Waaaaaah,
vive les lits !! Et vive les marques du sac sur les épaules …
Et
vive la douche, aussi ! On est vraiment bien dans cet hôtel,
pinaise.
On
descend prendre le petit déjeuner fort copieux et succulent. Des
gaufres faites maison, des fruits, du pain, … mmmmmmh ! On
discute avec deux français qui nous racontent un peu leur vie et
leur séjour au Kikistan avant de nous-mêmes se décider à aller au
Jailoo Tourism Community pour voir ce qu'on pourrait faire de notre
journée. J'avais vu qu'y avait un lac pas très loin, le Kol Ukok,
qui est assez exceptionnel et renommé, par contre les treks sont
seulement sur 2 jours, à pieds ou à cheval. Hors demain, retour à
Bishkek T_T donc on n'a qu'une journée dans le coin.
Le
gars à l'agence nous propose un trek à cheval + rando sur la
journée, sachant qu'il est un peu tard pour venir demander (il est
déjà 11 heures). Il nous annonce que ça prend 8 bonnes heures.
Allez, vendu, on s'en fout de rentrer tard... 5800 soms à deux (36€
/ personne...) pour les chevaux, le guide et le taxi... C'est donné !
Il nous dit de revenir dans une heure à l'agence pour le départ.
Pendant ce temps, on va acheter deux burgers au kebab d'hier, des
lunettes de soleil pour Camille, et on repasse à l'auberge pour
prendre quelques affaires.
Midi
pétantes, on attend notre taxi !
Pendant
qu'on fait notre trajet en taxi, je commence à me dire que le temps
a l'air un peu POURRI et j'espère qu'il va pas trop flotter dans la
journée... Une demie-heure de tacos plus tard, nous voilà larguées
à destination. Kylymbek, notre guide, vient nous saluer et on se met
en selle vers les montagnes.
Le
début est un peu dur pour moi, je galère un peu à être bien
sereine, notamment dans les montées et les descentes. Mon petit
cheval est très mignon, très docile et suit gentiment les deux
autres, du coup y a pas grand chose à faire. J'apprends petit à
petit à lui faire confiance et le laisser aller là où il veut, je
comprends qu'il finit toujours par suivre son papa Kylymbek. Ce
dernier d'une gentillesse et d'une douceur incroyables. Du haut de
ses 20 ans, il fait des études de vétérinaire à Bishkek et est
guide touristique dans la région. C'est la deuxième fois seulement
qu'il fait ce trek, ouvert il y a peu. On est en terre inconnue !
Et quelle terre...
Bien
avancés dans la montée, ça commence à pleuvoir à flots et
cailler sévèrement. Diable que je suis mouillée et GLACÉE !!!
En plus, je vois que dalle avec mes binocles dégoulinantes. Kylymbek
vient m'aider pour que je puisse sortir mon kaway et il prend mon sac
avec lui. Dans les terrains plats, les chevaux trottent et galopent,
même. Je ne dirige que dalle, mon cheval a juste en tête de suivre
les autres, du coup il se met à galoper pour les rattraper. Wouhou !
Un peu casse-gueule parfois, mais rigolo ! Et le soleil est de retour ... Yes !
Les
3 heures de montée sont relativement longues pour mes petites jambes
non expérimentées mais, enfin, on arrive à l'endroit où on laisse
les chevaux pour finir à pieds. On fait une petite pause pour
grignoter. Il est plus de 16 heures quand Kylymbek ouvre la marche
telle une araignée dansant sur les rochers. Le mec vole dans la
montée et court sur les rochers, sans jamais s'essouffler. Je
comprends mieux pourquoi 50 kilomètres en kirghize ça fait deux
jours de marche !!!
"Allez mes soeurs, avancez !!" qu'il nous dit
Il nous apprend à parler kirghize, il nous
charrie, nous sourit, nous nourrit de son esprit, nature, mature,
pur. Il nous appelle ses grandes sœurs, nous prend la main et on
partage un bout de vie éphémère en sa compagnie. Il ne juge pas,
il s'intéresse et s'ouvre à nous, tel un ami. On croit le connaître
depuis longtemps, on est dans une bulle, un espace-temps à part,
seuls au monde en haut de cette immense vallée, entourés de
montagnes enneigées, en frères de randonnée.
Une
bonne heure de marche plus tard, nous voilà au fameux lac, à
3500...
Kylymbek
nous propose de casser la croûte, mais il a oublié son sac avec son
repas. On lui propose de partager le notre et on pique-nique ici,
seuls, enfermés par les montagnes d'un côté, une vallée énorme
de l'autre, la glace à portée de main et la chaleur humaine nous
réchauffant l'autre main. Vers 18 heures, Kylymbek nous propose de
repartir. C'est qu'on a encore une petite trotte ! Il se met à
pleuvoir quelques gouttes quand on redescend. Camille et moi manquons
de tomber à chaque rocher mouillé. Kylymbek, devant nous, marche
encore à vive allure tel un cabri. Il est comme toujours largement
en avance sur nous et s'arrête régulièrement, je me demande s'il
est sur son portable ou quoi. Au bout de 5 minutes, il se retourne et
nous offre un bouquet chacune. Tellement chou !! On essaye de
lui en faire un aussi, mais 1 il marche trop vite et se retourne en
nous attendant donc il grille direct ce qu'on fait et 2 notre bouquet
est ultra moche parce qu'on n'a pas le temps de faire une composition
florale digne de ce nom !!
On
retrouve les chevaux, il fait beau, le soleil tombe doucement sur la
vallée. Deux bonnes heures de descente s'en suivent pour rejoindre
la route.
Le
soleil se couche, Camille et moi chantons, Kylymbek y va de sa
mélopée aussi. On se croirait dans un film, un rêve.
Sur
la dernière ligne droite, on fait une course au galop. Le vent de la
liberté fouette nos cheveux (oui je sais, c'est cul-cul, mais
pourtant très réaliste). C'est dans ce genre de moments, ces
instants magiques et merveilleux, qu'on se rend compte de la chance
qu'on a d'être en vie. Une accolade, un échange de numéro, et nous
voilà de retour dans le taxi. On se tait. On regarde défiler le
paysage, encore sur notre petit nuage. On croit sortir d'un rêve,
des moments comme on en vit très rarement. De émotions presque
palpables de part leur intensité, une fraternité sortie d'on ne
sait où mais qui fait un bien fou. L'apothéose d'un voyage unique,
sous le signe du rire et de la liberté. Je me rends compte que je viens de passer 8 heures à sourire ou à rire.
Arrivées
vers 21 heures à Kochkor, on a du mal à sortir de notre bulle.
Demain, déjà, le retour à Bishkek. On se pose au même restaurant
qu'hier et commandons cette fois deux plats de riz avant de rentrer à
l'hôtel en boitant (oui, le cheval, ça fait mal).




















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