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12 avril 2017


Réveil 8h30 : j'ai dormi 10 heures sans pause !! Le lit est tellement agréable, c'est caaaaaalme... Aaaaahhhhhh VACANCES. Je suis contente. Et en plus on a encore droit à un magnifique soleil. Nous partons vers 10 heures en direction du désert. Une demie heure plus tard, nous arrivons au point d'information où on découvre une immense carte avec les sentiers balisés de vélo mais aussi des sentiers agricoles et piéton... Carte qu'on ne trouve nulle part sur internet, donc la voici pour ceux qui cherchent une carte détaillée des Bardenas (cliquez sur la photo pour avoir la carte en grand) :



On repère une boucle d'une dizaine de kilomètres au départ de la piste et reprenons la route. En sortant du parking, je vois des mecs avec des putains de carte IGN détaillée avec le relief (ça manque!!) et je me demande où ils l'ont eue :( On commence la boucle avec Kihui, nous arrêtons prendre quelques photos, passons à côté de la zone militaire.




Nous cherchons le corral de Zapata qui est le départ de notre boucle en théorie. Pas très compliqué à trouver, il n'y a qu'une seule « ferme » si on peut appeler ça comme ça et demandons confirmation à un pécore qui laboure. Les bêtes de la ferme me font franchement de la peine... Peu d'espace, pas d'eau, je pense notamment aux chèvres enfermées dans 2 mètres carré... 




On entame la boucle via un sentier de tracteur et marchons pendant une heure et demie en cherchant des sentiers qui bifurquent sur la droite. On est censées passer des carrefours et tourner sur un sentier à droite, j'essaye de me repérer avec les pics aux alentours mais on ne trouve absolument aucun sentier... Sans trop se poser de question au départ, on pique-nique sur des gros tas de terre érodés, j'adore. 



Vue depuis Nini

 Au loin dans la brume, le Moncayo

Du coup je m'amuse à faire des photos au ras du sol pour faire comme si c'était des énormes montagnes du Far West mais ça marche moyen. 



N'empêche on a de la chance, un grand soleil et surtout une solitude totale. Seulement on commence à avoir beaucoup de virages sur notre sentier et toujours pas de sentier à droite ni de croisement... J'ai l'impression qu'on a dépassé les croisements, on était pas censer aller aussi loin. Ça m'agace tellement. On fait demi-tour et croisons des motards français qui ont un GPS mais ne savent pas du tout nous dire où on est sur la carte... Bref, du coup on décide de retourner vers la voiture et faire une autre boucle, plus petite, en espérant que cette fois les sentiers existent... Je crois que j'attrape la Lisette aigüe et que je commence à détester faire demi-tour. Pour gagner du temps et éviter de revenir par où on est arrivées, j'ai envie de couper en dehors des sentiers. De toute façon, c'est pas trop difficile puisque quand on suit un sentier sur la carte, il s'arrête et finit dans un champ (alors que sur la carte non, hein). Alors d'accord il faut pas marcher en dehors des sentiers mais maintenant si les sentiers de la carte existent pas, moi je les suis quand même. Finalement, c'est peut-être le morceau le plus agréable de la balade qu'on ait fait depuis le début de la journée... On se retrouve à marcher au milieu de rien et finalement c'est très agréable, ça me donne envie d'aller randonner dans des endroits sans chemin et de créer ma propre voie. Ça fait beaucoup de bien. 




On se balade un peu sur une colline puis retrouvons le sentier de notre nouvelle boucle via la cabane de Perico. 

Il est là en bas à gauche !!

Ouf, enfin un sentier qui existe ! Par contre on est clairement à l'abri du vent et on commence à cramer un peu. Je remets de la crème solaire (oui j'en ai mis !!) et rejoignons enfin la cabane de Perico d'où on rejoint le circuit vélo n°9.

Il est 16h30 environ quand on retrouve Kihui pour finir le tour de la zone militaire via la piste. En fait très peu d'accès sont autorisés, à l'intérieur de la boucle c'est la zone militaire et à l'extérieur, au Nord, il y a toute une zone interdite pour la protection des oiseaux, ce qui n'est pas plus mal évidemment, mais c'est vrai qu'il y a un petit côté frustrant de pas pouvoir aller se balader ICI : 





(Cliquer sur le panoramique pour l'avoir en grand)

J'aime beaucoup me plonger dans les décors, rester dans une voiture et cliquer sur le bouton de l'appareil me frustre un peu, même si ça m'émerveille de loin. C'est comme aller au pied d'une montagne, la trouver magnifique, mais vouloir absolument en atteindre le sommet. Pas spécialement pour la vue, juste parce que ça appelle à la grimpette.
Les paysages de la piste sont vraiment magnifiques, surtout sur la partie nord... On se balade un peu là où on y a le droit, entre les bosses de terre craquelées. 



Nous arrivons vite au point A avec son pic rigolo qui va bientôt être moins rigolo avec l'érosion... C'est vraiment un bel endroit, à la bonne période, et il y a pas grand monde, c'est cool. 





Arrivons bientôt au point B, juste après, un espèce de grand plateau désertique, la route est super jolie, on se croirait dans un film, et pour cause, plusieurs films ont été tournés ici ! Ma mère a un genre d'insolation donc elle préfère ne pas monter les 150 marches (dont certaines se sont cassées la gueule) qui mènent au point de vue. Par contre moi je ne m'en prive pas et après avoir pris en photo une famille française, j'ai le droit de me retrouver seule ici, tandis qu'une vive émotion m'envahit : celle qui transcende, celle du Stromboli, celle de la Plaine Morte, celle qui me file des larmes aux yeux, entre sérénité et exaltation. Je suis seule au bord du vide, j'ai le désert à mes pieds, à perte de vue, j'ai envie de rester là pour la vie.


Cliquer sur le panoramique pour l'avoir en grand


Je ne reste pas seule très longtemps puisque trois types arrivent bientôt en haut, mais ces quelques trois minutes de solitude m'ont requinquée à bloc, ça fait un bien fou parfois d'être seul. J'aime beaucoup partager, voyager à plusieurs, mais ce court instant me rappelle aussi que j'ai besoin de solitude et que ce qu'on ressent quand on se trouve seul dans un tel endroit n'est pas la même chose que quand il y a une personne à nos côtés, connue ou pas d'ailleurs. Ça me fait penser que je devrais peut-être repartir seule quelques jours, pour prendre ma revanche du Beaufortain, pour me noyer un peu dans les paysages avec pour seuls échanges ceux que j'ai avec ma conscience.
Je redescends à la voiture, émue, heureuse, complètement apaisée.
C'est Kihui !


Nous rentrons à Tudela. Bonne douche. Bonne sangria. Je devrais bosser et envoyer des mails à mes troisièmes mais très sincèrement, j'en ai aucune envie, et vu les randonnées assez chaotiques que j'ai organisées ces derniers jours, je me penche sur les cartes de la Valle de Anso et de Hecho, notre destination de demain. J'ai une bonne carte IGN avec des sentiers en théorie bien balisés, je suis plus familière !!



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