5h30, très ponctuel, le
bus arrive à destination... Et franchement, heureusement qu'on est
fin mai, qu'il fait déjà jour, et chaud. Parce qu'on se retrouve au
petit matin dans une gare routière moisie et je crois que ça aurait
été le gros bad en hiver. Le soleil nous réchauffe un peu, on boit
notre petit jus de pomme et mangeons notre petit pain au chocolat
amenés la veille, et direction le tram pour rejoindre la gare
ferroviaire, où nous attend notre train à … 7h51.
Deux heures très
longues. Heureusement, il y a un café où il fait bien chaud (je
tiens à le préciser c'est important parce qu'avec la fatigue on
avait bien froid), où nous prenons un petit déjeuner. Camille,
juste après avoir bu son café, s'endort DIRECT étalée sur la
table. Je fais de même mais j'ai peur de rater le train, donc je
somnole plus qu'autre chose. Et puis je la prends en photo quand
même, parce que sinon c'est pas drôle.
Je vais faire un tour
dans la gare, je regarde si on peut pas prendre un train plus tôt
vers Metzeral, éventuellement, mais non. Il y en a bien un, mais
aucune utilité puisque pas de correspondance plus tôt à Colmar.
Autant rester ici au chaud. Vers 7h, je reviens me poser au café,
Camille dort encore sur la table. Je fais un peu de même tandis
qu'une vieille s'installe à la table à côté de nous. Quand elle
repart 20 min plus tard, je suis réveillée, et elle se permet de me
reprocher qu'on dorme dans le café. Voici un extrait croustillant de
la conversation :
- Faut pas dormir dans un
restaurant hein, ça fiche mal.
- [Nini, air endormi et
pas spécialement agréable] Pardon ?
- [Dame, désignant
Camille] Bah vous devez aller dehors, on ne dort pas comme ça sur la
table, ça fiche mal.
- Ben elle gêne personne
là, et elle a dormi 3 heures.
- Bah ça change rien,
vous la réveillez et vous la mettez dehors !
- Non mais si vous êtes
pas contente vous sortez, excusez moi mais elle fait de mal à
personne et les serveurs ne nous ont absolument rien dit.
- [en partant, exaspérée]
Oui ben c'est ce que je fais hein, mais ça change rien !
Ouh elle m'a bien énervée
cette vieille aigrie. Je jette un regard aux alentours et tout le
monde me regarde avec un sourire bienveillant en levant les yeux au
ciel l'air de dire « ah y a de ces cons... »
Je réveille Camille, non pas parce que « ça fiche mal » mais parce qu'il est déjà 7h35 et qu'il serait bon d'aller dans notre train, et je lui raconte l'histoire avec la vieille. A moitié endormie, elle commence à s'énerver du genre « ah ouais donc en gros les clodos ils peuvent pas venir dans les cafés parce que ça la gêne, non mais elle est vraiment conne hein ». Alors faut imaginer que Camille était remontée après la dame, mais tellement endormie que la conviction y étant mais pas l'intonation, ça donnait un mélange à la fois très mignon et très bizarre.
Je réveille Camille, non pas parce que « ça fiche mal » mais parce qu'il est déjà 7h35 et qu'il serait bon d'aller dans notre train, et je lui raconte l'histoire avec la vieille. A moitié endormie, elle commence à s'énerver du genre « ah ouais donc en gros les clodos ils peuvent pas venir dans les cafés parce que ça la gêne, non mais elle est vraiment conne hein ». Alors faut imaginer que Camille était remontée après la dame, mais tellement endormie que la conviction y étant mais pas l'intonation, ça donnait un mélange à la fois très mignon et très bizarre.
Bref, Camille fume sa
cigarette devant la gare et nous revoilà dans un train. Mais quand
même, le TER c'est plus confortable que le bus et que la table de
café. Malgré tout je crois que Kay a hyper bien dormi au café :D
8h33, arrivons à Colmar,
notre train pour Metzeral part à 35, sur le quai d'en face. Aucune
attente, c'est cool. Je dors encore un peu dans le train jusqu'à
notre arrivée à 9h07 à Metzeral. FIOU. La montée jusqu'au Hohneck
va être dure je crois. Bon, la flemme, « on rentre à Paris,
on va faire les stylos ? » (j'avais prévenu qu'il fallait
retenir le petit gag). Mais non, allez c'est parti pour le début de
la rando, près de 60 km nous attendent !
Le début de la rando est
surtout difficile pour le portage des sacs dont nos corps ne sont pas
encore habitués. On se regarde mutuellement avec un air de « Mmmmh,
5 kilos de plus en Laponie ? Okaaaayyyyyyy. » On traverse
pendant un bon moment Metzeral par la route, puis nous rejoignons
assez vite le GR5, d'où nous voyons le Hohneck : notre
destination de ce soir ! Et encore, on loge au chalet des trois
fours, donc encore deux km après le Hohneck. Graouh, je me souviens,
un an et demi en arrière, avoir eu une boule au ventre en découvrant les Alpes dès notre arrivée dans les Vosges avec ma mère,
du coup avec ce magnifique temps prévu pour tout le week end,
j'espère qu'on aura la chance de les voir encore mieux !!
C'est une maison bleue...
Dans la montée vers le
Hohneck, il y a 4 portions de montée : une première dans les
bois de 200m environ qui mène au lac de Fischboedle, où nous
nous arrêtons pour faire une PAUSE SNICKÉ (snickers)
Il y a vraiment beaucoup
de gens, je pense que la plupart font l'aller retour au lac
de Schliessroth (le suivant) dans la journée, du coup c'est pas
méga agréable mais bon, on se plaint pas, c'est joli et il fait
bon. Par contre on sue du dos alors c'est chaleur dans la montée,
puis froid dès qu'on s'arrête, et encore plus froid quand on retire
le sac.
On se remet vite en route
vers le deuxième lac, plus grand et plus joli (normalement), où on
compte pique-niquer. Une deuxième montée de 200m où on a droit à
5 min de solitude dans une clairière magnifique et des rivières
partout avec des petits ponts mignons. C'est très féérique !
Puis, finissons la montée
par quelques tortillons (des virages en fait) où je m'empresse de
dépasser un mec qui non seulement avance pas très vite mais surtout
pue la mort. Nous nous arrêtons pour regarder une petite grenouille puis nous voilà arrivées à notre pause déjeuner, le
lac de Schliessroth.
Pas mal de gens ici encore, certains même
jouent au volley en maillot de bain (perso j'ai un gilet en laine
noir que je supporte très bien, no comprendo les gens). Nous
longeons un peu la rive du lac pour nous poser sur sa rive, sur des
cailloux. Ce midi, c'est noix / amandes, babybel et sandwich houmous
/ poivrons grillés préparés la veille par Nini. Non ce n'est pas
encore l'heure du comté coulant (si, le comté ça coule. Vous
verrez.)
Qu'est-ce que Nini peut bien regarder comme ça, avec un sourire niais ?
BAH TIENS. UN GROS CHIEN.
Effectivement, il y a un gros labrador
trop mignon qui saute chercher des bâtons dans l'eau et il est trop
mignon. Pendant la pause
pique-nique (et souvent pendant le séjour), on se met à parler de
la Laponie, de comment on va faire techniquement, des moyens pour se
laver par 5°C... Bref, des trucs concrets auxquels il faut penser
malgré tout.
Repartons vers 13h30 et
c'est 14 tortillons (assez longs quand même) qui nous amènent
jusqu'à la ferme de Schliessroth. En réalité, ma carte de 2013
nous indique qu'on peut rejoindre le GR sans y passer, mais un
panneau « déviation GR5 » nous fait comprendre qu'on va
devoir se rallonger un peu. Arrivons donc à la ferme où on se
repose un petit quart d'heure en regardant deux border collies jouer
ensemble comme des foufous. Nous venons de faire la 3e montée vers
le Hohneck de quelques 300m. Je me rends compte qu'au lieu des 600 /
700m de dénivelé que j'avais estimé à la louche, c'est plutôt
900 qu'on se tape aujourd'hui. Du coup, il nous en reste 200 à
grimper, mais cette fois la pente a l'air plus douce.
Après vérification et
comme maintenant il y a une fonctionnalité « calcul de
dénivelé » dans google maps (c'est GÉNIAL), j'ai pu calculer
que nous avons monté de 575m de Metzeral au lac de Schliessroth où
nous avons pique-niqué, puis 413m jusqu'au Hohneck. Nous avons donc
monté près de 1000m de dénivelé, sur un peu plus de 13
kilomètres.
Elle a l'air hyper motivée hein ?
Destination Hohneck (puis
trois fours, quand même)
Vous remarquerez la présence d'un border collie.
C'est reparti. Le sentier
grimpe pas mal finalement et après les 700m de montée, la dernière
qui s'étire sur deux bons kilomètres nous paraît en fait assez
usante. C'est vraiment pollué de gens par contre.
La moitié de la montée
faite, on se retrouve à un espèce de croisement où les vaches ne
sont clairement pas farouches ! Elles se laissent caresser et
lèchent même les gens ! J'veux une vache !
Nous arrivons enfin au
Hohneck après 6 heures de marche (5 effectives), il est 15h30. Trop
de brume, nous ne voyons pas les Alpes... Je me souviens avoir été
émerveillée de les apercevoir quand j'étais venue avec ma mère en
octobre 2015, à l'époque il n'y avait pas de neige, mais pas de
gens non plus... Ici la grouille, c'est pas très agréable faut
avouer.
Pendant la montée
Vue depuis le Hohneck
Lac de Schliessroth (où nous avons pique-niqué)
Et normalement à l'horizon, il y a les Alpes.
Et normalement à l'horizon, il y a les Alpes.
Camille ne dit rien
depuis une bonne demie heure, je lui propose qu'on s'installe à
l'auberge pour prendre une boisson (bon ça on pourra pas en Laponie
hein :D) et je la sens énervée pour rien, limite pas contente
d'être là... Loin de la Camille que je connais qui me fait tout le
temps rire. Et puis ça y est, on comprend le problème : elle a
pas fumé depuis 5 heures. Pause diabolo / cigarette en terrasse du
Hohneck. Sauf que voilà. Camille est une personne absolument
prévoyante qui pensait avoir pris « un gros paquet » de
feuilles à rouler mais qui n'en a en fait que... QUATRE. 4. Pour 3
jours. Ça va clairement pas le faire. Le souci c'est que pendant les
trois prochains jours on sera sur le GR5, dans la cambrousse, dans la
montagne, allant de refuge en refuge, donc faut pas compter sur un
tabac, hein. Va donc falloir trouver des gens pour lui filer quelques
feuilles (mais pour trois jours, à raison de 5 cigarettes par jour
si elle se restreint au minimum, autant leur acheter le paquet quoi).
Seulement voilà, des gens qui fument en randonnée, y en a déjà
pas des masses, mais des gens qui fument des roulées, y en a
vraiment peu. C'est donc en sirotant notre diabolo que nous scrutons
toutes les mains de toutes les personnes alentours.
- Indus, indus, indus...
- Attends... T'es sûre ?
Regarde y a pas de filtre.
- Ah ouais t'as raison !
Je vais demander !
Et voilà comment Camille
récolte 7 feuilles. Elle en a donc une dizaine maintenant. Et elle
est CONTENTE.
Après une bonne heure de
pause, nous repartons du refuge, et en passant par le parking, que
vois-je ? Un type qui remet un paquet de tabac dans la poche de
son jean ! Hop ni une ni deux, je préviens Camille qui va
encore racketter :D Et nous voici reparties pour la dernière ligne droite (j'ai l'impression que toutes les heures je dis que c'est la dernière ligne droite).
KKK bonjour.
Deux kilomètres plus tard, on arrive au
Chalet des trois fours à 17h30. Nous montons à l'accueil et réglons
la nuit avec une taxe hors-sac pour les gens qui ne prennent pas la
demie-pension car la dame de l'accueil dit que c'est comme ça qu'ils
vivent, et d'ailleurs elle refoule un type qui voulait dormir au
refuge – il restait UNE PLACE – et qui voulait manger son fromage
plutôt que de payer le repas. Elle nous montre notre dortoir de 7,
je prends le lit du dessus, bien au milieu du dortoir. Derrière moi,
je remarque une porte et je me demande si en fait on est pas dans un
dortoir traversant (genre le plus pourri en fait :D). Réponse demain
matin !
Nous nous installons un
peu et vers 19 heures, nous descendons dans la cuisine à disposition
pour manger notre soupe déshydratée tomate / mozza (une valeur
sûre!) à côté d'un troupeau qui prend son apéro TRÈS
bruyamment. 19H15, la sonnerie, ils montent tous pour manger et nous
nous retrouvons seules : visiblement soit on est les seules
hors-sac du refuge, soit ils mangent tous ailleurs (Hohneck ou que
sais-je). Bon, faut avouer que leur bouffe sent BON. Mais notre
babybel est sympa hein, aussi, faut pas dire, non mais.
Pendant que
tout le monde mange, les douches sont libres et nous pouvons profiter
d'une longue douche chaude. J'ai des bosses partout : aux
épaules à cause des bretelles du sac, aux hanches à cause du sac
qui pose... Le corps n'est plus habitué, j'espère que ça partira
vite, c'est vraiment pas agréable.
Il est 20h30 quand déjà
nous nous couchons, Camille profite des derniers rayons du soleil
pour travailler un peu et malgré l'heure tôtive, je m'endors hyper
vite. Le dortoir ne tarde pas à se remplir par les autres occupants
mais également par une odeur nauséabonde qui vient visiblement...
de notre voisin de lit. Miam. Heureusement que je dors en haut.
[Point vocabulaire] Je
sais que « tôtif/ve » n'existe pas, mais étant donné
que la belle langue de Molière possède un adjectif pour le mot
« tard », je ne vois pas pourquoi on n'en aurait pas un
pout son contraire, « tôt » - en tout cas je crois
pas à ma connaissance qu'il en existe. C'est dénué de sens. Je
rétablis donc cette injustice.





















Ahahah la photo des feuilles !!! Nempeche cest toi qui a repéré les deux gars !-nini le sauveur !!!!
RépondreSupprimerAhaha la photo des feuilles!! Nini le sauveur !
RépondreSupprimerFranchement je suis surprise que ca ait fait 1000m de dénivelé. Et en meme temps... j'en ai chié ! Ahahaha ! Bon super texte comme d'hab .. je continue =)