God
tag, Norge
C'est
le grand départ. 14 kilos sur le dos. J'ai essayé de prendre le
strict nécessaire, j'en ai marre de me coltiner 17 kilos minimum
pour une semaine. D'ailleurs, je ne comprends toujours pas comment je
peux atteindre autant de poids alors que je réduis d'année en année
le matériel. Cette fois, j'ai vraiment pas pris beaucoup de fringues
et peu de nourriture : juste de quoi manger pendant 7 jours.
Mais tout de même, ça s'annonce pas très chaleureux là-haut, donc
il faut bien les vêtements thermiques qui pèsent leur poids et
prennent leur place, sinon je vais crever. Je regarde la météo
avant de partir : c'est pas si mal barré ma foi.
Bon,
les premiers jours il va bien cailler, 3-4°C la nuit et le matin.
Ensuite, plutôt ensoleillé. Espérons que la météo norvégienne
soit fiable. Après tout, j'aime l'idée de me cailler les miches
quand c'est la canicule à Paris. Oui je suis bizarre.
Le
réveil à 5 heures est assez rude. Soirée arrosée la veille,
rentrée à 2 heures. Hé oui, c'est encore les vacances, on profite.
Mon vol est à 11 heures mais il me faut un bon bout de temps pour
aller à Charles de Gaulle depuis ma lointaine banlieue. Mon sac est
prêt, il me faudra seulement le recoudre puisque je me tape le même
sac qu'au Kirghizistan, c'est-à-dire un sac de merde chinois dont
toutes les lanières se décousent. Le souci c'est qu'il y en a une
qui commence à bien craquer, et c'est celle qui tient tout sur mon
dos, donc ça craint un peu.
Arrivée
dans le RER B, 40 minutes m'attendent pour rejoindre l'aéroport. Ni
une ni deux, je me colle à la fenêtre et m'endors comme une crêpe.
Le réveil est doublement brutal.
Je
vais m'enregistrer. Par contre là je buggue. Je comprends pas le
principe des bornes d'enregistrement automatiques. A priori ça me
semble être un super gain de temps, comme ça tu as juste à déposer
ton bagage au Drop off et te barrer. MAIS NON. J'ai ma carte
d'embarquement, j'ai collé mon étiquettes sur mon gros sac pourri,
et je dois quand même faire la queue avec tous les gens qui vont
s'enregistrer au guichet pour déposer mon sac. JUSTE pour déposer
mon sac. Et encore mieux, comme souvent, j'arrive au guichet et on me
dit :
« ahbenouimaisyadestrucsaccrochésdoncfautledéposerauxbagageshorsformat. »
EGNE ! SUPER MERCI.
Bon
après tout, j'ai du temps. Allez hop, demi-tour, je vais au guichet
hors format.
« C'est
tout bon madame, vous pouvez y aller ! Bon voyage. »
-
Merci vous aussi !
-
… :)
-
Ah oui non pardon, euh bonne soirée ! Enfin euh bonne journée.
Ouais
bon. J'ai dit que le réveil était dur. Mais bordel qu'est-ce qu'on
se sent bien dans un aéroport. Enfin pas le lieu en lui-même
(horreur : foule, attente), mais l'idée de partir. Je suis
éclatée mais intérieurement toute excitée de m'envoler vers ma
Scandinavie chérie aux forêts verdoyantes et aux lumières
éclatantes. Je sens que ça va être une bonne semaine, je sais pas
pourquoi. [A l'heure où j'écris ce carnet, je sais définitivement
pourquoi, et ça me rend clairement apathique de nostalgie.]
Allez
zou, 11h, décollage. Derrière moi y a une bande de jeunes (Alerte,
ça y est je parle comme une adulte) qui disent n'importe quoi (des
blagues un peu pourries du genre « ahah mais imagine on
s'écrase » ou alors « hé mais il met du temps à
décoller, ça se trouve on y va en roulant ahahahahahaha ».)
Mbon ! Moi je me délecte toujours de cet instant d'adrénaline
qui te colle au siège, hors de contrôle, qui marque le début de
ton rêve, où on te dit « allez, ça y est, tu décolles »
au sens propre comme au figuré. Je me réveille quand on nous
demande de rattacher nos ceintures pour descendre. Et j'aperçois
enfin les paysages nordiques, l'eau, les étendues de forêts, mon
cœur se réchauffe, prêt à affronter le froid potentiel qui
m'attend dans le Rondane.
God
tag, Norge. (ça veut dire « bonjour, Norvège », pour
les rares lecteurs qui ne parleraient pas norvégien)
Je
récupère mon sac et attends quelques 2 heures pour prendre mon
train vers Otta. Demain, les affaires reprennent sérieusement.
C'est
cool, les trains qui vont au Nord passent par l'aéroport, ce qui
évite de devoir aller dans Oslo même et perdre un temps fou (une
journée, en fait). C'est bien, j'ai de quoi faire pendant mon
attente au moins : RECOUDRE MON SAC.
Cey très marrang ça didonk.
Après
cette activité fort ludique, il me reste encore 3h30 de train pour
rejoindre Otta. Ça en fait une belle journée de transports et
d'attente, ça... mais ma foi, 13 heures pour plus de 2000
kilomètres, je trouve ça plutôt efficace. Pas écolo, certes
(shame, shame), mais efficace. Heureusement, il y a des prises dans
le train pour recharger toutes mes batteries avant la semaine de
sauvageon, privée de toute source d'énergie.
De
toute façon, les trains norvégiens, c'est pas compliqué, c'est
comme tout le reste en Norvège : tu raques, mais tout est
confortable, paisible, pratique, ponctuel, et PROPRE (même les
vitres, on dirait qu'y en a pas). Et encore, je dis tu raques... J'ai
payé 30 balles le trajet Oslo / Otta, finalement en comparaison avec
la SNCF c'est vraiment pas cher pour la distance que ça représente.
J'aime
les trains. Un mec m'a dit ça un jour. C'était une personne que je
qualifierai plutôt de con. Mais il a dit ce truc plutôt
philosophique que j'ai retenu, je ne sais pourquoi. On parlait de
train (allez comprendre pourquoi) et il m'a dit ce truc très simple
mais très vrai : « C'est génial le train. Tu t'assois,
tu fais rien, t'es là, tu penses... et juste, t'avances. »
Avec ma grande sagesse, j'ai répondu un truc du genre : « Ben
ouais mais si t'es dans le sens inverse de la marche tu recules, ça
marche pas. » Bon je sais pas s'il pensait vraiment à la
dimension philosophique ou s'il était juste drogué (j'ai une petite
idée), mais après tout peu importe, c'était dit très simplement
et l'image est belle, c'est vrai. Tu fais rien, tu penses, et
t'avances.
J'arrive
à Otta à 19h50 avec 10 minutes de retard. Et là les gars, c'est la
course. Intersport est à 5 minutes de la gare, et ça ferme à 20
heures. J'aimerais bien acheter du gaz dès ce soir car ça n'ouvre
qu'à 10 heures demain matin, et j'aimerais bien partir tôt et être
déjà loin d'Otta à 10 heures demain matin. Hop hophop, grâce à
mon SUPER TEENO (parce que j'ai pas de carte d'Otta), je trace et me
retrouve à Intersport à 19h56, yihaaaaa !
(9€
les 200g, vive la Norvège)
Je
suis vraiment aux anges. Mmmmmhhhh je sens que ça va être cool. De
toute façon je suis en Norvège, quoi qu'il arrive, ça ne peut que
être cool. Sauf si je meurs, mais bon.
Arrivée
au camping une grosse demie-heure plus tard, j'ai la bonne surprise
de n'avoir que 10€ à payer !! C'est extrêmement bon marché
pour ce pays ou normalement un emplacement simple avec personne seule
monte facilement à 20/25€ la nuit. Je profite de ma dernière
soirée à pouvoir manger dans un espace CHAUD et surtout, le plus
important, prendre ma dernière douche avant une semaine... huhuhu.
Une
fois la nuit tombée, je prends mon courage à deux mains pour
rejoindre ma tente car il faut l'avouer : IL PÈLE SA RACE.











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