Lever
10 heures, on va se renseigner à la yourte la plus proche en
direction du lac. On trouve une madame qui parle anglais et on lui
demande les tarifs pour le dîner et le cheval. Elle nous demande si
on a besoin d'un « horseman ». Ah oui, clairement oui. La
dernière et seule fois que j'ai fait du cheval c'était chez ma
copine d'enfance, ça a duré 10 minutes et j'avais 8 ans. 300 soms
par personne et par heure pour louer un cheval, 300 soms par personne
pour le repas. Bien. Camille fait un rapide calcul (ah hé c'est elle
la scientifique hein) : OK 2 heures de cheval = 1200 soms pour
nous deux + le repas du soir = 1800. Il nous restera parfaitement
1000 soms pour le retour. Allez vendu ! On attend devant la
yourte avec une dame qui nous donne un bol de lait de jument
fermenté. C'est bizarre. Pas trop mauvais, mais bizarre. Très fort,
avec un premier goût de roquefort et un arrière-goût de cidre. Ma
foi.
Son
petit fils (??) arrive et on fait des photos.
Les
chevaux arrivent. Un grand brun pour Camille, un petit tacheté pour
moi. Euh, mais y pas de horseman ? Le mec me fait monter, il me
montre : tirer à droite pour aller à droite, tirer à gauche
pour aller à gauche, les deux pour arrêter, « TCHU »
pour démarrer. Ok, plus simple qu'une voiture ! Allez TCHU TCHU
TCHU !!!
Bon.
Petit bilan. Camille a trotté. J'ai fait du PAS, et c'est très
suffisant. Mon cheval est à mon image : petit, lent, il a faim
tout le temps, il aime pas aller à droite, il a tourné en rond
pendant 5 minutes parce qu'il n'allait qu'à gauche. Dès qu'on
s'arrête, il bouffe. Des chiens m'ont suivie pendant toute la durée
de la balade. Un vrai bonheur ! On n'est pas allées jusqu'au
lac, mais on s'est bien baladées sur les collines aux alentours et
c'était juste majestueux ! Les chevaux sont hyper obéissants
et indépendants.
On
rentre à la tente toutes contentes. Ah, c'était trop bien !
Par contre, vive les douleurs aux cuisses... On grignote un bout de
mimolette et faisons une petite sieste parce que, quand même, on
s'est bien dépensées, hé. Mais si, mais si.
Je
me réveille vers 15h30, toute excitée, heureuse. Je sais pas ce qui
m'arrive. Je crois que j'ai rêvé que j'étais dans mon lit, et du
coup en me réveillant j'étais juste hyper contente d'être là,
j'ai eu envie d'y rester indéfiniment et d'aller grimper sur toutes
les montagnes aux alentours. Sur ce, je réveille Camille pour qu'on
aille se faire une promenade (la pauvre, ahah). J'irais bien voir en
haut de la colline à côté de nous... Ni une ni deux, nous voilà
grimpant, encore. Fiou, c'est pas aisé tout de même. Mais la vue
panoramique sur le Son Kul vaut le détour...
On
décide de rebrousser chemin et aller faire une balade sur le sentier
en descendant par la colline. Je jette un œil à la tente :
elle est loin ! Mais... Y a des trucs autour, là.
« Camille,
regarde la tente. C'est quoi les gros points autour ? Des
vaches ? »
-
Putain, j'espère qu'elles vont rien voler, y a quoi dehors ?
-
Bah tout...
Camille
ouvre la marche et redescend à toute vitesse. Tout autour de la
tente, les vaches s'agglutinent, le nez dans la toile. Pffffffffff
j'espère qu'elles vont pas tout péter !
Quand
Camille arrive, les vaches s'en vont petit à petit. Inspection des
dégats...
Elles n'ont pas fait grand mal mais elles sont
gourmandes !!! Elles ont fait la vaisselle dans les bols où il
restait un fond de soupe, et surtout, elles sont simplement... bouffé
les couverts qui devaient sentir la soupe. AAAAAAAHHHH MAIS C'EST
BEAUCOUP TROP MIGNOOOOONNN !!
Bon
ben sur le coup, on va pas se balader plus loin. On range le bordel
fait pas les vaches et on fait notre toilette avant qu'il caille
trop.
19h30,
on débarque chez les kirghizes, toutes excitées de manger dans la
yourte. Je sens qu'on va bien se marrer et bien se régaler. Bon,
visiblement, on arrive un peu tôt. La madame nous dit d'aller nous
installer dans la yourte, où des dizaines de hors d'oeuvres sucrés
sont disposés. La déco est magnifique... J'aime tellement les
yourtes... Quand j'étais petite, j'admirais les paysages mongols en
me disant qu'un jour, je serai nomade et je vivrai en yourte.
Hélas,
on comprend vite que le repas n'est pas du tout chaleureux... Nous
qui pensions dîner avec la famille et faire connaissance, le rapport
humain est en fait assez froid bien que cordial. Ils mangent de leur
côté, et nous sommes servies dans la yourte, comme dans un
restaurant, sans un mot. C'est assez bizarre et éloigné de l'image
qu'on s'en faisait, mais c'est délicieux malgré tout.
Des
CONCOMBRES quoi !! Des tomates et des concombres ! C'est
marrant, Camille a rêvé précisément de ça pendant notre sieste
méridienne. Mais surtout, manger des légumes et des crudités c'est
juste un luxe après 8 jours de fromage et de soupe, croyez moi. Je
me souviens en avoir rêvé en Laponie...
A
la fin du repas, un ado vient nous apporter du thé. On est
intriguées par les petites boulettes blanches. Il nous en donne
deux : ok, c'est du fromage au lait fermenté. C'est pas ultra
mauvais, mais c'est si fort ! Le gars revient, on commence à
discuter. Il est vraiment cool ! Temirlan, qu'il s'appelle. 17
ans, super gentil. On lui apprend des mots français, il nous apprend
quelques phrases kirghizes, on galère. On lui apprend à dire
« c'est cool », du coup il le dit sans arrêt, ce qui me
fait trop rire. Il est adorable. On a gagné notre soirée en
rapports humains avec ce petit. Son grand frère arrive et nous
montre un match de bozkachi en nous expliquant que c'est leur jeu,
comme nous avec le foot. En gros, c'est du polo, mais avec une chèvre
décapitée et rempli de je-ne-sais-quoi ! Ok, pourquoi pas. Ça
a l'air vachement violent !!
On
finit par donner notre numéro de téléphone à Temirlan (qui ne
nous a jamais ajoutée sur whatsapp, saligaud!!) et les remercier
chaleureusement pour le repas et la soirée.
On
rentre à notre tente à la nuit tombée, heureuses et sautillantes.

















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