26 août 2017


Last Day


Réveil 2 heures du mat : JE CREVE DE CHAUD. Et puis faut que j'aille aux toilettes. J'avoue que j'ai beaucoup plus de courage de sortir du refuge que pour sortir de la tente, donc je me lève, enfile mes chaussures sèches et pas froides (bonheur), et je sors dans la pénombre (il ne fait jamais vraiment nuit noire) … et sans mes luneeeeettes ! Trop cool, je vois rien du tout et il fait presque nuit. Je mets des plombes pour rejoindre les toilettes sèches qui sont clairement loin de la cabane « principale » où sont les dortoirs... Et je manque de me péter la tronche plusieurs fois sur les cailloux parce que je vois rien. Le parcours du combattant, j'vous dis pas. Malgré tout, il fait pas froid dehors !
Je rerentre et tire sur la clenche (= la poignée de porte pour les non-instruits) qui tombe au sol dans un bruit colossal qui a du réveiller à peu près tout le monde. :/ Quand je rentre, Camille me demande d'éteindre le chauffage parce qu'il crève de chaud : J'AGRÉE +++ ! J'éteins complètement le gaz et on se rendort comme des bébés jusqu'à 8h, même si Kay tousse à cause de l'humidité.

Camille va préparer le petit dej : je suis obligée de rester au lit, elle insiste. Bon, bon. Elle vient me chercher 10 minutes plus tard pour qu'on aille manger ! Chic alors, une barre de céréales avec un thé ! Miam, je suis tellement rassasiée :D
Il y a encore beaucoup de nuages et de vent dehors, je suis bien contente d'avoir dormi au chaud (même un peu trop).

Rangement des sacs et départ vers 10 heures en même temps que les deux allemands très discrets qui parlent pas du tout (même pas entre eux).

Salut les terriens !

On traverse une forêt de bouleaux un peu morbide et clairsemée, avec le temps brumeux, c'est parfait... Très paisible, presque mystique... J'adore !



Très vite, on se retrouve encore à traverser des ponts et nous retrouvons dans un bois en hauteur, d'où on a une vue sur toute la plaine et la rivière, c'est sublime.





Oui, c'est le nom de la rivière.


Traversons des vallées surplombées par d'immenses pics dont la limite de neige est marquée de façon hallucinante. Un paysage à la fois beau mais avec une espèce d'ambiance noire, comme la roche.





Pause pique-nique vers 13 heures. Dernier pique-nique...


On dirait que Camille RAFFOOOOOOLE du Babybel !!!


Derniers carrés de chocolat … SNIF



Mais c'est aussi la dernière fois qu'on se bouffe un demi frometon en guise repas. En plus, on a fini les wasa hier. A part les cantal, l'edam et les noisettes en trop, on aura à peu près bien géré la bouffe : on finit les compotes, le chocolat, les noix de cajou. Côté bouffe du soir, il nous reste un peu de pâtes, quelques soupes lyo, et un peu de semoule.

On arrête pas de doubler et de se faire doubler par les deux allemands qui nous disent bonjour à chaque fois. LOL.

Les chaussures sont sèches, le temps est sec, bien qu'un peu bas, c'est trop bien ! De chaque côté de nous, le paysage est sublime : d'un côté des montagnes enneigées à partir d'une ligne bien définie, et de l'autre, l'immense vallée et l'immense rivière que l'on a longées la veille.







On croise une large rivière au débit très impressionnant, comme j'ai jamais vu. C'est vraiment un décor unique, à l'immensité bouleversante.
  


Les quatre derniers kilomètres sont un peu durs, je dois l'avouer. Après le grand pont qui mène au refuge d'Akka, ma cheville me lâche littéralement et me fait mal à chaque pas en descente. Bon on est presque arrivées, je crois que mon corps a compris qu'il pouvait un peu lâcher prise.


Oui, c'était un peu dur, bon.


Je suis crevée, les cailloux sont fatigants, la boue aussi, j'ai mal... Hâte d'arriver, et en même temps j'ai un espèce de sentiment de tristesse et nostalgie qui me donne envie d'y aller à reculons. Ça fait bizarre de se dire qu'on touche à la fin du sentier, qu'on croise des gens qui eux le commencent.

Et voilà qu'il est seulement 15h30 quand on arrive à la jetée de Anonjalme !!!




WE DID IT !!!! 150 km... Yahouuuu ! On a du mal à réaliser, c'est passé si vite, finalement. Même si les premiers jours, ça nous paraissait assez long. On est à la fois contentes et à la fois un peu tristes, c'est bizarre. Une espèce de nostalgie d'un passé pourtant tout proche. On aura commencé et fini la marche sous le soleil, et voici qu'on sort le réchaud une toute dernière fois pour se faire un dernier café / thé au bord du lac.



Vers 16 heures, un couple de suédois arrive et nous raconte leur périple : 130 km en autonomie totale dans le Sarek (parc sauvage, sans refuge et non balisé) en à peine 5 jours. Bah putain ils ont pas perdu de temps, ça c'est du level O_O
Surtout que le Sarek, ça déconne pas. Y a des ours et tout, 'tention.

A 17 heures, le « café » du « port » ouvre (oui je mets des guillemets, c'est une cabane et une jetée), on va y prendre un chocolat chaud et un thé en attendant le bateau de 18h15. C'est très mignon et assez chaleureux.



Nous retrouvons les allemands qui déjeunent à 17 heures (un poisson fumé et du pain). Sans parler. Sont gentils mais sont bizarres quand même.

18h15, on retourne au bateau et on a l'impression, en quittant la rive, de quitter l'île de Jurassic park :D Du coup on passe tout le trajet à chercher la musique de Jurassic Park puis celle d'Indiana Jones. HONTE à nous !! On retrouve toutes les musiques de film possibles et imaginables mais pas celles ci !

Arrivons à Ritsem à 19h10 : IL CAAAAAAAILLE.




Le couple suédois cherche un endroit où camper. Jusqu'au bout quoi. Tarés. TA-RÉS.
Nous on cherche le refuge. J'ai imprimé un plan, héhéhé. Alors on monte sur la route et on entend les allemands qui semblent nous interpeller, on se retourne deux ou trois fois mais ils ont pas l'air de spécialement faire attention à nous. Finalement, on entend « exkousémoua ? » derrière nous. Le pauvre il a couru pour nous rattraper ! Ils nous demandent où est le refuge et on lui dit juste de nous suivre. On passe devant un caravaning tout proche du refuge. Deux types sortent du caravaning et nous demandent d'où on vient, où on va, combien de temps ça nous a pris, si on a pas eu trop froid, etc. Mbon. Je trouve ça bizarre qu'ils ne posent pas les mêmes questions aux allemands mais ils pensent peut-être qu'on est avec eux. Une fois devant le refuge, les allemands nous demande quel trajet on fait pour aller à Lulea demain, car ils ont un avion à prendre là-bas. On leur indique notre trajet en bus.

On entre dans la réception du refuge, qui fait aussi boutique mais avec très peu d'articles. Y a une bonne femme qui passe des plombes à régler ses trucs et, derrière elle, un des deux types qui nous ont abordées fait la queue. Je patiente donc en me baladant dans la boutique et l'autre type me suit et me fixe. Il me demande si on campe ou si on dort dans des lits. Très sincèrement, qu'est-ce que ça peut lui foutre ? Je trouve ça assez bizarre comme question, je lui réponds brièvement et sèchement et retourne vers Camille en lui disant que le mec est chelou. Pourtant je suis vraiment pas du genre à psychoter sur les gens ni à flipper. Mais je sais pas, je le sens pas, il me suit, j'aime pas ça. Son pote continue de faire la queue et nous on sort un peu de la boutique et attendons dans le couloir. Le deuxième type sort également et s'appuie sur le mur, bras croisés, et nous fixe. Camille voit ça et se retourne vers moi : « c'est vrai, il est bizarre. » Finalement, ils achètent des cigarettes et sortent de la boutique. Allez, à nous ! On demande si on peut camper devant le refuge : yeah ! Pour 150 couronnes chacune, on a accès à la cuisine, aux sanitaires, et notamment aux DOUCHES CHAUDES ! Trop cool. On paye la madame et on ressort du refuge.

« Are you alone ? » que j'entends derrière moi. Wtf. Je me retourne, les deux mecs sont restés dans le hall du refuge en attendant qu'on sorte et nous suivent. Je commence à être désagréable et leur demande ce qu'ils veulent. Il nous demandent si on a des petits copains et si on veut venir prendre une douche au caravaning. Whaaaaaaat ? PARDON ? Je lui dis "non mais on a des douches ici hein" et ils s'en vont en répondant « ok, cool. » Quoi, comment ça OK COOL ? Non pas ok cool du tout. On se regarde avec Camille. Mmmmmhhh. Où est-ce qu'on plante la tente ? A côté des autres, si possible. Mais ffffffff, ça me tente moyen quand même cette histoire-là, ils sont bizarres ces deux types... Camille me suggère qu'on dorme à l'intérieur, je partage l'idée. En théorie, il y a peu de chance pour qu'ils reviennent et je pense rationnellement que de toute manière on ne craint rien, on est quand même dans un camping entouré de cabanes. Mais je sais aussi que si je dois aller aux toilettes à minuit, c'est pas ma raison qui va penser à ma place et je vais flipper à l'idée de sortir avec potentiellement un gros suédois qui m'attend. Du coup, on rerentre dans le refuge et expliquons qu'après un long débat de trois minutes, on décide de finalement dormir à l'intérieur. Elle nous fait payer la différence (800 couronnes, AIE → ça revient à 57€ la nuit par personne quand même) et on regagne notre chambre ! Héhéhé, on est contentes d'être dans un lit, quand même.


Je vous présente un lit à 57€ la nuit :-)

On étale un peu nos affaires partout et on se dirige vers la DOUCHE CHAUDE, qui est un véritable régal ! On prend notre repas à côté des allemands (décidément on se quitte plus). Ça fait du bien d'avoir une vraie table avec des couverts et tout !






Au menu, soupe et pâtes au pesto. Après quoi on se dirige vers notre dortoir pour une nuit dans un bon lit ! :-)



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