27 mai 2017


2H30. Réveillée par un allemand qui ronfle. Fort. Ou bien une allemande. Dur de retrouver le sommeil. Je me tourne vers Camille, je la sens réveillée aussi. Elle descend pour aller aux toilettes, quelques minutes après je la suis et la croise en bas, complètement dans le gaz, je lâche un « connard qui ronfle », ce à quoi elle ne répond pas. Finalement je me rendormirai assez vite, ce qui n'est je crois pas tout à fait le cas de Kay.

7H30. Réveillées par les allemands qui rient et parlent fort. Je chuchote avec Camille : apparemment ils sont arrivés vers minuit en parlant fort et la lumière allumée pendant longtemps alors qu'ils avaient des frontales (j'ai rien calculé moi je pionçais). Bref, du coup elle a pas super bien dormi, et les voilà qui ricanent bruyamment pendant une demie heure. Je m'habille discrètement et finit par me lever vers 8 heures, et OH MON DIEU. Une allemande en slip, au milieu du dortoir, riant aux éclats avec ses copains allemands. Mais. Depuis quand on tape la discute en slip avec ses potes (uniquement en slip, je précise) ? Et depuis quand on fait ça dans un dortoir de 25 lits sans se soucier qu'il y ait potentiellement d'autres personnes ? Les us et les coutumes, que voulez-vous... (ahaha, j'attends les foudres de tous les allemands m'accusant de préjugés :D) En vrai j'aime bien les allemands hein. D'ailleurs je suis allée en Allemagne et c'était cool!
Mais bon. En slip, quand même.

Bref. Quelques gateaux avalés plus tard, il est 9h30 quand nous plions bagage pour 20 km de randonnée.



Aujourd'hui c'est Kay qui porte la carte, hier elle en avait marre de pas savoir où on en était, de combien ça montait, où on allait, ce que je comprends, moi j'ai toujours suivi les cartes c'est ma passion. Du coup, comme je sais qu'on suit le GR5 et qu'y a pas trop à chercher de sentier, ça me dérange pas qu'elle s'en occupe, au contraire, ça me fait ça en moins à porter :D



Destination le Grand Ballon, que l'on voyait de loin depuis le Hohneck et qui commence à se rapprocher...



Et encore, ce ne sera pas la fin de notre étape qui se termine au refuge du Molkenrain. On est bien en forme ce matin, c'est hyper agréable ! Bon alors par contre il fait déjà chaud à 10 heures et aujourd'hui y a pas de vent du tout. Mais bon clairement, je suis pas spécialement fan de soleil – à part le soleil d'hiver tout doux (même pas du tout, je déteste quand il fait beau à Paris, encore plus quand il fait chaud), par contre quand je pars en randonnée... Là... Si je pouvais choisir mes moments de beau temps comme on prend des RTT, je me foutrais royalement qu'il fasse moche toute l'année pour avoir seulement mes jours de beau temps quand je pars vadrouiller. Bref, tout ça pour dire que ce week-end on a quand même une chance folle c'est un temps radieux pour les 4 jours. On avance assez vite et avec entrain. On a une jolie vue sur les vallons aux alentours, j'aime bien le relief des Vosges, ça forge clairement son identité, ça ressemble pas aux autres massifs français.


Le sentier se poursuit un moment en montée mais surtout en forêt et à l'ombre, c'est chouette.


On a envie de pique-niquer au Grand Ballon mais à chaque panneau que l'on croise on se rend compte qu'on mets disons 20% de plus que le temps prévu sur les panneaux (forcément on a nos sacs, on fait des pauses...) C'était indiqué 3h30 depuis le Hahnenbrunen, donc une arrivée estimée à 13 heures : j'y crois pas trop.

Bon, le principal problème du GR5, il faut le dire, c'est le longement quasi-permanent de la route sur certains passages... Avant et après le Markstein, clairement, c'est beaucoup de route. On finit par s'en éloigner quand on se rapproche du Grand Ballon. Il est 13 heures, il nous reste une bonne montée de 300m de dénivelé, on décide de pique-niquer avant, à l'ombre, sur le sentier (carrément dessus oui). Il n'y a quasiment personne. Au menu, comme d'hab : pain aux céréales, comté, ail et fines herbes, babybel, chavroux... Et un yaourt à boire.
13h45, nous voilà repartant pour la dernière ligne vers le Grand Ballon ! Attention, il est pas encore tout proche, et il est encore un peu en hauteur...


Déterminées, on se met en route. Les premiers 100m nous amènent à l'espèce de brasserie et au parking, puis on enchaîne rapidement avec la dernière montée depuis le parking. On table sur le silence, l'endurance et le moins de pauses possibles, d'ailleurs on ne se sera arrêtées que pour laisser passer des vélos. Sur le sentier, et depuis le début de la rando, j'essaye de sauver tous les scarabées sur le sentier. La plupart se retrouvent sur le dos et n'arrivent pas à se relever, donc finissent écrasés par les randonneurs. Pauvres bêtes qui n'ont rien demandé. Leur corps est globalement assez mal foutu quand même. Comme les tortues, une fois sur le dos, 90% de chance de mourir. A part quand y a des Ninis qui passent dans le coin et qui retournent tous les scarabées vivants du sentier !!! \o/
Nous arrivons en une grosse vingtaine de minutes au Grand Ballon et nous posons à l'ombre. La vue est jolie (moins qu'en Automne où on voyait encore les Alpes...)




Nous ne nous attardons pas trop longtemps et descendons au bar du Grand Ballon pour s'acheter un soda, où nous retrouvons la HORDE de motos qui nous a dépassées quand on était sur le GR plus tôt dans la matinée et qu'on longeait encore la route (ça a été le cas pendant une grosse partie de notre étape).


(et c'est qu'une toute petite partie du groupe)

Il est 15h00 quand nous débarquons sur la terrasse et forcément qui dit terrasse dit scrutage des cigarettes pour trouver des feuilles pour Camille. Et bim ! Sur toute la terrasse, y a UN mec qui fume des roulées ! Hop, deux feuilles de gagnées !
15h30, départ pour le Molkenrain. Putain. On a quand même un peu de mal moralement à se dire qu'on est peut-être qu'à la moitié... Un peu plus peut-être. Le départ est dur. En étudiant la carte, on se rend compte qu'en prenant la variante du GR à partir du château de Freudstein, on raccourcissait l'étape. Par contre, ça grimpe un peu plus dur. Bon, merde. Après les deux jours précédents, c'est pas une montée de 200m qui va nous empêcher de prendre un raccourci ! Allez, proposé par Camille, validé par Nini, on tranche d'un commun accord pour le raccourci.

Le sentier emprunte la route sur 400m puis descend par des pistes de ski. C'est marrant, visiblement y a pas beaucoup de pistes puisqu'elles sont nommées par leur couleur.

(C'est très réaliste.)

Je me rends compte que j'ai un trou énorme aux fesses. Mon pantalon de rando préféré vient de craquer. Buuuuhhhhhhh. Tristesse ultime. Je retire donc ma chemise pour la mettre autour de ma taille (quand même, je suis pas allemande hein).
Une descente de 500m de dénivelé via les pistes de ski, avec quelques jolis points de vue et en croisant 4 pauvres pèlerins seulement (ouf)


Nous arrivons encore une fois à la route, la traversons plusieurs fois avant de rejoindre une forêt très paisible où il fait un peu plus frais.



Je suis obligée de la mettre c'est une photo de Camille
et elle m'a dit que c'était rigolo et que je devais la mettre.

 80% de sentier était aussi proche de la route...



17 heures. Pause Snickers à l'ombre à une carrefour où y a des tables de pique-nique tellement bouillantes qu'on préfère se mettre dans l'herbe. Mais au moins y a une poubelle pour larguer nos déchets.


Une fois au château (pourri) de Freundstein qu'on a voulu contourner (parce que ça grimpait encore pour y aller) mais dont on a pas trouvé le sentier contournant, nous nous écartons du GR5 pour bifurquer sur sa variante. Nous rejoingnons (encore) la route vers 17h30 où on croise des riverains qui font leur balade quotidienne et nous demande d'où on vient.
« Ben Hahnenbrunen
- Ah oui quand même !
- Et avant le Hohneck et avant Metzeral
- Ah oui quand même ! »

Bon en vrai ils ont peut-être eu des phrases plus développées mais je me souviens pas, mais le message en gros c'était que c'était pas trop une randonnée de fiotte, donc on est plutôt contentes.


Il s'éloigne à nouveau, mais cette fois il est derrière nous !!
(On note les vaches très mignonnes au passage)


Après la ferme de Freundstein, nous entamons le raccourci, et donc la montée. Elle commence par des tortillons (virages) le plus souvent à l'ombre. Puis après une petite distance sur du plat, la dernière montée nous fera arriver à hauteur du refuge du Molkenrain. Camille en peut littéralement plus, et moi ça faisait un bon moment que j'avais pas été aussi fatiguée en randonnée. J'ai vraiment chaud et les kilomètres dans les pattes se font clairement sentir, on est presque à 20 pour aujourd'hui, et entre 45 et 50 depuis trois jours.




Arrivée en haut, j'ai une idée : le sentier descend de 70m jusqu'à la ferme du Molkenrain pour ensuite REMONTER le même dénivelé jusqu'au refuge. Du coup, comme on est dans un champ, je me dit que l'idéal c'est tout simplement de sortir du sentier et couper tout droit, sans descendre, sans monter, pour rejoindre le refuge. Camille s'en bat la race, elle veut juste arriver, du coup je choisis cette alternative.
Bon je sais pas ce qu'elle aurait préféré parce que visiblement elle a mal aux pieds et qu'elle a littéralement déchiré son sarouel en deux en passant sous une clôture, mais au moins on a pas monté :D


A ce moment là , elle était déjà pas très contente,
mais elle ne savait pas encore qu'elle allait craquer son sarouel !! :D


Et nous voilà arrivant au refuge du Molkenrain, il est environ 18h30. Bon, le raccourci était fourbe, mais au moins on est arrivées plus vite. De toute façon on aurait monté aussi par le GR5.

9 heures de marche, disons 7 heures effectives en retirant les pauses. 780M de dénivelé positif pour 870m de négatif, sur 21 kilomètres. Ça nous rassure un peu pour la Laponie : notre plus grosse étape sera de 19 km, et on aura moins de dénivelé (300 max dans une journée, voire aucun). Bon par contre on aura facilement 5 kg de plus et peut-être de la pluie et du vent dans la tronche :D

Il n'y a pas grand monde au refuge : le couple de gardiens, un groupe de 4 cinquantenaires et un grand groupe de babos qui font un enterrement de vie de garçon. Ahaaaaa, qui dit babos, dit feuilles à rouler ! L'accueil est hyper chaleureux... Le gardien est super gentil, comme sa femme d'ailleurs, qui nous installe dans un dortoir de 24 pour nous toutes seules :D



Le refuge est très paisible, planté au milieu de la forêt, franchement c'est très agréable de débarquer ici après une telle journée. Les gardiens sont adorables et le groupe de 4 est hyper sympa. Visiblement ça picole pas mal, et on arrive à l'apéro ! On achète un soda au gardien et on s'installe à côté d'eux, qui nous filent des gâteaux apéro et rigolent bien avec nous. 


La fatigue se lit-elle sur notre visage ? Je dirais que oui.



On leur parle de notre rando, de la Laponie, etc. Ils sont chaleureux et marrants, ça fait clairement du bien de trouver des gens comme ça. Camille va taxer deux feuilles aux babos, puis on se presse pour aller prendre notre douche : je suis totalement trempée de sueur, j'ai froid, c'est très désagréable. La douche chaude quant à elle, aaaaaahhhhh. Ça aussi, faudra s'en passer en Laponie...

Nous mangeons notre dernière soupe tomate / mozza et passons la soirée dehors : j'écris, Camille travaille. Derrière nous, le groupe d'amis est complètement torché. Le contraste est amusant. Un peu plus loin, y a l'espace privatif du groupe de babos qui sont bien ronds aussi et font pas mal de bruit. Eh ben, ça va ronfler demain tout ça... Contente d'être dans un dortoir seules !
Quand la nuit commence à tomber et que les moustiques commencent à nous bouffer, on décide de rentrer se coucher.



En descendant me laver les dents, je croise une des filles du groupe de babos qui me demande si Camille a assez de feuilles, parce que sinon elle peut en demander ça leur posera pas de problème. Je dis que j'en sais rien mais je lui dirai en la remerciant et elle nous invite même à venir passer la soirée avec eux, mais bon, c'est pas comme si demain on devait faire 9 km jusqu'à Thann et arriver avant 11h. Du coup, demain, réveil 6h30 (c'est l'heure à laquelle on se lève pour aller bosser, ça me fait mal au cœur un dimanche, heureusement que c'est pour la rando!!). Je dis à Camille de pas se coucher trop tard (elle travaille encore pendant que je m'ÉTALE littéralement sur 2 lits et demi.)




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