Réveil 8h. Réveil
Camille 8h20. J'ai hyper bien dormi. On se lève doucement. On a
encore « que » 11 kilomètres aujourd'hui, donc on va
prendre notre temps encore une fois. Je jette un œil par la fenêtre
(et retourne le récupérer parce que la vision en 3D c'est plus cool
quand même) et constate le temps maussade, à la frontière du
crachin. Damned, le soleil est bel et bien parti, on est enfin en
Ecosse.
Il ne fait pas froid pour
autant, pas de quoi se plaindre, je peux même rester en débardeur
sans craindre de frissonner.
On met les voiles à 10
heures. Le sentier longe l'A82 un bon moment, c'est dommage, mais en
se concentrant, on arrive à oublier un peu le trafic relativement
dense. On longe aussi la voie de chemin de fer où passe de temps en temps l'unique ligne Glasgow / Mallaig, que nous prendrons dans quelques jours si tout va bien !
On fait une pause snickers / chocolat à 11h45. Les moutons
bêlent, je bêle, Camille tend son glaive fictif vers le bas de sa
colline fictive en criant « LES ANGLAAAAAIIIIIIIIS »,
bref tout va bien quoi.
On ne peut s'empêcher de
comparer le West Highland Way avec notre expérience sur le
Padjelantaleden : certes il est beaucoup plus fréquenté mais
quel entretien !!! Large, confortable pour les chevilles et les
pieds, pas de boue, pas de fougères d'1m50 de haut qui recouvrent le
sentier et ta tronche en même temps... Wah, le luxe !
Il est 12h30 quand le
soleil revient et il commence à faire bien chaud ma foi !
On
retrouve, au loin, la ligne de chemin de fer avec des petits trains
qui passent sur des petits viaducs, puis on décide de pique-niquer à
côté d'une petite rivière où se baladent des petits moutons.
On reste facilement une
heure et demie au bord du cours d'eau parce qu'on a quand même
trouvé LE spot pour manger : une vue à couper le souffle, un
calme merveilleux, des moutons à portée de câlin, et de la bouffe.
Parfait. Du coup, on décide de prolonger ce repas par un petit thé
à la menthe (ce qui veut dire que je dois vider la moitié de mon
sac pour sortir réchaud et compagnie). Une fois que l'eau frémit,
qu'est-ce que je sens-t'y pas dans mon dos ? Des fuckin' gouttes
de pluie... Et meeeerde, mon sac est ouvert et la moitié du bordel
traine dehors. Je dois tout rentrer avant que les petites gouttes
deviennent une averse. J'empresse Camille de boire son thé, je
remballe tout et je sors mon kaway. Et là, évidemment, que se
passe-t-il du côté corse ? (NB : Corse = Camille) Il faut
mettre la cape imperméable... Je fais un petit point explicatif.
Camille n'a pas eu le temps d'aller chercher son kaway chez son
copain avant de partir. Elle n'a pas eu le temps non plus d'en
acheter un, puisqu'elle a constaté qu'elle ne l'avait pas chez elle
une fois rentrée de Go Sport (où elle a acheté de super chaussures
Salomon, il faut tout de même le souligner). Donc Camille n'avait
pas de kaway, mais a retrouvé une cape que je lui avais prêté il y
a fort longtemps pour une randonnée où elle ne s'en est jamais
servie. Cette cape venait de mon premier vrai voyage « rando »
avec mon frère, en Norvège dans les îles Lofoten, où nous étions
encore au stade de prévoyance -3. Au -2, on a acheté des chaussures
de rando, au -1 on a acheté de la crème solaire (aha aha), et au 0,
on a commencé à s'offrir le luxe d'acheter des duvets dignes de ce
nom. Après, les niveaux supérieurs, ce n'est que du « bonus
confort », à savoir pas des choses essentielles mais très
importantes quand même. Donc comme on était au -3, ma maman
adorable nous a acheté sur internet deux capes imperméables.
C'était adorable, mais c'était hallucinant de laideur et d'un
manque cruel de logique dans la conception du truc. Voici donc
l'objet en question sous forme de piqûre de rappel dans ma dignité :
Et voici donc, pour la
dignité de Camille, une petite dose de cape imperméable... (désolée)
Du coup, on peut
l'appeler Capmille maintenant.
14h. On repart de là, il
ne pleut plus, Camille range son déguisement. On a fait plus de la
moitié, on avance bien sur ce sentier !
Camille me pousse pour
que j'avance plus vite parce que je regarde trop les moutons et que
ça me ralentit, paraît-il (je trouve ça un peu gros, mais bon).
Quelques gouttes encore nous tombent dessus, mais ce n'est qu'aux
derniers kilomètres qu'on se prend vraiment une averse, à 15h30, en
arrivant à l'auberge, le West Highland Way Sleeper, où on arrive un
quart d'heure plus tard.
Alors cette auberge
située à Bridge of Orchy est en fait la gare, ni plus ni moins. Le
train y passe, s'y arrête, des gens montent et descendent, il y a un
quai (deux, même, avec Kay) et un bâtiment. Sauf que ce bâtiment,
avant c'était une salle d'attente et des guichets, et maintenant
c'est une auberge. La moitié du bâtiment est en fait l'habitation
de nos hôtes (un couple relativement âgé) et l'autre partie est
consacrée aux clients. Cette bunkhouse a été fermée en 2014 et
réouverte il y a peu de temps (je crois début 2017). J'ose espérer
qu'ils ont tout refait à neuf car les avis des internautes étaient
alarmants : « sale, insalubre, on a pas envie de s'y laver
et encore moins d'y dormir », bref un truc assez flippant.
Mbon. Je crois qu'ils ont compris la leçon. Ça a l'air propre, ça
sent bon, les sanitaires sont tout à fait corrects et les lits sont
faits. Le tout pour 30£ / personne. C'est cher mais a priori sain.
Sauf que comme on a lu
les avis sur internet, on est hyper méfiantes malgré tout et on
fait nos inspectrices en chef en scrutant les moindres parcelles de
tissus. Et c'est en faisant le tour du bâtiment que l'on aperçoit
ceci :
Il s'agit ni plus ni
moins que du rideau derrière lequel on dort. Du coup on a changé de
places pour un endroit où y a pas de rideau. Huhu.
On se fait un thé et un
café, et puis... on attend, tout simplement. Le concept est original
mais faut avouer qu'on se fait un peu chier. Un peu comme si on
attendait le train, en fait, le train du dodo qui n'arrive que dans
de looonnnngues heures... Y a pas grand chose à faire ni à voir,
alors Camille s'affaire à une activité qui lui est chère.
« POPOPOOOOOO »
comme diraient mes élèves. Qu'elle est méchante, Nini. Et encore,
j'ai commencé par écrire « son activité favorite »
mais bon ça aurait été UN PEU abusé. Bon du coup j'en profite
pour prendre ma douche, écrire mon carnet et discuter avec un
allemand qui fait 30 à 35 bornes par jour avec sa femme. Wouw. Ça
rigole pas les allemands.
Camille se réveille vers
19 heures, bien en forme, et va prendre sa douche à son tour avant
le dîner (= une soupe sur un banc, dehors). Miomiom. Et j'ai même droit à ma danse rien que pour moi.
C'est un Kay de gare. LOL.
Je suis dehors. Les
gens sont partis manger ailleurs. Le soleil est revenu, les montagnes
devant moi m'imposent leur grandeur, majestueuses. L'ombre des nuages
danse sur leur flanc. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid. Les
midges sont modérément voraces, c'est supportable. Les moutons
bêlent un peu partout autour de moi, la rivière coule. C'est cool.
(Aha.) On est quand même bien, ici. Au bout de 5 minutes, des gens
arrivent : ma quiétude est rompue.
On se couche
vers 21h. J'arrive pas à dormir. Le train de nuit pour Londres
s'arrête à la gare. Les lumières de la gare s'allument et
m'éclairent en pleine tronche, j'ai l'impression qu'on braque une
lampe torche sur mon visage. Je mets ma tête sous la couette. J'ai
chaud. Ça va être long.
Vers 22 heures, les
lumières s'éteignent et il se met à pleuvoir des cordes :
yes, voilà qui va mieux. La pluie m'aide à m'endormir.



















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