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14 août 2015


Au bout de la vallée on entendait le son d'une corne


Argh, j'ai le seum ! Je me lève à 6h30 pour être sûre d'avoir le temps de ranger tout mon bazar avant de retourner à la gare prendre le train, en me demandant comment je vais acheter un billet vu qu'y a pas de guichet. La tente a l'air mouillée, il a plu un peu cette nuit j'ai entendu, mais bon un coup d'éponge et ça va le faire ! Je sors de la tente, il fait pas trop froid, il pleut pas, c'est chouette. Je range tous mes trucs dans mon sac : tapis de sol, duvet, fringues, tout est rangé, me reste juste la tente à replier. Je sors mon sac de la tente et commence à fermer celle-ci pour la ranger quand... pluc. Pluc. Pluc. Pluc pluc pluc, pluc, plucplucplucplucplucplucpluc... EH MERDE. Une énorme averse. Petite tactique : je retire d'abord la toile intérieure parce que si je déplante les piquets de la toile extérieure, celle-ci va s'affaisser sur la toile intérieure et la tremper complètement. Bon, c'est une technique bien bien pourrie, hein. Je me retrouve finalement sous le porche de la cuisine à 7h et demie du matin en train de secouer mes toiles de tente à l'aide d'un type qui me regarde genre « Hm. C'est la merde pour toi là. » et me rassurant à coup de « You have to dry it a looonnnnnng time » ou encore « I think the weather won't be better today :/ ». Je sais, JE SAIS. Il pleut, il va pleuvoir toute la journée, et ma tente est trempée. :( Mais bon il est gentil il m'a aidée à la secouer.
Une fois la tente repliée et mon sac bien rempli de tout mon bazar, je ressors du haut-vent / cuisine, et le mec me montre le ciel du doigt avec un sourire. Il. Fait. Beau. GRAAAAAAH. Bon, allez tant pis, j'vais bien trouver un moment où il pleut pas pour la mettre au camping ce soir. Hein ? *snif* Mais si, mais si. Je me mets en route vers la gare, et même qu'en arrivant, je vois un truc super joli :
 


En vrai c'est ça :/

Trois quarts d'heure plus tard, me voici dans le train vers Saint-Gervais, pas une goutte depuis l'épisode de la tente :( Sur la route, je constate l'effrayante grandeur d'un viaduc qui traverse la vallée pour relier Saint Gervais à Chamonix.



Finalement j'ai pu acheter mon billet direct au contrôleur dans le train, et me voilà de retour au Fayet pour une heure où j'attends mon bus avec un bon petit déjeuner pour me remettre de mes émotions. A l'intérieur du café, BFM me raconte qu'une vague de pluie arrive dans l'Est dans l'après-midi... mmmmmmh. Et sinon, l'OM a été battu par Caen, muahaha. L'essentiel de l'info sur BFM.



10h10, bus pour les Contamines Montjoie. Un grand bus de 60 places. On est trois. Ce n'est que le début de ma solitude en bus. Arrivée au hameau du Lay, je marche un peu sur la route et un kilomètre plus loin, me voici au pied du télécabine de la Gorge, qui va lui-même m'amener au télécabine du Signal, qui lui va m'amener pas loin du Col du Joly.
Le but ensuite, c'est de rejoindre Beaufort à pieds, de l'autre côté du col en descendant. 14 kilomètres avec majoritairement de la descente et 80% de route et 15 kilos sur le dos. Mon fameux premier test de longue marche avec sac à dos.



Au pied du télécabine de la Gorge, y a un bar et je demanderais bien un truc à grailler pour le midi. Le mec me fait un sandwich avec du pain frais, des tomates et du fromage pour 5€, un peu cher payé mais il était bien bon quand même. La montée en télécabine du Signal me fait comprendre que la pluie de ce matin n'était qu'un avant goût... En réalité, le temps est quand même bien bas et arrivée à 1900 mètres, la visibilité se fait bien plus courte.




Il est un peu plus de midi, c'est parti pour la montée jusqu'au col du Joly. Il y a personne sur ce sentier, je m'y sens bien. Je me sens en pleine forme. Je suis contente d'être à pieds, de prendre les transports, de parler un peu avec des gens, même s'ils deviennent pas forcément des potes, c'est agréable.
Je fais un petit détour vers le lac de Roselette quand je commence à entendre gronder au loin dans la vallée. Bon il fait pas très beau, mais au moins, il fait beaucoup moins chaud, pour la montée c'est chouette.


Sur la dernière ligne droite vers le Col, je me tape une averse de grêle bien comme il faut et arrivée au col, les nuages se dissipent et font place à un soleil qui me fait vraiment du bien. J'en profite du coup pour manger mon sandwich et caresser un GROCHIEN. 
13 heures passées, je repars pour la descente. Il fait beau, il fait bon, c'est la descente par la route mais y a pas beaucoup de voitures donc c'est plutôt cool.

Regardez bien le ciel... Là d'où je viens.

 Et là où je vais. A gauche.

Y a même un chalet que j'aimerais bien acheter pour vivre là. Avec des moutons. Et un border collie. En parlant de border collie, je croise plusieurs fois des pick-up avec des chiens à l'arrière, dont un avec DEUX BORDER COLLIE DEDANS. Aaaaaahhhhhhhhhhh <3 Je croise aussi un âne, des vaches qui viennent me voir quand je leur parle (:D), et PLEIN DE LIMACES, plein plein plein plein de limaces que je peine à pas écraser.









A un moment je me pose sur le bord de la route pour détendre un peu mes épaules des 15 kilos qui me pèsent, à côté d'une énorme limace qui parcourt peut-être 30 centimètres en 10 minutes... Qu'est ce que ça doit se faire chier une limace, franchement. Mais qu'est ce que c'est calme cet endroit, apaisant, y a personne, juste quelques cloches de vaches et bruits d'oiseaux... Ce que la terre serait silencieuse sans l'homme. Puis je reprends la route et me voilà entrant dans un nuage.


C'est quand même assez cool d'être dans un nuage, c'est rigolo. Bon par contre, vers 15 heures, je me tape une grosse averse... qui va durer deux heures et demie. Buuuuuuh. Nini toute mouillée.

Au bout de quelques kilomètres, mon trajet goudronné se transforme en sentier boueux... Sur lequel je me casse la figure je sais pas combien de fois. Mon sur-sac a des trous et l'eau qui s'infiltre dedans y reste, donc mon sac est trempé. Youhou !


Au bout de quelques minutes sur le sentier, je me retrouve je sais pas où, sur une piste de ski qui descend beaucoup beaucoup. Après avoir descendu plusieurs centaines de mètres, je me rends compte que je suis pas du tout sur le bon chemin. La piste de ski n'étant pas indiquée sur la carte, je sais pas du tout vers où aller, je peste, je m'énerve, je dois tout remonter, et il pleut, encore et encore, et j'suis trempée, pleine de boue, et j'en ai marre !!
 
Bordel, dire qu'une fois que j'aurai retrouvé la route, je serai qu'à la moitié du trajet... Punaise je comprends pas comment je peux galérer autant. Marcher sous la pluie c'est chiant, d'accord, mais bon ça reste pas mortel. Mais là, mes chaussures imperméables ont perdu leur chère vertu et je suis mouillée de partout, et j'ai mal aux épaules avec ce sac... Je finis par le régler (il était temps) et ça va beaucoup mieux ! Ce qui est relou c'est que je me dis que j'vais arriver au camping sous la pluie, tard, et si ça se trouve j'vais même pas pouvoir sécher ma tente parce qu'il va pleuvoir toute la nuit :|

J'arrive ENFIN à la route après avoir fait un joli détour par la piste de ski, et je trouve un arrêt de bus pour voir l'état de mes affaires, qui sont bien humides pour la plupart... Je change de chaussettes, même si mes chaussures sont mouillées, ça sera déjà un peu plus sec.

C'est au bout de 3 ou 4 kilomètres, proche de Hauteluce, que le ciel s'éclaircit enfin au bout de la vallée (on entendait le son d'une corne, d'un chef ennemi qui rappelait toute sa horde).



J'ai rarement autant aimé voir le soleil arriver, franchement ! Bon, maintenant qu'il fait bon et qu'il pleut plus, me reste encore facile 4 ou 5 kilomètres... Me voici au carrefour de Hauteluce et Beaufort, et je prends la D70 en direction de Beaufort... J'ai les pieds éclatés, j'ai mal aux épaules et aux hanches à cause du sac qui pèse (j'ai deux gros hématomes de chaque côté), la route est pas géniale... ça va descendre, ça va être long, y a peu de voitures mais pas de trottoir... Bon, vazy, la prochaine voiture je tends mon pouce. A peine cette idée lancée, j'entends un bruit de moteur arriver derrière le virage et c'est un minibus qui s'arrête à peine mon pouce levé. Il faut dire que c'est monnaie courante par ici... Le chauffeur me demande ce que je fais après s'être étonné de mon accoutrement : « Vous avez pas sauté, si ? » Moi : « sauté ? Comment ça ? » Lui « Ben c'est pas un parapente que vous avez là ? » … WHAT ? D'accord, mon sur-sac orange fluo donne un air de parachute à mon sac, mais… un parapente ??? Non non, j'ai pas sauté ! Je suis juste CHARGÉE. Il me dépose à l'entrée du camping, il est 18h30 et yiha, il fait soleil ! Je suis é-cla-tée. Mais ça fait du bien !!

Après avoir rencontré la gérante du camping qui m'attribue une petite place bien à l'écart des gosses qui font du vélo dans la cour, je passe une bonne heure à faire sécher ma tente au soleil...

  
N'empêche, j'ai quand même clairement du bol, parce qu'ils annoncent encore un sale temps pour ce soir et demain, et pile quand j'arrive, paf, une heure de soleil bien clair pour faire sécher ma tente dans les 5m² de soleil du camping avant que celui-ci aille se planquer derrière les montagnes.
Mais bon j'en ai un peu marre ce soir, je suis épuisée, ils annoncent encore deux jours de pluie, c'est quand même pas souvent que je viens à la montagne, si c'est pour me taper 5 jours de pluie sur 6 et être mouillée / malade / dans les nuages, c'est un peu triste quoi. Je me revois hier soir en train de dire « bon, avec la journée que j'ai passé, il peut pleuvoir tout le reste du temps !! » … Qu'est ce que j'ai pas dit là, grrrr. Je prends une grosse douche qui fait du bien, et j'entends dire que l'eau est « bien chaude » alors que je pèle (dans tous les sens du terme, tiens). Mais de temps en temps, y a des vagues de chaleur qui arrivent, et je repense à toutes les douches que j'ai prises avec Camille en Corse avec qui on attendait « la vague de chaud » avant d'arrêter la douche, haha.

21h30, je suis biennnnnn dans ma tente, c'est parti pour un petit repas du soir : riz-protéines-de-soja-sauce-tomate ! Youhou ! Je fais cuire le tout dans un bouillon de légumes et quand l'eau commence à frétiller et que je mets la nourriture dedans... il commence à pleuvoiiiiiir !!!! Magie magie ! Graaaaah. J'ai vraiment la guigne quoi. Bon, bah je me rentre sous la tente et laisse le réchaud faire son boulot sous la pluie, et quand le manger est presque cuit, je le retire du feu pour le laisser finir de cuire dans l'eau chaude, sous la tente. Y a de la vapeur partout, ça sent le riz dans la tente, c'est tout humide / mouillé, entre mes cheveux sortant de la douche, la vapeur du manger et les affaires déjà trempées de la journée... Et c'est là que j'me rends compte que ma serviette « sèche » sur la tente... Eh merde. Franchement, à chaque fois que je fais du camping, je la fais cette connerie, et je la refais encore.
Heureusement que je reste là trois nuits, j'vais avoir le temps de faire sécher tout ça... En plus, je suis fière de moi, j'ai bien tiré la toile de tente, je crois qu'elle a jamais été aussi parfaitement tendue. Du coup, les deux toiles ne se touchent à aucun endroit et la toile intérieure est impeccablement sèche !! Nini fière !
Je m'endors vers 22 heures sur mon oreiller qui se dégonfle (je savais bien qu'il y en avait un qui était troué...)


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