19 avril 2014

Je me réveille relativement tôt avec la ferme intention de régler le problème de la voiture, sans quoi on va avoir des problèmes pour rouler, de nuit ou pas. Après un appel téléphonique à papa mécano (cf. Irlande 2012), le grillement d'un fusible semble être une potentielle source du problème. J'appelle le propriétaire de la petite Lancia qui m'explique comment retirer le fusible des clignotants avec la clé, bien que ça ne me dise pas comment changer celui des feux stop, du compteur, des feux de recul... Finalement tous les problèmes se règlent avec le changement du fusible, sur lequel sont branchés TOUS les feux arrière et le compteur. Soulagées, nous reprenons la route en remerciant Yann qui a été très disponible face à ce problème. Le programme aujourd'hui c'est de se rendre vers 16 heures chez Evelyne et Roland, membres de la famille de Camille qu'elle n'a pas vue depuis une petite quinzaine d'années... Roland fait partie de la confrérie de Nessa, le village où il vit. Ce soir, on assistera à la veillée pascale, cérémonie religieuse qui se déroule dans un village proche de Nessa et qui rassemble toutes les confréries alentours. Mais avant ça, nous profitons d'un soleil radieux pour aller faire une promenade sur l'île rousse de L'île Rousse, ville éponyme (sans déconner ?). Nous nous garons à côté du port et nous rendons sur la péninsule à pieds, en longeant la mer par les rochers sur lesquels les vagues s'éclatent vivement.



Du phare, on a une belle vue sur Isula Rossa (le nom vernaculaire de L'île Rousse) et les côtes agitées qui nous entourent.




Camille est malade aujourd'hui, et vu les gaffes que je commence à faire quotidiennement, je me demande si on serait pas en train de fusionner. De retour au camping et après avoir passé la soirée d'hier à chercher les prises aux sanitaires, je demande à l'accueil où est ce qu'on peut recharger nos portables. Le type m'amène aux sanitaires où il y a des prises entra chaque lavabo. Waahh, comment ont-ils pu les poser pendant la nuit ?! Je comprends pas. Ceci étant dit, il a du me prendre pour une débile quand je lui ai demandé « où est ce qu'on peut recharger nos portables parce qu'y a pas de prises aux sanitaires ? » Vers 15h30, nous partons pous Nessa. Il pleut quand on arrive chez Roland et Evelyne, qui nous accueillent très chaleureusement. Cela fait presque quinze ans qu'ils n'ont pas vu Camille ! Ils ont l'air très ouverts et fort sympathiques. Vers 18 heures, nous partons avec Roland que nous suivons jusqu'à l'église où se déroulera la cérémonie. Nous rencontrons un bon nombre de membres de la confrérie et attendons que le rituel commence à l'intérieur de l'église. On nous a dit de ne pas demander au curé si on pouvait filmer parce qu'il ne voudrait pas. Mais l'idée c'est quand même de filmer « discrètement » sans demander l'autorisation. C'est alors qu'on entend des chants dehors et nous sortons en suivant les gens. Dans la cour devant l'église, le curé et les confrères sont en cercle autour d'un feu. Le prêtre récite des passages de la Bible (je n'y connais rien) en allumant les cierges.



Après le rituel autour du feu, tous rentrent dans l'église et les chants polyphoniques commencent autour de l'autel, alternés avec des lectures. Pendant près de deux heures, nous enregistrons et filmons tant bien que mal la cérémonie, les bras levés pour voir au travers de l'écran ce qui se passe au dessus des multiples têtes devant nous. Tant pis si le prêtre n'était pas d'accord car je crois qu'il a clairement vu la caméra s'élever dans les airs en face de lui. Après la messe qui fut (un peu trop) longue, nous nous retrouvons tous dans une salle des fêtes adjacente où il y a à manger et à boire... En attendant les interviews de confrères, nous nous repaissons de pain au fromage. Soudain, les chiami e respondi émergent de la foule !! Il s'agit de chants polyphoniques profanes, un genre de joute poétique responsoriale où deux groupes de chanteurs alternent appels et réponses, parsemant leur chant d'improvisations. Un moment extrêmement riche et jouissif autant pour les oreilles que pour les plans à la caméra !!! Même si on s'est globalement bien faites marcher dessus, Camille est aux anges, elle qui rêvait d'intégrer ce genre d'images à son documentaire. Après les interviews, on rentre au camping de nuit, sous la pluie, des virages plein la route, avec des essuis-glaces qui se déboîtent sans arrêt et sans feux de route puisque je ne les trouve pas sur la voiture \o/. Arrivées au camping, je crois qu'on a du mettre un bon quart d'heure avant de descendre de la voiture, réticentes à l'idée d'aller prendre les affaires de douche dans la tente, prendre la douche, sortir de la douche, faire à manger, rentrer dans la tente, et tout ça sous la pluie et dans le noir. On règle déjà le problème du repas en décidant de ne pas manger puisqu'aucune de nous deux n'a faim. Après une douche de vingt minute, on reste devant les prises des sanitaires pendant une grosse demie heure en buvant un thé et en attendant que les portables / caméra chargent. Il fait froid, il pleut, on est mouillées, malades et fatiguées. On espère que demain il fera bien meilleur temps.

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