Into the wild
7h, je me réveille. Je demande à Camille si elle veut se lever. Réponse : « tu veux te lever toi ? » Ah. « Ben je dormirais bien encore un petit quart d'heure non ? » Pas de réponse, je prends ça pour un oui.
Une heure plus tard, on se réveille à nouveau :D
Camille ronfle, je m'habille et la réveille avant d'aller préparer le petit-déj. Il n'y a pas encore beaucoup de moustiques, ils mettent un bout de temps à comprendre que la bouffe est sortie de la tente (c'est nous, la bouffe). Le temps est couvert, bien qu'il ne pleuve pas, et il ne fait pas trop froid, c'est chouette. On range tout notre bordel et deux heures après, les sacs sont remballés. Fiou ça prend du temps quand même tout ça ! On devrait gagner en efficacité avec le temps... C'est juste au moment où on se met en marche que la bruine nous arrive dessus.
On remarque la capuche de Camille très ergonomique.
Il nous reste 14 km à vue d'oeil pour rejoindre le refuge de Tarrekaise. En plus des moustiques, maintenant y a des espèces de petites mouches moches avec des pattes en plus sur le devant. Bon au moins elles piquent / mordent pas. Après deux ponts suspendus, on fait la pause tablette de chocolat. Miaaaaam.
On évolue encore une fois dans un décor quasi canadien, aux grands espaces sauvages, forêts de sapins et grande rivière qui se dessine en leur sein, bordée de pierres. C'est vraiment magnifique...
Sur la carte, il y a écrit VÉGÉTATION DENSE, et effectivement... c'est dense.
Bongeourre, ceci est notre sentiey.
Et comme c'est trempé, Nini est trempéééée !
Camille a eu l'intelligence de se protéger des moustiques avec son surpantalon, du coup elle est au sec. Je suis assez frigorifiée, du coup je m'arrête en plein milieu du sentier et des fougères pour me déssapper. J'enfile un legging et mon surpantalon. Aaaah on se sent mieux au sec ! Un peu avant le refuge de Nunjes, on passe devant quelques habitations et je me demande ce que foutent les gens pour habiter ici, à 7 km et 30 minutes de bateau de la route la plus proche.
Je parlais d'humidité hier... On est en plein dedans. Il ne s'arrête donc jamais de pleuvoir... ? Nous continuons notre route le coeur en joie malgré tout, l'une derrière l'autre, sur des kilomètres de planches.
On s'arrête au niveau du refuge de Nunjes vers 13h pour pique-niquer devant une jolie vue, enfin dégagée, au croisement avec la route d'hiver (un chemin alternatif qui se fait en moto-neige). Il fait pas bien chaud (14°C) et on se retrouve confrontées à une horde de moustiques et de mouches... Il est temps de sortir la tenue de COMBAT.
C'est sous la moustiquaire qu'on se sustente d'un demi-babybel, une biscotte wasa et quelques carrés de chocolat.
On dirait une petite souris qui grignote :-)
La vue de notre pique-nique est sacrément pas déplaisante, par contre, quand il est temps de remettre les sacs, on pleure un peu.
Pauvre Kaykaaaayyyyyyyy
En repartant, Camille se rend compte que mon sac est hyper mal réglé et me le rerègle : aaaahhhhh ça va beaucoup mieux ! Ça fait moins mal aux épaules ! La météo semble se dégager un petit peu (semble, j'ai dit, on ne s'emballe pas, ce n'est qu'une illusion) pendant que l'on se replonge dans la forêt et monte quelques dizaines de mètres de dénivelé pour se retrouver au-dessus de la vallée avec, en contre-bas, le refuge où on a pique-niqué. La vue est magnifique mais on doit très vite enfiler les moustiquaires de tête, on est envahies de mouches et de moustiques. Cela a un côté très jouissif de les voir nous tourner autour et tenter en vain de nous piquer à travers le kaway sans y parvenir...
Tout en bas, à côté de la rivière le refuge de Nunjes où nous avons pique-niqué.
Durant toute la fin de la journée, on marche dans un sentier très boueux et limite recouvert par la végétation. Celle qui est devant se charge de prévenir celle qui la suit des branches dans la tronche en criant « BRANCHE !! »
Je n'explique pas la présence de cette photo à ce moment, mais Camille a exigé que je prenne cette fleur en photo donc en son honneur, voici la chose.
Camille, attirée vers la droite à cause de son sac, se fait régulièrement emportée quand elle perd un peu l'équilibre et elle se casse la figure dans les branches.
Très vite, on arrive en hauteur sur un plateau magnifique où on domine la vallée. Cela fait du bien de sortir un peu de la végétation dense et humide de la forêt... On voit jusqu'aux montagnes enneigées, quel bonheur de marcher ici.
On veut se rapprocher le plus possible du refuge et de l'eau. Il est 17h30 quand on commence à chercher une aire de bivouac. J'en ai marre des cailloux et de la boue, je râle un peu parce que j'ai vraiment mal à la cheville et les cailloux n'arrangent rien, j'ai le pied tordu tout le temps. Un reste de tendinite faite dans les Alpes en juillet mais probablement mal guérie et réveillée par le poids du sac et mes chaussures un peu vieilles.
Le sentier est vraiment long et on a du mal à penser qu'on a fait que 14 km... On émet l'hypothèse qu'on se trouve peut-être dans une boucle temporelle qui nous fait revenir en arrière tous les 5 km. Mh, ok c'et assez peu probable. Mais c'est looonnnnng, comment va-t-on pouvoir faire 20 km plus tard alors qu'on galère déjà à en faire 13 ? J'imagine que l'habitude et le poids décroissant du sac jouera en notre faveur...
On passe devant une espèce d'amas de cheveux et je fais une blague du genre « ahah j'ai perdu ma perruque en randonnée ». Camille a pas l'air de trouver ça rigolo et me répond quelque chose du genre « euh, ouais, ok... ». Bon, bon, je me tais. Un peu plus loin, je propose un campement près de l'eau. Camille est septique :
« ouais mais ça me fait chier y avait des eaux là-bas.
Je ne comprends pas.
Je ne comprends pas.
- Bah ici aussi y a de l'eau … ? que je lui réponds.
- Non mais y avait des OS !! o-s !
- Hein ? De quoi tu parles ?
- Bah ta blague sur la perruque c'était pas des cheveux hein, c'était des poils avec des os.
- T'es sûre ? Mais non !
- Ah si si.
Bon on y retourne pour voir.
- Ah si si.
Bon on y retourne pour voir.
Et effectivement, j'avais pas vu, c'était un cadavre en plusieurs petits morceaux, éparpillé sur le sentier... Hum. Probablement un renne blanc, je crois pas qu'y ait vraiment de chèvre dans le coin. Mais qui a pu bouffer ça ? Un ours ? Des loups ?
Mbon. On continue un peu plus loin et on trouve une autre aire de campement proche de la rivière.
Oui bon c'est UN PEU le bordel.
On se dirige vers la rivière avant toute chose pour se laver pendant qu'on est actives avant d'avoir trop froid. Allez hop, on se déshabille et on y va au gant de toilette et au savon d'Alep qui pue. Et accompagnées de moustiques... Je me fais piquer de partout, beeeeh... Enfin, on a une jolie vue pour faire trempette...
Hop, on remonte et on installe la tente dans un petit coin sur l'herbe pour que ce soit un peu mou. Bon, comme d'hab, j'ai plein de bosses dans le dos.
Après une soupe tomates / mozza avec des pâtes préparée par Kay, on se couche.

























Aucun commentaire :
Enregistrer un commentaire