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29 août 2017


5h20. Quelqu'un me prend ma couette, ça me réveille. Je la tire mais ça tire plus fort de l'autre côté. Camille est bien décidée à garder ma couette (on en a une chacune dans le lit deux places).

« Hé c'est ma couette ! » que je lui lance, sans effet. 
Je répète en tirant vers moi : « Camille ! C'est ma couette ! »
- Mais pourquoi ? Qu'elle me répond.
- Mais c'est ma couette !
- Elle est où la mienne ?

Je me rends compte qu'elle dort dessus. Je lui prends et l'étale sur elle mais elle m'envoie balader en me disant « c'est bon, c'est bon ! » donc je la laisse se débrouiller avec sa couette mal mise.

8h. Dernier réveil en Suède. C'est un peu la déprime là, clairement. On est tristes. Je repense à nos premiers jours de rando, à la soirée d'anniversaire de Camille au refuge, au bivouac magnifique devant le coucher de soleil... Et j'ai pas envie de partir.

Je parle à Camille de la couette qu'elle m'a prise, elle se rappelle de rien ! Visiblement elle dormait. Elle se souvient juste que je lui mettais la couette sur elle alors qu'elle avait chaud aux pieds et elle croyait que je voulais lui mettre une protection.

On se lève après un beau concert de ronflement et allons prendre notre petit dej et nous enregistrer auprès de la gérante de l'auberge. Elle nous propose de laisser nos sacs à l'hôtel pour qu'on soit tranquilles toute la matinée avant de prendre le bus pour l'aéroport ! Chic. Heureusement qu'elle nous le propose parce qu'on est particulièrement molles ce matin. On quitte l'hôtel et allons vers le Sud de la ville pour visiter un peu l'autre partie, mais on se traîne et on est vraiment pas motivées. Je sais pas si c'est le fait que ce soit la fin, le temps, la fatigue, ou un peu les trois, mais on est pour le moins blasées. On s'arrête dans quelques magasins, dont un magasin qui vend des savons.





C'est des savons. C'est TROP COOL.

Il y a des petits cafés partout et, après un petit tour d'une bonne heure, on se pose en terrasse pour boire un smoothie et un milkshake.




Assez peu emballées par le quartier, on repart vers la vieille ville pour trouver un restaurant moins cher qu'hier. On tombe sur la rue parallèle à la rue d'hier où il y a plein de ptits restos et cafés sympas. On s'arrête au Cosy Café pour manger une salade et des lasagnes aux légumes pour une quinzaine d'euros chacune.

On ressort avec dans l'idée de finir une nouvelle fois notre repas sur une gaufre, mais cette fois on veut pas une gaufre réchauffée mais une faite devant nous ! Me semblait avoir vu un glacier qui faisait ça un peu plus haut. On se tape toute la rue à la recherche de LA gaufre et tombons sur une horde de petits vieux... On les double et entrons chez le glacier avant que la Horde nous suive (ils rentrent à 8 pour une glace t'sais.)




Miam.

Je vais ensuite au comptoir pour payer les gaufres : 170 sek que le monsieur il demande ! Ça fait seulement 9€ la gaufre ça dis donc !! Pinaise, il fait bien de pas afficher ses prix ! Cela dit, elles sont FRESHLY MADE.




En deux jours à Stockholm on aura dépensé autant que sous et consommé autant de calories qu'en 10 jours dans la pampa ! On se dépêche de retourner à l'hôtel parce qu'on a envie de manger notre gaufre tranquille avec un café et un thé. Ce qu'on fait. A l'hôtel, on se met à discuter avec un couple de québécois sympas, de nos vacances, de la Laponie, de Paris, de Montréal, du ski, des grands espaces...

14 heures passées : départ vers la gare où on prend le bus pour l'aéroport. Pendant tout le trajet, Camille se sent mal parce qu'elle a l'impression qu'elle a une bête dans son pantalon. Dans le bus, on parle de la solitude en voyage, de partage et de la Laponie, qui nous paraît à la fois si loin et si proche. On est en pleine transition et ça fait assez bizarre. Il y a deux jours on marchait encore avec des rennes pas loin de nous dans une nature vierge. Nostalgie.

16 heures, arrivée à l'aéroport, enregistrement, passage de la sécurité. Mon sac est à 13,6 kg, celui de Camille à 11,8 kg. Fiou, il a bien descendu en poids son sac !! Dire qu'on pensait qu'ils faisaient moins de dix kilos tellement ils nous paraissaient légers !
On s'achète des sandwichs tomates / mozza / pesto à 10€ (LA BASE) et embarquons à l'heure prévue, 17h30 ! 


Euh, en ce qui concerne le mec là, je vais pas me prononcer mais en gros je me dédouane.

18h : décollage et broyage de bras, la base. Camille se cache dans mon épaule et quand l'avion bouge un peu elle me demande pourquoi ça bouge :D
La pauvre. 




Voilà, le voyage touche à sa fin. C'est sur une impression très étrange de retour à la réalité difficile que nous nous séparons à l'aéroport, où Camille peste parce que son tapis de sol a disparu de son sac... La lose. Je me demande comment sont traités les sacs dans la soute, ça doit être un sacré bordel...

C'est très bizarre de revenir à Paris. J'ai un peu de mal à revenir dans ma banlieue. Je pars rarement en vacances si longtemps coupée du monde à ce point. Le lendemain, je déprime carrément. La rentrée arrive, c'est dur de se replonger dans le bain et de surpasser les réminiscences. Cela fait deux jours que je suis rentrée et deux matins que je me réveille en me demandant où est Camille. Et après je me lève et je redécouvre le bordel qui siège dans mon appart et c'est pas du tout agréable :D

C'est pas vraiment donné comme périple, mais pourtant qu'est-ce qu'on reçoit... Pas tellement des gens (y en a tellement peu), mais des arbres, des lacs, du ciel, de nous-mêmes, parfois des rennes. Les paysages sont toujours un peu les mêmes, et pourtant on arrive à s'attarder sur chaque différence, chaque évolution, chaque jour. Le fait d'y être plongées 24h/24 fait qu'ils finissent par faire un peu partie de nous. Ce décor, sauvage et vierge de toute trace humaine, devient presque vivant et une part de notre quotidien, voire une part de nous-mêmes, le temps de quelques jours. Même les nuages, font partie intégrante de notre vie. J'ai rarement fait autant attention aux mouvements des nuages. Bien sûr, on a râlé, on a eu mal, on a eu froid. Mais finalement, au delà de nous apprendre la chance qu'on a de vivre décemment et la valeur qu'a le confort, on se souvient surtout de l'immersion et de la nature omniprésente. J'ai rarement eu l'occasion de voir des décors aussi naturels, pourtant j'en suis un peu tout le temps à la recherche. Je suis contente de voir qu'on a plutôt bien tenu la cadence sur la longueur, comblée par les paysages et tous ces kilomètres parcourus avec une paix et un bien-être intérieurs qui dépassent et font oublier le mal-être physique. Au fond, j'en ressors peut-être un peu plus détendue, je crois, je prends les choses plus légèrement, peut-être. Je ne sais pas bien, je réfléchis pas trop, en fait. J'ai encore du mal à atterrir et à sortir de ma bulle, bien que le quotidien me rattrape très vite. J'ai parfois l'impression d'avoir fait un long rêve, dont le souvenir est à la fois très frais mais aussi bien loin dans ma tête. Je me souviens bien de tout, même des premiers jours qui me paraissent tout proches. C'est passé vite mais il s'est passé tellement de choses qu'on mesure bien le poids de nos deux semaines malgré tout. Il n'en ressort pas spécialement un sentiment de quiétude comme dans les Alpes, ni d'une espèce de dépassement de soi, simplement une expérience inédite, magnifique, originale et belle, en compagnie d'une personne idéale pour vivre ce genre d'expériences : quelqu'un qui aspire aux mêmes envies et buts que moi, quelqu'un que je connais assez bien pour pouvoir partager les bons comme les mauvais moments, quelqu'un qui sait encaisser sans broncher, mais aussi avec une sensibilité essentielle et indéniable. Exactement ce qu'il fallait pour ce voyage. Merci mon Kaykay :-)

Pour quiconque recherche une rando itinérante, en quête de faune et flore sauvages, d'immensité, d'étendues démesurées de beauté, même si c'est difficile d'accès : foncez !! 




2 commentaires :

  1. Ça donne terriblement envie mais en même temps... J'aurais tellement de mal à fourrer toute ma nourriture dans mon sac !
    Bravo de nouveau pour ce périple de guerrières (n'en déplaise au Mike Horn onirique qui habite dans le Gard) !

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    Réponses
    1. Ahah, guerrières guerrières... tout est relatif :-)
      Concernant la bouffe bon bah il y avait quand meme le gateau et la crème anglaise qui pesaient leur poids, et puis, on a ramené pas mal de nourriture aussi mais c'est vrai qu'on mangeait peu. Enfin... tout est relatif :D

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