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23 juillet 2019


Lever 10 heures, on va se renseigner à la yourte la plus proche en direction du lac. On trouve une madame qui parle anglais et on lui demande les tarifs pour le dîner et le cheval. Elle nous demande si on a besoin d'un « horseman ». Ah oui, clairement oui. La dernière et seule fois que j'ai fait du cheval c'était chez ma copine d'enfance, ça a duré 10 minutes et j'avais 8 ans. 300 soms par personne et par heure pour louer un cheval, 300 soms par personne pour le repas. Bien. Camille fait un rapide calcul (ah hé c'est elle la scientifique hein) : OK 2 heures de cheval = 1200 soms pour nous deux + le repas du soir = 1800. Il nous restera parfaitement 1000 soms pour le retour. Allez vendu ! On attend devant la yourte avec une dame qui nous donne un bol de lait de jument fermenté. C'est bizarre. Pas trop mauvais, mais bizarre. Très fort, avec un premier goût de roquefort et un arrière-goût de cidre. Ma foi.
Son petit fils (??) arrive et on fait des photos.


Les chevaux arrivent. Un grand brun pour Camille, un petit tacheté pour moi. Euh, mais y pas de horseman ? Le mec me fait monter, il me montre : tirer à droite pour aller à droite, tirer à gauche pour aller à gauche, les deux pour arrêter, « TCHU » pour démarrer. Ok, plus simple qu'une voiture ! Allez TCHU TCHU TCHU !!!






Bon. Petit bilan. Camille a trotté. J'ai fait du PAS, et c'est très suffisant. Mon cheval est à mon image : petit, lent, il a faim tout le temps, il aime pas aller à droite, il a tourné en rond pendant 5 minutes parce qu'il n'allait qu'à gauche. Dès qu'on s'arrête, il bouffe. Des chiens m'ont suivie pendant toute la durée de la balade. Un vrai bonheur ! On n'est pas allées jusqu'au lac, mais on s'est bien baladées sur les collines aux alentours et c'était juste majestueux ! Les chevaux sont hyper obéissants et indépendants.

On rentre à la tente toutes contentes. Ah, c'était trop bien ! Par contre, vive les douleurs aux cuisses... On grignote un bout de mimolette et faisons une petite sieste parce que, quand même, on s'est bien dépensées, hé. Mais si, mais si.

Je me réveille vers 15h30, toute excitée, heureuse. Je sais pas ce qui m'arrive. Je crois que j'ai rêvé que j'étais dans mon lit, et du coup en me réveillant j'étais juste hyper contente d'être là, j'ai eu envie d'y rester indéfiniment et d'aller grimper sur toutes les montagnes aux alentours. Sur ce, je réveille Camille pour qu'on aille se faire une promenade (la pauvre, ahah). J'irais bien voir en haut de la colline à côté de nous... Ni une ni deux, nous voilà grimpant, encore. Fiou, c'est pas aisé tout de même. Mais la vue panoramique sur le Son Kul vaut le détour...



On décide de rebrousser chemin et aller faire une balade sur le sentier en descendant par la colline. Je jette un œil à la tente : elle est loin ! Mais... Y a des trucs autour, là.
« Camille, regarde la tente. C'est quoi les gros points autour ? Des vaches ? »
- Putain, j'espère qu'elles vont rien voler, y a quoi dehors ?
- Bah tout...

Camille ouvre la marche et redescend à toute vitesse. Tout autour de la tente, les vaches s'agglutinent, le nez dans la toile. Pffffffffff j'espère qu'elles vont pas tout péter !
Quand Camille arrive, les vaches s'en vont petit à petit. Inspection des dégats...




Elles n'ont pas fait grand mal mais elles sont gourmandes !!! Elles ont fait la vaisselle dans les bols où il restait un fond de soupe, et surtout, elles sont simplement... bouffé les couverts qui devaient sentir la soupe. AAAAAAAHHHH MAIS C'EST BEAUCOUP TROP MIGNOOOOONNN !!




Bon ben sur le coup, on va pas se balader plus loin. On range le bordel fait pas les vaches et on fait notre toilette avant qu'il caille trop.

19h30, on débarque chez les kirghizes, toutes excitées de manger dans la yourte. Je sens qu'on va bien se marrer et bien se régaler. Bon, visiblement, on arrive un peu tôt. La madame nous dit d'aller nous installer dans la yourte, où des dizaines de hors d'oeuvres sucrés sont disposés. La déco est magnifique... J'aime tellement les yourtes... Quand j'étais petite, j'admirais les paysages mongols en me disant qu'un jour, je serai nomade et je vivrai en yourte.





Hélas, on comprend vite que le repas n'est pas du tout chaleureux... Nous qui pensions dîner avec la famille et faire connaissance, le rapport humain est en fait assez froid bien que cordial. Ils mangent de leur côté, et nous sommes servies dans la yourte, comme dans un restaurant, sans un mot. C'est assez bizarre et éloigné de l'image qu'on s'en faisait, mais c'est délicieux malgré tout.



Des CONCOMBRES quoi !! Des tomates et des concombres ! C'est marrant, Camille a rêvé précisément de ça pendant notre sieste méridienne. Mais surtout, manger des légumes et des crudités c'est juste un luxe après 8 jours de fromage et de soupe, croyez moi. Je me souviens en avoir rêvé en Laponie...
A la fin du repas, un ado vient nous apporter du thé. On est intriguées par les petites boulettes blanches. Il nous en donne deux : ok, c'est du fromage au lait fermenté. C'est pas ultra mauvais, mais c'est si fort ! Le gars revient, on commence à discuter. Il est vraiment cool ! Temirlan, qu'il s'appelle. 17 ans, super gentil. On lui apprend des mots français, il nous apprend quelques phrases kirghizes, on galère. On lui apprend à dire « c'est cool », du coup il le dit sans arrêt, ce qui me fait trop rire. Il est adorable. On a gagné notre soirée en rapports humains avec ce petit. Son grand frère arrive et nous montre un match de bozkachi en nous expliquant que c'est leur jeu, comme nous avec le foot. En gros, c'est du polo, mais avec une chèvre décapitée et rempli de je-ne-sais-quoi ! Ok, pourquoi pas. Ça a l'air vachement violent !!
On finit par donner notre numéro de téléphone à Temirlan (qui ne nous a jamais ajoutée sur whatsapp, saligaud!!) et les remercier chaleureusement pour le repas et la soirée.


On rentre à notre tente à la nuit tombée, heureuses et sautillantes.




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