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7 mars 2019


Madère, ma terre.

Réveil 7 heures. WAH, j'ai tellement bien dormi ! Pas eu froid du tout, j'ai même pu dormir en sous-vêtements dans mon duvet, hé ! Il n'y a plus de vent ou presque, juste le bruit des oiseaux et de la mer avec sa houle frénétique qui s'écrase sur les rochers. Tout est parfait. Je suis si bien là, sur mon bout de caillou, loin de tout.
Pas de temps à perdre, je m'habille et remonte les 200m de dénivelé de la veille pour aller voir le lever de soleil sur la mer. Mes jambes me demandent pourquoi je leur inflige ça si tôt, sans même avoir mangé ! Vous verrez bien mes petits jambons, courage. C'est un peu nuageux, mais malgré tout, ça vaut clairement le coup. Cette fois je suis sûre d'être seule ici, et je revis cette même plénitude 12 heures plus tard.



On aperçoit jusqu'aux îles Desertas qui me font de l'oeil et me donnent envie d'être une scientifique rien que pour avoir le droit d'y mettre les pieds (îles protégées). Derrière moi, des nuages arrivent, il va pas tarder à flotter. Encore une fois je me réjouis de la météo de luxe que j'ai eue. Je suis agnostique, mais dans ces moments là, j'aime à remercier ce je ne sais quoi, qu'il soit hasard ou divin, qui a veillé à ce que je vive cette magie.

8 heures. Le temps que je sois redescendue, il ne pleut plus et déjà le soleil illumine Jurassic Park. Petit dej sur la terrasse de la casa, seule au soleil. Parfait.


Je finis mes dernières gouttes d'eau. Heureusement qu'il me restait 1,5 litres, aucun point d'eau dans les environs... Repliage de la tente et du bagage pour la dernière fois. Je laisse ma bouteille de gaz dans un sachet de congélation sur une des tables de pique-nique de la casa, avec un petit mot en anglais :
« Aux futurs campeurs sauvages,
J'ai vécu une incroyable soirée, une incroyable nuit, un incroyable lever et coucher de soleil au dessus de la mer. Mon voyage se termine ici, sur cette île magique, mystique et magnifique. Bon séjour à vous. Merci Madeira. Anaïs, France »

Je pars vers 10 heures et croise les premiers randonneurs qui arrivent. Parfait timing.
Je prends mon temps, puisque j'en ai, mon bus n'est que dans 3 heures ! Je m'arrête régulièrement, savoure, profite, ingère tant que je peux tout ce que j'ai autour de moi.



Le ciel est d'azur, la mer agitée s'écrase sur les rochers. Je reste ici un moment à contempler l'écume qui s'y dépose. Le mouvement des vagues, au loin, puis celles qui, grandissant, viennent recouvrir la roche. On dirait de la chantilly.


Je n'avais pas envie de partir, pensant que le retour serait difficile, mais ce matin, ma tristesse habituelle s'estompe. Tout a été parfait jusqu'aux derniers instants. Je n'ai rien regretté et profité de chaque journée, jusqu'à cette dernière matinée, grâce à mon décollage tardif. Je pars le cœur léger, sereine. Finalement, c'est comme un beau roman, une belle histoire, (une romance d'aujourd'hui) dont la fin est parfaite et dont on ne désire pas de suite, car elle serait décevante. Par contre, un tome 2, volontiers.


Arrivée vers midi à l'arrêt de bus SAM, qui n'arrive qu'à 13h30. Mbon. Va falloir poireauter un peu. Le soleil tape, j'ai soif. Pas d'eau avant l'aéroport, dans 3 heures... Ugh.
Je m'installe face à la flotte, un peu loin des gens, pour grignoter mes deux derniers sandwich et ma dernière compote.

Le bus arrive, enfin, et m'amène à l'aéroport à 14 heures. Vol à 16h30. Je poireaute encore un moment, traîne, en attendant que le guichet ouvre pour l'enregistrement. 14h30, je fais la queue. Une gamine voyage seule et sa mère demande à une autre si elle peut voyager avec eux (si, si, cette anecdote aura un intérêt). Comme toujours au retour, mon sac de rando va en « bagage oversized » et je m'étonne que dans tous les aéroports européens que j'ai fait (peu, certes, mais quand bien même), ils prennent soin de les mettre dans des compartiments spéciaux alors qu'à Roissy ou Orly, ils s'en battent complètement la race. Bon, c'est peut-être pas non plus la même gestion, vu la taille des aéroports parisiens.

Passage de la sécurité, achat d'une tourte au fromage madéroise pour le vol. J'en vois depuis perpet', j'aimerais bien y goûter avant de rentrer, tout de même. Ah, j'aime les petits aéroports, rien n'est compliqué. Il fait beau alors je vais sur la terrasse, d'où on voit les pistes et les avions se charger. J'aperçois deux cages, un chien et un chat, embarqués en soute. JAMAIS de mon vivant aucun de mes animaux ne voyagera en soute, même pour un vol court. Quand bien même ils sont bien traités et ont des compartiments spéciaux, ça doit être terriblement stressant et traumatisant. Déjà que mon chat vomit quand un enfant le touche...

Embarquement à 16h. Je n'ai pas pu réserver mon siège à l'avance (pas acheté de smartphone depuis mon arrivée), et je me retrouve au milieu des 3 sièges. J'entends la dame qui essaye de négocier avec le stewart pour que la gamine qui voyage seule puisse être à côté d'elle, et il se trouve que la dame en question est... derrière moi. Je saute sur l'occasion : « oh mais on n'a qu'à échanger nos places, comme ça elle est devant vous et moi je prends la sienne, ça m'est égal, je suis seule ! » La dame me remercie chaleureusement, et moi je gagne une place côté hublot. Niaaaaaaaaaaaahaaa.

See you, Madeira.

Me reste deux paquets de copies. C'est dur, mais j'y mets un peu du mien pour m'alléger la rentrée. Une fois la corvée faite, je remets ma musique dans les oreilles et regarde un peu en arrière dans le temps. Encore un beau périple... Difficile de dire si c'est le plus chouette que j'ai vécu en solitaire, car chacun a sa petite touche particulière. Ce qui est sûr c'est que :
1. Madère m'a totalement dépaysée et surprise dans le bon sens du terme, elle a dépassé largement mes attentes.
2. Madère est une terre unique où j'ai vécu et vu des choses uniques.
3. Madère m'a fait comprendre qu'il fallait partir plus souvent à l'étranger en solo. Je n'avais pas trop osé jusque là, mais ça me conforte dans l'idée que partir seule, c'est aussi se débrouiller seule, et ça se teste encore mieux loin de sa zone de confort patriote.
4. Madère m'a fait sentir des choses insaisissables, mais presque palpables.
5. Madère m'a fait me réconcilier avec le départ et l'appréhension du retour au quotidien.
6. Madère a été complètement adoptée par Nini. I'll be back.

Passons au retour en terre de la baguette, en quelques points également :
1. Trouver un Uber commandé par une amie dans le Terminal d'Orly, quand on a pas de smartphone, c'est la merde les gars
2. Le choc thermique est glaçant, surtout quand on cherche un Uber pendant 40 minutes
3. La tourte au fromage était dégueu
4. Je vais où, maintenant ?


6 commentaires :

  1. Salut ! Merci pour ce beau récit ! C'est magnifique !
    Je suis à Madère et je compte faire quelques jours en itinérant dans la semaine qui vient, et voilà je suis tombée sur ton blog en cherchant des infos. Peux tu me dire au final le parcours détaillé que tu as fais (comparé au parcours prévu au départ, et sans les ratés héhé) ? Ce serait super pour moi d'avoir une idée bien claire pour partir sur tes traces !

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  2. Salut, merci !

    Alors mon parcours c'est quasiment le même que celui prévu à la base à part que j'ai du faire demi tour à la 2e journée et adapter mes bivouacs selon le temps que j'avais et la météo.
    J1 : Camping ribeira da janela jusqu'à la fin de la levada (cul de sac)
    J2 : Retour au point de départ et stop jusqu'à Rabaçal + balade jusqu'à la cascade de Risco. Sur la levada je pense que j'ai vraiment loupé le sentier, il est bien balisé sur la carte, tu peux chopper le PR qui monte jusqu'à la ER110 jusqu'à Fonte do bispo (pas vu Pascal), surtout en été maintenant ça doit être plus dégagé. Selon moi c'était juste à la sortie de l'immense tunnel de 1km, mais comme tu l'as probablement compris je me suis foirée.
    J3 : Rabaçal / Encumeada = ça fait une sacrée trotte !!! Le tunnel énorme (levada das rabacas) est fermé définitivement, oublie. Il faut passer par Paul da Serra. Moi j'ai pris la levada do paul I et II et j'ai coupé via le plateau pour rejoindre la route à Bica da cana et j'ai pris ensuite la levada da serra (PR17) pour redescendre à la route et comme tu l'as peut-être compris aussi, tenté en vain de faire du stop.
    J4 : Encumeada / Pico Ruivo : 11 km seulement, mais une blinde de marches qui éclatent pas mal. Sentier très bien balisé. Ça caille là haut et très peu de place de bivouac, j'en ai repéré 2 seulement (notamment une très bien où j'aurais du me mettre, un peu avant l'arrivée au refuge quand tu viens d'Encumeada, sur la gauche y a un super renfoncement spacieux et plat).
    J5 : Pico Ruivo / Pico Arieiro / Pico Ruivo / descente jusqu'à Queimadas
    J6 : AR sur le levada de verde jusqu'à la cascade de verde (pas la levada la meilleure, surblindée, mais je préfère Ribeira da janela dans le genre foret et cascades)
    J7 : stop jusqu'à Santana / bus jusqu'à Sao Lourenço / Bivouac sur la péninsule (magique)

    Combien de temps souhaites tu randonner ? Si tu veux aller d'un point A à un point B, je te conseille de commencer Rabaçal et d'aller jusqu'à Arieiro en 3 jours c'est bien et tu es dans le sens contraire des gens, notamment sur Ruivo / Arieiro.
    Le stop marche très bien. Sinon y a des bus, notamment pour aller ou revenir de Arieiro y a des bus qui passent à Paso de Poiso sur la ER103, pas mal de gens le prennent et font du stop après.

    La péninsule est vraiment à faire, ça change complètement du coeur de l'île mais c'est magnifique (et je ne peux que trop te conseiller d'y dormir car tu y seras seule - j'espère pour toi en tout cas)

    Je ne suis pas une référence absolue parce que certains sentiers étaient aussi fermés et j'ai du m'adapter, mais regarde sur ce site pour connaître l'état des sentiers (ouverts ou fermés ou partiellement), c'est pas mal :
    http://www.visitmadeira.pt/pt-pt/info-uteis/passeios-a-pe/alertas-e-lista-de-percursos

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  3. Hello! Merci pour le partage de ton aventure, c'est super inspirant! Nous allons partir d'ici 2 semaines +- avec ma compagne dans le but de faire un voyage comme le tiens, mais étant moins expérimentés j'étais a la recherche de conseils, routes à suivre, ... Bon pour nous le voyage seras plus long, on marche bien moins vite que toi !Je n'ai pas encore tout compris des différentes routes que tu as empruntée mais en tout cas ton récit va nous inspiré a coup sur!
    Quentin

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    1. De rien, merci pour ton retour ! Si vous avez besoin d'infos et que je peux aider, n'hésitez pas ;)
      Amusez vous bien, cette île est magique !! Je vous envie !

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  4. Salut, je te remercie pour ton blog qui m'est d'une aide précieuse pour organiser mon séjour randonnée à Madère en mai prochain ! Deux petites questions :
    J'ai beaucoup de mal à trouver des informations sur les transports publics, tu te souviendrais à tout hasard quels bus tu as pris pour relier Funchal à Porto Moniz ?
    L'endroit où tu as bivouaqué à Queimadas a l'air si joli et paisible ! pourrais-tu me donner plus d'infos pour le retrouver à partir du village ?

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  5. Salut, merci à toi pour ton retour.
    Il y a plusieurs compagnies à Madère, moi j'avais galéré à trouver l'arrêt de bus à Funchal, j'avais pris la compagnie Rodoeste mais tu as aussi la compagnie SAM qui passe dans l'île. Tu peux trouver des informations sur cette page avec des liens menant vers les 3 compagnies (la troisième était Horarios do Funchal mais je crois qu'elle dessert essentiellement Funchal et sa périphérie).
    http://www.madeira-live.com/fr/madeira-public-transport.html

    Pour le bivouac à Queimadas, oui c'était super paisible et mignon comme tout. En fait je voulais camper à Queimadas, j'ai trouvé une voiture qui m'a prise en stop du parking Achada do teixeira à côté du Pico Ruivo et qui m'a descendue jusqu'à un ranch (je saurais pas te dire le nom...) et j'ai marché 2 kil sur le sentier jusqu'à Queimadas, ici : https://goo.gl/maps/PbDbeoQBuE6X9Rtk9
    Il y avait un petit café et une genre de boutique / musée. Là la madame m'a dit qu'on ne pouvait pas camper ici, du coup elle m'a indiqué cet endroit, il suffit de monter un peu le long d'un petit sentier et tu trouves cet endroit. En fait le mieux est de demander à la dame du café, super gentille et qui te dira comment faire et où aller.
    Amuse toi bien, c'est magique ! Et certainement moins froid en mai ^^

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