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27 juillet 2018


Réveil 8h. Réveil Camille 8h20. J'ai hyper bien dormi. On se lève doucement. On a encore « que » 11 kilomètres aujourd'hui, donc on va prendre notre temps encore une fois. Je jette un œil par la fenêtre (et retourne le récupérer parce que la vision en 3D c'est plus cool quand même) et constate le temps maussade, à la frontière du crachin. Damned, le soleil est bel et bien parti, on est enfin en Ecosse.


Il ne fait pas froid pour autant, pas de quoi se plaindre, je peux même rester en débardeur sans craindre de frissonner.

On met les voiles à 10 heures. Le sentier longe l'A82 un bon moment, c'est dommage, mais en se concentrant, on arrive à oublier un peu le trafic relativement dense. On longe aussi la voie de chemin de fer où passe de temps en temps l'unique ligne Glasgow / Mallaig, que nous prendrons dans quelques jours si tout va bien ! 



On fait une pause snickers / chocolat à 11h45. Les moutons bêlent, je bêle, Camille tend son glaive fictif vers le bas de sa colline fictive en criant « LES ANGLAAAAAIIIIIIIIS », bref tout va bien quoi.



On ne peut s'empêcher de comparer le West Highland Way avec notre expérience sur le Padjelantaleden : certes il est beaucoup plus fréquenté mais quel entretien !!! Large, confortable pour les chevilles et les pieds, pas de boue, pas de fougères d'1m50 de haut qui recouvrent le sentier et ta tronche en même temps... Wah, le luxe !




Il est 12h30 quand le soleil revient et il commence à faire bien chaud ma foi ! 




On retrouve, au loin, la ligne de chemin de fer avec des petits trains qui passent sur des petits viaducs, puis on décide de pique-niquer à côté d'une petite rivière où se baladent des petits moutons.



On reste facilement une heure et demie au bord du cours d'eau parce qu'on a quand même trouvé LE spot pour manger : une vue à couper le souffle, un calme merveilleux, des moutons à portée de câlin, et de la bouffe. Parfait. Du coup, on décide de prolonger ce repas par un petit thé à la menthe (ce qui veut dire que je dois vider la moitié de mon sac pour sortir réchaud et compagnie). Une fois que l'eau frémit, qu'est-ce que je sens-t'y pas dans mon dos ? Des fuckin' gouttes de pluie... Et meeeerde, mon sac est ouvert et la moitié du bordel traine dehors. Je dois tout rentrer avant que les petites gouttes deviennent une averse. J'empresse Camille de boire son thé, je remballe tout et je sors mon kaway. Et là, évidemment, que se passe-t-il du côté corse ? (NB : Corse = Camille) Il faut mettre la cape imperméable... Je fais un petit point explicatif. Camille n'a pas eu le temps d'aller chercher son kaway chez son copain avant de partir. Elle n'a pas eu le temps non plus d'en acheter un, puisqu'elle a constaté qu'elle ne l'avait pas chez elle une fois rentrée de Go Sport (où elle a acheté de super chaussures Salomon, il faut tout de même le souligner). Donc Camille n'avait pas de kaway, mais a retrouvé une cape que je lui avais prêté il y a fort longtemps pour une randonnée où elle ne s'en est jamais servie. Cette cape venait de mon premier vrai voyage « rando » avec mon frère, en Norvège dans les îles Lofoten, où nous étions encore au stade de prévoyance -3. Au -2, on a acheté des chaussures de rando, au -1 on a acheté de la crème solaire (aha aha), et au 0, on a commencé à s'offrir le luxe d'acheter des duvets dignes de ce nom. Après, les niveaux supérieurs, ce n'est que du « bonus confort », à savoir pas des choses essentielles mais très importantes quand même. Donc comme on était au -3, ma maman adorable nous a acheté sur internet deux capes imperméables. C'était adorable, mais c'était hallucinant de laideur et d'un manque cruel de logique dans la conception du truc. Voici donc l'objet en question sous forme de piqûre de rappel dans ma dignité :



Et voici donc, pour la dignité de Camille, une petite dose de cape imperméable... (désolée)



Du coup, on peut l'appeler Capmille maintenant.

14h. On repart de là, il ne pleut plus, Camille range son déguisement. On a fait plus de la moitié, on avance bien sur ce sentier !




Camille me pousse pour que j'avance plus vite parce que je regarde trop les moutons et que ça me ralentit, paraît-il (je trouve ça un peu gros, mais bon). Quelques gouttes encore nous tombent dessus, mais ce n'est qu'aux derniers kilomètres qu'on se prend vraiment une averse, à 15h30, en arrivant à l'auberge, le West Highland Way Sleeper, où on arrive un quart d'heure plus tard.




Alors cette auberge située à Bridge of Orchy est en fait la gare, ni plus ni moins. Le train y passe, s'y arrête, des gens montent et descendent, il y a un quai (deux, même, avec Kay) et un bâtiment. Sauf que ce bâtiment, avant c'était une salle d'attente et des guichets, et maintenant c'est une auberge. La moitié du bâtiment est en fait l'habitation de nos hôtes (un couple relativement âgé) et l'autre partie est consacrée aux clients. Cette bunkhouse a été fermée en 2014 et réouverte il y a peu de temps (je crois début 2017). J'ose espérer qu'ils ont tout refait à neuf car les avis des internautes étaient alarmants : « sale, insalubre, on a pas envie de s'y laver et encore moins d'y dormir », bref un truc assez flippant. Mbon. Je crois qu'ils ont compris la leçon. Ça a l'air propre, ça sent bon, les sanitaires sont tout à fait corrects et les lits sont faits. Le tout pour 30£ / personne. C'est cher mais a priori sain.




Sauf que comme on a lu les avis sur internet, on est hyper méfiantes malgré tout et on fait nos inspectrices en chef en scrutant les moindres parcelles de tissus. Et c'est en faisant le tour du bâtiment que l'on aperçoit ceci :



Il s'agit ni plus ni moins que du rideau derrière lequel on dort. Du coup on a changé de places pour un endroit où y a pas de rideau. Huhu.

On se fait un thé et un café, et puis... on attend, tout simplement. Le concept est original mais faut avouer qu'on se fait un peu chier. Un peu comme si on attendait le train, en fait, le train du dodo qui n'arrive que dans de looonnnngues heures... Y a pas grand chose à faire ni à voir, alors Camille s'affaire à une activité qui lui est chère.



« POPOPOOOOOO » comme diraient mes élèves. Qu'elle est méchante, Nini. Et encore, j'ai commencé par écrire « son activité favorite » mais bon ça aurait été UN PEU abusé. Bon du coup j'en profite pour prendre ma douche, écrire mon carnet et discuter avec un allemand qui fait 30 à 35 bornes par jour avec sa femme. Wouw. Ça rigole pas les allemands.

Camille se réveille vers 19 heures, bien en forme, et va prendre sa douche à son tour avant le dîner (= une soupe sur un banc, dehors). Miomiom. Et j'ai même droit à ma danse rien que pour moi.

C'est un Kay de gare. LOL.



Je suis dehors. Les gens sont partis manger ailleurs. Le soleil est revenu, les montagnes devant moi m'imposent leur grandeur, majestueuses. L'ombre des nuages danse sur leur flanc. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. Les midges sont modérément voraces, c'est supportable. Les moutons bêlent un peu partout autour de moi, la rivière coule. C'est cool. (Aha.) On est quand même bien, ici. Au bout de 5 minutes, des gens arrivent : ma quiétude est rompue.


On se couche vers 21h. J'arrive pas à dormir. Le train de nuit pour Londres s'arrête à la gare. Les lumières de la gare s'allument et m'éclairent en pleine tronche, j'ai l'impression qu'on braque une lampe torche sur mon visage. Je mets ma tête sous la couette. J'ai chaud. Ça va être long.



Vers 22 heures, les lumières s'éteignent et il se met à pleuvoir des cordes : yes, voilà qui va mieux. La pluie m'aide à m'endormir.



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