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26 avril 2015


Rarement l'habitude de me lever à 6h30 un dimanche, mais quand c'est pour aller sur l'Etna, j'me lèverais bien plus souvent aussi tôt ! Une heure et demie plus tard, et un sac bien rempli de bouffe et d'eau, nous voici à 8 heures à la gare routière de Catane, attendant avec d'autres pèlerins le fameux bus. 8H15, le voici qui arrive et chacun prend place dans l'unique transfert quotidien qui nous emmène au refuge Sapienza, à 1900m, et en repart à 16h30. Le bus arrive à 9h à Nicolosi, où il s'arrête pendant une bonne vingtaine de minutes, le temps de prendre un café, se détendre un peu, prendre l'air. Puis c'est reparti pour trois quart d'heure de montée du pied de l'Etna au pied du téléphérique. La route qui grimpe le flanc de l'Etna est absolument magique : un désert de lave et de neige mêlées, le bus sillonne la route entre de grosses pierres volcaniques, c'est vraiment un paysage inouï. Et en haut, le sommet de la bête, dominant la Sicile, dominant l'Europe. AH.

  
Arrivées au pied du téléphérique, on a le choix entre se taper 70€ de téléphérique + bus 4x4 pour monter à 2900 mètres, ou téléphérique seul pour 30€, ou... à pieds. Qu'à cela n'tienne, on est pas des petites natures, c'est parti pour la grimpette !! On achète donc une carte de l'Etna 1:50000 au refuge Sapienza, où tous les chemins VTT et rando sont indiqués. Et puis en route ! Le chemin passe sous les cabines du téléphérique et grimpe gentiment jusqu'en haut. De plus en plus de neige est amassée sur les côtés du sentier, formant des énormes « talus » de neige qui crépite (en fait c'est les gouttes qui tombent au sol en fondant, mais j'trouve ça plus mystérieux de dire que la neige crépite). Le sentier est en fait une route pour 4x4 mais où aucun 4x4 ne passe. Mis à part deux ou trois randonneurs, on est bien les seules à gravir cette grosse montagne, et c'est bien plaisant comme ça. Comme depuis le début de notre séjour, il fait un temps radieux. Le soleil tape fort – et même un peu trop. Mais il fait bon, pas même froid.





Après deux heures de montée tranquille et près de 600 mètres plus haut, nous voici en haut du téléphérique, où on se pose pour manger respectivement une part de pizza froide et cartonneuse pour moi, et un espèce de flan aux légumes imbibé d'eau absolument dégueulasse pour Camille. Wouh ! Festin. Camille jette ce truc immonde pour aller s'acheter un sandwich au truc pour touristes, plein de touristes. N'empêche, on se sent tellement bien d'avoir grimpé ça de nos pattes. J'ai l'impression d'avoir appris à connaître ce pic montagneux au fil des mètres montant, bien plus que si je l'avais survolé en quinze minutes dans une cabine, entourée de plein de gens qui le survolent avec moi. Brrrr. Ce qu'on était bien, sur notre sentier désert, il y avait un silence, un silence... un silence comme j'ai rarement pu constater. Je nous revois assises sur un gros bloc de lave, la neige dans le dos, et cette vue en face de nous, en écoutant le vide. C'est pourtant pas grand chose, dit comme ça, mais un silence aussi complet, on en n'entend que dans des endroits comme ça : des endroits où l'homme ne fout pas beaucoup les pieds, où les animaux ne peuvent pas vivre, où tout est désert, mais où le paysage semble « peser son poids » (je trouve pas d'autres mots). En bref, une sensation simple mais vraiment délectable. En bref, si vous êtes en bonne condition physique, que vous aimez la randonnée : oubliez le téléphérique, préférez l'Etna à pieds ! (T'as vu ce slogan)


Dans l'idéal, ça aurait été cool de le grimper totalement, genre jusqu'aux 3000 mètres, voire d'aller pointer son nez dans la cratère sommital, mais il se trouve qu'on manquait de temps. Il était environ 13h30 quand on a fini de manger, et le bus repartait du refuge à 16h30. Pour être sûre de ne pas le rater, on se donne une heure et demie pour descendre, donc vers 15h, ce qui nous laisse une heure et demie pour aller vadrouiller aux alentours. On décide alors de monter sur la montagnola, petit sommet recouvert de neige, au versant enneigé également. Qu'à cela ne tienne bis, on monte pas par le sentier, on coupe tout droit sur la grosse pente. Camille ouvre la marche dans une neige plus glacée que poudreuse, ce qui fait qu'elle se retrouve coincée sur une pente bien raide où elle ne peut plus avancer sans se viander :D

 
De là-haut, une vue de dingue sur le versant Sud de l'Etna s'offre à nous. De l'autre côté, le chemin des 4x4 qui mène au sommet, et à côté, un petit sentier encore bien enneigé, qui semble se perdre entre les cratères. Raaaaaaah, si on avait le temps, j'irais bien le grimper celui-là. 


  
Mais à la place, on se contente de monter sur un petit cratère d'où sortent des fumerolles (hihihi, ouaaaaaiiiis) - le truc à droite sur la photo du dessus. La montée se fait dans un gros tas de cendre et de caillasse dans lesquels on s'enfonce à chaque pas. Arrivée en haut, ouaaaaahh, encore un gros cratère !!! Ah, ce que j'aime les volcans. En voulant descendre un peu en contrebas pour voir d'où la fumée sortait, je manque de tomber et me retiens avec les mains et … « Oh mais c'est tout chaud !!! » La terre est bouillante ! Oui je sais, c'est logique, vu qu'elle fume et qu'on est sur un volcan de 3000 mètres. Mais je sais pas pourquoi, je m'y attendais pas. Du coup je fourre mes mains dans les lapillis bouillants, les yeux écarquillés, me disant que c'est quand même assez unique de mettre ses mains dans un cratère fumant. 


 

Il est 14h30 quand on décide de redescendre en courant dans la neige, puis de rejoindre notre fameux sentier poussiéreux pour la descente, qui s'avère plus longue que prévue. On est relativement cramée (moi du cou et du front, Camille du visage), j'appréhende le bélouga-mode de Névache, donc, à défaut de crème solaire (OUI BON. ÇA VA.) on se protège comme on peut.

 
Sur le chemin descendant, le soleil éclaire les cratères d'un tout autre angle. On se rend compte aussi à quelle vitesse la neige fond grâce à nos "tags en neige", yeah.


A la montée

5 heures plus tard !


Ouf. Nous voici en bas à 16 heures, et les nuages commencent à recouvrir l'Etna sur toute sa hauteur. On est absolument cramées, claquées, on a mal à nos coups de soleil et j'ai la nausée. On s'installe à une terrasse pour boire un truc au citron (c'est trop bon, le citron!), et enfin le bus de retour arrive. Une heure et demie plus tard, nous voilà de retour à la gare de Catane, on est tout en compote ! Et on apprécie d'avoir déjà fait le Stromboli, auquel cas je crois qu'on en aurait vraiment chié si c'était à faire le lendemain. En tout cas, on est vraiment trop contentes de ces journées et de ces expériences mémorables !!! Les volcans vont nous manquer !!

Sur le chemin de retour de la gare au B&B, on s'arrête dans un snack acheter deux énormes parts de pizzas aux légumes, et on se pose dans la chambre toute la soirée sans rien foutre, ça fait tellement du bien ! Camille a vraiment très mal au nez, sa peau la brûle énormément, va falloir passer acheter de la biafine...



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