poubelle, et accessoirement à côté de l'Office de tourisme aussi. On sort de la voiture, il pleut (si si c'est important). La madame de la veille nous raconte qu'elle a pas réussi à avoir le groupe au téléphone hier soir, mais que là oui, et qu'ils ont dit oui, donc c'est cool. On prend nos places de concert et on se dirige vers l'église en repérage. Elle se trouve dans une petite rue piétonne très mignone du centre ville, dans laquelle nous buvons un chocolat chaud (dans la rue hein pas dans l'église... enfin pas dans la rue directement, dans un café qui est dans la rue quoi – « prends nous pour des cons on te dira rien » Ok ok pardon.)

De retour au camping vers midi, on sort la nappe (à savoir des sur-sacs imper et des capes) et l'attirail de cuisine pour se faire à manger, quand il commence à pleuvoir. On rentre donc tout à l'intérieur de la tente et lorsqu'on commence à manger notre riz aux champignons sous la tente, la pluie cesse. On ressort les affaires, et y r'pieut. Bordel.

 Le mec qui taille derrière il s'appelle Michel.

Après ce repas délicieux finalisé par une compote premier prix, nous voici de retour sous la tente (et sous la pluie) pour faire des tests de micros / caméra et préparer les questions de l'interview. Quelques heures plus tard, nous voici devant l'église où Jean-Jacques, membre du groupe, vient à notre rencontre : on ne pourra pas filmer tout le concert pour des questions de droits d'auteur. L'église est toute petite mais très belle et apparemment d'une acoustique incroyable. Après plusieurs tests de son et de positionnement de la caméra en essayant de pas gêner les gens, le concert polyphonique commence. Ils sont cinq hommes, la main sur l'oreille, chantant principalement des paghjelle, chants polyphoniques traditionnels tels qu'ils le sont le plus dans l'esprit des étrangers (enfin je pense). Ce sont des polyphonies a capella chantée jadis par les bergers corses, composées de trois voix et, quand l'acoustique et le moment s'y prête, une quatrième émerge, produite par aucun des chanteurs mais par tous en même temps, celle qu'ils appellent « l'harmonie » et qui porte différents noms selon les pays où les polyphonies la font entendre. C'est une voix très aigue qui émerge des harmoniques des voix qui s'assemblent. C'est absolument magnifique à entendre et le concert fut un véritable moment de musique, très intense. 


L'interview qui s'en suit est extrêmement riche autant pour nous que pour le futur film de Camille. Les membres du groupe sont d'une sympathie débordante et nous invitent à boire un verre avec eux après l'interview. Ils sont drôles, accueillants, un peu chauvins, et surtout très chaleureux. Une très belle soirée s'écoule tandis que la note donnée à ce début de périple nous ravit plus que tout. Et la bière corse est super bonne ! Nous nous éclipsons de cette super ambiance et nous lançons à la recherche d'un repas chaud. Dans le centre ville, pas de circulation (pour une fois), tout est calme et surtout tout est fermé. On finit par tomber sur une pizzéria qui veut bien nous servir et où nous sommes les uniques clientes. On parle de la soirée, on mange bien (pâtes au foie gras pour Camille, suivi d'un débat sur le végétarisme – ah mais j'ai pas dit que c'était les vacances pour tout hein), on rigole bien, on est aux anges après cette soirée géniale. Tellement géniale que ça serait dommage que je meurs maintenant : je suis tombée malade juste après les écrits du CAPES après plusieurs années sans un rhume, et voici que je me tape une bronchite assez raide qui a bien ses chances de virer en pneumonie (en général quand j'ai une bronchite c'est soit pneumonie soit je me casse une côte en toussant, au choix). Bref, j'ai très mal aux poumons et ça serait cool que ça s'arrête un peu. De retour au camping, il fait très froid. Les duvets sont glacés et Camille s'enroule dedans tant bien que mal tandis que je me lance dans le froid vers les douches qui me réchaufferont un peu. 

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