Réveil 10h30 ! Il n'y a pas de
volet dans cette chambre. J'aime dormir sans volets. Ouvrir les yeux,
et déjà, respirer comme si j'étais à l'extérieur. La chambre
exposée Est nous donne dès le réveil un aperçu météorologique :
le soleil perce la vitre et rayonne dans la chambre et dans nos
cœurs. (OH C'EST BEAU NINI.) Je ne mets pas bien longtemps pour me
lever, attirée par la fenêtre :
Oh my God. Face à nous, s'élèvent le
Dome des miages, le sommet du Mont Blanc, l'aiguille de Bionassay et
son glacier que j'ai découvert en été 2015. J'aperçois même la
fameuse ligne de tramway du Mont Blanc qui mène au Nid d'aigle, que
j'avais longée jadis, papotant avec un anglais et son chien pendant
une heure. En ce mois d'avril elle est parfaitement enneigée et
dessine une droite parfaitement blanche au milieu de la montagne.
J'aime revenir à des endroits où je suis venue auparavant, ça me
donne cette sensation d'avoir conscience de l'espace, du temps, de
l'espace / temps dans lequel j'évolue, je vieillis, je vis.
Il est temps de m'atteler à une de mes
activités favorites sur cette Terre : étaler des cartes IGN au
sol et 1. regarder ce que j'ai autour de moi et 2. organiser des
expéditions.
Aujourd'hui, c'est journée pépouz.
Mine de rien, la route nous a crevés, on prend nos repères, on a
des courses à faire aussi. Go to Sallanches pour faire le plein pour
nos bidons et celui d'Olaf. D'ailleurs, je vous présente Olaf (en
bleu, au milieu) :
Je peux rester des dizaines de minutes
à fixer les sommets et leur neige éclatante. Le soleil est avec
nous, espérons que ça dure. J'aime la montagne au printemps :
les neiges commencent à fondre assez pour commencer la rando, mais
le blanc éclatant des hauteurs n'arrive pas à la cheville du gris
rocailleux estival, pourtant Dieu sait combien je l'aime aussi. Ce
doux mélange de chaleur et d'aperçu glaciaire me file une boule au
ventre. Je crois que je n'expliquerai jamais et serai toujours
sidérée par le pouvoir et la puissance qui émanent de la montagne.
Le bonheur, simplement. L'apaisement, l'appel des cimes, l'envie d'y
plonger les yeux, les pieds, les mains, les arpenter de tous les
versants, les grimper, aussi hautes soient-elles.
Nous déjeunons tard et vers 16h,
partons pour les Contamines Montjoie (SAINT DENIS, QUE TRÉPASSE SI
JE FAIBLIS). Ça fait vraiment bizarre de revenir ici. Chaque arrêt
de bus, virage ou sentier au loin me rappelle un souvenir précis,
une sensation de mouillé, une douleur infâme au genou.
Je suis impressionnée par la
différence d'enneigement entre la face Nord et la face Sud. Tandis
que le Sud semble praticable jusqu'à 1800m, le Nord lui semble
rassembler encore une belle couche épaisse de neige.
Nous passons à l'Office du Tourisme
des Contamines. La nana nous raconte un peu n'importe quoi. On veut
aller au Lac Jovet, elle nous dit que c'est pas possible parce que
les skieurs de randonnées vont nous foncer dedans et nous propose
plutôt d'aller au chalet du Truc en passant par les miages en
prenant des raquettes « mais bon par contre c'est pas
balisé »... Ok. On garde ça sous le coude, peu convaincus. On
s'enfonce dans le fond de la vallée des Contamines d'où on aperçoit
le Mont Joly qui est joli, Notre Dame de la Gorge, et le chemin de
croix avec à son terminus une mini chapelle troglodyte dont l'accès
est impossible, hélas. Mais y a quand même de l'eau, des cailloux,
des montagnes, et des chiens. J'en connais une qui serait aux anges.
Le soleil brille de mille feux (sans
déconner?) et on croise des types avec des raquettes sur le dos.
Nono interrompt Petit Monsieur Gentil.
Nono : Bonjour, désolé de vous
déranger, vous êtes allés jusqu'où ?
Petit monsieur gentil : Au Lac
Jovet !
Nono : Ah donc c'est faisable en
raquettes ?
Petit monsieur gentil : Oui, par contre on s'enfonce bien et c'est lourd à porter, y a des moments avec 50 cm de neige. On a mis 4h30 pour atteindre le lac.
Nono : Ah ouais, parce qu'à l'office du Tourisme on nous a déconseillé à cause de la neige mais surtout des skieurs qui peuvent nous foncer dedans.
Petit monsieur gentil : Ahahahah ! Non mais ça va hein, ils vous voient !
Petit monsieur gentil : Oui, par contre on s'enfonce bien et c'est lourd à porter, y a des moments avec 50 cm de neige. On a mis 4h30 pour atteindre le lac.
Nono : Ah ouais, parce qu'à l'office du Tourisme on nous a déconseillé à cause de la neige mais surtout des skieurs qui peuvent nous foncer dedans.
Petit monsieur gentil : Ahahahah ! Non mais ça va hein, ils vous voient !
Bon, comme quoi, on avait raison de la
prendre avec des pincettes, l'autre. Le gars nous explique grosso
modo par où passer pour éviter les emmerdes niveau neige et on se
garde cette rando raquettes sous le coude pour une journée
ensoleillée et bien remplie, car si lui a mis 4h30, je doute que
nous mettions moins de 5 heures, et après il y a le retour, hein.
On continue notre journée pépouz et
ensoleillée en allant se promener dans Saint-Gervais. Passons à
l'OT pour avoir un deuxième avis : les miages ? Non, trop
de neige encore ! Ah bon. Et la via ferrata de Passy ?
Ouverte depuis le 15 avril ! Yahou ! Cela fait longtemps
que j'ai pas fait une bonne via. J'en avais repéré 3 dans le coin : celle des Thermes de
St gervais, en devers tout du long et apparemment bien physique et
technique, celle de Chamonix, à 2000m donc pas encore
ouverte et apparemment assez mal agencée (prises trop rapprochées)
et celle de Passy (la Curalla), 1400m d'altitude max, côté AD+.
Parfait !
Il est 19 heures quand nous rentrons au
chalet. Il fait déjà meilleur que ce matin ! On se pose devant
la télé et regardons Payback avant de dîner et nous coucher, avec
toujours ça devant nous :








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