23 août 2016

Talilalilalaaaaaaa talaliiilalilalaaaaaa laaaaaaaa oooooooh ooooooh oooohh ooooooohhh… Le vent souffle sur les plaines de la Bretagne armoricaine, je jette un dernier regard sur ma femme mon fils et mon domaine. Je sais, on n’est pas en Bretagne, c’est seulement Manau qui nous réveille à 7h30. De toute façon j’ai pas de femme, ni de fils. Et y a pas de vent. Non, pas un poil, encore une fois, le ciel est d’un bleu imperturbable ! (Cette transition baby.) Et ce n’est pas pour nous déplaire, nous qui allons en quête de panoramas, pour changer.

Le genou de ma mère étant encore douloureux, on repousse chaque jour l’échéance de se taper la journée à Zermatt et sa rando autour du Cervin ainsi que le sentier des bouquetins au barrage de Dixence… Donc aujourd’hui, ça sera journée téléphérique et jolies vues avec balades modérées avec peu de dénivelé et pentes douces.

Il est 9 heures quand nous partons en direction du téléphérique du Tracouet, à pieds, à 10 min de l’appart.

On rencontre des logos rigolos.

Depuis le Tracouet, une montée de quelques minutes nous offre une vue superbe sur la vallée de Sion et le « sentier panoramique » autour du lac noir nous permet de voir à des kilomètres : Jungfrau, Mont Blanc… Le paysage est simplement sublime.





Le lac noir, qui porte bien son nom par sa couleur sombre, à l'opposé du bleu turquoise des lacs glaciaires...






"Comment on fait pour aller là haut ?"


Vue depuis Nini : le Mont Blanc et ses acolytes (cliquez sur la photo pour une plus grande taille)


Après une ronde d’une heure et demie, nous voilà de retour au téléphérique, d’où un type saute en parapente (ça a vraiment l’air bien.) et retour à l’appart vers midi. Nous mangeons des gnocchis au fromage (trop bon) sur la terrasse en discutant du collège… Eh oui, c’est bientôt la rentrée, je suis prof et comme tous les saletés de profs fainéants, on a jamais perdu le rythme des gosses et on n'a pas du tout envie de reprendre. Les élèves croient toujours qu’ils sont les seuls à apprécier les vacances, mais gardez-vous bien de tels préjugés chers petits collégiens : les profs aussi aiment glander et n’ont pas spécialement envie de se lever à 6h le matin ! Mais il faut bien apprendre, grandir, et travailler. Bref. En général je n’aime pas trop penser à la rentrée quand je suis en vacances, surtout quand je PARS en vacances, je préfère mettre des oeillères et m’en occuper seulement le jour J, mais là, le fait d’en parler, en réalité ça me fait apprécier doublement mes vacances. C’est fou comme sensation : toute l’année j’ai hâte de partir, quand je pars, j’oublie presque que j’ai eu hâte, ça passe ultra vite, et je reprends en ayant hâte de repartir. Rarement j’ai vraiment l’occasion d’apprécier pleinement et simplement le temps que je passe en dehors de mon quotidien. Et là, j’en prends conscience avec une espèce de libération qui me donne une énergie et une motivation complètement dingue… Si je pouvais avoir cet état d’esprit 24h/24… Mais bon, pour l’heure... c’est quand qu’on va au glacier ???

Aussitôt dit, aussitôt fait, nous sommes en route vers le téléphérique de Crans-Montana, en vue d’une après-midi au glacier de la Plaine Morte (celui qu’on avait plus ou moins prévu - mais pas le temps - de faire vendredi après celui d’Aletsch). Une toute petite heure plus tard, nous arrivons au parking du téléphérique où il faut encore raquer 5 francs pour le parcomè… Wait, aucune bagnole n’a de ticket d’horodateur… Un petit tour du parking plus tard, je lance à ma mère « On n'en met pas, personne en a mis. » Et nous nous dirigeons vers le télécabine.

70 francs plus tard, nous nous installons dans la cabine avec Billy qui s’affole encore… Le pauvre, il aime vraiment pas ça. Je le fais monter sur le banc pour qu’il voit dehors, ça semble le rassurer un peu, même s’il halète beaucoup. La montée jusqu’aux Violettes est lonnnnnnnnngue et ce n’est pas fini ! 14h20, nous arrivons au funitel qui part à 14h30 ! Un mini téléphérique accroché par deux câbles nous amène à 2927m d’altitude… La montée est raide, le paysage est déjà magnifique sur la montée. Des crevasses énormes, un paysage qui passe de l’herbe à la roche puis à la terre, des moutons et vaches un peu partout… Un petit chalet paumé au milieu de tout ça.



Billy, méditant sur la vue qui s'offre à lui.


 Des ravins béants juste en dessous de nous... On a pas envie que la cabine se décroche !




 Première étape terminée... Reste le funitel.


En haut du funitel, le glacier se dévoile, magnifique bien qu’assez maigre à entendre les gens qui y sont venus il y a 20 ans et qui semblent choqués de voir à quel point il a reculé. Nous montons au point de vue à quelques mètres au dessus du télécabine, et là, on ne sait même plus où donner de la tête, ni quoi prendre en photo… On a un panorama à 360° sur des montagnes enneigées, d’autres plus vallonnées mais super loin, et le glacier, évidemment. Il y a une trentaine de personne ici, tantôt pique-niquant, tantôt prenant des photos. C’est assez calme malgré tout. Nous prenons quelques photos et allons voir ce qui se trouve devant nous sur la table d’orientation. (Cliquez sur les panoramas pour les voir en grand)

D'un côté...

 Et de l'autre...


Il est BEAU hein ?


Le Mont Blanc, 4810m  (le truc le plus haut et blanc)


Le Matterhorn (ou Cervin), 4478m (le pic de gauche) 
et la Dent Blanche à son côté, à 4357m


 Le Weisshorn, 4506m (le pic à droite, naturellement)


Un mec monté en VTT se met à dévaler le sentier à côté du glacier. Wah, ça doit être tellement bien, cette sensation de liberté. Nous restons là une bonne demie heure, les yeux rivés sur l’horizon, peinant à réaliser tout ce qui s’offre à nous… Je crois que c’est le truc le plus beau qu’on ait vu depuis le début de notre séjour. Toutes ces montagnes glacées, enneigées, piquantes, impressionnantes. Brr, ça fait envie (comment de quoi ? Ben d’y aller, pardis !) Nous redescendons vers le téléphérique puis continuons un peu devant nous pour faire une petite halte dans la neige avec le Billy qui adooooore la neige.

 Les deux pieds dans la neige un 23 août, c’est rare de pouvoir en profiter !!


Il est 15h30, on aimerait bien prendre le téléphérique de 16h (le dernier est à 16h30). Je décide de grimper sur une petite colline un peu en contre bas du téléphérique tandis que des mecs décident de tout descendre en courant. MER ILS SONT FOUS.

Vous les voyez en tout petit là ?


Je grimpe donc ma petite colline. Il n’y a personne, et tout de suite, ça change TOUT à l’impression que donne le paysage… En fait, je me retrouve simplement seule au face le glacier qui s’étend à mes pieds, y a pas un bruit, pas un animal, pas une plante, et les larmes me montent au yeux. C’est juste trop beau, submergeant, émouvant, simplement. Oui, un paysage peut émouvoir aux larmes, avec un peu de sensibilité, et si on fait un peu attention à ce qui nous entoure. Je m’imagine pouvoir arrêter le temps, m’asseoir ici, fermer les yeux, et apprécier la sérénité. Je ressens rarement ça, mais là, c’était simplement apaisant, en sens propre du terme : apporter la paix. Une paix rarement éprouvée et rarement observée.

Tout à gauche, l'arrivée du téléphérique, puis des névés tout autour du glacier
(encore une fois, cliquez sur le panorama pour le voir en grande taille)


Je repars par un autre chemin pour descendre de ma colline, en essayant de me dépêcher parce que maman et Billy m’attendent quelque part et doivent commencer à s’inquiéter, mais en essayant aussi de m’imprégner au maximum de ce paysage comme si c’était une boisson énergisante qui me donnerait de la force pour plus tard. Finalement, ça peut paraître étrange, mais il m’a été assez dur de quitter cette quiétude si éphémère, et plus largement de quitter ce glacier qui porte terriblement bien son nom : la plaine morte. Pas un bruit, pas un animal, de (très) rares plantes. Juste de la terre, de la neige, et une étendue de glace sur des kilomètres, qui contrairement à la majorité des glaciers, n’est pas entourée de sommets. Elle n’est pas enfermée, c’est elle qui domine et attire tous les regards. C’est terriblement transcendant.
Mh. Bon, il est moins dix, il est donc temps de redescendre et rejoindre mes deux compères qui m’attendent en bas pour retourner au téléphérique.





La descente en télécabine se fait assez vite, il faut porter le loulou pour pas qu’il ait trop peur. En même temps je peux le comprendre : imaginez qu’on vous met dans une boite que vous ne connaissez pas, vous ne savez pas où vous allez, où vous ne voyez pas l’extérieur, et tout à coup tout se met à bouger, à se balancer et à trembler… Pour un animal qui rationalise assez difficilement, ça doit être assez flippant.


  Mais c’est qu’il pèse ses 10 kilos le ptit père ! Pardon… Ses 9,2 kilos.

Nous arrivons enfin en bas après le lonnnnnnnnng télécabine qui aura en plus eu le culot de s’arrêter alors qu’on était au dessus du vide !! Nous retrouvons Thérèse, pas d’amende, tout va bien. En route pour l’appartement de Nendaz.

Sur le trajet, Billy nous fait un genre de crise d’asthme je pense due à l’angoisse et le contre-coup de ces péripéties… Il tousse et a du mal à respirer, c’est assez inquiétant, ça dure longtemps et quand on croit que la crise est passée, il reprend de plus belle… C’est qu’il a plus de 10 ans le loulou, il faudrait pas qu’il ait des problèmes cardiaques ou qu’on le pousse à bout… :(

Mais il finit par se calmer et s’étaler derrière mon siège conducteur avant de s’endormir comme une crêpe une fois qu’on est arrivées à l’appartement où nous, humains, flânons quelques heures entre film et salade de chèvre chaud en guise de repas avant de nous endormir, nous aussi, comme des crêpes.



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