Oui. La réponse est oui.
Le dortoir est effectivement traversant. Et celui d'après aussi.
Nous voilà donc réveillées à 6h30 par le vent des multiples gens
qui passent à côté de nos tronches pour aller manger / se doucher
/ autres activités matinales.
Nous peinons à dormir
encore un peu jusqu'à 7h30 où notre dortoir finit par se vider et
je réveille Camille (disons que je lui parle, en fait elle était
déjà réveillée). 7H45, on se décide à se lever, s'habiller et
aller manger alors que tout le monde prépare ses affaires pour le
départ. On glandouille pas mal ce matin, on discute beaucoup au
petit dej, de choses et d'autres, du coup on ne part que vers 9h30,
en dernier (comme d'hab), avec un gentil au revoir de la madame mais
sans un au revoir du monsieur qui nous engueule parce qu'on a
soi-disant pas nettoyé la table. Ah, ces SALETÉS DE HORS-SAC. Il
fait encore trèèèèèès beau aujourd'hui, nous partons de bon
entrain, il ne fait pas encore trop chaud, et puis l'altitude et le
vent contribuent à la douceur matinale.
Un vent très fort malgré
tout et nous peinons clairement à revenir vers le Hohneck. Le vent
s'engouffre dans l'espèce de cuvette que forme la montagne, ça nous
ralentit pas mal et nous pousse surtout l'une sur l'autre, c'est
rigolo (enfin vite fait). Sur le chemin vers le Hohneck, on croise un
petit groupe de chamois pas trop farouches, ils sont pépouz au bord
du chemin. Et lorsque nous nous remettons en route, un hélico nous
survole et semble nous « foncer dessus ». Probablement un
baptême. De l'autre côté du sentier, la vallée est éclairée par
le soleil et les vallons se dévoilent.
Arrivons à l'auberge
d'hier, désertée de sa foule et nous larguons notre poubelle d'hier
à l'auberge, non sans une petite pensée pour la Laponie où on
devra porter 10 jours de déchets. Ben oui, on n'y pense pas à ça,
mais encore une fois l'intérêt de trouver des solutions
ergonomiques se fait sentir !Les Alpes sont toujours bien
dissimulées, même si on les devine, au loin... Faisons une petite
pause pour voir un peu quel sentier on devra prendre au croisement :
longer la crête au vent ou suivre le GR comme prévu ? On suit
la variante du GR5 et les panneaux, assez clairs. Au loin, on
aperçoit le Grand Ballon, que je montre à Camille en lui disant que
ça sera à mi-chemin de notre journée de demain, elle n'en revient
pas ! J'avoue que ça a l'air assez loin quand même, et
finalement ce n'est qu'à 20 / 25 km (encore moins à vol
d'oiseau du coup) !
C'est reparti sur la
variante du GR5 pour longer le Kastelberg. Le sentier est très
mignon et il y a soudain beaucoup moins de monde (de manière
générale, le taux de populace aura été clairement décroissant
tout au long des 4 jours, j'y croyais pas trop au début!). On
s'arrête pour une petite pause de grignotage noix / amandes à côté
de champs recouverts de pissenlits. Finalement, on les chasse
toujours mais, en grand nombre, c'est plutôt joli comme tapis de
fleurs.
Champ de pissenlits, avec
le lac de la Lande.
Maintenant il est
derrière nous !
Quelques petites montées
et petites descentes, aujourd'hui le trajet est plutôt modéré.
Nous passons au croisement de la ferme de Firstmiss
puis nous
arrêtons à 12h30 sur le bord du sentier avec une vue dégagée, au
soleil, pour notre pause pique-nique en face du lac de Blanchemer. Au
menu : comté mou et dégoulinant d'huile, pain au maïs bien
conservé au chaud dans la poche supérieure de mon sac, chavroux,
ail et fines herbes, et un babybel. Bon en gros : des tartines 4
fromages quoi.
Ben ma foi, le comté a
pris cher en aspect extérieur mais c'était bien bon quand même !
Vers 13 heures, nous
repartons, cela fait une bonne heure qu'on n'a croisé personne
(enfin!). Nous suivons le GR en contournant le Rainkopf et se
poursuit sur plusieurs kilomètres un sentier plutôt plat avec des
VACHES <3 et des VEAUX (<3 surtout).
Avant la montée
au Rothenbachkopf, le paysage est vraiment joli. On voit le
Rainkopf derrière nous, la vallée de Mittlach et Metzeral en
dessous de nous, là d'où on est parties la veille, au loin, le
Hohneck, où on était encore ce matin.
La dernière montée est un
peu raide sous le soleil mais une fois en haut, c'est encore plus
joli car on a une vue à 360°.
On redescend pour
remonter (c'est l'histoire de notre vie en ce moment) sur
le Batteriekopf et on voit au dessus de nous plein d'espèces de
grands oiseaux qu'on comprend vite être des planeurs téléguidés
par des gens, type drones. De l'autre côté, se dévoile le lac de
Kruth.
Au loin, le lac de Kruth
Nous arrivons bientôt au
col du Herrenberg où ya pas mal de gens et où le GR5 semble monter
(encore). Comme on en a un peu marre, on constate grâce à la carte
qu'une variante (l'ancien GR en fait) longe le Schweisel, ce que
nous faisons. Et nous faisons bien ! Nous nous retrouvons une
nouvelle fois SEULES dans une flore dense et très agréable. La
faune abonde aussi d'ailleurs, quand on voit la taille des
fourmilières O_O...
Le sentier rejoint le GR
et nous nous arrêtons quelques minutes à l'ombre, où nous revenons
sur le sujet récurrent de ce séjour : la Laponie. On parle de
bouffe, surtout, et de notre TEST 2 qu'on aimerait faire début
juillet, cette fois en tente / bivouac, en conditions quasi
laponiennes. Enfin, sans les midges. Et sans le froid. Et sur 3
jours. Et avec du ravitaillement. Bref. QUASI, j'ai dit.
La longue se fait très
rapidement ensuite jusqu'au refuge du Hahnenbrunnen où nous
débarquons à 16h30. La journée entière a été sous un soleil
radieux, sans avoir trop chaud avec le vent et nous ne sommes pas
mécontentes d'être arrivées dans ce refuge qui se trouve
physiquement SUR le GR5. Accueil chaleureux, nous installons nos
affaires dans le dortoir et c'est armées d'une bière et d'une jus
de pomme locaux que nous retournons dehors sur les tables de
pique-nique, pour écrire ce carnet, Camille pour bosser.
Au soleil, on se sent
bien, il fait bon, je me sens vraiment en vacances, tellement loin de
l'Ile de France, son trafic, le boulot... La déconnexion, c'est ça
la clé. Très vite, plusieurs personnes s'installent également
dehors, et deux filles nous demandent si elles peuvent s'installer à
notre table et on se rend compte qu'on était dans le même dortoir
au chalet des trois fours la veille ! Elles sont assez
marrantes et conviviales, elles commencent à demander aux hôtes si
elles peuvent se faire inviter à manger et elles disent en nous
désignant « en plus elles elles ont une vieille croûte de
fromage poisseuse là » … Camille écarquille les yeux en
même temps que moi : « Comment vous savez ça ?? »
En fait, ce matin en pliant bagage, on a sorti et commenté assez
méchamment le comté qui baignait dans l'huile dans son emballage
(rien que d'y repenser j'ai pas faim du tout là).
Depuis notre table, on
voit le Hohneck, qui nous paraît un peu loin maintenant :
Camille me fait une remarque assez judicieuse qui disait à quelque
chose près : « finalement les pieds c'est pas si mal
comme moyen de locomotion ! »
Après vérification avec
la fonctionnalité de google maps (j'adore), le bilan aujourd'hui est
de 389m de dénivelé positif pour 418m de négatif, le tout sur 15
kilomètres tout ronds.
Après deux heures de
flâne / écriture / travail, nous revoilà en train de cuisiner :
ce soir, on teste la soupe chinoise aux vermicelles et champignons !
On aura peut-être même pas besoin de faire des pâtes. On sort une
casserole, faisaons chauffer de l'eau, et je lis l'emballage...
« délicieuse soupe chinoise aux champignons et morceaux de
poulet » QUOI ?! Effectivement, dans les ingrédients, y a
des morceaux de poule. MERCI DE PRÉVENIR. En 12 ans de végétarisme,
j'ai rarement eu à regarder le détail des ingrédients pour savoir
s'il y avait de la viande, en général c'est écrit dans le
« titre » de la soupe, quoi. Ou en sous-titres. Enfin
c'est écrit quoi ! Bon ben du coup ce sera seulement un bol de
pâtes au pesto et babybel !
Nous sommes visiblement
les seules à nous faire à manger. La famille qui garde le refuge ce
week end se fait un festin et franchement leur tarte aux pommes nous
fait trop envie. Hormis eux, les autres sont partis (visiblement)
manger à l'auberge du Hahnenbrunen un peu plus loin.
Il est 21 heures quand on
se couche, regardons les photos de la journée et jouons au jeu du
Johnny Depp – mais pas longtemps parce que notre partie est
merdique et pas amusante du tout.





















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