Au bout de la vallée
on entendait le son d'une corne
Argh, j'ai le seum !
Je me lève à 6h30 pour être sûre d'avoir le temps de ranger tout
mon bazar avant de retourner à la gare prendre le train, en me
demandant comment je vais acheter un billet vu qu'y a pas de guichet.
La tente a l'air mouillée, il a plu un peu cette nuit j'ai entendu,
mais bon un coup d'éponge et ça va le faire ! Je sors de la
tente, il fait pas trop froid, il pleut pas, c'est chouette. Je range
tous mes trucs dans mon sac : tapis de sol, duvet, fringues,
tout est rangé, me reste juste la tente à replier. Je sors mon sac
de la tente et commence à fermer celle-ci pour la ranger quand...
pluc. Pluc. Pluc. Pluc pluc pluc, pluc,
plucplucplucplucplucplucpluc... EH MERDE. Une énorme averse. Petite
tactique : je retire d'abord la toile intérieure parce que si
je déplante les piquets de la toile extérieure, celle-ci va
s'affaisser sur la toile intérieure et la tremper complètement.
Bon, c'est une technique bien bien pourrie, hein. Je me retrouve
finalement sous le porche de la cuisine à 7h et demie du matin en
train de secouer mes toiles de tente à l'aide d'un type qui me
regarde genre « Hm. C'est la merde pour toi là. » et me
rassurant à coup de « You have to dry it a looonnnnnng time »
ou encore « I think the weather won't be better today :/ ».
Je sais, JE SAIS. Il pleut, il va pleuvoir toute la journée, et ma
tente est trempée. :( Mais bon il est gentil il m'a aidée à
la secouer.
Une fois la tente repliée
et mon sac bien rempli de tout mon bazar, je ressors du haut-vent /
cuisine, et le mec me montre le ciel du doigt avec un sourire. Il.
Fait. Beau. GRAAAAAAH. Bon, allez tant pis, j'vais bien trouver un
moment où il pleut pas pour la mettre au camping ce soir. Hein ?
*snif* Mais si, mais si. Je
me mets en route vers la gare, et même qu'en arrivant, je vois un
truc super joli :
En vrai c'est ça :/
Trois quarts d'heure plus
tard, me voici dans le train vers Saint-Gervais, pas une goutte
depuis l'épisode de la tente :( Sur la route, je constate l'effrayante grandeur d'un viaduc qui traverse la vallée pour relier Saint Gervais à Chamonix.
Finalement j'ai pu acheter mon
billet direct au contrôleur dans le train, et me voilà de retour au
Fayet pour une heure où j'attends mon bus avec un bon petit déjeuner
pour me remettre de mes émotions. A l'intérieur du café, BFM me
raconte qu'une vague de pluie arrive dans l'Est dans l'après-midi...
mmmmmmh. Et sinon, l'OM a été battu par Caen, muahaha. L'essentiel
de l'info sur BFM.
10h10, bus pour les Contamines Montjoie. Un grand bus de 60 places. On est trois. Ce n'est que le début de ma solitude en bus. Arrivée au hameau du Lay, je marche un peu sur la route et un kilomètre plus loin, me voici au pied du télécabine de la Gorge, qui va lui-même m'amener au télécabine du Signal, qui lui va m'amener pas loin du Col du Joly.
Le but ensuite, c'est de
rejoindre Beaufort à pieds, de l'autre côté du col en descendant.
14 kilomètres avec majoritairement de la descente et 80% de route et
15 kilos sur le dos. Mon fameux premier test de longue marche avec
sac à dos.
Au pied du télécabine
de la Gorge, y a un bar et je demanderais bien un truc à grailler
pour le midi. Le mec me fait un sandwich avec du pain frais, des
tomates et du fromage pour 5€, un peu cher payé mais il était
bien bon quand même. La montée en télécabine du Signal me fait
comprendre que la pluie de ce matin n'était qu'un avant goût... En
réalité, le temps est quand même bien bas et arrivée à 1900
mètres, la visibilité se fait bien plus courte.
Il est un peu plus de
midi, c'est parti pour la montée jusqu'au col du Joly. Il y a
personne sur ce sentier, je m'y sens bien. Je me sens en pleine
forme. Je suis contente d'être à pieds, de prendre les transports,
de parler un peu avec des gens, même s'ils deviennent pas forcément
des potes, c'est agréable.
Je fais un petit détour
vers le lac de Roselette quand je commence à entendre gronder au
loin dans la vallée. Bon il fait pas très beau, mais au moins, il
fait beaucoup moins chaud, pour la montée c'est chouette.
13 heures passées, je
repars pour la descente. Il fait beau, il fait bon, c'est la descente
par la route mais y a pas beaucoup de voitures donc c'est plutôt
cool.
Regardez bien le ciel... Là d'où je viens.
Et là où je vais. A gauche.
Y a même un chalet que
j'aimerais bien acheter pour vivre là. Avec des moutons. Et un
border collie. En parlant de border collie, je croise plusieurs fois
des pick-up avec des chiens à l'arrière, dont un avec DEUX BORDER
COLLIE DEDANS. Aaaaaahhhhhhhhhhh <3 Je croise aussi un âne, des
vaches qui viennent me voir quand je leur parle (:D), et PLEIN DE
LIMACES, plein plein plein plein de limaces que je peine à pas
écraser.
A un moment je me pose
sur le bord de la route pour détendre un peu mes épaules des 15
kilos qui me pèsent, à côté d'une énorme limace qui parcourt
peut-être 30 centimètres en 10 minutes... Qu'est ce que ça doit se
faire chier une limace, franchement. Mais qu'est ce que c'est calme cet endroit,
apaisant, y a personne, juste quelques cloches de vaches et
bruits d'oiseaux... Ce que la terre serait silencieuse sans l'homme. Puis je reprends la route et me voilà entrant dans un nuage.
C'est quand même assez
cool d'être dans un nuage, c'est rigolo. Bon par contre, vers 15
heures, je me tape une grosse averse... qui va durer deux heures et
demie. Buuuuuuh. Nini toute mouillée.
Au bout de quelques
kilomètres, mon trajet goudronné se transforme en sentier boueux...
Sur lequel je me casse la figure je sais pas combien de fois. Mon
sur-sac a des trous et l'eau qui s'infiltre dedans y reste, donc mon
sac est trempé. Youhou !
Au bout de quelques
minutes sur le sentier, je me retrouve je sais pas où, sur une piste
de ski qui descend beaucoup beaucoup. Après avoir descendu plusieurs
centaines de mètres, je me rends compte que je suis pas du tout sur
le bon chemin. La piste de ski n'étant pas indiquée sur la carte,
je sais pas du tout vers où aller, je peste, je m'énerve, je dois
tout remonter, et il pleut, encore et encore, et j'suis trempée,
pleine de boue, et j'en ai marre !!
Bordel, dire qu'une fois
que j'aurai retrouvé la route, je serai qu'à la moitié du
trajet... Punaise je comprends pas comment je peux galérer autant.
Marcher sous la pluie c'est chiant, d'accord, mais bon ça reste pas
mortel. Mais là, mes chaussures imperméables ont perdu leur chère
vertu et je suis mouillée de partout, et j'ai mal aux épaules avec
ce sac... Je finis par le régler (il était temps) et ça va
beaucoup mieux ! Ce qui est relou c'est que je me dis que j'vais
arriver au camping sous la pluie, tard, et si ça se trouve j'vais
même pas pouvoir sécher ma tente parce qu'il va pleuvoir toute la
nuit :|
J'arrive ENFIN à la
route après avoir fait un joli détour par la piste de ski, et je
trouve un arrêt de bus pour voir l'état de mes affaires, qui sont
bien humides pour la plupart... Je change de chaussettes, même si
mes chaussures sont mouillées, ça sera déjà un peu plus sec.
C'est au bout de 3 ou 4
kilomètres, proche de Hauteluce, que le ciel s'éclaircit enfin au
bout de la vallée (on entendait le son d'une corne, d'un chef
ennemi qui rappelait toute sa horde).
J'ai rarement autant aimé
voir le soleil arriver, franchement ! Bon, maintenant qu'il fait
bon et qu'il pleut plus, me reste encore facile 4 ou 5 kilomètres...
Me voici au carrefour de Hauteluce et Beaufort, et je prends la D70
en direction de Beaufort... J'ai les pieds éclatés, j'ai mal aux
épaules et aux hanches à cause du sac qui pèse (j'ai deux gros
hématomes de chaque côté), la route est pas géniale... ça va
descendre, ça va être long, y a peu de voitures mais pas de
trottoir... Bon, vazy, la prochaine voiture je tends mon pouce. A
peine cette idée lancée, j'entends un bruit de moteur arriver
derrière le virage et c'est un minibus qui s'arrête à peine mon
pouce levé. Il faut dire que c'est monnaie courante par ici... Le
chauffeur me demande ce que je fais après s'être étonné de mon accoutrement :
« Vous avez pas sauté, si ? » Moi : « sauté ?
Comment ça ? » Lui « Ben c'est pas un parapente que
vous avez là ? » … WHAT ? D'accord, mon sur-sac
orange fluo donne un air de parachute à mon sac, mais… un
parapente ??? Non non, j'ai pas sauté ! Je suis juste
CHARGÉE. Il me dépose à l'entrée du camping, il est 18h30 et
yiha, il fait soleil ! Je suis é-cla-tée. Mais ça fait du bien !!
Après avoir rencontré
la gérante du camping qui m'attribue une petite place bien à
l'écart des gosses qui font du vélo dans la cour, je passe une
bonne heure à faire sécher ma tente au soleil...
N'empêche, j'ai quand
même clairement du bol, parce qu'ils annoncent encore un sale temps
pour ce soir et demain, et pile quand j'arrive, paf, une heure de
soleil bien clair pour faire sécher ma tente dans les 5m² de soleil
du camping avant que celui-ci aille se planquer derrière les
montagnes.
Mais bon j'en ai un peu
marre ce soir, je suis épuisée, ils annoncent encore deux jours de
pluie, c'est quand même pas souvent que je viens à la montagne, si
c'est pour me taper 5 jours de pluie sur 6 et être mouillée /
malade / dans les nuages, c'est un peu triste quoi. Je me revois hier
soir en train de dire « bon, avec la journée que j'ai passé,
il peut pleuvoir tout le reste du temps !! » … Qu'est ce
que j'ai pas dit là, grrrr. Je prends une grosse douche qui fait du
bien, et j'entends dire que l'eau est « bien chaude »
alors que je pèle (dans tous les sens du terme, tiens). Mais de
temps en temps, y a des vagues de chaleur qui arrivent, et je repense
à toutes les douches que j'ai prises avec Camille en Corse avec qui
on attendait « la vague de chaud » avant d'arrêter la
douche, haha.
21h30, je suis biennnnnn
dans ma tente, c'est parti pour un petit repas du soir :
riz-protéines-de-soja-sauce-tomate ! Youhou ! Je fais
cuire le tout dans un bouillon de légumes et quand l'eau commence à
frétiller et que je mets la nourriture dedans... il commence à
pleuvoiiiiiir !!!! Magie magie ! Graaaaah. J'ai vraiment la
guigne quoi. Bon, bah je me rentre sous la tente et laisse le réchaud
faire son boulot sous la pluie, et quand le manger est presque cuit,
je le retire du feu pour le laisser finir de cuire dans l'eau chaude,
sous la tente. Y a de la vapeur partout, ça sent le riz dans la
tente, c'est tout humide / mouillé, entre mes cheveux sortant de la
douche, la vapeur du manger et les affaires déjà trempées de la
journée... Et c'est là que j'me rends compte que ma serviette
« sèche » sur la tente... Eh merde. Franchement, à
chaque fois que je fais du camping, je la fais cette connerie, et je
la refais encore.
Heureusement que je reste
là trois nuits, j'vais avoir le temps de faire sécher tout ça...
En plus, je suis fière de moi, j'ai bien tiré la toile de tente, je
crois qu'elle a jamais été aussi parfaitement tendue. Du coup, les
deux toiles ne se touchent à aucun endroit et la toile intérieure
est impeccablement sèche !! Nini fière !
Je m'endors vers 22
heures sur mon oreiller qui se dégonfle (je savais bien qu'il y en
avait un qui était troué...)


















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