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22 avril 2015


Aaaaaah, mon rituel du matin, lever Camille ! Je prolonge nos habitudes corses en préparant le petit-dej pendant qu'elle me répond « mmmhhhhhhh. » quand je lui dis « hé, Camille, faut se lever maintenant ! » Oh, méchante Nini, trop de sarcasmes dans ces phrases, Camille s'est levée plutôt facilement en Corse comme en Sicile, je suis très fière d'elle. Si tu me lis, petite corse : je suis très fière de toi. Bref. Nous voilà en partance pour le vieux Trapani (où l'hôtel se trouve déjà, en fait). Au programme de la journée : balades dans les rues de la vieille ville, puis bus Trapani-Palerme, où nous ne ferons qu'une courte halte, puis train Palerme-Milazzo, où nous ferons une halte moins courte (une nuit, en fait). Déjà, on sort de l'hôtel, le hall lui-même est super beau.


Pas besoin d'aller très loin pour s'engouffrer dans les rues minuscules de la vieille ville aux murs délabrés et aux linges pendant aux fenêtres. La ville est vide, seuls quelques siciliens au pas de leur porte discutent de ce qu'on imagine être la météo ou des ragots locaux (il se trouve que ni moi ni Camille ne parlons un mot d'italien – et il se trouve aussi que ni les siciliens ni les siciliennes ne parlent un mot d'anglais, ils préfèrent limite le français en général). La ville est calme, paisible, d'une douce chaleur, on imagine le poids écrasant de la saison estivale qui plonge les rues dans une chaleur étouffante et pousse les gens dans leur lit (pour la sieste, hein). En somme, le silence et la tranquillité seraient les mots les plus adaptés à cet instant.



 (Ça se voit pas mais là ça puait bien. En plus, y a une grue - j'ai peur des grues.)

Après deux heures à flâner tantôt à une terrasse de café, tantôt au port assises bord de l'eau, tantôt traînassant ou s'allongeant dans les petites rues vides, on retourne chercher nos sacs à l'hôtel avant de prendre le bus pour Palerme, à midi. Le trajet de Trapani à Palerme passe essentiellement par la campagne vallonnée, quelques villages, quelques vignes, quelques montagnes également en approchant de Palerme. C'est bizarre en fait comme paysage. On dirait que la nature est pas rangée. On dirait mon appart, mais avec de l'herbe et des arbres. Pour occuper notre temps, j'apprends à Camille la Tribu de Dana, que je connais par cœur (toute ma jeunesse bro). Pour les malheureux qui ne connaitraient pas (et que je plains, par conséquent), je vous conseille de cliquer ici.



Après deux heures de bus, nous voici à Palerme ! Courte halte, disais-je donc (comment ça « ah bon ? » ? Ah ouais, je vois, alors on lit entre les lignes, je vois, c'est bien la peine que j'écrive, hein, hein, la prochaine fois, hein, bon.) Bon. Après quelques incantations de druides et de magie explorations des alentours de la gare, il s'avère qu'y a pas tellement à manger. Ou alors c'est bien caché. Ou alors c'est fermé. Ou alors on est des empotées et on a pas les yeux en face des trous (à vous de choisir la bonne solution, moi je la connais). Finalement, on trouve un espèce de snack où on a, pour la modique somme de trois euros, une grosse assiette de pâtes à la POMODORO. Eh ouais, on mange des pommes en or, nous.

 

Reprenons le train vers 16 heures pour trois heures de paysages chouettos. Entre montagnes d'un côté, et la côte aux allures corses de l'autre, me voilà comblée ! Camille récupère de sa nuit (oui, oui, j'essaye de faire genre elle a une bonne excuse pour dormir, donc elle était très très très fatiguée.) tandis que je me colle le nez à la fenêtre (d'ailleurs j'ai encore de la glue séchée dessus, pas très agréable) et je me dis que le train, quand même, c'est cool (j'ai trouvé le nouveau slogan de la SNCF : « hé, le train, c'est cool ! »). On a juste à rester assis et regarder défiler les jolis trucs. Franchement, y a pas à se plaindre (et promis j'arrête avec mes parenthèses).



Et là, je retrouve cette sérénité des voyages, cette déconnexion éphémère qui nous rend loin de tout, mais au plus proche à la fois. C'est bizarre à décrire, mais je pense que beaucoup comprennent ce que je veux dire. Je me pose pas de questions, je regarde simplement cette côte montagneuse défiler. Rien de tel que de laisser ses pensées voguer sur cette mer bleue et pétillante. Ici, on ne sait plus quel jour on est, les problèmes sont loin, on a ni envie d'y penser, ni besoin, ni intérêt. C'est ce qui s'appelle être dépaysé, cette sensation « hors de tout », d' « instant présent » que j'affectionne tout particulièrement en voyage, et qui me manque tout le reste de l'année. Ces rares moments où plus rien ne semble vraiment grave, où tout paraît si simple, beau, les angoisses s'envolent au profit... du profit. On oublie, on relâche, on touche pas à tout ce qui « va pas », on a même pas besoin de faire d'effort pour mettre ce qui « va pas » de côté, ça aura bien assez de place en rentrant à Paris pour venir polluer mon air ici (attention, ma vie est super cool hein, c'est pas le propos). On pense juste à des choses qui nous transportent, on prend du recul, on se sent vivre pour quelque chose, pas seulement bosser, bouffer et dormir. Rien que le fait de se sentir vivre, c'est cool. C'est tellement rare comme sentiment. Juste se sentir vivant et heureux, sans rien d'autre. Quand on part, on est constamment dans la découverte, dans l'extra-ordinaire au sens brut, dans le nouveau et les sensations. Alors, dans des moments de tranquillité, nos pensées partent vers d'autres lieux, vers des gens qui nous paraissent loin maintenant, mais qui prennent pourtant d'autant plus de place dans notre cœur. Enfin, on relativise, on se laisser bercer par ces instants que la vie nous offre, du moins, que l'on s'est offert. [Nini apprentie poète philosophe : OFF]

Et nous voilà, après 2 heures de bus et 3 heures de train, à l'autre bout (presque, pas COMPLÈTEMENT l'autre bout) de la Sicile ! A la gare de Milazzo, des mecs pseudo taxis se jettent sur nous tels des piranhas sur un doigt de pied malencontreusement laissé à la surface de l'eau. Plusieurs d'entre eux nous suivent jusqu'à l'arrêt de bus : « pour 5€ chacune je vous emmène au port », « vous êtes françaises ? Vous venez d'où ? Vous allez où ? ». - Oui. Du train. Pas avec toi. (Et accessoirement, dégage). Il faut dire qu'avec deux jeunes filles, les italiens sont quand même en général assez RELOUS, pour ne pas dire plus. Je ne compte pas le nombre de fois où j'ai eu envie de taper ceux qui regardaient Camille de haut en bas ou qui nous interpellaient dans la rue.
Après un bon quart d'heure à poireauter sur le trottoir et à décliner les propositions des taximen, voilà le bus qui arrive et nous amène en 10 minutes (et pas en 10€, lui) à bon port (HAHAHA). Le port de Milazzo, donc. De là, après une petite marche de 500 mètres, nous voici à l'appart loué par un particulier, spacieux, avec une sacrée terrasse sur cour.


Vers 20 heures, nous nous mettons en quête de courses pour faire à manger. On sillonne les rues de la ville sans trouver autre chose que des coiffeurs, des magasins de vêtements, des agences de trucs et de machins. Mais j'ai pas envie de manger un slip au shampoing, moi. On tombe finalement sur un magasin bio où on se prend des samosas, du riz, du pesto, de la bière sicilienne, et je sais plus quoi qui nous a coûté la peau des fesses. A peine sortie du truc, on voit juste en face de nous, un grand supermarché. Damned. Pas grave, le bio, c'est bion !

Après un petit apéro en terrasse, je m'affaire à un festin qui me prendra des heures de préparation (j'ai fait cuire du riz et des samosas, en fait.) que nous dégustons avec grand bonheur !

Nous tentons de nous coucher tôt pour un lever tôt direction le Stromboli !



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