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19 juillet 2019


Réveil à 6h30 : le soleil me chauffe la tronche. On a dormi la fenêtre ouverte, aux portes de l'autoroute, j'ai cru que j'arriverai jamais à dormir (et finalement au bout de 3 minutes je pionçais comme un petit veau).
Réveil 8h. Hier c'était moi qui étais de mauvais poil, j'ai envoyé la poubelle valdinguer d'un coup de pied et Camille l'a gentiment ramassée sans rien dire. La pauvre ^^
Ce matin, c'est Camille qui n'est pas dans son assiette. On a lavé des vêtements hier et les avons fait sécher au bord de la fenêtre. Camille s'interroge : « j'avais mis des sous-vêtements au bord de la fenêtre là, ils sont où ? » Aucune idée, je ne les ai pas vus. Elle finit par s'énerver et pester contre le vent qui a envoyé ses culottes sur le toit, 5 mètres plus bas... La pauvre bis... ^^
C'est donc dans la joie et la bonne humeur que l'on va au fumoir (un couloir fermé, normal) pour décompresser. Je crois qu'on avait très envie d'une nuit à l'hôtel mais que ça ne nous réussit pas du tout. On est irritables, je crois qu'on a hâte de retrouver notre tente et notre toilette dans la rivière... Et c'est en bonne voie !

 

La vue est sympa, mais il est temps de partir. Il est à peine 10h30 quand on se poste devant l'hôtel, là où tout le monde fait du stop. Y a masse de taxis et on se dit que c'est mal barré pour être emmenées à Kotchkor gratos. A peine arrivées, on se fait harponner par un taxi qui nous voit avec nos gros sacs : « Bishkek ? »
- No, Kotchkor !
- Ok !
Il nous fait signe de monter. Eeeuuuh, hop hop hop mon ptit père, combien ? 3000 ? C'est mort ! Certes pour nous c'est raisonnable, à peine 40€ à deux pour faire près de 100 bornes, c'est rien du tout, mais faut pas déconner, on veut pas se faire arnaquer non plus ! Les taxis à la sauvette gonflent souvent énormément les prix, en particulier pour les touristes. On lui dit qu'on n'a pas assez, il descend à 2500. Non, trop cher. On s'éloigne et on se met d'accord : on demande 800 pour espérer avoir un tarif à 1000. Ça va être tendu quand même je pense, c'est assez loin. Mais bon, on rappelle quand même qu'on a fait Bishkek / Tokmok (75 km) pour 800 çoms avec un taxi « officiel »... Donc bon. On reste postée devant la route, pouce en l'air. Un chauffeur vient nous voir : 2000 ? Toujours pas. On lui annonce 800, il veut pas. On lui dit « on a que 1000 de toute façon » mais je crois pas qu'il ait compris. Il repart, il va discuter avec un type qui vient nous voir : « Kotchkor ? »
- Oui ?
Il écrit 1300 par terre. Allez vendu, 17€ ça ira bien, c'est déjà moins de la moitié du premier prix annoncé.

S'en suivent presque deux heures de route magnifique, indescriptible. Des paysages différents juxtaposés, comme la peinture d'une contrée idéale. Nous roulons au creux d'une immense vallée dont le début et la fin sont imperceptibles. A droite, une immense rivière se dessine entre les bosquets verdoyants. Derrière la rivière, des montagnes arides à la terre rouge et la végétation absente. Au loin, des montagnes aux sommets enneigées et à l'ascension périlleuse. Tout est si grand, si vide d'humanité, si intouchable. De temps en temps, la route longe un cimetière, aussi beau que les petites mosquées au bord des routes. Les tombes et mausolées sont tout en pierre unie et certaines sont recouvertes d'une structure métallique en forme de yourte. Au bout d'une heure, je me rends compte que mon appareil photo est accessible et tente quelques clichés, peu probants.






Nous arrivons à Kotchkor vers midi et demie. J'ai faim (ça faisait longtemps.) On a plusieurs missions : trouver une carte pour aller jusqu'au Son Kul, manger, trouver un bus qui nous amène à Kyzart pass. On va à un des espèces de kiosques pour touristes présents un peu partout pour avoir des infos. On reste 10 minutes sur un banc où personne ne vient nous voir. Marre, je finis par aller voir un autre cabanon où un mec attend sur une chaise. Il ne vend pas de carte mais il vend des cartes postales. Aha ! On prend ! Il nous indique un magasin où apparemment on peut acheter des cartes pas chères. Let's go. On marche, on cuit, on demande aux gens. Personne ne connait ce magasin dont j'ai déjà oublié le nom. Bon, on a repéré un peu plus tôt le Jailoo Tourism Community, l'agence officielle des treks et guides en montagne. Jailoo signifie « pâturage d'été » en kirghize et traduit le nomadisme des kirghizes qui vivent dans la vallée l'hiver et montent dans les pâturages pour l'été. On débarque là-dedans, un groupe de français : BAH TIENS ! Etonnant. Ils veulent faire du cheval et réservent un trek à cheval (logique, du coup). On attend gentiment. Au bout d'un moment, la patronne nous demande ce qu'on veut : « ben juste une carte du Song Kul en fait ». Si tôt dit si tôt fait, elle nous ramène une carte topographique digne de ce nom. Aaaah, enfin ! Une carte, une vraie !
Allez hop, en route pour la BOUFFE. On s'arrête dans un kebab où le kebabman nous fait deux ÉNORMES chawarmas. Ça coule dans nos sacs plastiques, j'en fous partout, bref, extrêmement glamour à manger. Une demie-heure plus tard et le bide au bord de l'explosion, on sort du kebab et marchons difficilement jusqu'à un arbre pour avoir de l'ombre, où on se pose, assises sur nos sacs. La vache, j'ai si mal au ventre. On a beaucoup BEAUCOUP trop mangé... On reste là un bon moment en attendant que ça passe un peu, et vers 13h30 on se décide à chercher un taxi pour le col de Kyzart.


Le sac-poubelle.

On se dit qu'on va se poser sur la route, et qu'on va forcément se faire harponner, comme d'hab. Effectivement, un jeune gars vient nous voir et nous demande où on veut aller. Il nous dit que les taxis ne vont pas à Kyzart et que seuls les marshrutkas, taxis collectifs, y vont. Il nous amène au départ des marshrutkas et désigne un mec. « Ok, lui il y va. » Ouais ouais mais attends mon ptit père, on va attendre combien de temps en fait ? Parce que moi j'ai lu que le taco part pas tant qu'il est pas plein, là y a 7 places dans son monospace des années 90, et j'ai lu aussi qu'un mec a attendu 4 heures et demie une fois. Donc bonnnnnnn. Le mec nous annonce une heure d'attente. MOUAIS. On pose nos sacs dans le coffre et allons trouver un coin à l'ombre pour attendre. Je sens que ça va être trèèèèès long cette affaire.


Au bout de 10 minutes, un minibus arrive et se gare devant nous. Sur le devant, un panneau sur lequel on devine « Kyzart » (on lit toujours pas le cyrillique). Notre chauffeur de taxi nous indique gentiment qu'on peut prendre ce bus (marshrutka modèle XXL) pour y aller. Ça tombe bien, il reste 2 places ! 500 soms pour nous deux, c'est pas cher du tout (3€ / personne).

[ALERTE : Je viens encore d'effacer tout ce que j'ai écrit par erreur, donc je suis énervée et la suite sera très expéditive.]

Donc voilà on monte dans le bus, blablabla, on se retrouve au fond et on a de la chance parce que devant y a un siège qui pue, on est entre une ado et une maman avec sa petite fille d'environ un an qui met ses pieds sur moi comme si c'était normal, mais ça me dérangeait même pas, c'était assez mignon. Bref ça dure 1h30 comme ça, on se délecte du paysage et on monte en hauteur jusqu'au col où un type se rappelle qu'on descend et alerte le chaffeur (heureusement sinon on aurait fait 10 km de plus sans que le chauffeur ne capte qu'on devait descendre avant).

Il faut beau et frais, enfin, je suis contente. Y a même un camion pourri qui fait je sais pas quoi, par contre il est vraiment pourri.




C'est Kay qui tient la carte, c'est Kay qui tient la carte.
On trouve le sentier qui descend jusqu'à une rivière. Le paysage est si immense, c'est impressionnant et frissonnant.




On arrive à côté d'une toute petite rivière et d'une yourte, on décide de camper là. Y a 3 clébards qui viennent nous gueuler dessus et comme ils ont une demie-seconde de mémoire, chaque fois qu'ils nous voient, ils se remettent à gueuler.
On croise un autochtone à qui on demande où est la source (y en a forcément une, vu qu'y a une yourte) et il nous indique un petit tuyau un peu plus haut. Il comprend direct qu'on est françaises et nous dit qu'il a croisé pas mal de français. Sans rire ? Nous aussi...



Voilà on passe 4 heures dans la tente parce qu'il pleut souvent, et puis on fait des vidéos de merde pour rigoler, et puis on regarde les moutons courir à côté de nous, chacun y allant de son bêlement, et tous formant une ligne devant nous tel un siège avant l'attaque.



On finit par se faire un dîner très léger parce qu'on a quand même beaucoup trop mangé ce midi, et on se couche.



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