Réveil
à 6h30 : le soleil me chauffe la tronche. On a dormi la fenêtre
ouverte, aux portes de l'autoroute, j'ai cru que j'arriverai jamais à
dormir (et finalement au bout de 3 minutes je pionçais comme un
petit veau).
Réveil
8h. Hier c'était moi qui étais de mauvais poil, j'ai envoyé la
poubelle valdinguer d'un coup de pied et Camille l'a gentiment
ramassée sans rien dire. La pauvre ^^
Ce
matin, c'est Camille qui n'est pas dans son assiette. On a lavé des
vêtements hier et les avons fait sécher au bord de la fenêtre.
Camille s'interroge : « j'avais mis des sous-vêtements au
bord de la fenêtre là, ils sont où ? » Aucune idée, je
ne les ai pas vus. Elle finit par s'énerver et pester contre le vent
qui a envoyé ses culottes sur le toit, 5 mètres plus bas... La
pauvre bis... ^^
C'est
donc dans la joie et la bonne humeur que l'on va au fumoir (un
couloir fermé, normal) pour décompresser. Je crois qu'on avait très
envie d'une nuit à l'hôtel mais que ça ne nous réussit pas du
tout. On est irritables, je crois qu'on a hâte de retrouver notre
tente et notre toilette dans la rivière... Et c'est en bonne voie !
La
vue est sympa, mais il est temps de partir. Il est à peine 10h30
quand on se poste devant l'hôtel, là où tout le monde fait du
stop. Y a masse de taxis et on se dit que c'est mal barré pour être
emmenées à Kotchkor gratos. A peine arrivées, on se fait harponner
par un taxi qui nous voit avec nos gros sacs : « Bishkek ? »
-
No, Kotchkor !
-
Ok !
Il
nous fait signe de monter. Eeeuuuh, hop hop hop mon ptit père,
combien ? 3000 ? C'est mort ! Certes pour nous c'est
raisonnable, à peine 40€ à deux pour faire près de 100 bornes,
c'est rien du tout, mais faut pas déconner, on veut pas se faire
arnaquer non plus ! Les taxis à la sauvette gonflent souvent
énormément les prix, en particulier pour les touristes. On lui dit
qu'on n'a pas assez, il descend à 2500. Non, trop cher. On s'éloigne
et on se met d'accord : on demande 800 pour espérer avoir un
tarif à 1000. Ça va être tendu quand même je pense, c'est assez
loin. Mais bon, on rappelle quand même qu'on a fait Bishkek / Tokmok
(75 km) pour 800 çoms avec un taxi « officiel »... Donc
bon. On reste postée devant la route, pouce en l'air. Un chauffeur
vient nous voir : 2000 ? Toujours pas. On lui annonce 800,
il veut pas. On lui dit « on a que 1000 de toute façon »
mais je crois pas qu'il ait compris. Il repart, il va discuter avec
un type qui vient nous voir : « Kotchkor ? »
-
Oui ?
Il
écrit 1300 par terre. Allez vendu, 17€ ça ira bien, c'est déjà
moins de la moitié du premier prix annoncé.
S'en
suivent presque deux heures de route magnifique, indescriptible. Des
paysages différents juxtaposés, comme la peinture d'une contrée
idéale. Nous roulons au creux d'une immense vallée dont le début
et la fin sont imperceptibles. A droite, une immense rivière se
dessine entre les bosquets verdoyants. Derrière la rivière, des
montagnes arides à la terre rouge et la végétation absente. Au
loin, des montagnes aux sommets enneigées et à l'ascension
périlleuse. Tout est si grand, si vide d'humanité, si intouchable.
De temps en temps, la route longe un cimetière, aussi beau que les
petites mosquées au bord des routes. Les tombes et mausolées sont
tout en pierre unie et certaines sont recouvertes d'une structure
métallique en forme de yourte. Au bout d'une heure, je me rends
compte que mon appareil photo est accessible et tente quelques
clichés, peu probants.
Nous
arrivons à Kotchkor vers midi et demie. J'ai faim (ça faisait
longtemps.) On a plusieurs missions : trouver une carte pour
aller jusqu'au Son Kul, manger, trouver un bus qui nous amène à
Kyzart pass. On va à un des espèces de kiosques pour touristes
présents un peu partout pour avoir des infos. On reste 10 minutes
sur un banc où personne ne vient nous voir. Marre, je finis par
aller voir un autre cabanon où un mec attend sur une chaise. Il ne
vend pas de carte mais il vend des cartes postales. Aha ! On
prend ! Il nous indique un magasin où apparemment on peut
acheter des cartes pas chères. Let's go. On marche, on cuit, on demande
aux gens. Personne ne connait ce magasin dont j'ai déjà oublié le
nom. Bon, on a repéré un peu plus tôt le Jailoo Tourism Community,
l'agence officielle des treks et guides en montagne. Jailoo signifie
« pâturage d'été » en kirghize et traduit le nomadisme
des kirghizes qui vivent dans la vallée l'hiver et montent dans les
pâturages pour l'été. On débarque là-dedans, un groupe de
français : BAH TIENS ! Etonnant. Ils veulent faire du
cheval et réservent un trek à cheval (logique, du coup). On attend
gentiment. Au bout d'un moment, la patronne nous demande ce qu'on
veut : « ben juste une carte du Song Kul en fait ».
Si tôt dit si tôt fait, elle nous ramène une carte topographique
digne de ce nom. Aaaah, enfin ! Une carte, une vraie !
Allez
hop, en route pour la BOUFFE. On s'arrête dans un kebab où le
kebabman nous fait deux ÉNORMES chawarmas. Ça coule dans nos sacs
plastiques, j'en fous partout, bref, extrêmement glamour à manger.
Une demie-heure plus tard et le bide au bord de l'explosion, on sort
du kebab et marchons difficilement jusqu'à un arbre pour avoir de
l'ombre, où on se pose, assises sur nos sacs. La vache, j'ai si mal
au ventre. On a beaucoup BEAUCOUP trop mangé... On reste là un bon
moment en attendant que ça passe un peu, et vers 13h30 on se décide
à chercher un taxi pour le col de Kyzart.
Le sac-poubelle.
On
se dit qu'on va se poser sur la route, et qu'on va forcément se
faire harponner, comme d'hab. Effectivement, un jeune gars vient nous
voir et nous demande où on veut aller. Il nous dit que les taxis ne
vont pas à Kyzart et que seuls les marshrutkas, taxis collectifs, y
vont. Il nous amène au départ des marshrutkas et désigne un mec.
« Ok, lui il y va. » Ouais ouais mais attends mon ptit père, on va
attendre combien de temps en fait ? Parce que moi j'ai lu que le
taco part pas tant qu'il est pas plein, là y a 7 places dans son
monospace des années 90, et j'ai lu aussi qu'un mec a attendu 4
heures et demie une fois. Donc bonnnnnnn. Le mec nous annonce une
heure d'attente. MOUAIS. On pose nos sacs dans le coffre et allons
trouver un coin à l'ombre pour attendre. Je sens que ça va être
trèèèèès long cette affaire.
Au
bout de 10 minutes, un minibus arrive et se gare devant nous. Sur le
devant, un panneau sur lequel on devine « Kyzart » (on lit toujours pas le cyrillique). Notre
chauffeur de taxi nous indique gentiment qu'on peut prendre ce bus
(marshrutka modèle XXL) pour y aller. Ça tombe bien, il reste 2
places ! 500 soms pour nous deux, c'est pas cher du tout (3€ /
personne).
[ALERTE :
Je viens encore d'effacer tout ce que j'ai écrit par erreur, donc je
suis énervée et la suite sera très expéditive.]
Donc
voilà on monte dans le bus, blablabla, on se retrouve au fond et on
a de la chance parce que devant y a un siège qui pue, on est entre
une ado et une maman avec sa petite fille d'environ un an qui met ses
pieds sur moi comme si c'était normal, mais ça me dérangeait même
pas, c'était assez mignon. Bref ça dure 1h30 comme ça, on se
délecte du paysage et on monte en hauteur jusqu'au col où un type
se rappelle qu'on descend et alerte le chaffeur (heureusement sinon on aurait fait 10 km de
plus sans que le chauffeur ne capte qu'on devait descendre avant).
Il
faut beau et frais, enfin, je suis contente. Y a même un camion
pourri qui fait je sais pas quoi, par contre il est vraiment pourri.
C'est Kay qui tient la carte, c'est Kay qui tient la carte.
On trouve le sentier qui descend jusqu'à une rivière. Le paysage est si immense, c'est impressionnant et frissonnant.
On trouve le sentier qui descend jusqu'à une rivière. Le paysage est si immense, c'est impressionnant et frissonnant.
On
arrive à côté d'une toute petite rivière et d'une yourte, on
décide de camper là. Y a 3 clébards qui viennent nous gueuler
dessus et comme ils ont une demie-seconde de mémoire, chaque fois
qu'ils nous voient, ils se remettent à gueuler.
On
croise un autochtone à qui on demande où est la source (y en a
forcément une, vu qu'y a une yourte) et il nous indique un petit
tuyau un peu plus haut. Il comprend direct qu'on est françaises et
nous dit qu'il a croisé pas mal de français. Sans rire ? Nous
aussi...
Voilà
on passe 4 heures dans la tente parce qu'il pleut souvent, et puis on
fait des vidéos de merde pour rigoler, et puis on regarde les
moutons courir à côté de nous, chacun y allant de son bêlement,
et tous formant une ligne devant nous tel un siège avant l'attaque.
On
finit par se faire un dîner très léger parce qu'on a quand même
beaucoup trop mangé ce midi, et on se couche.















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