23 août 2017


Retour de la grisaille

Jour 7. Ça passe incroyablement vite depuis qu'on a dépassé la moitié de la rando. Tout va de mieux en mieux. Aujourd'hui, on a seulement 13 km (oui, seulement!) du coup on se lève volontairement tardivement à 7h30 (oui, tardivement). Il reste seulement 9 km jusqu'au refuge de Arasluokta et on compte prendre de l'avance sur l'étape suivante, comme hier.
Je sors de la tente et le soleil a disparuuuuu ! J'avais un petit espoir qu'il reste au moins aujourd'hui, mais bon. Je commence à me dire que ça fait un cycle 3 jours pluie / 1 jour soleil, donc je me fais pas trop d'idées pour la suite. Ça nous a quand même bien requinqué cette journée de soleil, ça me fait plaisir de mettre des chaussures SÈCHES et de replier une tente sèche. En plus avec le sol moelleux on a plutôt bien dormi et on a pas eu trop froid. Par contre, le vent a tourné, on l'a en pleine face quand on sort de la tente et franchement, IL CAILLE. Je sais pas à combien est la température ressentie, mais pas bien haute je crois.



Petit rituel petit dej / vaisselle / rangement de sac / pansements, on commence à être efficaces ! Avec les sacs poubelles en guise de surchaussettes, on garde les pieds plus ou moins au sec. Je retrouve les aiguilles (WTF?), Camille recoud son surpantalon et nous remballons la tente sous une petite pluie pas trop dérangeante. J'ai TRÈS froid par contre, donc je sors la tenue de combat de jour, cette fois : sous-pull / polaire / cache-col / kaway.





Le paysage est assez monotone mais on avance bien. Le soleil de la veille nous a relativement remotivée et la nuit a été plutôt requinquante. Depuis deux jours, les kilomètres défilent rapidement, on a passé un espèce de cap où on est passées de "galère pour boucler 14 km" à "9 km en deux heures sans pause"... Le poids du sac qui diminue, l'habitude que le corps prend... Le sentier moins boueux et accidenté aussi, je suppose. En tout cas c'est agréable d'avancer à bonne allure !





Deux heures et demie plus tard, nous avons déjà bouclé les 9 km et arrivons au refuge d'Arasluokta vers 13 heures. C'est un peu tristounet, voire glauque, je suis contente de pas rester la nuit ici en fait. Cet endroit est relativement morose. 



On bouffe notre demi babybel sur la table de pique-nique du refuge et repartons pour, encore une fois, prendre un peu d'avance sur l'étape suivante. Le but est de réduire au maximum l'étape de 24 km d'après-demain pour être en forme pour les 16 derniers kilomètres. La montée après le refuge nous immerge dans un tableau vivant : le paysage sauvage, accordé au temps pluvieux, au silence et aux quelques maisons esseulées sur la rive, nous immerge dans une ambiance feutrée et mélancolique. « On dirait une peinture, c'est parfait », me dit Camille.



J'ai assez mal à la cheville et avance doucement derrière Camille qui croise plusieurs personnes qui lui demandent si « tout va bien »... On a l'air si mal en point ? Camille me dit que ça doit être à cause de sa dégaine de clodo.



Faut dire qu'avec nos kaway et surpantalon, on dirait deux petits sacs poubelles qui se promènent dans la nature :/ En tout cas, grâce à la révolution des sacs poubelles, Camille n'a pas mal aux pieds, et ça c'est génial.

4 km après le refuge, on décide de camper près du pont et de l'immense rivière. 



D'un côté, une aire de bivouac avec... une tombe.



"Hey Camille, ça te dit de dormir à côté d'un mort ?"


 "Non Anaïs. Non."

Camille dit « certainement pas. » et on va de l'autre côté du pont où il y a une autre aire de bivouac. Il est à peine 16 heures quand la tente est déjà montée, je m'y réfugie pour me sécher, faire ma toilette et me mettre en pyjama : il est sec, propre et chaud ! Enfin propre... depuis la soirée pluie et limaces il y a deux jours, je dors avec de la bave de limace sur mon pantalon et ma polaire de pyjama, mais bon. C'est toujours mieux que le surpantalon plein de boue. Pendant ce temps, Kay nous prépare un petit café / chocolat chaud sous la pluie en chantonnant à côté de la rivière au débit impressionnant.



Il s'arrête de pleuvoir quand elle rentre dans la tente, où on reste plus de trois heures à parler des animaux qu'on a eu et qu'on voudrait avoir. Enfin JE parle des animaux que j'ai eu, et Camille me demande de l'aider à trouver quel animal elle pourrait avoir plus tard en faisant toutes les lettres de l'alphabet (ouh la on va bien s'entendre, faut pas me demander ça). J'ai un peu la gerbe, comme tous les soirs quand on se pose dans la tente. On dirait que l'arrêt soudain de l'effort et le fait de m'allonger déclenche les nausées, ce qui pourrait confirmer le diagnostique des hausses et baisses de tension. J'écris mon carnet allongée dans mon duvet et quand on ouvre la tente vers 19 heures, oooohhhhh le ciel bleu !! Je m'y attendais pas trop. Il n'y a pas de soleil mais il fait bien clair et c'est agréable. J'espère que c'est un bon présage pour demain, on a prévu 20 km. On prépare le dîner avec au menu de la soupe au curry avec de la semoule dedans (miam) et Camille s'en va faire la vaisselle en chantant Nougaro pendant que j'admire le crépuscule.




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