Projet solo n°3
Etant donné l'expérience
que j'ai vécue l'an dernier dans le massif du Thabor, il
était évident pour moi de réitérer l'expérience de l'itinérance
en solo (et en autonomie). Cette sensation de liberté et
d'apaisement que m'a procuré ce périple l'an dernier est une raison
à elle-seule pour partir, et vite. La rando me manque, je me languis
de paysages désertiques : depuis la Laponie en août dernier, je ne suis pas partie. Okay, c'est vrai, ça fait pas SI
longtemps. Et puis ces saletés de profs qui se plaignent tout le
temps alors qu'ils sont toujours en vacances, hein. Ouais, et je
compte bien en profiter de ces vacances.
Les Alpes ont une place
chère dans mon cœur depuis des années, mais cette année c'est sur
les Pyrénées que se jette mon dévolu : pourquoi ? C'est
simple. Avant, il existait pas mal de lignes de trains de nuit en
France, qui permettaient d'aller notamment (et c'est le plus
important pour moi) dans les montagnes. Il se trouve que depuis
septembre 2016, le gouvernement a jugé que le service public se
devait d'être rentable, je suppose, puisque les lignes de nuit ont
quasiment toutes étaient supprimées, pour « mauvaise
rentabilité ». C'est regrettable, j'avoue, parce que c'est
quand même bien pratique, et personnellement j'aime beaucoup trop le
concept de m'endormir à Paris et de me réveiller dans une vallée
alpine. De fait, la SNCF a pu épargner deux lignes : Paris –
Briançon et Paris – Latour de Carol. Certes il y a matière à
faire sur la ligne briançonnaise, notamment le Queyras qui me trotte
dans la tête depuis longtemps (tu m'en diras des nouvelles la petite
si tu y vas – oui je parle à des gens qui sont seuls à se
reconnaître, vous occupez pas). Mais je me suis dit que j'avais pas
trop exploré les Pyrénées, à part les 3 jours dans le Massif du Canigou avec Camille il y a deux ans. C'est pas très loin du
Canigou d'ailleurs que j'ai établi mon point de chute :
L'hospitalet-près-Andorre, en Ariège, qui comme son nom l'indique,
est à quelques kilomètres de l'Andorre. Vautrée au sol en train de
retapisser mon parquet de cartes IGN (ma grande passion), je me
fais un parcours sportif, mais pas trop, du même acabit que l'an
dernier.
Ce sera donc :
J1 : l'Hospitalet /
refuge des Bésines ou cabane de Rouzet (9 ou 12 km / D+700 ou
D+1200)
J2 : Bésines ou
Rouzet / Refuge des Bouillouses (14 ou 11 km / D+600)
J3 : Bouillouses /
refuge de Camporells (11 km / D+500)
J4 : Camporells /
refuge d'en beys (11 km/ D+600)
J5 : En beys /
Vallée d'Orlu (15 km / D+500 en passant pas l'étang de Naguille /
D-1200 dans tous les cas)
J6 : Orlu /
Ax-les-thermes (6 km, pas de dénivelé)
J'ai fait des étapes de
refuge en refuge, j'aurais pu les ignorer comme je suis en
autonomie. Mais bon, l'an dernier j'ai eu de la chance d'avoir une
météo en or (soleil H24, très froid en altitude mais aucun orage,
aucune pluie), ce qui me donnait un certain confort pour le bivouac
sauvage. On peut pas parier sur cette chance à chaque fois. Là, je
peux me retrouver avec de la pluie ou des orages violents (je me
souviens d'un orage au Canigou avec le sol tremblant, je ferais
clairement pas la maligne sous ma tente si je m'y retrouvais). De
fait, je préfère quand même avoir des refuges à disponibilité
pour y planter ma tente, en cas d'orage ou si je suis vraiment
trempée, histoire d'avoir un abri où sécher un peu. Dans tous les
cas, comme je suis en autonomie, le but c'est quand même aussi de
m'éloigner un peu des refuges et de me perdre dans la nature autant
que possible.
La question qui se pose
c'est de passer ou non par le pic Carlit qui culmine quand même à
plus de 2900m (ça paraît assez peu mais on part pas de bien haut,
hein). Ça dépendra de mon état physique (on se souvient du genou
pété au Beaufortain et de la tendinite chronique en Laponie...) et
surtout de la météo.


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