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25 juillet 2019


Waaaaaah, vive les lits !! Et vive les marques du sac sur les épaules …


Et vive la douche, aussi ! On est vraiment bien dans cet hôtel, pinaise.
On descend prendre le petit déjeuner fort copieux et succulent. Des gaufres faites maison, des fruits, du pain, … mmmmmmh ! On discute avec deux français qui nous racontent un peu leur vie et leur séjour au Kikistan avant de nous-mêmes se décider à aller au Jailoo Tourism Community pour voir ce qu'on pourrait faire de notre journée. J'avais vu qu'y avait un lac pas très loin, le Kol Ukok, qui est assez exceptionnel et renommé, par contre les treks sont seulement sur 2 jours, à pieds ou à cheval. Hors demain, retour à Bishkek T_T donc on n'a qu'une journée dans le coin.

Le gars à l'agence nous propose un trek à cheval + rando sur la journée, sachant qu'il est un peu tard pour venir demander (il est déjà 11 heures). Il nous annonce que ça prend 8 bonnes heures. Allez, vendu, on s'en fout de rentrer tard... 5800 soms à deux (36€ / personne...) pour les chevaux, le guide et le taxi... C'est donné ! Il nous dit de revenir dans une heure à l'agence pour le départ. Pendant ce temps, on va acheter deux burgers au kebab d'hier, des lunettes de soleil pour Camille, et on repasse à l'auberge pour prendre quelques affaires.
Midi pétantes, on attend notre taxi !



Pendant qu'on fait notre trajet en taxi, je commence à me dire que le temps a l'air un peu POURRI et j'espère qu'il va pas trop flotter dans la journée... Une demie-heure de tacos plus tard, nous voilà larguées à destination. Kylymbek, notre guide, vient nous saluer et on se met en selle vers les montagnes.





Le début est un peu dur pour moi, je galère un peu à être bien sereine, notamment dans les montées et les descentes. Mon petit cheval est très mignon, très docile et suit gentiment les deux autres, du coup y a pas grand chose à faire. J'apprends petit à petit à lui faire confiance et le laisser aller là où il veut, je comprends qu'il finit toujours par suivre son papa Kylymbek. Ce dernier d'une gentillesse et d'une douceur incroyables. Du haut de ses 20 ans, il fait des études de vétérinaire à Bishkek et est guide touristique dans la région. C'est la deuxième fois seulement qu'il fait ce trek, ouvert il y a peu. On est en terre inconnue ! Et quelle terre...




Bien avancés dans la montée, ça commence à pleuvoir à flots et cailler sévèrement. Diable que je suis mouillée et GLACÉE !!! En plus, je vois que dalle avec mes binocles dégoulinantes. Kylymbek vient m'aider pour que je puisse sortir mon kaway et il prend mon sac avec lui. Dans les terrains plats, les chevaux trottent et galopent, même. Je ne dirige que dalle, mon cheval a juste en tête de suivre les autres, du coup il se met à galoper pour les rattraper. Wouhou ! Un peu casse-gueule parfois, mais rigolo ! Et le soleil est de retour ... Yes !



Les 3 heures de montée sont relativement longues pour mes petites jambes non expérimentées mais, enfin, on arrive à l'endroit où on laisse les chevaux pour finir à pieds. On fait une petite pause pour grignoter. Il est plus de 16 heures quand Kylymbek ouvre la marche telle une araignée dansant sur les rochers. Le mec vole dans la montée et court sur les rochers, sans jamais s'essouffler. Je comprends mieux pourquoi 50 kilomètres en kirghize ça fait deux jours de marche !!! 

"Allez mes soeurs, avancez !!" qu'il nous dit

Il nous apprend à parler kirghize, il nous charrie, nous sourit, nous nourrit de son esprit, nature, mature, pur. Il nous appelle ses grandes sœurs, nous prend la main et on partage un bout de vie éphémère en sa compagnie. Il ne juge pas, il s'intéresse et s'ouvre à nous, tel un ami. On croit le connaître depuis longtemps, on est dans une bulle, un espace-temps à part, seuls au monde en haut de cette immense vallée, entourés de montagnes enneigées, en frères de randonnée.





Une bonne heure de marche plus tard, nous voilà au fameux lac, à 3500...





Kylymbek nous propose de casser la croûte, mais il a oublié son sac avec son repas. On lui propose de partager le notre et on pique-nique ici, seuls, enfermés par les montagnes d'un côté, une vallée énorme de l'autre, la glace à portée de main et la chaleur humaine nous réchauffant l'autre main. Vers 18 heures, Kylymbek nous propose de repartir. C'est qu'on a encore une petite trotte ! Il se met à pleuvoir quelques gouttes quand on redescend. Camille et moi manquons de tomber à chaque rocher mouillé. Kylymbek, devant nous, marche encore à vive allure tel un cabri. Il est comme toujours largement en avance sur nous et s'arrête régulièrement, je me demande s'il est sur son portable ou quoi. Au bout de 5 minutes, il se retourne et nous offre un bouquet chacune. Tellement chou !! On essaye de lui en faire un aussi, mais 1 il marche trop vite et se retourne en nous attendant donc il grille direct ce qu'on fait et 2 notre bouquet est ultra moche parce qu'on n'a pas le temps de faire une composition florale digne de ce nom !!

On retrouve les chevaux, il fait beau, le soleil tombe doucement sur la vallée. Deux bonnes heures de descente s'en suivent pour rejoindre la route.






Le soleil se couche, Camille et moi chantons, Kylymbek y va de sa mélopée aussi. On se croirait dans un film, un rêve.


Sur la dernière ligne droite, on fait une course au galop. Le vent de la liberté fouette nos cheveux (oui je sais, c'est cul-cul, mais pourtant très réaliste). C'est dans ce genre de moments, ces instants magiques et merveilleux, qu'on se rend compte de la chance qu'on a d'être en vie. Une accolade, un échange de numéro, et nous voilà de retour dans le taxi. On se tait. On regarde défiler le paysage, encore sur notre petit nuage. On croit sortir d'un rêve, des moments comme on en vit très rarement. De émotions presque palpables de part leur intensité, une fraternité sortie d'on ne sait où mais qui fait un bien fou. L'apothéose d'un voyage unique, sous le signe du rire et de la liberté. Je me rends compte que je viens de passer 8 heures à sourire ou à rire.

Arrivées vers 21 heures à Kochkor, on a du mal à sortir de notre bulle. Demain, déjà, le retour à Bishkek. On se pose au même restaurant qu'hier et commandons cette fois deux plats de riz avant de rentrer à l'hôtel en boitant (oui, le cheval, ça fait mal).




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