Réveil à 2h43. j'ai froid mais je me surprends à ne pas trembler, limite
c'est plutôt la douleur aux hanches qui me réveille. Je me rendors
assez facilement et me réveille encore une fois à 4h. J'attends
avec hâte que le soleil se lève car je sais que la météo a prévu
un grand ciel bleu. Il n'y a rien de plus jouissif que le soleil qui
vient réchauffer la tente au petit matin après une nuit bien
froide. Mais il n'y aussi rien de plus frustrant que d'attendre le
soleil qui ne viendra jamais.
Finalement, plus de peur que de mal, je me suis endormie assez vite hier soir. Les deux polaires m'ont bien vite réchauffée et mes pieds étaient d'un froid modéré (ça veut dire que je les sentais, c'est le principal). Troisième réveil à 6h. Bon, le soleil est levé. Ça ne change strictement rien hélas, je dirais même que j'ai encore plus froid. J'ouvre la tente et constate une épaisseur nuageuse partout autour de moi. Rah, cette déception que je ne connais que trop bien. Je laisse sa chance à la météo et me rendors. 7h20, dernier réveil. Je me frotte les pieds l'un contre l'autre, ils sont glacés. Il a plu entre 6h et 7h... J'ouvre la tente sans grand espoir. Eh ben, on peut dire que ça s'arrange nettement !
Finalement, plus de peur que de mal, je me suis endormie assez vite hier soir. Les deux polaires m'ont bien vite réchauffée et mes pieds étaient d'un froid modéré (ça veut dire que je les sentais, c'est le principal). Troisième réveil à 6h. Bon, le soleil est levé. Ça ne change strictement rien hélas, je dirais même que j'ai encore plus froid. J'ouvre la tente et constate une épaisseur nuageuse partout autour de moi. Rah, cette déception que je ne connais que trop bien. Je laisse sa chance à la météo et me rendors. 7h20, dernier réveil. Je me frotte les pieds l'un contre l'autre, ils sont glacés. Il a plu entre 6h et 7h... J'ouvre la tente sans grand espoir. Eh ben, on peut dire que ça s'arrange nettement !
P***** c'est ça qu'on appelle le soleil ici ??? Alors peut-être que les montagnes font barrage et qu'il fait beau 10 km au sud et 10 km à l'est mais ici, c'est la muerta. Je suis un peu dégoûtée, j'aurais adoré grimper sur Storronden derrière moi et surtout avoir une vue panoramique sur le parc. Ascenseur émotionnel. Le pire c'est que toutes mes affaires sont trempées : ma veste, les chaussettes imperméables, mes chaussures. Je vois absolument pas comment ça va sécher, tout comme la tente qui est de nouveau trempée. Il est actuellement 7h45 et je n'ai aucune idée d'où trouver le courage pour sortir de mon duvet. J'espère encore peut-être en vain que le soleil viendra me réchauffer quand je marcherai... Peut-être une fois sortie des montagnes...? Espérons. Pour l'heure ma mission et de me faire à manger et surtout de m'habiller, puis mettre mes chaussures froides et mouillées, ranger la tente mouillée, et ranger le tout dans mon sac mouillé. \o/
8h10.
Je me dis toujours que c'est le premier pas qui est le plus difficile
et qu'après ça va mieux. Effectivement, après un petit déj et mon
bon thé chaud dans mon ventre, je me dis que finalement il faut
accepter la météo et la nature telles qu'elles sont. Mes
chaussettes imperméables ne sont pas si mouillées que ça, ma
polaire est sèche et mon K-way aussi. Je ne devrais pas trop crever
de froid aujourd'hui, si j'ai la chance d'avoir un peu de soleil ce
soir, tout pourra sécher. J'ai quand même de la chance d'être ici
je ne vais pas commencer à me plaindre connaissant déjà la météo
humides des pays scandinaves. Je l'ai choisie, il faut pas déconner.
Après, 3 degrés le 23 août, c'est quand même assez peu.
Départ vers 10h quand le soleil arrive... j'ai un peu les boules. J'ai 3 couches de pantalon une polaire et un k-way je commence à avoir très chaud quand je me mets à marcher.
Les paysages sont magnifiques et finalement je n'aurais pas de regret pour le Storronden qui est bien bien dans les nuages. Ok donc c'est ça en fait le grand soleil ici... Au moins il ne pleut pas et je n'ai pas froid. Et gros point positif toujours pas de moustique à l'horizon malgré le coin très humide. D'ailleurs le sentier me saoule assez vite car il est noyé et j'ai l'impression de me retrouver en Laponie il y a 2 ans.
Je déteste ce genre de sentier où on avance à rien, on doit faire attention à chaque pas et du coup on ne peut pas profiter du paysage. J'espère que ce n'est pas comme ça jusqu'au refuge.
Départ vers 10h quand le soleil arrive... j'ai un peu les boules. J'ai 3 couches de pantalon une polaire et un k-way je commence à avoir très chaud quand je me mets à marcher.
Les paysages sont magnifiques et finalement je n'aurais pas de regret pour le Storronden qui est bien bien dans les nuages. Ok donc c'est ça en fait le grand soleil ici... Au moins il ne pleut pas et je n'ai pas froid. Et gros point positif toujours pas de moustique à l'horizon malgré le coin très humide. D'ailleurs le sentier me saoule assez vite car il est noyé et j'ai l'impression de me retrouver en Laponie il y a 2 ans.
Je déteste ce genre de sentier où on avance à rien, on doit faire attention à chaque pas et du coup on ne peut pas profiter du paysage. J'espère que ce n'est pas comme ça jusqu'au refuge.
La
musique m'accompagne encore toute la journée et impacte beaucoup ma
vision des choses. Je me retrouve seule face à deux montagnes bien
noires aux sommets brumeux, elles me semblent si majestueuses. Je
m'arrête et écoute Prophecies de Philip Glass (Koyaanisqatsi, un
film à voir). Durant 10 minutes, j'ai l'impression que tout vit
autour de moi : la brume sur les montagnes noires, la roche,
l'eau qui ruisselle des sommets... J'ai les larmes aux yeux, cela me
paraît complètement hors du temps et hors du monde.
Le sentier est un peu monotone jusqu'à la vue sur la rivière. Je n'ai croisé qu'un seul animal pour l'instant : une poule qui m'a sacrément foutu les jetons. Il n'y a pas tellement d'humains non plus sur le sentier. Mais je me traîne un peu sur cet amas de cailloux qui me casse les chevilles et les pieds à chaque pas. Je commence avoir le petit orteil qui me fait très mal. Le temps se dégage considérablement, il ne pleut plus depuis ce matin.
La vue au dessus de la rivière fait du bien, le refuge est en vue !
Je fais une très courte halte au refuge pour aller aux toilettes me laver un peu et aperçois une aire de camping pour tentes. Le temps d'une seconde, je me pose la question, et me souviens qu'il ne faut jamais céder au confort. Non, tu n'iras pas boire un chocolat chaud au café. Non, tu ne vas pas t'installer aux côtés d'autres tentes pour profiter des toilettes. Tu sais très bien que tu regretteras ta solitude et ton autonomie. Loin, loin, les gens. Attention, je ne dis pas que c'est mal en soi, hein, et il m'arrive clairement de le faire, c'est très sympa aussi de sympathiser et de se poser dans un refuge au chaud après une journée de marche et une nuit bien froide. C'est très personnel, mais en ce qui me concerne il y a des buts à ces treks. Et en ce qui me concerne, je pars avec un état d'esprit, un objectif de route. Et cette fois, le but, c'est de fuir toute civilisation. C'est le repli sur soi, c'est le mutisme. Du coup, peu importe l'appel du confort et l'appel de la chaleur, l'appel de la bulle est largement plus fort et ne me fait pas hésiter une seconde de plus.
Il est 16h30 quand je me remets en route pour avancer un peu sur l'étape de demain. Le sentier qui part du refuge jusqu'à la rivière est absolument magnifique. Je croise trois ou quatre personnes seulement et j'ai une vue magnifique sur toute la vallée avec la rivière immense.
Heureusement les nuages restent derrière la montagne, ils m'ont suivie sans me rattraper toute la journée et ne passent pas à cause de la montagne.
Je suis donc du bon côté avec un ciel plutôt bleu, bien que je n'ai pas de soleil. Il ne fait pas froid pour autant. J'ai de la chance, cela fait trois jours que je marche avec le vent dans le dos, peu importe la direction que je prenne. Les 6 derniers kilomètres n'en finissent pas, je dois dire. Je suis à flanc de montagne, le paysage est incroyable, mais je n'en vois pas le bout et je commence à avoir mal aux pattes.
Le sentier est un peu monotone jusqu'à la vue sur la rivière. Je n'ai croisé qu'un seul animal pour l'instant : une poule qui m'a sacrément foutu les jetons. Il n'y a pas tellement d'humains non plus sur le sentier. Mais je me traîne un peu sur cet amas de cailloux qui me casse les chevilles et les pieds à chaque pas. Je commence avoir le petit orteil qui me fait très mal. Le temps se dégage considérablement, il ne pleut plus depuis ce matin.
La vue au dessus de la rivière fait du bien, le refuge est en vue !
Je fais une très courte halte au refuge pour aller aux toilettes me laver un peu et aperçois une aire de camping pour tentes. Le temps d'une seconde, je me pose la question, et me souviens qu'il ne faut jamais céder au confort. Non, tu n'iras pas boire un chocolat chaud au café. Non, tu ne vas pas t'installer aux côtés d'autres tentes pour profiter des toilettes. Tu sais très bien que tu regretteras ta solitude et ton autonomie. Loin, loin, les gens. Attention, je ne dis pas que c'est mal en soi, hein, et il m'arrive clairement de le faire, c'est très sympa aussi de sympathiser et de se poser dans un refuge au chaud après une journée de marche et une nuit bien froide. C'est très personnel, mais en ce qui me concerne il y a des buts à ces treks. Et en ce qui me concerne, je pars avec un état d'esprit, un objectif de route. Et cette fois, le but, c'est de fuir toute civilisation. C'est le repli sur soi, c'est le mutisme. Du coup, peu importe l'appel du confort et l'appel de la chaleur, l'appel de la bulle est largement plus fort et ne me fait pas hésiter une seconde de plus.
Il est 16h30 quand je me remets en route pour avancer un peu sur l'étape de demain. Le sentier qui part du refuge jusqu'à la rivière est absolument magnifique. Je croise trois ou quatre personnes seulement et j'ai une vue magnifique sur toute la vallée avec la rivière immense.
Heureusement les nuages restent derrière la montagne, ils m'ont suivie sans me rattraper toute la journée et ne passent pas à cause de la montagne.
Je suis donc du bon côté avec un ciel plutôt bleu, bien que je n'ai pas de soleil. Il ne fait pas froid pour autant. J'ai de la chance, cela fait trois jours que je marche avec le vent dans le dos, peu importe la direction que je prenne. Les 6 derniers kilomètres n'en finissent pas, je dois dire. Je suis à flanc de montagne, le paysage est incroyable, mais je n'en vois pas le bout et je commence à avoir mal aux pattes.
C'est
une fois arrivée à la rivière que ma fatigue s'estompe pour un
bonheur immense.
Wooooooow !
Je m'attendais pas du tout à ça !!! Une cascade immense au
débit inouï, une eau laiteuse et pure, des roches creusées formant
des strates. On dirait presque que ça a été forgé, tant la
composition est parfaite.
Je
trouve un emplacement de bivouac parfait pour installer ma tente qui
a le temps de sécher sous ce soleil inespéré.
Faut économiser des lingettes tant qu'il ne fait pas trop froid par contre il m'est strictement impossible de me laver dans la rivière qui va me couper la circulation direct. Du coup, j'opte pour une technique innovante, faire ma toilette à la gourde... Bon, c'est mieux que les lingettes, moins froid que la rivière, mais pas le top du top non plus...
Tout
est enfin sec, j'espère que ça restera comme ça jusqu'à la fin.
La météo est plutôt encourageante. Il est 20h quand je me fais à
manger du riz à la sauce beurre citron, on ne change pas les bonnes
habitudes, et ma foi, je n'ai pas trop froid. Le temps que je mange,
le soleil s'est définitivement caché derrière les montagnes et la
fraîcheur s'installe. Je commence à grelotter. J'espère que je ne
vais pas avoir trop froid cette nuit, je ne peux pas mettre tous les
vêtements que j'ai mis hier, la plupart sont terreux et puant. Je
veux bien faire des concessions sur l'hygiène en trek, mais le dodo,
c'est sacré, on pue pas. Je commence à songer sur le long terme et
je me dis que je ferai peut-être une halte au camping à la fin de
ma traversée du parc, à Hjerkinn.
J'ai fait un peu plus de 16 kilomètres aujourd'hui. Toujours aucune douleur ni courbatures à part mon orteil qui me fait vraiment mal. Des soins sont à prévoir demain matin. La rivière est pas tout proche il faut que je prenne mon courage à deux mains aller faire la vaisselle et me laver les dents avant de pouvoir me coucher. Mais une fois arrivée au bord de l'eau, plus aucun regret, je pourrais rester là éternellement je crois. J'en profite pour laver quelques vêtements. Même s'il fait moins froid qu'hier soir, je sens tout même que la nuit va être très fraîche. J'ai faim. Je crois que je me suis trop limitée sur la bouffe en espérant gagner en poids.
J'ai fait un peu plus de 16 kilomètres aujourd'hui. Toujours aucune douleur ni courbatures à part mon orteil qui me fait vraiment mal. Des soins sont à prévoir demain matin. La rivière est pas tout proche il faut que je prenne mon courage à deux mains aller faire la vaisselle et me laver les dents avant de pouvoir me coucher. Mais une fois arrivée au bord de l'eau, plus aucun regret, je pourrais rester là éternellement je crois. J'en profite pour laver quelques vêtements. Même s'il fait moins froid qu'hier soir, je sens tout même que la nuit va être très fraîche. J'ai faim. Je crois que je me suis trop limitée sur la bouffe en espérant gagner en poids.
21h.
Rentrée de l'expédition rivière. J'ai cru que j'allais perdre mes
doigts. Cela dit ça réchauffe. Pas pour longtemps non plus. Je me
mets dans mon duvet et déjà je sens l'air froid sur mes jambes...
Bon
fuck, vaut mieux prévenir que guérir : il fait moins froid qu'hier
certes, mais je mets un combo double. Pour les pieds ça sera
chaussettes thermique par-dessus chaussettes en laine par-dessus
chaussettes en coton, legging polaire, legging normal, pantalon. Une
fois dans mon duvet j'ai presque trop chaud, et ça fait un bien fou.
C'est la première fois que je m'installe dans ma position de dodo en
sentant le bout de mes pieds !!! Yihaaaa ! (Oui, on se contente de
peu dans cette vie.) Du coup pour le haut j'ai une simple polaire
avec un sous pull en dessous et je pense que cela devrait suffir. En
général ce sont les jambes et les pieds qui font que froid se
généralise.
Pour
une fois, pas de nausée ni de vertige. C'est souvent le cas après
une journée intense de rando. Pourvu que ça dure !
J'écoute
un peu de musique avant de m'endormir. Quoi de mieux que le Paris
Concert, la seule musique qui me donne autant de frissons que les
endroits dans lequels je me trouve actuellement, la musique qui a
révélé en moi des émotions que je ne connaissais pas, m'a
convaincu que j'en ferai ma vie alors que je n'y connaissais rien, me
surprend toujours même au bout de la 142e écoute, et me file une
sacrée boule au ventre. N'empêche, une fois qu'on a chaud, il n'y a
absolument rien dont on peut avoir besoin. Une tente, le crépuscule,
une énorme cascade entourée d'arbres, la solitude, le néant
humain... J'vous jure, je veux rester toute ma vie ici.

















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