21 août 2017


6h45. Je me réveille de moi-même (de toute façon mon portable ne sonne pas) et passe direct la tête devant la fenêtre pour constater les nuages qui entourent le refuge... Rien n'a changé niveau météo. C'est à se demander si on aura droit à un peu de soleil pendant ces dix jours. Je vais chercher les vêtements secs et la plupart ne le sont pas encore puis réveille Camille qui me demande d'emblée :
- Il fait quel temps ?
- Comme hier.
- Ffffffff.

Je viens d'anéantir un espoir. Dehors, je vois un bébé renne avec sa maman qui se baladent autour du refuge :-)



A peine levée, Camille remballe son duvet (étalé par terre pour sécher), range son sac illico, sans même toucher à son café O_O ben dis donc, quelle efficacité ! On sent que la nuit en dur a fait beaucoup de bien. D'ailleurs je me demande pourquoi on parle de dormir en dur alors que le sol c'est clairement plus dur qu'un lit !! Les murs on s'en fout quand on dort, hein.
On profite d'être au sec pour prendre le temps de bien ranger nos affaires, réorganiser nos sacs et faire un soin des pieds à Camille ! C'est donc seulement vers 10 heures que l'on quitte la cabine pour Duottar, les pieds secs pour la première fois depuis trois jours !! Du coup comme on a des chaussures moyennement imperméables, on prépare un espèce d'isolement fait-maison pour traverser les rivières...


Vous moquez pas, ça a marché, un peu.

Camille a rêvé que Mike Horn nous prenait un peu pour des lopettes parce qu'on avait succombé une nuit dans un lit, ahah ! Ça sent la petite culpabilité de pas avoir tout fait « à la dure » :D En gros il lui disait qu'on profitait pas assez de l'instant présent, et qu'il avait lu ce blog et que ça l'intéressait pas du tout (Camille lui avait demandé de venir avec nous). Il a fini par lui filé son adresse en France, donc les gars je vous l'annonce : Mike Horn vit dans le Gard. On a pas plus de détails.

Nous grimpons sur quelques 200m de dénivelé, dans les nuages très bas et la brume. J'ai hyper froid mais tout va mieux quand j'enfile ma polaire.





Le monsieur du refuge a dit qu'il ferait froid mais que la pluie avait cessé et que peut-être on pourrait apercevoir le soleil cet après-midi... mmmmh ok ! Pour l'instant il fait mouillé quand même.

Ça n'empêche pas le paysage d'être sublime et, même sous un temps nuageux, on arrive à être comblées par les montagnes, les névés et les troupeaux de rennes. On traverse des plaines plus ou moins enneigées, nos chaussures sont sèches, c'est hyper agréable ! Du coup on fait hyper attention à la boue et aux flaque d'eau. Une chance, on arrive dans une zone un peu montagneuse donc on a beaucoup moins de cours d'eau à traverser et la boue se fait beaucoup plus rare que les jours précédents. Le sentier est très pratique, plat, sec, c'est chouette ! On avance relativement rapidement jusqu'à midi.



Bon sauf quand on tombe sur des névés verglacés... 




Du coup on les contourne mais Camille se sent pas total secure.

Jusqu'à ce qu'on arrive sur … un gué. Aïe. Nos chaussures ont passé la nuit à sécher, et maintenant on va devoir les replonger dans la flotte. Pfffffffff, c'est mort, je traverse pieds nus. Camille s'énerve grandement, elle a pas du tout envie de se pourrir les pieds (et tous les pansements mis ce matin) en traversant à pieds.



On reste là une bonne demie-heure (notamment pour manger du chocolat) à regarder les gens traverser et se demandant comment nous on va faire. Il se trouve que tous ont des sandales ou des genres de crocs ainsi que des bâtons, et ils ont pas l'air très sûrs d'eux. Alors nous sans bâtons et pieds nus, j'ai un peu peur qu'on se casse la gueule. On va voir des suédoises (qui nous parlent en français direct, ça a un côté vexant) qui nous conseillent de passer en chaussures puis de mettre des chaussettes sèches avec des sacs plastiques autour pour garder les pieds au sec... Mbon. La fameuse technique des sacs plastiques déjà expérimentée au Beaufortain en ce qui me concerne. L'idée de plonger les chaussures dans 50 cm de flotte après les avoir faites sécher toute la nuit me désespère, mais bon. Elles seront pas restées sèches longtemps :-( Allez hop, c'est parti ! Je remonte mon pantalon et go dans la flotte.




Tadaaam. LA CLASSE.

Pour Camille les sacs plastiques sont une véritable révélation : ils lui empêchent d'avoir mal aux pieds à cause du frottement ! Révolution !! Par contre moi ça me plait pas DU TOUT. Ils sont pas étanches, je suis gelée.



La route est difficile aujourd'hui, le froid ne se repose jamais, alors nous non plus. Mais malgré tout la bonne humeur est au rendez-vous et les paysages, oh combien sauvages, nous comblent.



14h15 on fait la pause MIMOLETTE WASA (laissez-moi vomir). Camille me force à finir mon morceau de mimolette parce que sinon elle me donne pas mon chocolat. AH la garce, elle sait me manipuler ! Du coup je finis ma mimolette non sans peine et ai le droit à mes carrés de chocolat :-)




Je me les pèle, y a un vent glacial, c'est un peu dur ce midi. Ça n'entrave pas vraiment notre bonne humeur malgré tout ! On croise un groupe de 5 mecs, dont l'un randonne en jean et les mains dans les poches. « Comment il a passé le gué lui ? » me lance Camille. C'est vrai ça, ils ont l'air un peu en mode « yolo ».

On repart et on avance bien pour la première fois, on sent que l'état du sentier joue énormément sur notre vitesse de marche, même dans les nuages. Tout autour de nous il y a des éclaircies à l'horizon, mais au-dessus de nous y a toujours du gris et on est toujours dans les nuages !!

Ah bah oui, ça, il faisait pas beau hein.

Les paysages sont vraiment sublimes, le sentier est désert, on croise peu de gens, ni d'animaux d'ailleurs. On arrive à Duottar vers 15h30 ! L'idée, comme il est tôt, c'est de continuer pour prendre de l'avance sur l'étape de 19 km de demain. On a déjà fait 11 km en 5 heures (avec les pauses), c'est cool !



On a vu sur la carte qu'après le refuge on a encore deux gués à traverser... Allez, autant tout faire le même jour, de toute façon on a les pieds trempés ! Eh oui parce qu'évidemment les sacs plastiques à 30 centimes, ça résiste pas très longtemps à la flotte ! C'est donc à l'arrache que l'on traverse les deux gués suivants...

Le premier, très large mais pas très haut.


Le deuxième, plus haut. Camille traverse à l'arrache. BALEK.

Nini: "ça y est on a perdu Camille"

La pluie se remet à battre de plein fouet mais on continue encore quelques kilomètres jusqu'à ce qu'on trouve une aire de bivouac un peu coupée du vent.

C'est'y pas beau, franchement ?

On trouve notre bonheur 3 km plus loin, juste à côté d'une petite rivière, en face une cascade, et au pied d'une petite butte qui nous coupe du vent : yeah !





Il est seulement 17 heures quand la tente est installée et Kay lave l'intérieur crado. On y retrouve un peu tout et n'importe quoi de la soirée chaotique de l'avant-veille, notamment de la semoule (je crois ?)



La pluie a cessé et j'ai les pieds GELÉÉÉÉÉÉÉS ! J'enfile les chaussettes thermiques pendant qu'on fait cuire de l'eau pour le goûter. Le réchaud me semble très faiblard, la flamme reste faible même lorsqu'on augmente le feu... Ça va être très long pour faire la cuisine. Régulièrement, un coup de vent fait carrément éteindre le réchaud. Au son, du gaz semble pourtant s'échapper mais en faible quantité. C'est comme si on pouvait allumer le feu mais impossible de l'augmenter donc il reste au minimum.



Mbon. Ça pue. Le problème c'est que la bouteille de gaz a l'air encore remplie à moitié, donc soit elle est défectueuse, soit c'est mon réchaud qui déconne, et ça ça va être plus compliqué à trouver. On éteint : pas de goûter. Pourra-t-on faire à manger ?

On reste dans la tente un moment, il fait super froid, la nuit promet d'être dure. Mais gros points positifs : je n'ai pas de branches ou de bosses dans le dos pour dormir pour une fois, il ne pleut plus, et il n'y a plus de moustiques !!! Libérationnnnnn. D'habitude je file mes chaussettes thermiques (offertes par Claire et Jenna, merci!) à Camille la nuit, mais c'est la première fois que j'ai vraiment trop froid pour lui filer les deux. Du coup, esprit de solidarité oblige, on en prend une chacune et Camille a l'idée de mettre les deux pieds dans une seule chaussette ! Pas bête. :D


On finit par réallumer le réchaud à petit feu (obligé, y a pas gros feu) et patientons une bonne demie heure pour obtenir de l'eau frémissante et y faire cuire de la semoule tiède avec du pesto. Bon, c'est pas foufou mais on s'en contente ! Heureusement qu'il y avait ni vent ni pluie...



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