And there's no soul to hear
7h, je me réveille. Le mien n'a toujours pas sonné, on devait se lever vers 6 heures pour affronter les 20 km de la journée. Camille n'a quasiment pas dormi à cause du froid et des douleurs de dodo. Je me souviens l'avoir entendue dire en pleine nuit "putain je dors pas." D'ailleurs, elle me raconte qu'elle a rêvé (donc un peu dormi, entre deux grelottements) que sa soeur et elle devaient dormir sous un porche et que les mains d'Inès (sa soeur) gelaient et ses doigts tombaient, du coup il fallait les ramasser - mais Inès va très bien. Elle a aussi rêvé qu'elle combattait un homme moustique ULTRA FORT dans une ville (??? je retranscris, désolée) et à la fin elle arrivait à être aussi forte que lui pour le combattre. On voit bien les préoccupations principales de notre quotidien : le froid et les moustiques.
Pour moi, pas de rêve chelou, je me suis réveillée de manière régulière, disons. Rien de plus croustillant à dire.
En somme, on a clairement pas passé une nuit géniale. Et ça se voit.
Pour moi, pas de rêve chelou, je me suis réveillée de manière régulière, disons. Rien de plus croustillant à dire.
En somme, on a clairement pas passé une nuit géniale. Et ça se voit.
Elle m'a autorisée à partager sa tête de réveil.
J'ouvre la tente : le ciel est plutôt dégagé, chic ! On commence à plus trop avoir la poisse dis donc, la chance tourne on dirait !
Après notre rituel du matin (dont le coiffage de mes cheveux gras par Camille qui y découvre des cadavres de moustiques, GLAMOUR) on part pour 300m de montée jusqu'à un espèce de col. La montée a l'air douce mais en fait ça grimpe un bon moment.
Une fois arrivées au col, on a une super vue tout autour de nous... On traverse le col en tombant sur un gros troupeau de rennes. Je m'arrête et regarde cette immense plaine avec ces animaux qui nous passent devant et s'arrêtent un moment pour nous regarder. C'est incroyable d'être ici, de voir ça, c'est une chance. On a de la chance de pouvoir venir jusqu'à ces endroits merveilleux, où on ne peut accéder qu'à moins de plusieurs jours de marche. Je trouve ça formidable, rare et il faut savoir s'en rendre compte. Je savoure, je bois tous ces paysages, je m'en imprègne jusqu'aux os, en bref, je profite, comme on peut le plus possible profiter de quelque chose.
Hé ça fait pas TROP PLAIZ de voir le ciel bleu ? J'suis sûre même vous ça vous réjouit.
On note au milieu à gauche un énorme troupeau de rennes :-)
Et soudain, on tombe sur un immense canyon.
AHAHAH mais non, c'est une blague, c'était un gros caillou.
Hé ça va c'est la blague de Camille d'abord, hein.
On redescend du col, il fait bon et on est super contentes. Ce sentier est une merveille. On a une vue sublime sur les montagnes environnantes et les lacs.
La descente est aussi longue que la montée pour rejoindre le refuge de Låddejåkkå, et on voit le sentier que l'on va monter juste après ! Ça grimpe. On traverse un pont où le débit de la rivière impressionnant a créé des trous dans la roche O_O. Et je parle pas de la couleur de l'eau, presque turquoise... !
On mange au refuge sur la table de pique-nique bien exposée au vent. On a fait 9 km en trois heures, on est plutôt contentes de notre moyenne de ces derniers jours.
Rituel babybel / wasa / compote / chocolat... ON EN PEUT PLUUUUUUUUUUUS de bouffer un demi-fromage par jouuuuuuuuuur T_T
Je veux une tomaaaaaate :-(
Rituel babybel / wasa / compote / chocolat... ON EN PEUT PLUUUUUUUUUUUS de bouffer un demi-fromage par jouuuuuuuuuur T_T
Je veux une tomaaaaaate :-(
On profite de la pause pique-nique pour que Camille recolle son surpantalon complètement éclaté avec du scotch. Avec le sac poubelle chaussette qui traine par terre, c'est la GRANDE CLASSE.
Ça fait 4 jours qu'on passe notre vie dehors, mine de rien, c'est bizarre de se dire qu'on a pas été sous un toit ou un abri depuis plusieurs jours. Deux petites mules. On rencontre plusieurs français et repartons pour quelques 11 km. Ça nous fait pas trop peur, ça va, on est en forme. La montée se fait doucement mais sûrement et arrivons sur un espèce de plateau où il y a des centaines de mètres de planches en guise de sentier, et tout autour de nous, des paysages sublimes : lacs, montagnes, îlots avec quelques maisons dessus (on se demande comment les gens vivent ici...)
Là sur les îles au milieu, y a des maisons. Au milieu de rien, à des kilomètres de toute civilisation.
On ne se fatigue pas tellement mais nous profitons d'une pause pour savourer le paysage et écouter le silence incroyable qui règne ici. Oui, ça s'écoute le silence. En tout cas, j'ai rarement entendu un tel silence avec une telle étendue de vide devant soi.
On avance assez vite et faisons une dernière pause snickers deux kilomètres avant notre aire de bivouac prévue. Il est presque 16 heures, on a une bonne cadence, et pas tellement fatiguées, on a seulement froid. Le poids du sac change incroyablement la donne sur notre état général et notre allure. On a l'impression d'être à moins de 10 kilos tellement les sacs nous semblent légers, alors qu'en fait on doit être à peine en dessous des 15 kilos. On se rappelle des premières étapes de 13-14 km où on avait hyper mal aux épaules et que ça nous prenait une plombe, à coup de petites pauses toutes les heures.
On longe tout un flanc de montagne d'un côté, de l'autre survolons le Vastenjaure et arrivons vite au niveau de Sallohaure et du village en contrebas.
Là aussi, y a des maisons au milieu de rien, sur le petit bras de terre au milieu de la flotte.
On met une petite heure à se rapprocher de la rivière, s'enfonçant dans une immense vallée, large et bordée de montagnes, on se croirait en Ecosse ! Partout, des petits arbres sont éparpillés un peu partout et forment un genre de forêt clairsemée.
J'adore marcher dans cette immensité. Helena, la dame qui nous a emmené en bateau au début de la rando, nous avait prévenues que l'on risquait d'avoir des couleurs automnales à la fin de notre rando. C'est vrai, avec ce temps et ces couleurs entre le vert et le marron, on se croirait au début de l'automne. En même temps en Laponie, l'automne commence en septembre... !
16h30, on arrive à notre bivouac près de la rivière ! Waouh, 20 km en moins de 6 heures, on s'étonne d'avancer si vite. Je ramasse deux plumes pour mon chat et des poils de rennes pour moi (ça pue un peu mais bon, love love love) et on installe la tente contre le vent. VAS-Y j'ai encore des trous et bosses énormes sur ma place, j'ai pas de bol ! Camille accepte de prendre ma place sous réserve que je lui laisse mon tapis de sol (le mien est un peu plus isolant que le sien donc en théorie un peu plus chaud... à vérifier). Le soleil se dévoile un peu et je prépare un petit goûter. C'est le grand retour des moustiques, je ressors la moustiquaire de tête ! Leur nombre est hallucinant, ils se posent sur la toile de tente et attendent qu'on sorte, ces petits bâtards.
Je vais remplir les gourdes à la rivière et fais cuire la sousoupe avec de la semoule dedans, en mode Fort Boyard avec tous les moustiques qui m'agressent, sous un soleil couchant magnifique et je suis trop contente.
Bon, le réchaud semble encore faire des siennes, j'ai l'impression que j'abîme la mèche en le vissant sur la bouteille de gaz donc je fais hyper gaffe à le visser droit, et j'arrive à avoir un feu raisonnable mais pas énorme non plus.
Il fait pas froid, je suis même nus-pieds (j'ai mis du répulsif sur mes pieds, je suis pas dingue), au soleil, je profite de ce dernier bivouac, je le savoure... Demain on a fait le choix de dormir en refuge ou à proximité, du moins. On verra selon le temps : s'il est radieux, on installera probablement la tente. Mais au moins, l'idée est de pouvoir partir relativement tôt pour faire les 16 derniers kilomètres et ne surtout pas rater le bateau de 18 heures pour Ritsem ! Sinon c'est le caca, parce qu'on pourra pas prendre le bus le lendemain matin donc pas de train de nuit donc pas de retour à Paris. VOILA. Donc faut pas rater le bateau. Enfin on y est pas, pour l'instant on savoure notre dernière soirée à l'état sauvage. Je tente une toilette à la rivière vu qu'il fait pas trop froid mais y a beaucoup trop de moustiques, je fais pas tout mon corps et finis à la lingette dans la tente pendant que Camille recoud son surpantalon. La tente est toute chaude avec le soleil, on a rarement été réchauffées à ce point dans la tente. On s'endort comme des bébés.

























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