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22 juillet 2019



Après cette journée fort productive, nous voici au moment clé : le col à 3200. Quelques 800m de dénivelé nous attendent cette matinée pluvieuse. Tant mieux, ça nous évitera de crever de chaud. La flotte est pas mal tombée cette nuit, et l'eau de la rivière a pas mal monté, heureusement pas jusqu'à la tente.


Plutôt motivées et en souffrance modérée, nous montons, pas à pas, cette belle montagne. On suit un petit groupe de randonneurs pendant une petite heure, et ils nous sèment assez rapidement parce qu'il faut admettre qu'on aime bien les PAUSES. Mais on monte, doucement mais assurément. La dernière ligne droite est assez interminable... On essaye tant bien que mal de rester régulières et de maintenir la cadence, mais ça commence à tirer pas mal... HEUREUSEMENT Y A DES MARMOTTES.





3 heures après notre départ, nous arrivons au col, et le soleil est revenu ! Yahouuu, on voit le Son Kul ! Enfin, le voilà ! Bon, il est encore loin, mais il est en vue !!

 


 
On fait notre pause pique-nique (je me traine toujours les babypoubels de la veille hein) avant de se remettre en route pour quelques kilomètres (6 kms) jusqu'au campement. La descente est douce et chaleureuse, à travers les champs de fleurs. Pas croisé une personne sur le chemin...



Camille prend un chemin alternatif, qui descend pendant que le mien monte un peu.
« Hum, tu t'éloignes non ? »
- Bah ça se rejoint non ?

 

10 minutes plus tard, elle se voit obligée de tout remonter hors sentier : joie est-elle ! Pause soin de son ampoule qui s'est disons éventrée. Traversons des pâturages, croisons un mec à cheval. Ça doit être cool quand même de vivre là, au milieu de rien, se déplacer à dos de cheval et boire du lait fermenté. Mmmmmh !
« Bon, elle est jolie la vallée ! »
- Tu entends les échos ?
- J'ai cru les entendre, en tout cas ! C'est qui le mec qui est venu te chercher l'autre jour ?
- Ah, c'était Akim, le fils du forgeron !
- Ah ok, et du coup il est venu te chercher pourquoi ?
- Bah les druides nous ont tous rassemblés là ils nous ont filé de l'hydromel...

Et on se fait toute la chanson comme ça (les vrais auront compris :D)
Ultime pause, il est 15h30. On a une énorme flemme tout à coup.
Les troupeaux aussi sont de nouveau en vue et CER TRO MIGNONG



Allez, dernière ligne droite. C'est parti pour les 3 derniers kilomètres jusqu'au campement, que l'on atteint assez rapidement. La rivière, le lac au loin et l'immensité des vallons et des vallées nous donnent un des plus beaux bivouacs du séjour.


 Camille inspecte les petits grains de terre au fond de la gourde.


On pose la tente, il est 16 heures, et on se fait une petite sieste. J'ai si chaud. Je finis par sortir, j'ai beaucoup trop chaud. Je me promène autour de la tente, je savoure. Diable que c'est unique. On dirait la Laponie, Saltoluotka, à la frontière entre la Suède et la Norvège, avec ce lac immense et ses montagnes enneigées, au loin, dominant tout à leur pied. La Laponie, sans les moustiques, sans la pluie, avec le soleil, la chaleur relative (pour moi c'est parfait), et on rajoute à ça des yourtes, des chevaux et des veaux à la place des rennes.

Camille dort encore, je me demande s'il faut pas que je la réveille parce qu'y a une grosse averse qui semble arriver. Je m'assois à côté de la rivière, regarde à gauche, à droite. C'est vraiment un beau pays. On voit plein de choses différentes en très peu de temps et très peu d'espace : de la haute montagne, du désert, des canyons arides, des grandes vallées immenses avec les rivières qui se creusent en leur sein.
Il est marrant, ce voyage, assez atypique, parce qu'on est environ aux deux tiers et j'ai à la fois l'impression que c'est bientôt la fin tellement on a vécu de choses qui me paraissent lointaines, et à la fois c'est passé hyper vite. On a vu plein de choses différentes, on a fait plein de choses différentes, prévues ou imprévues. J'ai du mal à avoir du recul sur l'ensemble parce que j'ai l'impression d'avoir fait plein de mini-voyages en un. Tout est différent tout le temps, les journées ne se ressemblent pas, les paysages ne se ressemblent pas, c'est sauvage, vierge, pur.



Camille se réveille d'elle-même, il me suffit simplement de lui annoncer qu'un gros nuage noir se prépare au loin et qu'elle va devoir s'armer à la toilette dans moins de dix minutes. La pilule passe plutôt bien, j'ai une réponse du type : « Grmbl ça veut dire que je dois me lever, maintenant là ? Mmmmmfffffffrrrrrr. »
Allez hop, on se désappe à la vue des yourtes en espérant qu'y aura pas un mec posté devant, contemplant le paysage. Il va être surpris. En 10 minutes, l'affaire est bouclée, et on en profite pour laver quelques vêtements.

Il est temps de préparer le festin dinatoire !!!! Bon, une soupe avec de la semoule, en fait. Ça change pas beaucoup beaucoup de jour en jour hein, c'est pas compliqué on a trois plats : pâtes au pesto, soupe à la semoule et riz au beurre-citron. Voilààà.
Et voilà-t-y pas que le réchaud fait quand même de petites flammes. Ça me rappelle un mauvais souvenir de Laponie ça... La bouteille de gaz était abimée et ne faisait plus que des mini-flammes. On avait du manger de la semoule froide au pesto. Un souvenir des plus merveilleux.
Je sous-pèse la bouteille : AH ! A pu beaucoup gaz là-dedans. Je me souviens des minutes à faire bouillir l'eau à cause de sa couleur marronnasse et comprends que ça va pas tenir encore 3 jours. Parce que je vous explique notre plan F : on abandonne l'idée d'allée à Issyk Kul ou Karakol pour les 2 derniers jours, on a peur de faire trop de route et gâcher une journée entière à relier la ville pour seulement 2 jours sur place. Du coup, sur une idée de Camille, on a opté pour faire du cheval demain, puis sur une idée de moi, rejoindre la route côté Est du lac en faisant une rando de 2 jours entre les montagnes. Etant donné la quantité de gaz qu'il nous reste, je crois qu'on peut tout de suite mettre en place le plan G et abandonner les deux jours de rando. Je sais même pas si on aura assez de gaz pour manger demain soir. Cela dit, ça fait longtemps que j'ai envie de manger avec les kirghizes dans la yourte. Depuis que le trio de françaises nous ont raconté leur soirée, ça me fait grave envie. Surtout qu'ils sont adorables, ça serait dommage de rater ça.
Alors, plan G ! Demain, cheval. Demain soir, manger dans une yourte. Après-demain, retour à Kochkor. Après-après-demain, on sait pas. Après-après-après-demain, retour à Bishkek. Après-après-après-après-demain, AVION :'(
L'ennui c'est qu'on a plus beaucoup de soussous : précisément 2800. Sachant qu'on se garde 1000 pour les 90 bornes en marshrukta vers Kochkor (on n'a aucune idée du prix, mais sachant qu'on a payé 500 pour l'aller en bus...), ça veut dire que dans l'idéal, il faudrait qu'une journée de cheval et un repas en yourte ne coûtent pas plus de 900 soms par personne (soit 11€!) On a des petits doutes, clairement... Bientôt un plan H ???

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