Leeeeeet's the sun shiiiiining
Jour 6. Nuit très froide. C'est dur d'ouvrir le duvet ce matin... Camille est très ronchon ce matin, je sais pas trop pourquoi, je crois que c'est un tout entre le mal-dormi, la douleur et le froid. Elle râle un bon coup et un câlin plus tard, ça va mieux :-)
Pas de petit dej ce matin puisque le réchaud fait des siennes. Une barre de céréales seulement (J'AI FAIM) et nous rangeons nos sacs. Le surpantalon de Camille est troué, elle veut le recoudre mais impossible de remettre la main sur les aiguilles, qui ont pourtant servi hier à crever ses ampoules (CHARMANT). Les aurais-je oubliées au refuge ? Fait chier... On les cherche chacune partout mais on ne trouve rien.
Départ vers 9h30. Le ciel est toujours gris mais semble se dégager, on aperçoit un peu de ciel bleu au loin ! Bon personnellement j'ai arrêté d'y croire... Je me suis faite à l'idée qu'on allait être mouillées et grelottantes jusqu'à la fin. Par contre le problème du réchaud m'inquiète un peu. J'ai du mal à imaginer que ce soit le réchaud qui ait un problème, c'est un bon MSR qui ne craint ni le froid ni la pluie. Quant à la bouteille de gaz, elle est à moitié pleine, difficile de croire que ça puisse venir d'elle... Bon, une chance, notre étape de ce soir est à Staloluokta, le seul village du sentier, avec en théorie une petite épicerie, je me dis on devrait pouvoir trouver une bouteille de gaz pour tester le réchaud. Si c'est ça, tout va bien. Si c'est le réchaud en revanche, ça va être impossible de cuisiner comme ça tous les soirs surtout s'il y a un peu de vent et pluie. Je doute très fort qu'on trouve un réchaud à vendre à l'épicerie (AHAH) donc ça voudra dire qu'on sera obligées de camper aux refuges et cuisiner à l'intérieur... Ça m'embête de dépendre des refuges et ne pas pouvoir bivouaquer où on veut. Comme quoi, avoir des refuges à proximité c'était pas une mauvaise idée. Bon, on verra ce soir... Pour l'heure, nous marchons vers l'Ouest !
Eh oui, on a même des petits rennes pour notre départ.
Les paysages sont toujours et de plus en plus magnifiques, j'aime marcher dans ces plaines aux étendues hallucinantes et à l'horizon lointain. Le temps n'est pas ensoleillé mais ça se dégage bien et il est relativement haut pour que l'on voit relativement loin.
Montagnes enneigées, rennes qui se baladent un peu partout, des lacs... Le paradis.
Devant nous...
Derrière nous...
Le sentier est BIEN, comme vous le voyez sur les photos. Sec, plat, joli. On a troqué les sacs plastiques dans les chaussures pour des sacs poubelles, beaucoup plus résistants et imperméables. C'est pas très agréable, ça pique les mollets, mais au moins on a beaucoup plus chaud et on est vraiment au sec, cette fois. Pause snickers vers 11h30, on avance bien, c'est cool ! Et plus ça va, plus la vue se dégage. On aperçoit maintenant jusqu'au lac de Staloluokta à l'horizon.
Au loin, la frontière avec la Norvège est dessinée par les montagnes encore enneigées en cette fin août.
On croise quelques personnes mais on reste globalement bien isolées. Il est 13 heures quand on fait la pause pique-nique avec quelques moustiques, ça faisait longtemps ! Il fait pas trop froid et il ne pleut pas, c'est déjà ça. Un demi-babybel et quelques carrés de chocolat plus tard, on se remet en route sous... LE SOLEIL, OUI MESSIEURS-DAMES ! Il s'est bien fait désirer mais le voici enfin !
TADAAAAAAAA
Sa race, 4 jours qu'on attend que ça. On profite des kilomètres de beauté et de chaleur qui nous sont offerts, franchement ça fait un bien fou. Les couleurs sont très vives, et je crois que c'est le bon jour pour avoir un temps aussi radieux ! Sur notre gauche, des plaines immenses, sur notre droite, une cascade avec des lacs d'un beau bleu.
On avance bien et arrivons vite à voir, en face de nous... la Norvège ! Eh oui, une vue sublime se dévoile au fur et à mesure que nous avançons vers Staloluokta, son immense lac et au loin, les montagnes enneigées qui marquent la frontière avec la Norvège. En prime, plein de rennes qui s'arrêtent pour nous regarder !
Vous avez sur votre droite l'unique point de "ravitaillement" et d'accès à la civilisation de toute la région. Un kiosque "superette", quelques habitations et un accès aux transports en communs, j'ai nommé l'hélicoptère ! (eh oui, toujours pas de route).
Coucou toi
On l'a tellement attendu (enfin on l'attendait plus là, clairement) que l'on sait savourer ces quelques heures de soleil. Nous arrivons à Staloluokta, il est à peine 15h30.
On a fait déjà 15 km et on a bien envie de continuer à marcher sous le soleil et bivouaquer sur la colline suivante. Seulement avant, il faut régler le problème du réchaud. On s'arrête au refuge et découvrons justement une bouteille de gaz quasiment vide laissée par des randonneurs ! Chic, on s'empresse de l'essayer : si ça marche pas, pas la peine d'en acheter du coup. Isolées du vent, on pousse le réchaud à fond et le voyons produire des grosses flammes ! Yeah, la bouteille devait être défectueuse, c'est bon signe, on a plus qu'à trouver une bouteille de gaz ! On embarque déjà celle-ci et laissons la notre à la place. Par contre elle nous fera pas tenir très longtemps. On croise une femme qui nous dit qu'elle a laissé une bouteille dans la cabine n°2 du refuge suivant, à 12 km. Mais elle nous indique aussi le kiosque tout proche qui ouvre à 16h. Ça tombe bien, il est 16h10 ! En route !
Arrivées au kiosque, on découvre que sont vendus vraiment des trucs essentiels pour les campeurs et randonneurs : repas lyo, mitaines en laine, papier hygiénique, et... du gaz ! Yeah, on retrouve notre autonomie ! La dame nous propose aussi du poisson fumé et du pain, et là, dans ma tête ça fait direct : « Putain il a l'air bon le pain. Mais bon, on en a peut-être pas besoin, c'est ridicule d'en acheter si on peut s'en passer. Mais ça a l'air bon. J'ai pas d'avis. Je vais regarder Camille avec un air qui demande son avis, on va voir. » Et ça tombe bien parce que dans la tête de Camille, ça fait direct : « Putain il a l'air bon le pain. Mais bon, on en a peut-être pas besoin. Ah merde, Anaïs me regarde l'air de dire que c'est à moi de décider. » Du coup elle dit non :D Franchement il avait l'air super bon, et je crois que s'il avait plu, on en aurait acheté juste par principe de se réconforter, mais là, je sais pas, on était bien, nos chaussures ont séchées, on avait besoin de rien, on était déjà ravies d'avoir trouvé du gaz et donc une solution à notre principal problème, du coup on a juste pris ce dont on avait besoin avant de repartir prolonger notre étape de quelques kilomètres.
Le début de l'étape suivante se fait en montée, et on profite clairement du temps radieux pour avancer un maximum et contempler la vue magnifique qui nous est donnée au fur et à mesure que l'on grimpe.
Un des plus beaux sentiers et un des plus beaux paysages que j'ai vu dans ma vie... C'est génial de se dire qu'il y a rien à des kilomètres à la ronde, tout est laissé tel quel, pas de culture, pas de route, rien. Juste un sentier, quelques maisons et partout, une étendue immense d'eau, de montagne, de glace et d'herbe.
Le soleeeeeeeeeil
Un des plus beaux sentiers et un des plus beaux paysages que j'ai vu dans ma vie... C'est génial de se dire qu'il y a rien à des kilomètres à la ronde, tout est laissé tel quel, pas de culture, pas de route, rien. Juste un sentier, quelques maisons et partout, une étendue immense d'eau, de montagne, de glace et d'herbe.
4 km plus tard, on arrive à une rivière où on décide de camper : 19 km aujourd'hui ! Et il n'est que 17h30 ! On sent que le poids du sac qui diminue ainsi que le sentier beaucoup plus praticable nous font clairement avancer plus vite...
Il y a un peu de vent qui nous refroidit mais à l'abri du vent tout va bien, et c'est un délice de pouvoir faire sécher des trucs sur la tente pour la première fois, de pouvoir laisser nos chaussures dehors et se balader en chaussettes sans avoir les pieds trempés... Par contre, j'ai hyper mal à la cheville. Mais le goûter dans ce décor sublime est clairement réconfortant :D
Nous retrouvons nos copains les moustiques et c'est au bord de la tente, toute moustiquaire enfilée, que je fais la cuisine à bout de bras (pour pas sortir de la tente :D) : soupe / pâtes au menu ! Je me fais un peu harcelée par les moustiques mais le repas est bien bon !
On a pas vraiment mal et on est plutôt satisfaites de notre endurance sur le long terme et sur la journée d'aujourd'hui. On fait notre toilette aux lingettes (même avec le soleil il fait trop froid pour se laver à la rivière) et quand je rentre dans la tente, y a un truc qui pue dans la tente. Camille me stresse parce qu'elle se met à tout sentir pour trouver l'origine de l'odeur, elle a une espèce de phobie de puer, elle a peur que ça vienne d'elle ou de ses vêtements. Finalement, on trouve rapidement l'origine (pas très surprenante) : les chaussettes de Camille pendues au toit de la tente (à l'intérieur, hein). Mmmmmmmiam ! Y en a une en particulier qui sent le fromage :-) - dixit Camille, j'ai pas senti perso.
Il est 21h30 quand on se couche en même temps que le soleil, le ciel nous offre un bivouac des plus merveilleux.
Franchement, ce fut une journée et une soirée magiques. La beauté et la liberté ont un prix certes, le confort, mais malgré tout ce soir on dort sur des plantes hyper molles qui font comme un petit matelas, c'est chouette ! Je me mets en tenue de combat du dodo : les deux pieds dans la chaussette thermique, legging polaire, 2 polaires l'une par dessus l'autre, mon cache col et le duvet fermé presque en entier.





















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