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20 avril 2019


Réveil 10h30 ! Il n'y a pas de volet dans cette chambre. J'aime dormir sans volets. Ouvrir les yeux, et déjà, respirer comme si j'étais à l'extérieur. La chambre exposée Est nous donne dès le réveil un aperçu météorologique : le soleil perce la vitre et rayonne dans la chambre et dans nos cœurs. (OH C'EST BEAU NINI.) Je ne mets pas bien longtemps pour me lever, attirée par la fenêtre :


Oh my God. Face à nous, s'élèvent le Dome des miages, le sommet du Mont Blanc, l'aiguille de Bionassay et son glacier que j'ai découvert en été 2015. J'aperçois même la fameuse ligne de tramway du Mont Blanc qui mène au Nid d'aigle, que j'avais longée jadis, papotant avec un anglais et son chien pendant une heure. En ce mois d'avril elle est parfaitement enneigée et dessine une droite parfaitement blanche au milieu de la montagne. J'aime revenir à des endroits où je suis venue auparavant, ça me donne cette sensation d'avoir conscience de l'espace, du temps, de l'espace / temps dans lequel j'évolue, je vieillis, je vis.

Il est temps de m'atteler à une de mes activités favorites sur cette Terre : étaler des cartes IGN au sol et 1. regarder ce que j'ai autour de moi et 2. organiser des expéditions.


Aujourd'hui, c'est journée pépouz. Mine de rien, la route nous a crevés, on prend nos repères, on a des courses à faire aussi. Go to Sallanches pour faire le plein pour nos bidons et celui d'Olaf. D'ailleurs, je vous présente Olaf (en bleu, au milieu) :


Je peux rester des dizaines de minutes à fixer les sommets et leur neige éclatante. Le soleil est avec nous, espérons que ça dure. J'aime la montagne au printemps : les neiges commencent à fondre assez pour commencer la rando, mais le blanc éclatant des hauteurs n'arrive pas à la cheville du gris rocailleux estival, pourtant Dieu sait combien je l'aime aussi. Ce doux mélange de chaleur et d'aperçu glaciaire me file une boule au ventre. Je crois que je n'expliquerai jamais et serai toujours sidérée par le pouvoir et la puissance qui émanent de la montagne. Le bonheur, simplement. L'apaisement, l'appel des cimes, l'envie d'y plonger les yeux, les pieds, les mains, les arpenter de tous les versants, les grimper, aussi hautes soient-elles.


Nous déjeunons tard et vers 16h, partons pour les Contamines Montjoie (SAINT DENIS, QUE TRÉPASSE SI JE FAIBLIS). Ça fait vraiment bizarre de revenir ici. Chaque arrêt de bus, virage ou sentier au loin me rappelle un souvenir précis, une sensation de mouillé, une douleur infâme au genou.
Je suis impressionnée par la différence d'enneigement entre la face Nord et la face Sud. Tandis que le Sud semble praticable jusqu'à 1800m, le Nord lui semble rassembler encore une belle couche épaisse de neige.

Nous passons à l'Office du Tourisme des Contamines. La nana nous raconte un peu n'importe quoi. On veut aller au Lac Jovet, elle nous dit que c'est pas possible parce que les skieurs de randonnées vont nous foncer dedans et nous propose plutôt d'aller au chalet du Truc en passant par les miages en prenant des raquettes « mais bon par contre c'est pas balisé »... Ok. On garde ça sous le coude, peu convaincus. On s'enfonce dans le fond de la vallée des Contamines d'où on aperçoit le Mont Joly qui est joli, Notre Dame de la Gorge, et le chemin de croix avec à son terminus une mini chapelle troglodyte dont l'accès est impossible, hélas. Mais y a quand même de l'eau, des cailloux, des montagnes, et des chiens. J'en connais une qui serait aux anges.



Le soleil brille de mille feux (sans déconner?) et on croise des types avec des raquettes sur le dos. Nono interrompt Petit Monsieur Gentil.
Nono : Bonjour, désolé de vous déranger, vous êtes allés jusqu'où ?
Petit monsieur gentil : Au Lac Jovet !
Nono : Ah donc c'est faisable en raquettes ?
Petit monsieur gentil : Oui, par contre on s'enfonce bien et c'est lourd à porter, y a des moments avec 50 cm de neige. On a mis 4h30 pour atteindre le lac.
Nono : Ah ouais, parce qu'à l'office du Tourisme on nous a déconseillé à cause de la neige mais surtout des skieurs qui peuvent nous foncer dedans.
Petit monsieur gentil : Ahahahah ! Non mais ça va hein, ils vous voient !

Bon, comme quoi, on avait raison de la prendre avec des pincettes, l'autre. Le gars nous explique grosso modo par où passer pour éviter les emmerdes niveau neige et on se garde cette rando raquettes sous le coude pour une journée ensoleillée et bien remplie, car si lui a mis 4h30, je doute que nous mettions moins de 5 heures, et après il y a le retour, hein.

On continue notre journée pépouz et ensoleillée en allant se promener dans Saint-Gervais. Passons à l'OT pour avoir un deuxième avis : les miages ? Non, trop de neige encore ! Ah bon. Et la via ferrata de Passy ? Ouverte depuis le 15 avril ! Yahou ! Cela fait longtemps que j'ai pas fait une bonne via. J'en avais repéré 3 dans le coin : celle des Thermes de St gervais, en devers tout du long et apparemment bien physique et technique, celle de Chamonix, à 2000m donc pas encore ouverte et apparemment assez mal agencée (prises trop rapprochées) et celle de Passy (la Curalla), 1400m d'altitude max, côté AD+. Parfait !

Il est 19 heures quand nous rentrons au chalet. Il fait déjà meilleur que ce matin ! On se pose devant la télé et regardons Payback avant de dîner et nous coucher, avec toujours ça devant nous :


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