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21 août 2019


God tag, Norge

C'est le grand départ. 14 kilos sur le dos. J'ai essayé de prendre le strict nécessaire, j'en ai marre de me coltiner 17 kilos minimum pour une semaine. D'ailleurs, je ne comprends toujours pas comment je peux atteindre autant de poids alors que je réduis d'année en année le matériel. Cette fois, j'ai vraiment pas pris beaucoup de fringues et peu de nourriture : juste de quoi manger pendant 7 jours. Mais tout de même, ça s'annonce pas très chaleureux là-haut, donc il faut bien les vêtements thermiques qui pèsent leur poids et prennent leur place, sinon je vais crever. Je regarde la météo avant de partir : c'est pas si mal barré ma foi.




Bon, les premiers jours il va bien cailler, 3-4°C la nuit et le matin. Ensuite, plutôt ensoleillé. Espérons que la météo norvégienne soit fiable. Après tout, j'aime l'idée de me cailler les miches quand c'est la canicule à Paris. Oui je suis bizarre.

Le réveil à 5 heures est assez rude. Soirée arrosée la veille, rentrée à 2 heures. Hé oui, c'est encore les vacances, on profite. Mon vol est à 11 heures mais il me faut un bon bout de temps pour aller à Charles de Gaulle depuis ma lointaine banlieue. Mon sac est prêt, il me faudra seulement le recoudre puisque je me tape le même sac qu'au Kirghizistan, c'est-à-dire un sac de merde chinois dont toutes les lanières se décousent. Le souci c'est qu'il y en a une qui commence à bien craquer, et c'est celle qui tient tout sur mon dos, donc ça craint un peu.

Arrivée dans le RER B, 40 minutes m'attendent pour rejoindre l'aéroport. Ni une ni deux, je me colle à la fenêtre et m'endors comme une crêpe. Le réveil est doublement brutal.



Je vais m'enregistrer. Par contre là je buggue. Je comprends pas le principe des bornes d'enregistrement automatiques. A priori ça me semble être un super gain de temps, comme ça tu as juste à déposer ton bagage au Drop off et te barrer. MAIS NON. J'ai ma carte d'embarquement, j'ai collé mon étiquettes sur mon gros sac pourri, et je dois quand même faire la queue avec tous les gens qui vont s'enregistrer au guichet pour déposer mon sac. JUSTE pour déposer mon sac. Et encore mieux, comme souvent, j'arrive au guichet et on me dit :
« ahbenouimaisyadestrucsaccrochésdoncfautledéposerauxbagageshorsformat. » EGNE ! SUPER MERCI.
Bon après tout, j'ai du temps. Allez hop, demi-tour, je vais au guichet hors format.
« C'est tout bon madame, vous pouvez y aller ! Bon voyage. »
- Merci vous aussi !
- … :)
- Ah oui non pardon, euh bonne soirée ! Enfin euh bonne journée.

Ouais bon. J'ai dit que le réveil était dur. Mais bordel qu'est-ce qu'on se sent bien dans un aéroport. Enfin pas le lieu en lui-même (horreur : foule, attente), mais l'idée de partir. Je suis éclatée mais intérieurement toute excitée de m'envoler vers ma Scandinavie chérie aux forêts verdoyantes et aux lumières éclatantes. Je sens que ça va être une bonne semaine, je sais pas pourquoi. [A l'heure où j'écris ce carnet, je sais définitivement pourquoi, et ça me rend clairement apathique de nostalgie.]

Allez zou, 11h, décollage. Derrière moi y a une bande de jeunes (Alerte, ça y est je parle comme une adulte) qui disent n'importe quoi (des blagues un peu pourries du genre « ahah mais imagine on s'écrase » ou alors « hé mais il met du temps à décoller, ça se trouve on y va en roulant ahahahahahaha ».) Mbon ! Moi je me délecte toujours de cet instant d'adrénaline qui te colle au siège, hors de contrôle, qui marque le début de ton rêve, où on te dit « allez, ça y est, tu décolles » au sens propre comme au figuré. Je me réveille quand on nous demande de rattacher nos ceintures pour descendre. Et j'aperçois enfin les paysages nordiques, l'eau, les étendues de forêts, mon cœur se réchauffe, prêt à affronter le froid potentiel qui m'attend dans le Rondane.




God tag, Norge. (ça veut dire « bonjour, Norvège », pour les rares lecteurs qui ne parleraient pas norvégien)

Je récupère mon sac et attends quelques 2 heures pour prendre mon train vers Otta. Demain, les affaires reprennent sérieusement.



C'est cool, les trains qui vont au Nord passent par l'aéroport, ce qui évite de devoir aller dans Oslo même et perdre un temps fou (une journée, en fait). C'est bien, j'ai de quoi faire pendant mon attente au moins : RECOUDRE MON SAC.



Cey très marrang ça didonk.

Après cette activité fort ludique, il me reste encore 3h30 de train pour rejoindre Otta. Ça en fait une belle journée de transports et d'attente, ça... mais ma foi, 13 heures pour plus de 2000 kilomètres, je trouve ça plutôt efficace. Pas écolo, certes (shame, shame), mais efficace. Heureusement, il y a des prises dans le train pour recharger toutes mes batteries avant la semaine de sauvageon, privée de toute source d'énergie.



De toute façon, les trains norvégiens, c'est pas compliqué, c'est comme tout le reste en Norvège : tu raques, mais tout est confortable, paisible, pratique, ponctuel, et PROPRE (même les vitres, on dirait qu'y en a pas). Et encore, je dis tu raques... J'ai payé 30 balles le trajet Oslo / Otta, finalement en comparaison avec la SNCF c'est vraiment pas cher pour la distance que ça représente.

J'aime les trains. Un mec m'a dit ça un jour. C'était une personne que je qualifierai plutôt de con. Mais il a dit ce truc plutôt philosophique que j'ai retenu, je ne sais pourquoi. On parlait de train (allez comprendre pourquoi) et il m'a dit ce truc très simple mais très vrai : « C'est génial le train. Tu t'assois, tu fais rien, t'es là, tu penses... et juste, t'avances. » Avec ma grande sagesse, j'ai répondu un truc du genre : « Ben ouais mais si t'es dans le sens inverse de la marche tu recules, ça marche pas. » Bon je sais pas s'il pensait vraiment à la dimension philosophique ou s'il était juste drogué (j'ai une petite idée), mais après tout peu importe, c'était dit très simplement et l'image est belle, c'est vrai. Tu fais rien, tu penses, et t'avances.

J'arrive à Otta à 19h50 avec 10 minutes de retard. Et là les gars, c'est la course. Intersport est à 5 minutes de la gare, et ça ferme à 20 heures. J'aimerais bien acheter du gaz dès ce soir car ça n'ouvre qu'à 10 heures demain matin, et j'aimerais bien partir tôt et être déjà loin d'Otta à 10 heures demain matin. Hop hophop, grâce à mon SUPER TEENO (parce que j'ai pas de carte d'Otta), je trace et me retrouve à Intersport à 19h56, yihaaaaa !


(9€ les 200g, vive la Norvège)

S'en suivent quelques kilomètres au soleil tombant sur la rivière Otta pour rejoindre le camping. 

 


Je suis vraiment aux anges. Mmmmmhhhh je sens que ça va être cool. De toute façon je suis en Norvège, quoi qu'il arrive, ça ne peut que être cool. Sauf si je meurs, mais bon.
Arrivée au camping une grosse demie-heure plus tard, j'ai la bonne surprise de n'avoir que 10€ à payer !! C'est extrêmement bon marché pour ce pays ou normalement un emplacement simple avec personne seule monte facilement à 20/25€ la nuit. Je profite de ma dernière soirée à pouvoir manger dans un espace CHAUD et surtout, le plus important, prendre ma dernière douche avant une semaine... huhuhu.




Une fois la nuit tombée, je prends mon courage à deux mains pour rejoindre ma tente car il faut l'avouer : IL PÈLE SA RACE.




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