Rarement
l'habitude de me lever à 6h30 un dimanche, mais quand c'est pour
aller sur l'Etna, j'me lèverais bien plus souvent aussi tôt !
Une heure et demie plus tard, et un sac bien rempli de bouffe et
d'eau, nous voici à 8 heures à la gare routière de Catane,
attendant avec d'autres pèlerins le fameux bus. 8H15, le voici qui
arrive et chacun prend place dans l'unique transfert quotidien qui
nous emmène au refuge Sapienza, à 1900m, et en repart à 16h30. Le
bus arrive à 9h à Nicolosi, où il s'arrête pendant une bonne
vingtaine de minutes, le temps de prendre un café, se détendre un
peu, prendre l'air. Puis c'est reparti pour trois quart d'heure de
montée du pied de l'Etna au pied du téléphérique. La route qui
grimpe le flanc de l'Etna est absolument magique : un désert de
lave et de neige mêlées, le bus sillonne la route entre de grosses
pierres volcaniques, c'est vraiment un paysage inouï. Et en haut, le
sommet de la bête, dominant la Sicile, dominant l'Europe. AH.
Arrivées
au pied du téléphérique, on a le choix entre se taper 70€ de
téléphérique + bus 4x4 pour monter à 2900 mètres, ou
téléphérique seul pour 30€, ou... à pieds. Qu'à cela n'tienne,
on est pas des petites natures, c'est parti pour la grimpette !!
On achète donc une carte de l'Etna 1:50000 au refuge Sapienza, où
tous les chemins VTT et rando sont indiqués. Et puis en route !
Le chemin passe sous les cabines du téléphérique et grimpe
gentiment jusqu'en haut. De plus en plus de neige est amassée sur
les côtés du sentier, formant des énormes « talus » de
neige qui crépite (en fait c'est les gouttes qui tombent au sol en
fondant, mais j'trouve ça plus mystérieux de dire que la neige
crépite). Le sentier est en fait une route pour 4x4 mais où aucun
4x4 ne passe. Mis à part deux ou trois randonneurs, on est bien les
seules à gravir cette grosse montagne, et c'est bien plaisant comme
ça. Comme depuis le début de notre séjour, il fait un temps
radieux. Le soleil tape fort – et même un peu trop. Mais il fait
bon, pas même froid.
Après
deux heures de montée tranquille et près de 600 mètres plus haut,
nous voici en haut du téléphérique, où on se pose pour manger
respectivement une part de pizza froide et cartonneuse pour moi, et
un espèce de flan aux légumes imbibé d'eau absolument dégueulasse
pour Camille. Wouh ! Festin. Camille jette ce truc immonde pour
aller s'acheter un sandwich au truc pour touristes, plein de
touristes. N'empêche, on se sent tellement bien d'avoir grimpé ça
de nos pattes. J'ai l'impression d'avoir appris à connaître ce pic
montagneux au fil des mètres montant, bien plus que si je l'avais
survolé en quinze minutes dans une cabine, entourée de plein de
gens qui le survolent avec moi. Brrrr. Ce qu'on était bien, sur
notre sentier désert, il y avait un silence, un silence... un
silence comme j'ai rarement pu constater. Je nous revois assises sur
un gros bloc de lave, la neige dans le dos, et cette vue en face de
nous, en écoutant le vide. C'est pourtant pas grand chose, dit comme
ça, mais un silence aussi complet, on en n'entend que dans des
endroits comme ça : des endroits où l'homme ne fout pas
beaucoup les pieds, où les animaux ne peuvent pas vivre, où tout
est désert, mais où le paysage semble « peser son poids »
(je trouve pas d'autres mots). En bref, une sensation simple mais
vraiment délectable. En bref, si vous êtes en bonne condition
physique, que vous aimez la randonnée : oubliez le
téléphérique, préférez l'Etna à pieds ! (T'as vu ce
slogan)
Dans
l'idéal, ça aurait été cool de le grimper totalement,
genre jusqu'aux 3000 mètres, voire d'aller pointer son nez dans la
cratère sommital, mais il se trouve qu'on manquait de temps. Il
était environ 13h30 quand on a fini de manger, et le bus repartait
du refuge à 16h30. Pour être sûre de ne pas le rater, on se donne
une heure et demie pour descendre, donc vers 15h, ce qui nous laisse
une heure et demie pour aller vadrouiller aux alentours. On décide
alors de monter sur la montagnola,
petit sommet recouvert de
neige, au versant enneigé également. Qu'à cela ne tienne bis, on
monte pas par le sentier, on coupe tout droit sur la grosse pente.
Camille ouvre la marche dans une neige plus glacée que poudreuse, ce
qui fait qu'elle se retrouve coincée sur une pente bien raide où
elle ne peut plus avancer sans se viander :D
De
là-haut, une vue de dingue sur le versant Sud de l'Etna s'offre à
nous. De l'autre côté, le chemin des 4x4 qui mène au sommet, et à
côté, un petit sentier encore bien enneigé, qui semble se perdre
entre les cratères. Raaaaaaah, si on avait le temps, j'irais bien le
grimper celui-là.
Mais
à la place, on se contente de monter sur un petit cratère d'où
sortent des fumerolles (hihihi, ouaaaaaiiiis) - le truc à droite sur la photo du dessus. La montée se fait
dans un gros tas de cendre et de caillasse dans lesquels on s'enfonce
à chaque pas. Arrivée en haut, ouaaaaahh, encore un gros
cratère !!! Ah, ce que j'aime les volcans. En voulant descendre
un peu en contrebas pour voir d'où la fumée sortait, je manque de
tomber et me retiens avec les mains et … « Oh mais c'est tout
chaud !!! » La terre est bouillante ! Oui je sais,
c'est logique, vu qu'elle fume et qu'on est sur un volcan de 3000
mètres. Mais je sais pas pourquoi, je m'y attendais pas. Du coup je
fourre mes mains dans les lapillis bouillants, les yeux écarquillés,
me disant que c'est quand même assez unique de mettre ses mains dans
un cratère fumant.
Il
est 14h30 quand on décide de redescendre en courant dans la neige,
puis de rejoindre notre fameux sentier poussiéreux pour la descente,
qui s'avère plus longue que prévue. On est relativement cramée
(moi du cou et du front, Camille du visage), j'appréhende le
bélouga-mode de Névache, donc, à défaut de crème solaire (OUI
BON. ÇA VA.) on se protège comme on peut.
Sur
le chemin descendant, le soleil éclaire les cratères d'un tout
autre angle. On se rend compte aussi à quelle vitesse la neige fond grâce à nos "tags en neige", yeah.
A la montée
5 heures plus tard !
Ouf.
Nous voici en bas à 16 heures, et les nuages commencent à recouvrir
l'Etna sur toute sa hauteur. On est absolument cramées, claquées,
on a mal à nos coups de soleil et j'ai la nausée. On s'installe à
une terrasse pour boire un truc au citron (c'est trop bon, le
citron!), et enfin le bus de retour arrive. Une heure et demie plus
tard, nous voilà de retour à la gare de Catane, on est tout en
compote ! Et on apprécie d'avoir déjà fait le Stromboli,
auquel cas je crois qu'on en aurait vraiment chié si c'était à
faire le lendemain. En tout cas, on est vraiment trop contentes de
ces journées et de ces expériences mémorables !!! Les volcans vont
nous manquer !!
Sur
le chemin de retour de la gare au B&B, on s'arrête dans un snack
acheter deux énormes parts de pizzas aux légumes, et on se pose
dans la chambre toute la soirée sans rien foutre, ça fait tellement
du bien ! Camille a vraiment très mal au nez, sa peau la brûle
énormément, va falloir passer acheter de la biafine...















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