19 août 2017


Nuit difficile. J'ai rêvé qu'un ours venait nous attaquer et j'ai pas arrêté de descendre dans la porte parce que la tente était un peu en pente. Du coup j'ai fait un peu de bruit, en plus j'ai crevé de chaud toute la nuit donc me suis dessappée et Camille, dès son réveil, me dit que j'ai fait trop de bruit en faisant la liste de tout ce que j'ai fait qui l'a dérangée :( Je l'envoie gentiment balader et sors faire le petit dej avant que l'on entame notre rituel rangement / vaisselle / toilette / tente :D



Je propose à Camille qu'on retire la toile intérieure séparément de la toile extérieure qui est trempée car elles sont bien séparées et j'ai pas envie de les enrouler ensemble. C'est alors que je me retrouve comme dans Fort Boyard, la tête entre les deux toiles de tente à décrocher tous les petites accroches (la toile intérieure est accrochée à la toile extérieure par l'intérieur, je sais c'est très clair!) avec PLEIN de moustiques partout autour de moi, je bénis la moustiquaire de tête !!

Départ 9h45. Il fait nuageux mais pas de pluie, c'est déjà ça !





Il nous faut très peu de temps pour arriver au refuge de Tarrenkaise que nous doublons pour continuer dans la forêt, car le sentier au début est généralement composé de planches. Mais très vite, la cadence ralentit et on n'avance pas très vite. Le sentier est assez énervant à cause de la boue qui ne s'arrête jamais... On passe une plombe à traverser ce genre de lieux :

COUCOUE CECI EST NOTRE SENTIER LOL

On se retrouve à traverser une immense rivière qui ressemble à un pierrier avec de l'eau jusqu'aux chevilles.





Plutôt que de faire attention à là où elle met ses pieds, Camille traverse à l'arrache avec de l'eau jusqu'aux genoux, elle est trempée ! Remarque, mes pieds commencent à être aussi bien humides, entre la pluie quasi incessante et les rivières à traverser très régulièrement. On s'arrête sur une espèce de plateau juste après la rivière pour pique-niquer et accessoirement faire sécher nos chaussures / chaussettes.




Camille a les pieds cramés par le frottement avec la chaussure, au niveau de la cheville et sur tout le tour de ses pieds... Elle a extrêmement mal et on espère que ses pieds vont se « calmer » sinon on sait pas comment on va faire, si cela empire elle va finir par ne plus pouvoir marcher. Ah, cette équipe de bras cassés !





On est contentes, le paysage est désertique, assez sauvage et sublime, par contre il commence à cailler donc on s'enfile 1/3 de gouda chacune et c'est reparti. Mon humeur fluctue pas mal en fonction du temps et de l'état du sentier qui nous révèle pas mal de surprise... J'aimerais bien sortir une fois pour toute de la forêt et avoir un beau sentier au sec, sans cailloux qui me tordent la cheville à chaque pas. On traverse des marécages pendant des plombes avec de la gadoue, on n'avance à rien, bordel ! Heureusement, le sentier est quand même souvent aménagé avec des planches (qui peuvent souvent s'enfoncer sous l'eau ou la boue, faut pas trop rêver non plus :D). Kay se casse encore la figure tête la première dans les fougères...
Depuis notre départ, régulièrement des hélicos nous survolent, probablement à destination de Staloluokta, la seule « ville » du sentier (à prendre avec des gros guillemets, vous verrez dans 3 jours). On croise également beaucoup de traces et crottes de rennes, mais toujours aucun animal en vue. Le temps est toujours aussi bas et nous évoluons dans un paysage mélangé entre forêt dense et plaine boisée, toujours dans l'humidité absolue.



Encore un BEAU SENTIER :-)

Nous devons faire des pauses très régulières en considération du poids du sac et du temps humide. Tout ça nous fatigue. 
Pause snickers dans une place de bivouac. Camille : « mes pieds c'est des pains au raisin. » 
Ah. Ça a pas l'air rigolo dans ses chaussures.





Il est 17 heures quand on approche du refuge de Såmmarlappa, 14 km au compteur. On prolonge d'un petit kilomètre pour trouver un endroit où bivouaquer. Notre dévolu se jette sur une petite place un peu en hauteur à l'orée d'un bois et pas trop loin de la rivière. Camille retire ses chaussures trempées, elle souffre un peu des pieds, je crois. La pauvre. Je profite du temps sec pour faire sécher les deux toiles de tente séparément et vais à la rivière pour me laver avant de ne plus avoir le courage.




Je suis vite rejointe par Camille qui se balade avec des sacs plastiques à la place des chaussettes.



Malheureusement, les sacs plastiques sont cheap et fins, du coup ils sont pas méga imperméables... Même pas du tout. Surtout quand il se met à pleuvoir pendant qu'on se lave !! Oh shit, la tente qui sèche ! Et nos affaires étalées partouuuuuuut :-(
Je m'empresse de retourner au campement pour accrocher la toile intérieure qui était presque sèche et rentrer les affaires qui sont mouillées aussi. Ma polaire, ma serviette, les chaussettes qui « séchaient »... Yahou. Tout est mouillé. Ça valait bien le coup de faire sécher la tente et de l'avoir rangée séparément pour qu'elle soit pas mouillée à l'intérieur... RARGH.




Camille rentre dans la tente et je lui passe les affaires qui sont restées dehors, quand je l'entends crier : y a des limaces dans la tente ! Elles sont montées sur nos affaires avant qu'on les rentre dans la tente, y en a sur nos fringues, les sacs... du coup elle me file des limaces en échange des affaires mouillées et inspectées par mes soins. Je finis par rentrer avec elle, on passe une heure à se demander ce qu'on va faire et comment on va faire, notamment avec nos affaires très très humides. La tente a jamais été aussi crado, mouillée et en bordel... Ça serait vraiment cool, un peu de soleil, juste quelques heures pour que tout ça sèche, après on fera super gaffe... Il ne pleut plus. On est en train de parler tandis que derrière Camille, je vois une grosse bête (genre moustique de 3 cm de long). Je la préviens : « Camille, ne crie pas, y a une bête derrière toi ». Elle vient vers nous et Camille se colle à moi, affolée, on est mortes de rire. L'idée c'est que je choppe la bête en question pour la mettre dehors, sauf que le temps que je cherche comment et avec quoi la prendre, la bête se dirige lentement droit sur nous. On dirait Indy et Demi-lune dans Indiana Jones et le temple maudit quand ils sont enfermés dans la pièce où les pics sortent du sol et du plafond.



Pliée en deux, je finis par prendre un gobelet et y enfermer la fameuse bête pour la faire sortir de la tente. Belle tranche de fou rire en tout cas. Le temps qu'on essaye de s'organiser pour le repas, il se remet à pleuvoir. Fuck, on y va quand même. On fait à manger sous une flotte relativement abondante, avec des sacs plastiques aux pieds : technique peu probante, on a les pieds mouillés, autant pas en mettre quoi. Je suis gelée.

On fait cuire des pâtes au pesto et mangeons dans la tente. On a encore faim. On comble par une barre de céréales, on en a deux en rab. Régulièrement, on retrouve des limaces sur nos affaires. Mon pyjama est plein de bave. Joie ultime.

BIEN. Organisation du dodo et des sacs. Demain, on doit se lever tôt, on a 15 km à faire et pas mal de bordel à ranger, on en a laissé beaucoup à l'extérieur de la tente.



Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire