Si les images n'apparaissent pas, désactivez Adblock pour blogspot.com

20 avril 2014


Nos espérances ont été entendues ! En ce dimanche de Pâques, le soleil est au rendez-vous. On se lève vers 9 heures sans savoir vraiment quoi faire aujourd'hui. On avait dans l'idée d'aller faire une randonnée et de monter au lac Nino, mais Evelyne nous a prévenu la veille de faire très attention au temps variable et aux nuages qui descendent très vite (et après on voit plus rien). On a peur que la montée au lac soit trop longue étant donné qu'on traîne un peu ce matin et qu'on a une caisse de vaisselle à faire. Bref, après deux heures à flâner et recharger nos divers machins aux sanitaires, nous voici dans la voiture, inspectant les cartes. Camille finit par trouver une randonnée proche de Corte (à une heure de là) qui part de la fin d'une route et monte jusqu'au lac Melu à 1711 m, environ 400 mètres de dénivelé... Je rappelle que nous ne sommes que le 20 avril et les trois quarts des montagnes et des lacs sont encore enneigés ici. Du coup on sait pas trop à quoi s'attendre une fois là-bas. On verra bien. De Corte, la route monte sur plusieurs kilomètres, route qui devient petit à petit un chemin parsemés de trous avec d'un côté le vide, de l'autre côté des vaches.


Bouboubouh c'est mignon. Arrivées en haut, nous sortons de la voiture et pensons à prendre tous les ustensiles pour le repas de midi qui se fera pas vraiment à midi puisqu'il est déjà plus de 14 heures. D'ailleurs il commence à faire faim. On s'aperçoit alors que la route n'est pas finie et le parking s'arrête plus tôt que prévu. En réalité la route doit se finir à pieds puisqu'il n'y a simplement plus de route : un pont s'est effondré et le reste de la route est tapissé d'éboulis de rochers. 


Nous pique-niquons à l'entrée du sentier, à côté de bergeries abandonnées (certainement lié à l'éboulement), au bord de la rivière. Le repas sera constitué d'une soupe japonaise et d'un demi snickers puisqu'on a oublié l'autre. Après le repas, il fait toujours faim. Allez tant pis, c'est parti pour la montée, qui se trouve être pas si montante que ça... Le sentier longe tellement la rivière qu'il en devient son lit et nous marchons dans l'eau un bon moment avant d'atteindre la neige. Eh oui, on se posait la question, voici la réponse, à 1500 mètres, y a déjà de la neige. Pensant que le lac est tout proche, le sentier ne nous paraît pas aussi raide que ce que l'on pensait... Finalement, arrivées à l'endroit où on pensait trouver le lac, il se trouve qu'il est un tout petit peu plus haut que prévu. En fait tout le reste du sentier est à creuser dans un mètre de neige jusqu'au lac.


Souvenirs mémorables... Dire qu'on n'a même pas vu de neige à Paris cette année et qu'on en trouve ici en Corse, au printemps. Les arbres sont dénudés, plantés dans un tapis blanc éclatant. Le ciel se couvre et nous fermons la marche : après avoir croisé quelques « bon courage », nous voici seules dans ce désert de roche et de glace (oh la la que c'est mystérieux). On comprend que c'était pas si facile qu'on le disait quand on doit escalader une pente de neige et qu'on se rétame à chaque pas, que ce soit en glissant ou en tombant dans des trous en cassant la neige sous nos pieds. Fatiguées et après avoir grimpé des échelles qui font clairement peur à voir, on arrive au lac... gelé ! En haut ça caille dur, le vent est froid et je ne peux pas m'empêcher de tousser à la chaîne. La vue est majestueuse, malheureusement nous n'avons plus de batterie (et pas de portable) pour prendre des photos. Du coup, pour vous donner une idée de la vue du lac gelé, voici une photo qui ressemble fortement à ce qu'on a vu, et que j'ai emprunté au site de Spat qui l'a préféré en ski, et dont voici le lien de la page :
 http://lesitedespat05.free.fr/Corse2005/Mardi05Avril/Corse2005-mardiframe.html 



La vue de la vallée de la Restonica, au milieu du chemin

Il est 17 heures quand nous redescendons en chaussures-luges, c'est-à-dire qu'on glisse à chaque pas, tombant l'une derrière l'autre de façon assez régulière. Brûlées par endroits, la situation nous fait bien marrer et l'expérience est inédite. Avec les nuages noirs qui s'avancent, on se croirait en hiver ! L'ambiance isolée et froide de la resdescente est accrue par notre solitude. C'est vraiment une ambiance que j'ai jamais vue, jamais vécue, et je suis ravie d'avoir fait cette randonnée dans ces conditions. Ce fut riche en rires, riches en paysages et riches en souvenirs. C'était magnifique, drôle et vraiment atypique à faire. Nous arrivons en bas, fatiguées mais le coeur plein de chaleur et de bonne humeur. Les nuages sont bien descendus et on aurait été dedans si on était parties un peu plus tard ! De retour au camping, c'est de nouveau la lose du repas. Camille attend dix minutes que l'eau bout pour faire cuire des pâtes et les renverse dans la terre en essayant de les égoutter... Enervée, elle fait cuire sa viande et la fait tomber comme j'ai fait tomber les champignons deux jours plus tôt. Prête à péter un plomb, elle se retourne violemment et renverse la bouteille de vin corse qu'elle a peiné à ouvrir deux minutes plus tôt... Fatiguée et au bord des larmes, la petite corse se décompose et j'essaye de la rassurer et lui dire que rien n'est grave, il fait nuit, et qu'on a à manger, c'est le principal ! Mais difficile de se calmer dans ces cas-là, je connais que trop bien ce sentiment... Finalement on mange à notre faim et le repas était plus ou moins bon, vu que le steak de Camille était apparemment immonde en goût et plein de cailloux. On se couche quand même le ventre plein et des souvenirs plein la tête.

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire