28 juillet 2016

Si c'était si facile, tout le monde le ferait


Réveil difficile à 6h15. Lever difficile à 7h. Petit dej timide, rangement des sacs puis départ à 8h30 en passant par la piscine municipale pour payer notre nuit au monsieur qui s'occupe du gîte.

Parées pour 4 jours et plus de 50 km de marche.





Objectif de la journée : Vernet-les-bains / Refuge des Cortalets. 18 km, 1400m de dénivelé positif, 5 heures de marche estimées sans pause et sans sac, tablons sur 7 heures. C'est parti !



Stratégie : à chaque heure de marche, 10 minutes de pause, même si on n'est pas fatiguées.
Ça marche pas mal les trois premières heures. Nous sommes en bonne forme et prenons le temps de nous arrêter faire des pauses, tantôt pour des photos, tantôt pour s'amuser avec des petites fleurs, tantôt pour profiter d'un ruisseau bien frais...










Passons par le col de Juell et croisons des types de l'entretien qui "labourent" le chemin et nous disent que notre chemin est trop long, pas intéressant, au soleil... On devrait passer par le refuge de Bonne Aigue, pic de Joffre puis redescendre aux Cortalets. On leur explique que selon la carte la montée via Bonne Aigue est bien raide et qu'on préfère étaler le dénivelé quitte à marcher plus longtemps, mais ils insistent pour finir sur un "tant pis hein, vous êtes engagées maintenant..." C'était gentil de base mais ça met un peu les nerfs comme conseil, ahah. On a déjà réservé nos nuits en plus, donc on peut pas vraiment changer tous nos plans maintenant. Et pour couronner le tout, j'avais justement évité ce trajet, jugeant le mien être le moins rude pour une première journée avec les sacs bien remplis (ne dînant pas en demi-pension, on se traine toute la bouffe pour la semaine).

Nous nous arrêtons pour le pique-nique vers 12h30, nous venons d'attaquer la "grosse montée" de la journée...

Miam le riz-avocat-mayo !!!


Je profite de cette longue pause pour faire une petite sieste sur un rocher, il faut mieux pas rouler en dormant.



13h30, repartons pour les tortillons, ou zigouigouis, ou simplement des lacets. Il s'agit d'une belle montée de 650m sur moins de 2 km qui nous aura pris 2 heures avec les pauses... Un mini Stromboli quoi. Avec la cendre en moins, mais les sacs en plus et surtout les mouches et autres insectes insupportables qui adooooorent l'odeur de nos sacs...

Rassasiées, avant la montée.


Les tortillons


Encore des tortillons...

 
Vue au milieu de la montée


ARRIVÉE AU COL DES VOLTES !!!!

Fiou, nous nous accordons une pause de 20 minutes au col des Voltes, en compagnie d'un type qui attend son père depuis un bon moment, qui ne répond pas au téléphone et qui devrait être là depuis 2 heures... Inquiétant. J'espère qu'ils se sont retrouvés :x

Nous reprenons notre chemin cette fois par la piste de 4x4 (et n'en croisons qu'un). Le sentier nous paraît bien facile tout à coup mais nous n'avons plus d'ombre. Là ça commence à être un peu long... On a envie d'arriver, le soleil tape fort. Nous passons à côté du refuge de la Jasse des Cortalets, je sais pas si y a des gens qui dorment dedans mais moi NEVER, je préfère dormir dehors. Matelas dégueulasses qui grouillent certainement de puces en tous genres,  guêpes à gogo à l'intérieur... Brr.



Encore un petit effort, nous approchons des Cortalets d'après la carte, mais toujours rien en vue. Tout à coup je me retourne pour regarde un peu la vue, je vois les montagnes et puis un truc un peu orange au fond... Et je réalise d'un coup que c'est Perpignan !! C'est hallucinant la distance à laquelle on voit. Il fait très clair mais on peut quand même deviner la mer Méditerranée à l'horizon...


Je trouve ça génial parce qu'on voit vraiment le relief, la géographie, on est au tout début des Pyrénées et on voit la mer, la ville et les montagnes se dessiner et grandir à nos pieds... C'est magnifique et très prenant, on a l'impression d'avoir une vue du ciel quoi.

Quelques minutes plus tard, bim ! Le refuge apparaît comme sorti du sol, juste devant notre nez ! Il est 17h30, on aura mis quand même 9 heures avec les pauses, soit un peu moins de 7 heures de marche depuis ce matin.

L'équipe qui s'occupe des Cortalets est vraiment super sympa, ils nous casent dans une chambre de deux, c'est nickel, on a une superbe vue sur la mer...


Pendant que Camille s'étale sur son lit je vais prendre une douche chaude. Je vais donc acheter des jetons (2,5€ les 5 minutes d'eau chaude). Comme dans les campings, on met le petit jeton dans la boîboîte, le compteur démarre, on a de l'eau chaude pendant 5 minutes, ce qui est largement suffisant.
Je reviens, Kay fait dodo et je lui dis qu'elle se sentira bien après une bonne douche chaude, et qu'après on pourra aller manger au soleil sur la terrasse avant de faire un gros dodo. Au bout de quelques minutes, mon plan commence à la séduire et elle se dirige, armée de son jeton doré, vers la salle de douche... et revient, 5 minutes plus tard, énervée parce que la douche n'a pas d'eau chaude. Elle se dit qu'elle va attendre que l'autre douche se libère, se plante dans le couloir et demande au type qui sort s'il a eu de l'eau chaude. J'entends la réponse de la chambre et me dit "oups. Elle va péter un plomb." Camille revient et... se retient de péter un plomb :D
Camille a toujours des aventures avec les douches... En Corse c'était celle qui coulait sous la porte et trempait ses vêtements, en Sicile c'était le distributeur de savon qu'elle a cassé, et maintenant la douche froide. Que dis-je, "froide"... GLACÉE, évidemment, puisqu'il s'agit de la source de la montagne. Pourra-t-elle faire pire ? Rien qu'en faisant la vaisselle j'ai pu imaginer sa douleur pour se laver.

Bon, elle se remet vite de ses émotions, et nous sortons sur la terrasse avec notre soupe, notre réchaud et nous installons au soleil pour manger, avec derrière nous, le pic qui nous attend demain... Ça fait du bien !!





Nous nous couchons, en ce qui me concerne depuis mon lit en hauteur je vois les montagnes et la ville, c'est vraiment beau... Tellement beau que je dis à Camille de se lever pour venir voir les couleurs magnifiques du soleil couchant, ce qu'elle fait sans sortir de son duvet.

 La vue de mon lit...

Elle est pas toute mignonne là dedans ??? On dirait un petit ourson.

Vers 21 heures, nous nous couchons et Camille passe une demie heure à me faire répéter plein de mots pour analyser mon accent normand : tous les "ai" et "et" en fin de mot se prononcent "é" et non pas "è" comme la langue française le voudrait. En effé, on va trère les vacques et comme ça on a du lé, euh lo.

J'écris depuis mon lit en voyant le jour s'éteindre et la lumière rouge du soleil diminuer petit à petit sur la ville qui s'allume à son tour dans la pénombre... Le 21e siècle, où la vie ne s'arrête jamais même la nuit.
Je mets un peu de temps à m'endormir et chaque fois que je relève la tête, c'est toujours aussi beau, cet immense espace qui scintille à nos pieds.



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