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31 juillet 2020


Réveil 7h30 : j’ai dormi

COMME

UN

BEBE !!


Il n’a pas plu visiblement, la tente est sèche, il y a seulement un peu de vent, je sors tout de même la petite polaire.




Je mange mes deux dernières barres de céréales, j’évite le thé parce qu’il ne me reste qu’une gourde jusqu’à la civilisation, et c’est loin. Et il va faire chaud sa mère.


A 8h30, toute tente remballée, je redescends ma putain de montée d’hier, et je mets environ 25 ans. Ok, 25 minutes. Mais pour pas grand chose.




Déjà dans la forêt, coupée du vent, je sens la chaleur. Mon pote David m’a dit que la canicule était violente surtout hier et aujourd’hui. Joie, je vais en chier, surtout que je fais que descendre…


Je passe par la pointe de Gorgeat et remercie en télépathie la dame qui m’a conseillé de camper au Mont Joigny. Ici, c’est joli (pas plus qu’au Mont Joigny cependant), mais aucun endroit pour bivouaquer : des arbres, un peu de terre avec des cailloux, et une falaise.


Ma foi, la descente se fait plutôt bien, avec vue sur le lac du Bourget au début, puis sur un grand chemin large de terre, à l’ombre. Je croise personne à part un type qui monte en courant (il est parti à quelle heure lui ??) et de magnifiques oeuvres d’art.







Les araignées, ces artistes. Avec les rayons du soleil, on dirait une sculpture de cristal.


Vers midi, je retrouve la route. J’en ai marre de descendre, même si le sentier est cool et que la pente est douce. J’ai quand même descendu plus de 1000m, j’arrive bientôt à St Baldoph et il me restera la partie la plus hard : 5 km sur la route jusqu’à Challes les eaux. Je me tartine de crème solaire, jette mon baluchon de poubelle et entame la dernière ligne droite vers St Baldoph, entre route et petits chemins.





Je veux bien une maison comme ça moi aussi. Avec des chiens.


12h30. Je fais une halte dans le chemin pour manger mon dernier pique-nique, à l’ombre. Des saletés d’abeilles me suivent sans lâcher prise. Je reste immobile : elles restent. Je bouge : elles me suivent. MBON, OKAY, J’AI COMPRIS, J’ME CASSE.


Je refais une pause vingt minutes plus tard, sur un bout d’herbe à côté du sentier. Encore des abeilles. Mais bordel laissez moi juste manger ! En plus je leur laisse plein de boursin et de pain pour qu’elles mangent et me foutent la paix, mais non, elles veulent MON PAIN et MON BOURSIN. Je me hâte d’engloutir mes 3 tartines et me casse d’ici fissa. 


Je sue à grosses gouttes. Il est que 13 heures mais j’ai quand même hâte d’arriver, prendre une douche, trouver un endroit frais. Je n’ai plus que 2 centimètres d’eau dans ma gourde, il fait 38°C, je m’économise depuis ce matin mais j’ai vraiment soif. Je boirais de l’eau chaude s’il le faut, je m’en fous, juste j’ai soiiiiiif. 





Ok, je suis à la route. Des champs de vignes, des maisons, une église… Plus que 5 kms. Je checkes Maps Me sur mon téléphone qui a tellement chaud qu’il peine à s’allumer : toutes les sources indiquées n’existent absolument pas, ou alors elles sont carrément chez des gens. Je suis quand même pas au point de demander de l’eau aux gens… Je continue ma route, et TADAAAAAM.




Alleluia, une fontaine qui coule à flots. Je reste ici facilement 20 minutes, à m’asperger d’eau, me laver tout ce que je peux (visage, bras, mains, cou) et surtout je BOIIIIIIIIIIS MA RAAAAAACE !!!! J’enfile une demie gourde et en remplis une autre : une seule devrait suffire pour le reste du trajet. Et puis de toute façon, je croise des fontaines tous les 50 mètres après celles-ci.


De Saint-Baldoph à Challes les eaux, la route est clairement PENIBLE. Je suis dans une espèce de zone industrielle dégueulasse où y a des magasins de location de grues (au secours) et que des grands axes, où les conducteurs me regardent comme si j’étais un animal. Raaaaah, mais BARREZ-VOUUUS ! Ou du moins, foutez-moi la paix, je souffre déjà assez comme ça. Je suis en plein soleil, je passe sous l’autoroute, puis je longe la grande route départemental pendant de longues, longues, looonnnngues minutes. Hé mais c’est loin Challes les eaux en fait !!





Je trouve enfin un peu d’ombre avec un muret, je m’arrête pour voir où j’en suis sur Maps Me. Des bagnoles font la queue au feu rouge. Je suis écarlate, dégoulinante, je tente d’allumer mon téléphone qui est bouillant. Je retire la batterie, souffle comme un mufle. 


« Vous avez besoin d’aide mademoiselle ? »

Je lève la tête. Une dame arrêtée au feu a baissé sa vitre et me regarde.

- Euh, non non, merci c’est gentil !


Comment ça j’ai besoin d’aide ? J’ai l’air d’avoir besoin d’aide ? Est-ce qu’à partir du moment où on commence à vous demander ça, c’est qu’on a vraiment une sale gueule ?

Possible…


Je passe à côté d’un sculpteur de bois assez doué. Peut-être le seul truc intéressant tout au long de cette putain de route.




« Hé il est doué quand même, on le reconnait vachement bien Johnny ! »

Je parle seule, les gens me regardent bizarrement. Oui ben j’ai plus trop l’habitude de vivre en ville et je suis dans un état assez lamentable, hein.


Une heure de marche plus tard, je suis ENFIN à Challes les eaux. Je passe devant la mairie, je fonce vers un espèce de parc à côté de la bibliothèque, à 5 minutes du camping. Ok, il est 14h30, j’ai plus qu’à attendre 16 heures que le camping ouvre et poser mon barda.


SMS à David : 


« Putain j’ai chaud. » 

- J’imagine, déjà à l’intérieur c’est un four… T’es où ?

- Ben là. (J’envoie une photo)

- Ah mais t’es à Challes !

- Oui j’attends que le camping ouvre. T’habites où toi ?

Il me file son adresse.

- Si tu veux tu peux venir chez moi en attendant.

Je checke son adresse : HAAAANNNNNNNN je suis passée pas loin ! Faut que je fasse demi-tour ! Nouveau SMS de David :

- Tu pourras prendre une douche.

- OK J’ARRIVE.


Il sait parler aux énergumènes puants dans mon genre. 


Je passe par la banque pour retirer 20€. J’appuie trop longtemps sur « retrait » et l’écran tactile comprend que j’ai appuyé deux fois au même endroit. J’ai donc retiré 140€. Ah. Great. Je sais même pas si j’ai 140€ sur mon compte. 

J’arrive chez David une dizaine de minutes plus tard, dégoulinante. Il est en télétravail jusqu’à 17 heures mais cela ne nous empêche pas de taper la discut. Je raconte un peu mon périple, LA CHALEUUUUUUUR atroce d’aujourd’hui. Je saute sur sa proposition de douche et je me sens tellement mieux ! Allez hop, le sakapu s’agrandit ! Heureusement j’avais gardé quelques affaires propres et « civilisées » (un jean et un débardeur) pour le week-end citadin. 


David me propose d’aller se baigner dans le lac du Bourget ce soir. Ah ben ça c’est une super idée, par contre j’ai rien du tout pour me baigner ! On boit une bière faite maison (oui, David fait sa propre bière, c’est pas la classe ça ???) 




Puis il me dépose au camping vers 17 heures, je règle mes deux nuits et laisse mon gros sac dans sa voiture. Pas la peine de perdre du temps à installer ma tente maintenant, elle sera bouillante quand je rentrerai.







C’est qu’il fait très très chaud dans la voiture. Enfin dehors. Enfin dedans aussi, du coup. Bref, on a chaud. On s’arrête à Cham Nord pour acheter deux trois babioles. Me faut un maillot de bain et des tongs, je peux pas rester 3 jours avec mes chaussures de rando.





Oui bon, tous les ans je suis censée en racheter mais tous les ans je me dis qu’elles feront l’affaire. Je crois que je vais attendre qu’elles soient vraiment scindées en deux pour en acheter de nouvelles, ahah. 


C’est la fin des soldes, je trouve que des bikinis rose pétant ou autre couleur ignoble, et surtout de toutes les tailles sauf la mienne. On finit par aller dans le grand Carrefour : je trouve pas mal de maillots, mais tous en taille 46 minimum. Je fouille je fouille, et je trouve un maillot de bain simple, noir, taille 36. Parfait ! On achète des tongs et on se casse. 


Arrivés au Lac du Bourget, on retire les étiquettes de nos affaires et on va se changer aux toilettes. Mais… C’est qu’il est très grand ce maillot de bain quand même. Surtout que je fais pas du tout du 36 moi. C’est censé être gainant, et ça ballotte de tous les côtés. Je regarde l’étiquette. Putain ! Qui a mis un 46 sur un cintre 36 ????? Bon ben, maillot de secours hein. C’est mieux que rien. On va dans la flotte par une espèce de descente très glissante et on se rend vite compte que c’est pas le meilleur spot parce qu’y a que des bateaux et des gamins qui ont de l’eau à la taille à peine. David me propose de bouger vers un coin mieux.


On sort de l’eau et on marche 5 minutes vers une autre plage, encore plus jolie et plus ouverte : Aaaaah !




Ce que ça fait du bien de se baigner, waaaahhh ! Je suis comme un poireau dans l’eau. Le soleil se couche derrière les montagnes et l’eau devient rapidement fraîche, on sort pour se sécher. Il fait tellement bon sans soleil et après un bain dans le lac ! Aaaaaaah, je revis. Je propose à David qu’on bouffe au resto vers Chambéry. On reste sur les cailloux un moment à sécher et papoter, puis on se met en route. Je vois le visage de David tout à coup très sérieux, voire paniqué : 

« Qu’est-ce qui se passe ? »

- Je trouve plus les clefs de la voiture.

- Oh merde.


On fouille partout à côté des rochers, en dessous, dans les galets : rien. Elles peuvent pas avoir disparu. Elles peuvent pas non plus être allées se cacher à un mètre de profondeur. Un petit groupe de gens s’approchent et commencent à nous aider à chercher. Bon. Etant donné qu’on s’est changés sur l’autre plage, je suppose qu’elles ont glissé de sa poche, soit sur l’herbe, soit aux WC. David se hâte de retourner là-bas pour voir, tandis que moi et les gentils gens continuons de chercher ici dans les cailloux. Dix minutes plus tard, SMS de David : 

« Tu me croiras jamais. »

- Elles étaient dans l’herbe ?

- Non, meilleure cachette.

- Dans les chiottes ?

- Non

- … tu les as laissées sur la voiture ?

- Non plus, mais ça aurait pu !

- Je vois pas.


Il arrive en rigolant.

- Alors ???

- Ben j’ai demandé à un mec s’il avait pas vu des clefs, il m’a dit non. J’allais retourner aux toilettes et puis je me suis souvenu qu’en passant j’avais jeté des trucs à la poubelle…

- MAIS NON.

- Si.


AAAAAAHHHHHahahahahahaha !! Je m’en rappellerai longtemps de celle-là. Du coup il a du vider la poubelle pour retrouver les clefs de la voiture, effectivement dedans. Niiiiiice !!!!


On remercie les gens et on retourne à la voiture, je suis morte de rire. Plus de peur que de mal, heureusement !!


On file vers Chambéry où on trouve un resto de burgers. Woooooh. Mon ventre comprend pas ce qui se passe, il est genre : « Euh? Sérieusement là ? Une semaine de diet, 4000m de dénivelé, de la soupe tous les soirs, et là tu me files UN BURGER GENRE ? UN BURGER ???? AVEC DES FRITES ?!? MER EL ET FOL ». Oui mon ventre a un langage d’ado des années 2000.


C’est la panse bien remplie qu’on s’en va faire une promenade digestive dans Chambéry, après avoir contemplé une horde de pompiers et de flics au pied d’un appartement, sans avoir le scénario ni le dénouement de l’histoire. 


David me dépose au camping vers 23 heures, je rejoins ma place à l’ombre que le monsieur m’a donné, tout en me disant « si vous voyez une meilleure place inoccupée, prenez-la et dites le moi demain. » Ok ok mais là il fait nuit. Je m’arme de ma lampe frontale et commence à déballer ma toile de tente et la monter. Je cherche mon portable et me rends compte que je l’ai laissé charger dans la voiture de David. Merde. « Bon, je vais lui envoyer un message. » que je me dis, très intelligemment.

Aha, aha. Bon. Y a pas 36 solutions : soit il a pas vu mon portable, et je vais devoir aller chez lui demain matin (sachant que la sonnette marche pas, donc faire des grands signes devant le portail en sautillant comme une abrutie), soit il a remarqué, et il va revenir au camping me l’apporter, gentil comme il est.


Je repars vers l’entrée du camping avec ma frontale, et au bout de quelques mètres, je me retourne vers la tente et je vois David, mort de rire, avec mon portable à la main. Putain mais quel beau duo de boulets on fait aujourd’hui !!! David me raconte qu’il a vu mon portable en sortant de sa voiture, chez lui, et s’est dit « Ah merde, bah je vais lui envoyer un message ! » … Ah lala, la chaleur nous fait pas de bien on dirait !! Je m’excuse, le remercie et on se dit à demain.


Putain, il fait tellement chaud. Tout est chaud. Mon sac, ma tente, mon tapis de sol… Je sais pas quoi faire. Je m’endors toute tente ouverte, en sous vêtements, histoire d’avoir un peu d’air.



Total de la journée : 13 km / D+ 30 / D- 1300



Suite --> 1er août 2020


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