Il
faut voir les choses de manière pratique : ce qui est bien ici
c'est que t'as pas besoin de réveil, le froid s'en charge.
J'ai
pas trop mal dormi, plutôt bien dormi même. Quelques micro-réveils
habituels, puis à 5h45, réveil définitif. Le soleil est déjà
levé, il me reste à attendre d'avoir le courage de sortir de mon
duvet parce qu'il fait quand même que 4 degrés. Ce n'est qu'une
petite demie-heure plus tard, à 6h15, que je prends mon courage à
deux mains.
Etape 1 : mettre les fringues glacées dans le duvet pour les réchauffer un peu.
Etape 2 : Enfiler les fringues glacées qui ne se sont pas réchauffées.
Etape 3 : Sortir du duvet et s'activer AU PLUS VITE.
Etape 4 : manger.
Petit déjeuner dans la salle commune où je suis seule puisque personne n'est encore levé. Je charge mes batteries à bloc et range mes affaires fissa. 8 heures, je suis dans les starting blocks, toute tente trempée sur les épaules. Je rejoins la ville d'Otta 2 kilomètres plus loin et enchaîne avec 4 kilomètres sur le bord de l'autoroute. Bonne nouvelle, il ne pleut pas encore ! La flotte est prévue de 10h à 18h... Je profite...
Etape 1 : mettre les fringues glacées dans le duvet pour les réchauffer un peu.
Etape 2 : Enfiler les fringues glacées qui ne se sont pas réchauffées.
Etape 3 : Sortir du duvet et s'activer AU PLUS VITE.
Etape 4 : manger.
Petit déjeuner dans la salle commune où je suis seule puisque personne n'est encore levé. Je charge mes batteries à bloc et range mes affaires fissa. 8 heures, je suis dans les starting blocks, toute tente trempée sur les épaules. Je rejoins la ville d'Otta 2 kilomètres plus loin et enchaîne avec 4 kilomètres sur le bord de l'autoroute. Bonne nouvelle, il ne pleut pas encore ! La flotte est prévue de 10h à 18h... Je profite...
Je croise un des gamins avec qui j'ai tapé la discut et que j'ai pris en photo hier, qui va à l'école. Eh oui, ici, c'est terminé les vacances.
Quand
je vois cette petite ville avec ses maisons bois, son petit café, ses
rue désertes et ses gamins qui vont à l'école sans se rendre
compte que c'est un endroit merveilleux et complètement hallucinant,
je me dis que je pourrais vraiment vivre ici. J'ai vraiment un souci
avec les pays scandinaves et me retrouve dans la sensation de Camille
au Kyrgyzstan qui se sentait beaucoup trop chez elle pour partir le
cœur léger.
Je
vois des bus qui passent mais premièrement je
ne suis pas sûre qu'ils aillent là où je veux, ils pourraient à
la limite m'emmener jusqu'au départ de la petite route pour éviter
de me taper toute la grande route de merde que je longe, mais bon je
vais pas chouiner pour 6 kilomètres, et deuxièmement, j'ai plus de
sous. N'empêche que si tout se déroule bien je n'aurais sorti que
200 couronnes soit 20 € pour 8 jours. Si ça c'est pas un mode de
vie économique.
L'eau
est soit claire et d'un bleu laiteux soit complètement transparente et
on voit les cailloux même en profondeur. J'adore les maisons, il
y a de l'herbe qui pousse sur les toits, c'est à la fois très
mignon et très écolo.
Les six kilomètres le long de l'autoroute sont un peu longuets, mais bon en même temps j'ai des vallées immenses à côté de moi, la rivière Otta à côté, et au loin des petites maisons perchées dans la montagne, c'est juste magnifique. Même les jardins sont hyper beaux, bien entretenus, décorés, c'est choupi.
Il est 9h30, j'ai fait 5 km et arrive bientôt la fin de l'autoroute, enfin. Je fais pas beaucoup de pauses, dès que je m'arrête je me pèle les miches. Je quitte enfin l'autoroute et commence à prendre une petite route qui s'enfonce dans la forêt quand j'entends un bruit qui m'attire. Il ne me faut que quelques secondes pour en comprendre l'origine.
Je saute de joie, je m'attendais pas du tout à voir ça ici. Je sautille partout, je suis trop contente et je sens que c'est que le début. Je vois avec un petit chemin qui monte, apparemment on peut monter en haut de la cascade. Comme une débile, je grimpe avec mon gros sac et comprends que le chemin fait le tour de la cascade sans aller vraiment en haut. Bon ce fut un échec, je redescends.
Les six kilomètres le long de l'autoroute sont un peu longuets, mais bon en même temps j'ai des vallées immenses à côté de moi, la rivière Otta à côté, et au loin des petites maisons perchées dans la montagne, c'est juste magnifique. Même les jardins sont hyper beaux, bien entretenus, décorés, c'est choupi.
Il est 9h30, j'ai fait 5 km et arrive bientôt la fin de l'autoroute, enfin. Je fais pas beaucoup de pauses, dès que je m'arrête je me pèle les miches. Je quitte enfin l'autoroute et commence à prendre une petite route qui s'enfonce dans la forêt quand j'entends un bruit qui m'attire. Il ne me faut que quelques secondes pour en comprendre l'origine.
Je saute de joie, je m'attendais pas du tout à voir ça ici. Je sautille partout, je suis trop contente et je sens que c'est que le début. Je vois avec un petit chemin qui monte, apparemment on peut monter en haut de la cascade. Comme une débile, je grimpe avec mon gros sac et comprends que le chemin fait le tour de la cascade sans aller vraiment en haut. Bon ce fut un échec, je redescends.
Un
élan d'euphorie m'envahit, tout à coup je commence à réaliser où
je suis. Je suis heureuse comme jamais, enfin comme rarement, enfin
comme rando quoi. Je me fais une petite pause snickers à côté de
la cascade majestueuse, maintenant je n'entends plus le bruit des
voitures, le bruit de la cascade couvre tout et tant mieux. Depuis
que je me suis arrêtée il y a 20 minutes, très peu de voitures ont
pris la petite route montante que je vais prendre à pieds donc je
commence à comprendre que le stop de toute manière ça sera
certainement mort. Et puis de toute façon, plus ça va, plus
j'avance, plus j'ai envie de me les faire à pieds ces 18 km. J'aime
tellement ça, marcher dans des grands espaces, même s'il y a la
route, même s'il y a les maisons, ici tout est magnifique, tout est
bon à regarder. Je ne sais pas bien comment décrire ma passion pour
la randonnée et le trek, ça me prend juste aux tripes. Allez il est
10h15, il est temps de se remettre en route et surtout de sortir le
lecteur MP3. Car c'est aussi en musique que tout change autour de
moi.
Tandis
que la musique d'Interstellar m'emporte sur une autre planète, Thom
Yorke me fait prendre un grand bol d'air : « Breath, keep
breathing, today we escape ». Ohw yeah.
Il
commence à pleuvoir un peu, c'était prévu... Je mets le sursac. 6
km jusqu'à Musysaeter, ça grimpe pas mal, je pense pas que je
mettrais moins de 2 heures. Je me rends compte que j'ai beaucoup trop
d'eau, 2 litres pour une personne seule, c'est trop... Y a de la
flotte potable partout (aucune utilité d'en acheter ici d'ailleurs,
l'eau des bouteilles est la même que l'eau du robinet qui est la même que celle de la rivière) et comme il
fait froid et humide, je bois peu.
La
petite route s'enfonce dans la forêt et quitte bientôt la
civilisation. Aaaaah :-)
Je
tombe sur un espèce de parking où y a quelques voitures et
camping-cars arrêtés. Je vois des gens sortir d'un petit chemin.
Tiens donc, y a quoi là-bas ?
Ahhhh ! Oui ! J'ai vu ce matin sur Maps Me, Kvitskriuprestinn (à vos souhaits), apparemment c'est des espèces de stalactites de terres qui se sont formés suite à l'érosion. Bon, allez, j'vais aller voir, c'est pas trop loin apparemment. Bon par contre ça grimpe et je me tape 300 mètres de dénivelé. Je sue !
Ahhhh ! Oui ! J'ai vu ce matin sur Maps Me, Kvitskriuprestinn (à vos souhaits), apparemment c'est des espèces de stalactites de terres qui se sont formés suite à l'érosion. Bon, allez, j'vais aller voir, c'est pas trop loin apparemment. Bon par contre ça grimpe et je me tape 300 mètres de dénivelé. Je sue !
Y
a de grands escaliers en bois dans la forêt, avec des arbres
immenses, et j'ai la musique de Dark Souls III dans les oreilles.
Croyez-moi, j'ai des petits frissons et l'impression qu'un boss
m'attend là-haut.
Allez, on va dire que ça vaut bien sa petite suée. C'est pas la vue la plus incroyable que j'ai vue dans ma vie, mais ça reste assez sympa et rigolo. Je me demande ce que ça va donner dans une centaine d'années cette histoire.
La descente se fait bien plus vite. Il commence à pleuvoir, je m'arrête pique-niquer juste après un pont, au bord de la rivière, sous les arbres. Ça caille, la vache. J'ai bien mal au pied gauche aussi. Pas sûre que je puisse faire les 24 kilomètres jusqu'au lac aujourd'hui, mais les 18 jusqu'au parking me semblent toujours faisables, malgré les 1200 mètres de dénivelé au total. M'en reste 500 ou 600 jusqu'au parking de Mysusaeter... Pour l'heure, c'est l'heure de sortir le babybel. Ouaaaaiiiiis....... Je vois les photos de mes collègues qui s'enfilent des mojitos au soleil, on va dire que je les envie uniquement gustativement, parce qu'autant je suis parfaitement bien là où je suis, peu importe la météo, autant faut dire que, comme le disait Camille en Kyrgyzstan : « Putain, manger le midi c'est pas une partie de plaisir hein ». Nan, c'est pas le moment où tu kiffes vraiment ta vie. C'est sec, c'est écoeurant, c'est gras, c'est lassant, mais tu manges parce qu'il faut manger alors que t'as pas spécialement faim. En même temps, quand tu te prépares gentiment un tiers de babybel entre deux tranches de pain, c'est sûr que t'as pas HYPER faim.
J'aurais peut-être pas dû mettre mes chaussettes imperméables, ça me serre le pied et je DOUILLE. Je viens de regarder la météo norvégienne qui semble fiable. Pluie coriace jusqu'à 18h... Nice ! Ça promet. Heureusement, je vais grimper, ça va pas me faire de mal un peu de fraîcheur.
Allez, on va dire que ça vaut bien sa petite suée. C'est pas la vue la plus incroyable que j'ai vue dans ma vie, mais ça reste assez sympa et rigolo. Je me demande ce que ça va donner dans une centaine d'années cette histoire.
La descente se fait bien plus vite. Il commence à pleuvoir, je m'arrête pique-niquer juste après un pont, au bord de la rivière, sous les arbres. Ça caille, la vache. J'ai bien mal au pied gauche aussi. Pas sûre que je puisse faire les 24 kilomètres jusqu'au lac aujourd'hui, mais les 18 jusqu'au parking me semblent toujours faisables, malgré les 1200 mètres de dénivelé au total. M'en reste 500 ou 600 jusqu'au parking de Mysusaeter... Pour l'heure, c'est l'heure de sortir le babybel. Ouaaaaiiiiis....... Je vois les photos de mes collègues qui s'enfilent des mojitos au soleil, on va dire que je les envie uniquement gustativement, parce qu'autant je suis parfaitement bien là où je suis, peu importe la météo, autant faut dire que, comme le disait Camille en Kyrgyzstan : « Putain, manger le midi c'est pas une partie de plaisir hein ». Nan, c'est pas le moment où tu kiffes vraiment ta vie. C'est sec, c'est écoeurant, c'est gras, c'est lassant, mais tu manges parce qu'il faut manger alors que t'as pas spécialement faim. En même temps, quand tu te prépares gentiment un tiers de babybel entre deux tranches de pain, c'est sûr que t'as pas HYPER faim.
J'aurais peut-être pas dû mettre mes chaussettes imperméables, ça me serre le pied et je DOUILLE. Je viens de regarder la météo norvégienne qui semble fiable. Pluie coriace jusqu'à 18h... Nice ! Ça promet. Heureusement, je vais grimper, ça va pas me faire de mal un peu de fraîcheur.
Demain,
ils annoncent du soleil. Tout est relatif, je me méfie. Cette nuit,
3°... Ça, ça va être pas mal aussi. Mais si tout va bien, dans
deux jours, les températures vont considérablement augmenter et il
fera entre 10 et 15°C même la nuit : mais c'est parfait ça !
Allez,
finie la partie de rigolade, il est 13 heures, en route !
Ok
je viens de me laver les mains dans la rivière et comprend par la
même occasion je ne me LAVERAI PAS dans la rivière... On est pas au
Kyrgyzstan là, je vais perdre mes membres wesh.
D'ailleurs,
tant que j'y pense... De l'eau, des arbres, un climat humide... PAS
DE MOUSTIQUES ??? \o/ Mais cet endroit est merveilleux !!
Je
me retrouve à suivre 2 randonneurs, les premiers de la journée. Ils
me doublent, je les double, ils me redoublent... C'est chiant. Je
fais une pause pour qu'ils me larguent un peu.
Le
crachin ne me déplait pas tellement, j'ai chaud dans la montée de
toute manière. Musique dans les oreilles, j'avance à vive allure,
je suis déterminée.
Vers 14h, la pluie s'intensifie et commence vraiment à tomber fort, et je commence à être vraiment mouillée. Mais je ne me démotive pas pour autant, je continue d'avancer et garde mon rythme étonnamment sans m'essouffler ni souffrir. Faut dire que sur le bitume, on avance quand même bien plus vite que sur un chemin de cailloux.
Vers 14h, la pluie s'intensifie et commence vraiment à tomber fort, et je commence à être vraiment mouillée. Mais je ne me démotive pas pour autant, je continue d'avancer et garde mon rythme étonnamment sans m'essouffler ni souffrir. Faut dire que sur le bitume, on avance quand même bien plus vite que sur un chemin de cailloux.
J'arrive
à Mysusaeter vers 15h, et là, les gars, il pleut vraiment des
cordes.
Je
trouve un petit abri pour faire une pause. Juste derrière moi, très
vite, les deux randonneurs se joignent à moi. Des français,
ENCORE ! J'ai l'impression que partout où j'aille, les
touristes sont français. On discute un peu. Ils sont venus en train
jusqu'ici de Paris et traversent le parc de Rondane comme moi. Ils se
font à manger dans l'abri. Pendant ce temps j'entame ma deuxième
moitié de tablette de chocolat qui est prévue pour demain. Balek, j'ai beaucoup trop faim. Il commence à faire froid, là. La
pluie, la hauteur... à chaque micro pause je frissonne et là il n'y
a plus rien à grimper pour me réchauffer, je suis arrivée au bout
de mes 1200m ! Je renfile donc ma polaire et ma veste et repart
en saluant les deux français.
Je suis surmotivée, je sais pas ce qui me prend, je sautille dans tous les sens sous la pluie, ça n'a aucun sens. La musique dans les oreilles, j'avance en chantant de toutes mes tripes. Les gens qui me croisent rigolent et je ne comprends pas tout de suite pourquoi, j'oublie presque qu'il existe d'autres énergumènes dans ce monde. Mais à vrai dire j'en ai pas grand chose à faire, je suis juste heureuse. Je vomis du Iron Maiden, crie du Michael Mackson et sifflote du Keith Jarrett.
Je suis surmotivée, je sais pas ce qui me prend, je sautille dans tous les sens sous la pluie, ça n'a aucun sens. La musique dans les oreilles, j'avance en chantant de toutes mes tripes. Les gens qui me croisent rigolent et je ne comprends pas tout de suite pourquoi, j'oublie presque qu'il existe d'autres énergumènes dans ce monde. Mais à vrai dire j'en ai pas grand chose à faire, je suis juste heureuse. Je vomis du Iron Maiden, crie du Michael Mackson et sifflote du Keith Jarrett.
J'arrive
au parking de Spranget vers 16h. Les 18 kilomètres sont faits. Etape
1 bouclée, j'avais prévu de m'arrêter ici. Mais étant donné
qu'il pleut, qu'il est seulement 16 heures et que je meurs de froid
quand je m'arrête, je décide de continuer de marcher jusqu'à ce
qu'il ne pleuve plus. La météo indique 18h. Espérons qu'elle dira
juste. Il me reste seulement 6 kilomètres jusqu'au Rondvassnet (le
lac), c'est faisable en deux heures, surtout que c'est plat.
La
pluie ne s'arrête pas, je commence vraiment à avoir froid et être
trempée de partout mais encore une fois cela n'atteins pas mon
moral, je crois que je pourrais marcher comme ça jusqu'à pas
d'heure.
Un peu plus de 17 heures. Ça y est, je viens de passer le cap où je n'ai plus de réseau. Je viens de voir que mes messages ne partent plus. Bon, tant pis, ça reviendra plus tard, et puis ça va économiser ma batterie. C'est aussi le but d'être ici : s'isoler.
Il est 18h quand le lac et en vue et quand les nuages derrière moi s'estompent pour laisser place à une éclaircie. Je n'ai qu'une hâte c'est que les nuages se déplace pour laisser un beau ciel bleu que je commence à apercevoir. Au loin dans la ville de Mysusater, je vois les rayons du soleil qui doivent apaiser les deux randonneurs. Moi je les attends toujours et continue d'avancer vers le lac.
J'ai retiré la musique de mes oreilles et profite de ce qui m'entoure, notamment de petits moutons beaucoup trop mignons.
Lac en vue ! Finalement vers 18h30 j'atteins le croisement entre le sentier qui va au lac et le sentier qui va à Bjornhollia. J'attends toujours le soleil et commence à désespérer... En fait, je crois que les montagnes font barrage et qu'il ne viendra pas. Au moins, il ne pleut plus, c'est déjà ça... Par contre, ça caille. Je décide de camper à l'intersection, après un petit pont en bois très mignon.
Je fais sécher ma tente au vent et change mes plans pour demain. Etant donné que j'ai pris un peu d'avance, je me dis que s'il fait beau, plutôt que d'aller directement à Bjornhollia, je vais essayer de monter au pic derrière moi, le Storronden, en laissant ma tente en bas.
A priori, en haut, on voit ça. Oui oui, avec le chien, il est toujours là.
En me levant tôt, je pourrais ainsi faire l'ascension, redescendre, et finir les 12 km jusqu'au refuge.
Un peu plus de 17 heures. Ça y est, je viens de passer le cap où je n'ai plus de réseau. Je viens de voir que mes messages ne partent plus. Bon, tant pis, ça reviendra plus tard, et puis ça va économiser ma batterie. C'est aussi le but d'être ici : s'isoler.
Il est 18h quand le lac et en vue et quand les nuages derrière moi s'estompent pour laisser place à une éclaircie. Je n'ai qu'une hâte c'est que les nuages se déplace pour laisser un beau ciel bleu que je commence à apercevoir. Au loin dans la ville de Mysusater, je vois les rayons du soleil qui doivent apaiser les deux randonneurs. Moi je les attends toujours et continue d'avancer vers le lac.
J'ai retiré la musique de mes oreilles et profite de ce qui m'entoure, notamment de petits moutons beaucoup trop mignons.
Lac en vue ! Finalement vers 18h30 j'atteins le croisement entre le sentier qui va au lac et le sentier qui va à Bjornhollia. J'attends toujours le soleil et commence à désespérer... En fait, je crois que les montagnes font barrage et qu'il ne viendra pas. Au moins, il ne pleut plus, c'est déjà ça... Par contre, ça caille. Je décide de camper à l'intersection, après un petit pont en bois très mignon.
Je fais sécher ma tente au vent et change mes plans pour demain. Etant donné que j'ai pris un peu d'avance, je me dis que s'il fait beau, plutôt que d'aller directement à Bjornhollia, je vais essayer de monter au pic derrière moi, le Storronden, en laissant ma tente en bas.
A priori, en haut, on voit ça. Oui oui, avec le chien, il est toujours là.
En me levant tôt, je pourrais ainsi faire l'ascension, redescendre, et finir les 12 km jusqu'au refuge.
Je
suis froid. Vraiment. Et pourtant, croyez moi que je suis pas une
frileuse. Mais ça fait partie du jeu et même si c'est pas agréable,
c'est pas le genre de trucs qui va me faire abandonner ou ne pas
apprécier le moment. C'est comme la douleur, on fait avec, c'est
tout. On l'a choisi, on sait pourquoi on est là, on connaissait le
contrat avant de partir. J'ai déballé mes affaires partout autour
de ma tente qui sèche et me fait à manger en attendant.
Je
me fais un thé à la menthe pour me réchauffer et je le renverse
dans ma soupe. Bon. Ça commence bien. Les chaussettes imperméables
sont une révélation mais n'empêche que j'ai quand même les pieds
mouillés et congelés. Je prends mon courage à deux mains pour
aller faire la vaisselle dans la rivière que vous imaginez glaciale,
et me laver les dents. Je fais ma petite toilette aux lingettes dans
ma tente et m'enfonce dans mon duvet vers 20h30. Cela fait maintenant
10 minutes que je suis dans mon duvet à écrire mon carnet, et déjà
je tremble de froid. Cette nuit s'annonce compliquée. Je ne sais pas
si j'arriverai à m'endormir ni comment je vais pouvoir me
réchauffer. La météo annonçait 3 degrés ce soir, mais dans la
ville, en bas. Je n'ose imaginer combien il fait 500 mètres plus
haut, proche du lac, exposée au vent entre deux montagnes... Le
soleil ne sera finalement pas venu me voir je l'aurais attendu en
gros toute la soirée. Heureusement il ne pleut plus et la tente est
à peu près sèche. Je croise les doigts pour qu'il fasse soleil
demain.
21h. Il fait bien nuit. Je commence à flipper toute seule, comme ausommet du Pico Ruivo en février dernier où je me suis demandée si c'était possible de mourir de froid en m'endormant. Impossible de me réchauffer et d'arrêter de trembler. De la buée sors de ma bouche quand j'expire. C'est pas quand il est hyper froid l'hiver, ça, normalement ? Je finis par mettre 2 couches de chaussettes en laine, mon legging polaire, un pantalon et mon sur pantalon. Pour le haut, ça sera 2 polaires et mon K-way, ma veste étant trempée. J'ai toujours froid. Je suis pas sûre que ce soit très intelligent de mettre mon kaway, j'ai l'impression qu'il me garde plus dans le froid que dans le chaud. Je le retire et ferme totalement mon duvet. Je ne sais pas comment va se passer cette nuit mais je sens que je vais souffrir.
21h. Il fait bien nuit. Je commence à flipper toute seule, comme ausommet du Pico Ruivo en février dernier où je me suis demandée si c'était possible de mourir de froid en m'endormant. Impossible de me réchauffer et d'arrêter de trembler. De la buée sors de ma bouche quand j'expire. C'est pas quand il est hyper froid l'hiver, ça, normalement ? Je finis par mettre 2 couches de chaussettes en laine, mon legging polaire, un pantalon et mon sur pantalon. Pour le haut, ça sera 2 polaires et mon K-way, ma veste étant trempée. J'ai toujours froid. Je suis pas sûre que ce soit très intelligent de mettre mon kaway, j'ai l'impression qu'il me garde plus dans le froid que dans le chaud. Je le retire et ferme totalement mon duvet. Je ne sais pas comment va se passer cette nuit mais je sens que je vais souffrir.



















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