24 août 2016

7h30. La tribu de Dana. Rituel du matin : sortir le chien, petit dej, préparation des sacs par maman, départ. 40 minutes et quelques serpentins nous permettent de rejoindre le barrage de la grande Dixence et nous voilà à 9h45 dans le téléphérique pour le sommet du barrage. Au programme aujourd’hui, le sentier des bouquetins ! Donc j’espère bien voir des bouquetins :-)

Le barrage le plus haut du monde est impressionnant, surtout vu d’en bas… Le lac de Dixence est d’un bleu-gris laiteux assez étrange : rien ne s’y reflète, aucune brillance, un lac de lait.







Nous entamons le sentier des bouquetins, c’est parti pour 12 km sous un soleil radieux. Le sentier commence par longer le lac en passant de temps en temps par des tunnels bien noirs où il fait suuuuuper frais, voire super froid ! Pas plus de 10°C à mon avis dans le premier tunnel de quelques dizaines de mètres dans le noir.






Après une succession de tunnels et de sentier à flanc de falaise, nous entamons la montée de 500 mètres de dénivelé vers le Col des roux. Nous passons entre les rivières, les cailloux, le Billy qui boit et galope, avec toujours en vue des monts enneigés et le superbe lac…

 Le début du sentier est plat, longeant le lac

 Une montée commence doucement et se durcit ensuite


 Eh oui, on a eu droit à la lune en plein jour toute la semaine !


Petite pause pour boire à la rivière fraîche





Après la cabane des Ecoulaies à 2575m et sa superbe vue sur le glacier de Mourti, nous entamons la deuxième partie de la montée où il n’y a pas un brin d’ombre, Billy en cherche partout. Mais les paysages sont toujours aussi magnifiques, et le cadre est idyllique : loin des sentiers familiaux blindés en bordure de villes, ici on se sent vraiment au coeur de la nature. J’adore ce genre d’ambiance, c’est vraiment apaisant, les bruits qu’on entend ne sont que des sons naturels : l’eau ruisselante, les animaux, nos pas sur les cailloux du sentier. Bon, y a un peu de monde, notamment un groupes de seniors qu’on suit de loin, mais ça reste calme et assez peu fréquenté pour un sentier populaire. En parlant de cailloux, nous traversons un énorme pierrier avant d’atteindre le col… Quand on voit la taille des rochers qui sont tombés de là-haut, on se dit qu’on aurait pas aimé être là ce jour là, purée…




Deux heures plus tard, 12h30, nous voilà au col des Roux, 2804M !! Fiouuu il y fait bien frais, y a un sacré vent froid, on ne regrette pas d’avoir pris la petite polaire. Le chien s’étale par terre, crevé, sans même vraiment manger nos restes de pique nique… D’un côté, la vue magnifique sur le lac et les montagnes. De l’autre, des pierres à perte de vue, de la neige à notre hauteur, et en contre bas, la cabane de Prafleuri.







13h, nous attendons que le troupeau de seniors descende (ils sont gentils mais bruyants et nombreux) pour descendre à notre tour, gentiment, parce que le genou de ma mère est très douloureux… Elle apprivoise la douleur avec beaucoup de courage, je sais pas si j’en aurais fait autant dans le Beaufortain. Enfin, je l’aurais probablement fait, mais en gueulant toutes les 2 minutes quoi. La descente se fait doucement mais sûrement, dans les cailloux et même parfois dans la neige que Billy lèche avec plaisir.



Nous passons à côté de la cabane où il y a un petit bouquetin sculpté dans de la roche puis descendons dans la vallée (oooooh ooohhh de Danaaaa la li la la - ah ben oui, grâce à ce réveil quotidien, j’ai la chanson dans la tête tous les jours !). La vue de la vallée avec sa rivière descendant des glaciers et, en fond, les montagnes enneigées, comme toujours, est sublime.










 LA COULEUR DE L'HERBE SÉRIEUX ??!!!


Il n’aura fallu que peu de temps pour qu’on se retrouve seules dans la descente. Enfin seules avec des petites marmottes qui crient et des petits moutons :-) Ma mère peine à descendre les serpentins et tombe deux fois à cause de la douleur au genou… Aïe aïe aïe. J’ai compris en commençant le ski en avril dernier qu’il n’y a pas grand chose à dire ni grand chose à faire dans ces cas là, alors je l’attends, tout simplement, en espérant qu’elle ne se fasse pas trop mal :/

Le sentier passe beaucoup dans les pierres, le long d’une fabuleuse cascade, parfois on passe à côté de blocs de neige qui ne voient jamais le soleil…

Puis nous revenons à un sentier de terre qui monte pendant plusieurs centaines de mètres… Dernière ligne droite avant le retour au barrage, sur lequel on a une vue splendide en cette fin de randonnée… On passe devant un immense tunnel creusé dans la montagne qui mène de l’autre côté (d’où nous venons), il est totalement noir et un vent froid (pas frais, froid !) en sort. C’est hyper agréable, même si j’aimerais pas aller mettre mon nez là-dedans… En tout cas Billy il aimerait bien !!


"Un frigo géannnnnt"





Billy est mort, il cherche de l’ombre constamment et quand il en trouve, il s’étale dans l’herbe et attend… Mais bon, il savoure quand même le panorama !!! :-) 

Ça ferait une belle photo de profil ça :-)


 Méditation canine...


Il est 15h30 quand nous rejoignons le barrage et son téléphérique pour redescendre voir Thérèse. Achat de souvenirs pour écouler nos derniers francs suisses, et d’une glace, bien méritée ! (Mais si c’est bien mérité.)


Miaaaaaaaaaam.


Nous rentrons en discutant de randonnées, d’endurance, de douleurs, de paysages et de leur faculté à transmettre une émotion… Pendant que le petit Billy dort à poings fermés à l’arrière de Thérèse… Il est courageux le petit loulou. Le glacier de la Plaine Morte est un des rares paysages qui m’a filé cette impression d’avoir une âme, qui m’a donné des frissons, qui m’a obligée à cligner des yeux plusieurs fois pour réaliser où je me trouvais. Cette sensation, rarement éprouvée, d’être dans une bulle irréelle, sur une autre planète, que j’ai notamment ressenti sur le Stromboli… Magie de la nature.

En rentrant, nous assistons encore à une belle magie des couleurs sur notre vallée depuis la Haute-Nendaz... Avant d'aller commander des pizzas bien méritées !! :-)





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