Trek
solo n°5
Hormis
les folles escapades avec ma compère corse, je me découvre de plus
en plus de goût pour la rando en solitaire. Après les Alpes et les
Pyrénées, c'est à Madère en février dernier que j'ai franchi le
pas de partir un peu plus loin de chez moi seule, et me confronter un
peu à la vie sauvage en solitaire. Quiconque me connait un minimum
sait combien je suis une immense et indéfinie amoureuse du Grand
Nord. J'ai de plus la JOIE de vivre à seulement quelques heures de
la Scandinavie, territoire à tout jamais rêvé et adoré, que je
pense j'arpenterai toute ma vie... C'est donc 7 ans après avoir mis
les pieds en Norvège que je jette de nouveau mon dévolu sur ce
magnifique pays, onéreux, mais extrêmement sauvage, beau, riche et
aux paysages uniques et divers. La première fois, j'ai sillonné les
îles Lofoten avec mon frère, en août 2012. Ce fut
l'occasion de ma toute première randonnée (on s'en souvient, la
montée au Reinebringen en ballerines...) Depuis, j'ai grandi, enfin
surtout vieilli, et pris un peu plus d'assurance et d'expérience...
Et de matériel. Si j'avais su en 2012 que je réaliserai un de mes
rêves - randonner plusieurs jours dans les grands espaces
norvégiens - je pense que j'aurai sauté de joie. Et je saute de
joie, d'ailleurs !
De
retour du Kirghizistan, je passe quelques semaines dans ma campagne
normande avant de repartir pour Paris et mes derniers jours de
vacances. Je pars du 21 au 28 août. J'ai pris mes billets d'avion il
y a quelques semaines maintenant, et à l'heure actuelle, je ne
m'explique toujours pas pourquoi j'ai pris si « peu » de
temps sur place. Si on retire le jour d'arrivée et de départ, cela
ne fait « que » 6 jours pleins, donc une rando assez
« courte », finalement (tout est relatif, je sais, c'est déjà pas mal, d'où
les innombrables guillemets). Mais cela s'annonce être un énorme
bol d'air avant la rentrée, et je serais extrêmement mal avisée de
me plaindre, vu le nombre de semaines de vacances que j'ai et le
nombre de fois où je m'autorise à partir dans l'année...
En
pleine écriture laborieuse de mon carnet sur le Kirghizistan, début
août, je commence à me dire qu'il est peut-être temps de jeter un
œil à mon itinéraire norvégien. Du coup, je mets l'écriture du
carnet kirghize (INTERMINABLE) entre parenthèses (hoho) et m'affaire
à mon prochain périple. Je sais déjà que je vais me perdre (au
sens figuré, ça m'a suffi au sens propre au Kirghizistan) dans le parc de Rondane, je l'ai choisi quand j'ai pris
mes billets pour sa proximité avec Oslo et sa facilité d'accès en
train. J'ai peu de temps sur place, hors de question de faire 2 jours
de bus pour rejoindre l'Arctique. J'ai lu de belles choses sur ce
parc à seulement 3 heures au Nord d'Oslo : une nature sauvage (c'est
un pléonasme dans ce pays, mais bon, on le rappelle toujours avec
beaucoup de plaisir), des rennes, de la montagne, des rivières, des
plaines, des moustiques, de la flotte, du vent, 2°C ressentis, bref,
tout ce que j'aime ! :D
Je
me renseigne un peu sur le parc : un itinéraire d'une moyenne
de 18 km / jour et peu de dénivelé me permet de le traverser en 5
jours. Au programme, donc : arrivée le 21 à Oslo, train pour
Otta directement depuis l'aéroport (je ne vais pas perdre une
journée en ville, c'est long et je m'en fous). Le 22, stop ou bus
jusqu'au départ de la rando et un peu de marche potentiellement. 23,
24, 25, 26 : traversée du parc. Ça risque d'être assez
fréquenté, mais bon, tant pis. Arrivée à Hjerkinn le 26.
Si tout
va bien, il me restera donc une journée avant de reprendre le train
pour l'aéroport le 28 au matin. Je repère le point de vue de
Snohetta, un genre de spot architectural avec une vue sur un des plus
grands sommets norvégiens (le Snohetta, du coup) et aux portes du
Parc Dovrefjell. Je lis quelques trucs sur ce parc, regarde des
photos. Wow ! C'est un des uniques repères de bœufs musqués
au monde ! Ces bêbêtes sont un des rares héritiers de l'ère
glaciaire, ont cotoyé les mammouths et contrairement à ce que leur
nom indique, ne sont pas des bœufs mais des caprinés... des grosses
chèvres, quoi.
Je
tiens à préciser que les bébés bœufs musqués sont juste HYPER
MIGNONS.
Apparemment,
c'est pas le genre de bestioles très amicales et il faut pas trop
les approcher (pas moins de 200m). Tapez « attaque bœuf
musqué » sur youtube, z'allez voir... Pas envie de me faire
charger. Mais, même si je suis pas super rassurée à l'idée de me
faire réveiller par un museau ou des cornes dans ma tente à 300
balles (à côté les vaches du Kirghizistan c'était tout mignon, je
pense), j'avoue que je suis quand même vachement tentée d'aller en
voir et me réserve la traversée du Dovrefjell (qui a l'air plus
montagneux mais tout aussi magnifique que le Rondane) pour une
prochaine fois. Du coup, je me renseigne un peu et programme une
journée dans le parc, en espérant tomber sur quelques énergumènes
(mais pas trop près hein...)
Voilà,
vous savez tout ! On va pouvoir entrer dans le vif du sujet !



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