2H30. Réveillée par un
allemand qui ronfle. Fort. Ou bien une allemande. Dur de retrouver le
sommeil. Je me tourne vers Camille, je la sens réveillée aussi.
Elle descend pour aller aux toilettes, quelques minutes après je la
suis et la croise en bas, complètement dans le gaz, je lâche un
« connard qui ronfle », ce à quoi elle ne répond pas.
Finalement je me rendormirai assez vite, ce qui n'est je crois pas
tout à fait le cas de Kay.
7H30. Réveillées par
les allemands qui rient et parlent fort. Je chuchote avec Camille :
apparemment ils sont arrivés vers minuit en parlant fort et la
lumière allumée pendant longtemps alors qu'ils avaient des
frontales (j'ai rien calculé moi je pionçais). Bref, du coup elle a
pas super bien dormi, et les voilà qui ricanent bruyamment pendant
une demie heure. Je m'habille discrètement et finit par me lever
vers 8 heures, et OH MON DIEU. Une allemande en slip, au milieu du
dortoir, riant aux éclats avec ses copains allemands. Mais. Depuis
quand on tape la discute en slip avec ses potes (uniquement en slip,
je précise) ? Et depuis quand on fait ça dans un dortoir de 25
lits sans se soucier qu'il y ait potentiellement d'autres personnes ?
Les us et les coutumes, que voulez-vous... (ahaha, j'attends les
foudres de tous les allemands m'accusant de préjugés :D) En vrai
j'aime bien les allemands hein. D'ailleurs je suis allée en Allemagne et c'était cool!
Mais bon. En slip, quand
même.
Bref. Quelques gateaux
avalés plus tard, il est 9h30 quand nous plions bagage pour 20 km de
randonnée.
Aujourd'hui c'est Kay qui
porte la carte, hier elle en avait marre de pas savoir où on en
était, de combien ça montait, où on allait, ce que je comprends,
moi j'ai toujours suivi les cartes c'est ma passion. Du coup, comme
je sais qu'on suit le GR5 et qu'y a pas trop à chercher de sentier,
ça me dérange pas qu'elle s'en occupe, au contraire, ça me fait ça
en moins à porter :D
Destination le Grand
Ballon, que l'on voyait de loin depuis le Hohneck et qui commence à
se rapprocher...
Et encore, ce ne sera pas
la fin de notre étape qui se termine au refuge du Molkenrain. On est
bien en forme ce matin, c'est hyper agréable ! Bon alors par
contre il fait déjà chaud à 10 heures et aujourd'hui y a pas de
vent du tout. Mais bon clairement, je suis pas spécialement fan de
soleil – à part le soleil d'hiver tout doux (même pas du tout, je
déteste quand il fait beau à Paris, encore plus quand il fait
chaud), par contre quand je pars en randonnée... Là... Si je
pouvais choisir mes moments de beau temps comme on prend des RTT, je
me foutrais royalement qu'il fasse moche toute l'année pour avoir
seulement mes jours de beau temps quand je pars vadrouiller. Bref,
tout ça pour dire que ce week-end on a quand même une chance folle
c'est un temps radieux pour les 4 jours. On avance assez vite et avec
entrain. On a une jolie vue sur les vallons aux alentours, j'aime
bien le relief des Vosges, ça forge clairement son identité, ça
ressemble pas aux autres massifs français.
Le sentier se poursuit un
moment en montée mais surtout en forêt et à l'ombre, c'est
chouette.
On a envie de
pique-niquer au Grand Ballon mais à chaque panneau que l'on croise
on se rend compte qu'on mets disons 20% de plus que le temps prévu
sur les panneaux (forcément on a nos sacs, on fait des pauses...)
C'était indiqué 3h30 depuis le Hahnenbrunen, donc une arrivée
estimée à 13 heures : j'y crois pas trop.
Bon, le principal
problème du GR5, il faut le dire, c'est le longement quasi-permanent
de la route sur certains passages... Avant et après le Markstein,
clairement, c'est beaucoup de route. On finit par s'en éloigner
quand on se rapproche du Grand Ballon. Il est 13 heures, il nous
reste une bonne montée de 300m de dénivelé, on décide de
pique-niquer avant, à l'ombre, sur le sentier (carrément dessus
oui). Il n'y a quasiment personne. Au menu, comme d'hab : pain
aux céréales, comté, ail et fines herbes, babybel, chavroux... Et
un yaourt à boire.
13h45, nous voilà
repartant pour la dernière ligne vers le Grand Ballon !
Attention, il est pas encore tout proche, et il est encore un peu en
hauteur...
Déterminées, on se met
en route. Les premiers 100m nous amènent à l'espèce de brasserie et
au parking, puis on enchaîne rapidement avec la dernière montée
depuis le parking. On table sur le silence, l'endurance et le moins
de pauses possibles, d'ailleurs on ne se sera arrêtées que pour
laisser passer des vélos. Sur le sentier, et depuis le début de la
rando, j'essaye de sauver tous les scarabées sur le sentier. La
plupart se retrouvent sur le dos et n'arrivent pas à se relever,
donc finissent écrasés par les randonneurs. Pauvres bêtes qui
n'ont rien demandé. Leur corps est globalement assez mal foutu quand
même. Comme les tortues, une fois sur le dos, 90% de chance de
mourir. A part quand y a des Ninis qui passent dans le coin et qui
retournent tous les scarabées vivants du sentier !!! \o/
Nous arrivons en une
grosse vingtaine de minutes au Grand Ballon et nous posons à
l'ombre. La vue est jolie (moins qu'en Automne où on voyait encore
les Alpes...)
Nous ne nous attardons
pas trop longtemps et descendons au bar du Grand Ballon pour
s'acheter un soda, où nous retrouvons la HORDE de motos qui nous a
dépassées quand on était sur le GR plus tôt dans la matinée et
qu'on longeait encore la route (ça a été le cas pendant une grosse
partie de notre étape).
(et c'est qu'une toute
petite partie du groupe)
Il est 15h00 quand nous
débarquons sur la terrasse et forcément qui dit terrasse dit
scrutage des cigarettes pour trouver des feuilles pour Camille. Et
bim ! Sur toute la terrasse, y a UN mec qui fume des roulées !
Hop, deux feuilles de gagnées !
15h30, départ pour le
Molkenrain. Putain. On a quand même un peu de mal moralement à se
dire qu'on est peut-être qu'à la moitié... Un peu plus peut-être.
Le départ est dur. En étudiant la carte, on se rend compte qu'en
prenant la variante du GR à partir du château de Freudstein, on
raccourcissait l'étape. Par contre, ça grimpe un peu plus dur. Bon,
merde. Après les deux jours précédents, c'est pas une montée de
200m qui va nous empêcher de prendre un raccourci ! Allez,
proposé par Camille, validé par Nini, on tranche d'un commun accord
pour le raccourci.
Le sentier emprunte la
route sur 400m puis descend par des pistes de ski. C'est marrant,
visiblement y a pas beaucoup de pistes puisqu'elles sont nommées par
leur couleur.
(C'est très réaliste.)
Je me rends compte que
j'ai un trou énorme aux fesses. Mon pantalon de rando préféré
vient de craquer. Buuuuhhhhhhh. Tristesse ultime. Je retire donc ma
chemise pour la mettre autour de ma taille (quand même, je suis pas
allemande hein).
Une descente de 500m de
dénivelé via les pistes de ski, avec quelques jolis points de vue
et en croisant 4 pauvres pèlerins seulement (ouf)
Nous arrivons encore une
fois à la route, la traversons plusieurs fois avant de rejoindre une
forêt très paisible où il fait un peu plus frais.
Je suis obligée de la mettre c'est une photo de Camille
et elle m'a dit que c'était rigolo et que je devais la mettre.
80% de sentier était aussi proche de la route...
17 heures. Pause Snickers
à l'ombre à une carrefour où y a des tables de pique-nique tellement bouillantes qu'on préfère se mettre dans l'herbe. Mais au moins y a une poubelle pour larguer nos déchets.
Une fois au château
(pourri) de Freundstein qu'on a voulu contourner (parce que ça
grimpait encore pour y aller) mais dont on a pas trouvé le sentier
contournant, nous nous écartons du GR5 pour bifurquer sur sa
variante. Nous rejoingnons (encore) la route vers 17h30 où on croise
des riverains qui font leur balade quotidienne et nous demande d'où
on vient.
« Ben Hahnenbrunen
- Ah oui quand même !
- Et avant le Hohneck et
avant Metzeral
- Ah oui quand même ! »
Bon en vrai ils ont peut-être eu des phrases plus développées mais je me souviens pas, mais le message en gros c'était que c'était pas trop une randonnée de fiotte, donc on est plutôt contentes.
Il s'éloigne à
nouveau, mais cette fois il est derrière nous !!
(On note les vaches très mignonnes au passage)
Après la ferme
de Freundstein, nous entamons le raccourci, et donc la montée.
Elle commence par des tortillons (virages) le plus souvent à
l'ombre. Puis après une petite distance sur du plat, la dernière
montée nous fera arriver à hauteur du refuge du Molkenrain. Camille
en peut littéralement plus, et moi ça faisait un bon moment que
j'avais pas été aussi fatiguée en randonnée. J'ai vraiment chaud
et les kilomètres dans les pattes se font clairement sentir, on est
presque à 20 pour aujourd'hui, et entre 45 et 50 depuis trois jours.
Arrivée en haut, j'ai
une idée : le sentier descend de 70m jusqu'à la ferme du
Molkenrain pour ensuite REMONTER le même dénivelé jusqu'au refuge.
Du coup, comme on est dans un champ, je me dit que l'idéal c'est
tout simplement de sortir du sentier et couper tout droit, sans
descendre, sans monter, pour rejoindre le refuge. Camille s'en bat la
race, elle veut juste arriver, du coup je choisis cette alternative.
Bon je sais pas ce
qu'elle aurait préféré parce que visiblement elle a mal aux pieds
et qu'elle a littéralement déchiré son sarouel en deux en passant
sous une clôture, mais au moins on a pas monté :D
A ce moment là , elle était déjà pas très contente,
mais elle ne savait pas encore qu'elle allait craquer son sarouel !! :D
Et nous voilà
arrivant au refuge du Molkenrain, il est environ 18h30. Bon, le
raccourci était fourbe, mais au moins on est arrivées plus vite. De
toute façon on aurait monté aussi par le GR5.
9 heures de marche,
disons 7 heures effectives en retirant les pauses. 780M de dénivelé
positif pour 870m de négatif, sur 21 kilomètres. Ça nous rassure
un peu pour la Laponie : notre plus grosse étape sera de 19 km,
et on aura moins de dénivelé (300 max dans une journée, voire
aucun). Bon par contre on aura facilement 5 kg de plus et peut-être
de la pluie et du vent dans la tronche :D
Il n'y a pas grand monde
au refuge : le couple de gardiens, un groupe de 4 cinquantenaires
et un grand groupe de babos qui font un enterrement de vie de
garçon. Ahaaaaa, qui dit babos, dit feuilles à rouler !
L'accueil est hyper chaleureux... Le gardien est super gentil, comme
sa femme d'ailleurs, qui nous installe dans un dortoir de 24 pour
nous toutes seules :D
Le refuge est très
paisible, planté au milieu de la forêt, franchement c'est très
agréable de débarquer ici après une telle journée. Les gardiens
sont adorables et le groupe de 4 est hyper sympa. Visiblement ça
picole pas mal, et on arrive à l'apéro ! On achète un soda au
gardien et on s'installe à côté d'eux, qui nous filent des gâteaux
apéro et rigolent bien avec nous.
La fatigue se lit-elle sur notre visage ? Je dirais que oui.
On leur parle de notre rando, de
la Laponie, etc. Ils sont chaleureux et marrants, ça fait clairement
du bien de trouver des gens comme ça. Camille va taxer deux feuilles
aux babos, puis on se presse pour aller prendre notre douche :
je suis totalement trempée de sueur, j'ai froid, c'est très
désagréable. La douche chaude quant à elle, aaaaaahhhhh. Ça
aussi, faudra s'en passer en Laponie...
Nous mangeons notre
dernière soupe tomate / mozza et passons la soirée dehors :
j'écris, Camille travaille. Derrière nous, le groupe d'amis est
complètement torché. Le contraste est amusant. Un peu plus loin, y
a l'espace privatif du groupe de babos qui sont bien ronds aussi et
font pas mal de bruit. Eh ben, ça va ronfler demain tout ça...
Contente d'être dans un dortoir seules !
Quand la nuit commence à
tomber et que les moustiques commencent à nous bouffer, on décide
de rentrer se coucher.
En descendant me laver
les dents, je croise une des filles du groupe de babos qui me demande
si Camille a assez de feuilles, parce que sinon elle peut en demander
ça leur posera pas de problème. Je dis que j'en sais rien mais je
lui dirai en la remerciant et elle nous invite même à venir passer
la soirée avec eux, mais bon, c'est pas comme si demain on devait
faire 9 km jusqu'à Thann et arriver avant 11h. Du coup, demain,
réveil 6h30 (c'est l'heure à laquelle on se lève pour aller
bosser, ça me fait mal au cœur un dimanche, heureusement que c'est
pour la rando!!). Je dis à Camille de pas se coucher trop tard (elle
travaille encore pendant que je m'ÉTALE littéralement sur 2 lits et
demi.)
























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