25 mai 2017



5h30, très ponctuel, le bus arrive à destination... Et franchement, heureusement qu'on est fin mai, qu'il fait déjà jour, et chaud. Parce qu'on se retrouve au petit matin dans une gare routière moisie et je crois que ça aurait été le gros bad en hiver. Le soleil nous réchauffe un peu, on boit notre petit jus de pomme et mangeons notre petit pain au chocolat amenés la veille, et direction le tram pour rejoindre la gare ferroviaire, où nous attend notre train à … 7h51.
Deux heures très longues. Heureusement, il y a un café où il fait bien chaud (je tiens à le préciser c'est important parce qu'avec la fatigue on avait bien froid), où nous prenons un petit déjeuner. Camille, juste après avoir bu son café, s'endort DIRECT étalée sur la table. Je fais de même mais j'ai peur de rater le train, donc je somnole plus qu'autre chose. Et puis je la prends en photo quand même, parce que sinon c'est pas drôle.



Je vais faire un tour dans la gare, je regarde si on peut pas prendre un train plus tôt vers Metzeral, éventuellement, mais non. Il y en a bien un, mais aucune utilité puisque pas de correspondance plus tôt à Colmar. Autant rester ici au chaud. Vers 7h, je reviens me poser au café, Camille dort encore sur la table. Je fais un peu de même tandis qu'une vieille s'installe à la table à côté de nous. Quand elle repart 20 min plus tard, je suis réveillée, et elle se permet de me reprocher qu'on dorme dans le café. Voici un extrait croustillant de la conversation :
- Faut pas dormir dans un restaurant hein, ça fiche mal.
- [Nini, air endormi et pas spécialement agréable] Pardon ?
- [Dame, désignant Camille] Bah vous devez aller dehors, on ne dort pas comme ça sur la table, ça fiche mal.
- Ben elle gêne personne là, et elle a dormi 3 heures.
- Bah ça change rien, vous la réveillez et vous la mettez dehors !
- Non mais si vous êtes pas contente vous sortez, excusez moi mais elle fait de mal à personne et les serveurs ne nous ont absolument rien dit.
- [en partant, exaspérée] Oui ben c'est ce que je fais hein, mais ça change rien !

Ouh elle m'a bien énervée cette vieille aigrie. Je jette un regard aux alentours et tout le monde me regarde avec un sourire bienveillant en levant les yeux au ciel l'air de dire « ah y a de ces cons... »
Je réveille Camille, non pas parce que « ça fiche mal » mais parce qu'il est déjà 7h35 et qu'il serait bon d'aller dans notre train, et je lui raconte l'histoire avec la vieille. A moitié endormie, elle commence à s'énerver du genre « ah ouais donc en gros les clodos ils peuvent pas venir dans les cafés parce que ça la gêne, non mais elle est vraiment conne hein ». Alors faut imaginer que Camille était remontée après la dame, mais tellement endormie que la conviction y étant mais pas l'intonation, ça donnait un mélange à la fois très mignon et très bizarre.
Bref, Camille fume sa cigarette devant la gare et nous revoilà dans un train. Mais quand même, le TER c'est plus confortable que le bus et que la table de café. Malgré tout je crois que Kay a hyper bien dormi au café :D


8h33, arrivons à Colmar, notre train pour Metzeral part à 35, sur le quai d'en face. Aucune attente, c'est cool. Je dors encore un peu dans le train jusqu'à notre arrivée à 9h07 à Metzeral. FIOU. La montée jusqu'au Hohneck va être dure je crois. Bon, la flemme, « on rentre à Paris, on va faire les stylos ? » (j'avais prévenu qu'il fallait retenir le petit gag). Mais non, allez c'est parti pour le début de la rando, près de 60 km nous attendent !

Le début de la rando est surtout difficile pour le portage des sacs dont nos corps ne sont pas encore habitués. On se regarde mutuellement avec un air de « Mmmmh, 5 kilos de plus en Laponie ? Okaaaayyyyyyy. » On traverse pendant un bon moment Metzeral par la route, puis nous rejoignons assez vite le GR5, d'où nous voyons le Hohneck : notre destination de ce soir ! Et encore, on loge au chalet des trois fours, donc encore deux km après le Hohneck. Graouh, je me souviens, un an et demi en arrière, avoir eu une boule au ventre en découvrant les Alpes dès notre arrivée dans les Vosges avec ma mère, du coup avec ce magnifique temps prévu pour tout le week end, j'espère qu'on aura la chance de les voir encore mieux !!

C'est une maison bleue...


Dans la montée vers le Hohneck, il y a 4 portions de montée : une première dans les bois de 200m environ qui mène au lac de Fischboedle, où nous nous arrêtons pour faire une PAUSE SNICKÉ (snickers)


Il y a vraiment beaucoup de gens, je pense que la plupart font l'aller retour au lac de Schliessroth (le suivant) dans la journée, du coup c'est pas méga agréable mais bon, on se plaint pas, c'est joli et il fait bon. Par contre on sue du dos alors c'est chaleur dans la montée, puis froid dès qu'on s'arrête, et encore plus froid quand on retire le sac.

On se remet vite en route vers le deuxième lac, plus grand et plus joli (normalement), où on compte pique-niquer. Une deuxième montée de 200m où on a droit à 5 min de solitude dans une clairière magnifique et des rivières partout avec des petits ponts mignons. C'est très féérique !




Puis, finissons la montée par quelques tortillons (des virages en fait) où je m'empresse de dépasser un mec qui non seulement avance pas très vite mais surtout pue la mort. Nous nous arrêtons pour regarder une petite grenouille puis nous voilà arrivées à notre pause déjeuner, le lac de Schliessroth. 




Pas mal de gens ici encore, certains même jouent au volley en maillot de bain (perso j'ai un gilet en laine noir que je supporte très bien, no comprendo les gens). Nous longeons un peu la rive du lac pour nous poser sur sa rive, sur des cailloux. Ce midi, c'est noix / amandes, babybel et sandwich houmous / poivrons grillés préparés la veille par Nini. Non ce n'est pas encore l'heure du comté coulant (si, le comté ça coule. Vous verrez.)


 Qu'est-ce que Nini peut bien regarder comme ça, avec un sourire niais ?

BAH TIENS. UN GROS CHIEN.

Effectivement, il y a un gros labrador trop mignon qui saute chercher des bâtons dans l'eau et il est trop mignon. Pendant la pause pique-nique (et souvent pendant le séjour), on se met à parler de la Laponie, de comment on va faire techniquement, des moyens pour se laver par 5°C... Bref, des trucs concrets auxquels il faut penser malgré tout.

Repartons vers 13h30 et c'est 14 tortillons (assez longs quand même) qui nous amènent jusqu'à la ferme de Schliessroth. En réalité, ma carte de 2013 nous indique qu'on peut rejoindre le GR sans y passer, mais un panneau « déviation GR5 » nous fait comprendre qu'on va devoir se rallonger un peu. Arrivons donc à la ferme où on se repose un petit quart d'heure en regardant deux border collies jouer ensemble comme des foufous. Nous venons de faire la 3e montée vers le Hohneck de quelques 300m. Je me rends compte qu'au lieu des 600 / 700m de dénivelé que j'avais estimé à la louche, c'est plutôt 900 qu'on se tape aujourd'hui. Du coup, il nous en reste 200 à grimper, mais cette fois la pente a l'air plus douce.

Après vérification et comme maintenant il y a une fonctionnalité « calcul de dénivelé » dans google maps (c'est GÉNIAL), j'ai pu calculer que nous avons monté de 575m de Metzeral au lac de Schliessroth où nous avons pique-niqué, puis 413m jusqu'au Hohneck. Nous avons donc monté près de 1000m de dénivelé, sur un peu plus de 13 kilomètres.

 Elle a l'air hyper motivée hein ?

Destination Hohneck (puis trois fours, quand même)
Vous remarquerez la présence d'un border collie.


C'est reparti. Le sentier grimpe pas mal finalement et après les 700m de montée, la dernière qui s'étire sur deux bons kilomètres nous paraît en fait assez usante. C'est vraiment pollué de gens par contre.

La moitié de la montée faite, on se retrouve à un espèce de croisement où les vaches ne sont clairement pas farouches ! Elles se laissent caresser et lèchent même les gens ! J'veux une vache !




Nous arrivons enfin au Hohneck après 6 heures de marche (5 effectives), il est 15h30. Trop de brume, nous ne voyons pas les Alpes... Je me souviens avoir été émerveillée de les apercevoir quand j'étais venue avec ma mère en octobre 2015, à l'époque il n'y avait pas de neige, mais pas de gens non plus... Ici la grouille, c'est pas très agréable faut avouer.

Pendant la montée

Vue depuis le Hohneck

Lac de Schliessroth (où nous avons pique-niqué)
Et normalement à l'horizon, il y a les Alpes.

Camille ne dit rien depuis une bonne demie heure, je lui propose qu'on s'installe à l'auberge pour prendre une boisson (bon ça on pourra pas en Laponie hein :D) et je la sens énervée pour rien, limite pas contente d'être là... Loin de la Camille que je connais qui me fait tout le temps rire. Et puis ça y est, on comprend le problème : elle a pas fumé depuis 5 heures. Pause diabolo / cigarette en terrasse du Hohneck. Sauf que voilà. Camille est une personne absolument prévoyante qui pensait avoir pris « un gros paquet » de feuilles à rouler mais qui n'en a en fait que... QUATRE. 4. Pour 3 jours. Ça va clairement pas le faire. Le souci c'est que pendant les trois prochains jours on sera sur le GR5, dans la cambrousse, dans la montagne, allant de refuge en refuge, donc faut pas compter sur un tabac, hein. Va donc falloir trouver des gens pour lui filer quelques feuilles (mais pour trois jours, à raison de 5 cigarettes par jour si elle se restreint au minimum, autant leur acheter le paquet quoi). Seulement voilà, des gens qui fument en randonnée, y en a déjà pas des masses, mais des gens qui fument des roulées, y en a vraiment peu. C'est donc en sirotant notre diabolo que nous scrutons toutes les mains de toutes les personnes alentours.
- Indus, indus, indus...
- Attends... T'es sûre ? Regarde y a pas de filtre.
- Ah ouais t'as raison ! Je vais demander !
Et voilà comment Camille récolte 7 feuilles. Elle en a donc une dizaine maintenant. Et elle est CONTENTE.


Après une bonne heure de pause, nous repartons du refuge, et en passant par le parking, que vois-je ? Un type qui remet un paquet de tabac dans la poche de son jean ! Hop ni une ni deux, je préviens Camille qui va encore racketter :D Et nous voici reparties pour la dernière ligne droite (j'ai l'impression que toutes les heures je dis que c'est la dernière ligne droite).

KKK bonjour.


Deux kilomètres plus tard, on arrive au Chalet des trois fours à 17h30. Nous montons à l'accueil et réglons la nuit avec une taxe hors-sac pour les gens qui ne prennent pas la demie-pension car la dame de l'accueil dit que c'est comme ça qu'ils vivent, et d'ailleurs elle refoule un type qui voulait dormir au refuge – il restait UNE PLACE – et qui voulait manger son fromage plutôt que de payer le repas. Elle nous montre notre dortoir de 7, je prends le lit du dessus, bien au milieu du dortoir. Derrière moi, je remarque une porte et je me demande si en fait on est pas dans un dortoir traversant (genre le plus pourri en fait :D). Réponse demain matin !

Nous nous installons un peu et vers 19 heures, nous descendons dans la cuisine à disposition pour manger notre soupe déshydratée tomate / mozza (une valeur sûre!) à côté d'un troupeau qui prend son apéro TRÈS bruyamment. 19H15, la sonnerie, ils montent tous pour manger et nous nous retrouvons seules : visiblement soit on est les seules hors-sac du refuge, soit ils mangent tous ailleurs (Hohneck ou que sais-je). Bon, faut avouer que leur bouffe sent BON. Mais notre babybel est sympa hein, aussi, faut pas dire, non mais. 


Pendant que tout le monde mange, les douches sont libres et nous pouvons profiter d'une longue douche chaude. J'ai des bosses partout : aux épaules à cause des bretelles du sac, aux hanches à cause du sac qui pose... Le corps n'est plus habitué, j'espère que ça partira vite, c'est vraiment pas agréable.

Il est 20h30 quand déjà nous nous couchons, Camille profite des derniers rayons du soleil pour travailler un peu et malgré l'heure tôtive, je m'endors hyper vite. Le dortoir ne tarde pas à se remplir par les autres occupants mais également par une odeur nauséabonde qui vient visiblement... de notre voisin de lit. Miam. Heureusement que je dors en haut.


[Point vocabulaire] Je sais que « tôtif/ve » n'existe pas, mais étant donné que la belle langue de Molière possède un adjectif pour le mot « tard », je ne vois pas pourquoi on n'en aurait pas un pout son contraire, « tôt »  - en tout cas je crois pas à ma connaissance qu'il en existe. C'est dénué de sens. Je rétablis donc cette injustice.


 

2 commentaires :

  1. Ahahah la photo des feuilles !!! Nempeche cest toi qui a repéré les deux gars !-nini le sauveur !!!!

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  2. Ahaha la photo des feuilles!! Nini le sauveur !
    Franchement je suis surprise que ca ait fait 1000m de dénivelé. Et en meme temps... j'en ai chié ! Ahahaha ! Bon super texte comme d'hab .. je continue =)

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