Il est 10 heures, cela fait trois
heures qu'on est arrivés à Oslo. Très peu dormi cette nuit dans le
train, à côté de la fenêtre, l'air froid m'a pas mal tenue
éveillée et le mal de fesses après 10 heures de train est pas
commode.
Dure dure la nuit ?
Mon sentiment, maintenant, est le même
que quand j'ai quitté l'Irlande il y a de ça 2 semaines. C'est la
première année où je « voyage » vraiment (mis à part
l'Allemagne il y a quatre ans). Le voyage à pattes est bien plus
éprouvant qu'en voiture, les nuits en tente sont plus fraîches
qu'en bungalow (quoi que Oo), mais c'est un mode de déplacement
aussi beaucoup plus « immergeant ». Le camping dans des
lieux insolites, les randonnées à même les montagnes, des choses
que je n'avais jamais faites. Je ne suis jamais allée en montagne
faire du ski l'hiver ou de la randonnée l'été, même si j'aimerais
beaucoup. Du coup, quelle destination que les Lofoten pour un baptême
!! ;D
Et à ce moment précis où il faut
partir, j'ai le même recul qu'en Irlande sur le ferry quittant
Rosslare, cet énorme recul qui me fait voir le voyage de
l'extérieur. Je revois les plus beaux endroits, les moments les plus
mémorables, aussi ridicules ou drôles soient-ils, et je prends
conscience seulement à ce moment de tout ce que j'ai vu en fait.
Cela a un côté frustrant car j'ai la sensation de ne pas avoir vécu
le moment assez « pleinement », je sais pas.
Parfois on en avait un peu marre d'être
trempés, parfois j'étais pas dans mon assiette, fatiguée, parfois
j'avais envie d'être dans mon lit, parfois le temps pourri donnait
pas envie de continuer le circuit.
Mais là, à ce moment où il faut
prendre l'avion et revenir dans « sa » réalité, je
réalise que s'il fallait y retourner et revivre ces moments un peu
chiants (bien que minimes heureusement), je foncerai.
S'il fallait regrimper le Reinebringen,
hier j'aurais dit non, aujourd'hui j'y vais (mais avant j'achète des
vraies chaussures)
En fait, je me rends compte qu'au
moment de partir, c'est le moment où j'ai finalement le plus envie
de rester. C'est frustrant, un peu triste, mais ça rend heureux
aussi.
Salue


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