17 août 2015


M'exposer un peu plus au soleil 
(désolée, pas trouvé d'autre citation)


Bon, j'me casse (petite casse-dédi à Msieur le prof). C'est par un temps dégagé que je me réveille et apprécie le luxe de prendre une petit dej dehors, et même que j'suis allée acheter un croissant au boulanger qui klaxonne à 8h30. La tente est presque sèche, ça fait tellement plaisir. Je me prépare, range toutes mes affaires, nettoie la tente au mieux avec éponge et torchon et range tout le bazar dans mon sac qui me paraît tout à coup tellement léger ! Je sais pas pourquoi, si c'est l'habitude ou parce qu'il est vraiment moins lourd (j'ai pourtant deux bouteilles de bière en plus), mais ça va carrément.
10h30, voilà, je pars du camping et retourne au centre ville de Beaufort pour choper le bus vers Les Saisies. Par contre... J'ai vraiment mal au genou, en fait. Ça devrait passer, aujourd'hui j'vais pas faire grand chose, je vais reposer mes jambes malformées (genu warum si tu me lis, wesh).

Arrivée au bus, je me retrouve avec un groupe de VTTistes, d'ailleurs un mec me tape la causette tout le trajet en me disant que maintenant il va faire beau jusqu'à vendredi, que « c'est dommage que tu partes demain »... OUI JE SAIS. Bon, ça aurait pu être pire, hein, au moins si je suis pas mouillée les deux derniers jours, c'est plutôt cool !
 
J'arrive aux Saisies quand je demande partout le camping des Jorets, mais personne a l'air de connaître... J'ai une adresse, « 342 rue de Mirantin », mais y a que des chalets de location, c'est dans le centre ville, je comprends rien... Je demande aux gens, on me dit « ah bah y a pas de camping ici ». Après une errance vaine, me voilà de retour à l'office de tourisme.
« Bonjour monsieur, je cherche un camping qui n'existe pas !
- Ah, le camping des Jorêts ? [le monsieur sort un plan]
- Oui !!
- Ah bah il existe mais c'est à 3 kilomètres et demie d'ici, faut prendre la route des crêtes et monter jusqu'au col de la Légette.
- Ah bon :| »


Bon, y a deux bonnes nouvelles, et une mauvaise. Les bonnes nouvelles c'est que le camping existe, déjà, et ensuite que les 3 kilomètres en question, c'est sur ma route de demain !! Sachant que 18 km m'attendent, je crois que je vais apprécier d'avoir un peu d'avance demain, surtout que je dois être de retour au col du Joly vers 16 heures pour être au télécabine du Signal avant sa fermeture, à 17h. La mauvaise nouvelle c'est que je vais me taper 300m de montée avec mon genou en compote alors qu'y a un télésiège qui y monte et que le bus s'est arrêté devant tout à l'heure. Mais bon, c'est loin maintenant, tant pis, j'ai le temps de toutes façons.

Les Saisies c'est plutôt mignon, mais ça sent quand même la grosse industrie touristique en hiver. Je m'arrête dans un snack pour manger un panini et regarde les VTTistes couverts de boue passer devant moi. Hell, ils sont vraiment dégueulasses.


Me mets en route vers le camping un peu à l'aveuglette, je prends un sentier de randonnée qui monte pour éviter la route, derrière moi y a un mec avec un chien qui s'appelle Benji et qui arrête pas de courir partout et se rouler dans la boue (le chien hein, pas le mec). J'entends son maître lui courir après et lui dire d'un air désespéré « Benji, mais pourquoi t'as fait ça ? », comme si le chien allait se rendre compte que c'était pas cool et s'excuser, et ça me fait plutôt rire.

Chaque pas du pied gauche me lance une vilaine douleur sur le côté du genou et je commence à me dire que ça a pas l'air de s'arranger cette histoire. J'ai bien un paracétamol mais ça va pas me faire tenir bien longtemps... J'arrive au Col de la Légette où y a une blinde de bagnoles et de gens qui viennent voir je sais pas trop quoi parce que comme y a pas mal de nuages on voit pas grand chose...

Pour accéder au camping, y a un gros gros souci : une saleté de descente qui me fait vraiment très mal au genou. 


Je mets 10 minutes à faire les 200 mètres de descente jusqu'au camping, mais mon arrivée me remplit de joie... Cet endroit a quelque chose de très paisible. Le propriétaire est sympa, tu sens qu'il a passé un bon moment ici, loin des touristes... Ah oui, ça, on est loinnnnnn du camping de Beaufort remplis de caravanes et de miards qui gueulent dans tous les coins. Y a 6-7 tentes, les voitures sont pas sur le terrain de camping, y a même des poules qui se baladent entre les tentes, le chalet d'alpage est trop mignon et tout ça donne envie d'y rester plusieurs nuits... Quand j'exprime mon sentiment au propriétaire, celui-ci clot notre discussion d'une phrase qui veut tout dire : « c'est un état d'esprit de venir ici ».






Et en plus, il fait soleeeeeil, et j'installe ma tente sereinement, avec un sentiment d'allégresse hyper agréable. Une fois le tout installé, il est 15 heures passées quand je me lance pour un petit tour de 3 kilomètres autour de la Légette. Je ménage mon genou pour ce qu'il me reste demain... Mais quand même, c'est dur. Le plat me fait moyennement souffrir, la montée un peu plus, mais lors de la descente, même très légère, je morfle bien. Je me demande comment je vais faire, la pharmacie la plus proche est aux Saisies à 3,5 km en descendant... Chiottes, c'est mort, je vais pas me taper 7 km de descente puis montée pour une crème qui servira probablement à rien. Mais bon, hormis ça, le ciel est plutôt dégagé et le tour est plutôt sympa.

 Normalement quand c'est bien dégagé on voit des grosses montagnes genre le Mont Blanc et tout.

Les Saisies et le Mont Bisanne.

16h30, je m'offre un goûter de luxe (comprendre gaufre au chocolat + thé aux fruits rouges) dans au café-restau du col de la Légette. A côté de moi, un groupe de vieux débattent du rapport qualité-prix des lamborghini en citant leur ami François qui en possèdent deux. Une gamine arrive près d'eux avec un sweat « SAINT JEAN DE LUZ » et une idée me vient en tête : fuir ces clichés ambulants. Ces types aux lunettes de soleil et gomina avec leurs bonnes femmes au rire de diva, ça me file la gerbe (oui, je suis toujours aussi aigrie et c'est toujours aussi assumé). Une fille se pose derrière moi et je l'entends appeler plusieurs personnes à la suite en leur reprochant d'avoir oublié son anniversaire la veille. Mais. Quoi ?? Jamais ça me viendrait à l'idée d'appeler quelqu'un en lui disant « hé salut ça va ? DIS DONC T'AS PAS OUBLIÉ UN TRUC ? »

 
Allez, il est temps de retourner dans mon camping d'alpage...

J'ai vraiment mal au genou. Je sais que je le dis souvent, mais c'est pour vous rappeler la douleur comme elle m'était rappelée à chaque pas. Je vais être un peu dans la merde demain je crois... Le paracétamol que j'ai pris en début d'après-midi a l'air de servir à rien du tout. Je me fabrique une genouillère de fortune avec un torchon que je sers autour de mon genou, mais je sens que ça va se barrer en moins de deux... Punaise, je commence à déprimer là. C'est pas possible, y a rien qui peut se passer bien ? Je peux pas avoir une journée confortable, sans pluie, sans douleur ? Maintenant que le temps commence à se dégager, voilà que je suis bloquée par mon propre corps... En fait, c'est de la déception que je ressens. Je suis pas déçue d'être là, pas déçue de mon projet ni de ce que je fais, mais j'attendais tellement de cette semaine en solo. J'idéalisais un peu le truc, je me voyais arpenter les montagnes en sautillant avec une vue imprenable sur le massif du beaufortain ou du mont-blanc, des pics à perte de vue... Résultat je me retrouve dans les nuages à boiter comme une lépreuse. Alors bien sûr, ça reste chouette hein, c'est la montagne, c'est forcément chouette. Mais j'avoue que j'aurais bien aimé finir en beauté avec la randonnée de demain sans peiner à poser le pied au sol... Donc je suis un peu partagée, bizarrement, entre la plénitude et la tristesse. J'avais fait tellement de plans sur la comète que cette perfection déchue fait tomber un peu mon moral. Je crois que j'ai juste pas eu de chance. Et je crois que je retenterai ma chance, de toute façon.
En plus il CAILLE, sérieux. Forcément, on est plus dans la cuvette de Beaufort, à 1742 mètres dans la montagne, c'est pas la même chose. J'espère être un peu plus d'attaque demain matin...

Bon, finalement je vais voir un couple en caravane à côté de moi pour leur demander s'ils ont pas une bande adhésive, je les sens bien... Je me retrouve face à un ex-pompier et une ex-infirmière qui me filent de l'aspirine et deux bandes autocollantes... Yahouuuuuu, ça risque de bien m'aider cette histoire là !! Je les remercie chaudement et m'en vais prendre une douche bien chaude le cœur léger sous un coucher de soleil plutôt chouettos.


 
Je passe ma soirée dans mon duvet, trop la flemme d'aller me faire cuire encore du riz, j'en peux plus. Mon repas sera donc limité à un fond de chips en miettes et deux compotes. De toutes façons, j'ai pas très faim.
M'en fous, plus tard j'aurai un chalet d'alpage avec des moutons et un border collie et un bouvier bernois et un nizinny (ça fait beaucoup de croquettes tout ça). Na.


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