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13 juillet 2018


Réveil, comme toujours, entre 6h et 7h. Comme toujours, attente interminable du soleil sur la tente. Comme toujours, attente en vain. J'ouvre la tente et commence à me faire un petit dej en étudiant l'avancée chronométrée du soleil. OK, ça va pas trop tarder.




Roah, c'est quand même trop cool le bivouac au milieu de rien. C'est dommage que j'ai pas Ainsi parlait Zarathoustra dans ma tracklist - vous savez, le truc de Strauss là, mais si... ça :



Strauss a décrit un lever de soleil sur la montagne dans cette musique, et les crescendos montrent l'avancée des rayons avec l'illumination progressive des montagnes. C'est marrant, c'est la dernière œuvre que j'ai étudiée avec mes sixièmes. J'avais pas pensé que deux semaines plus tard je me retrouverais précisément à l'intérieur de cette œuvre.

Je fais chauffer à bloc mon thé pour me réchauffer puis quand le soleil arrive, étends mes fringues à sécher sur les sapins pendant que je range le bordel dans ma tente. Ça prend toujours un sacré moment, et j'avoue que je me presse pas non plus...



En évitant de passer par le refuge des Bouillouses, je m'épargne 6 km AR, ce qui ramène mon étape du jour à un peu plus de 9 km. Je me mets en route dans le creux de la vallée (ooooohooooo de Danaaaaa lalilala) illuminée du soleil matinal. Mes fringues sont presque toutes sèches, le reste est pendu à mon sac. Je mets de la crème solaire à solaire à gogo parce que je sens que je crame un peu plus de jour en jour, malgré la crème mise consciencieusement plusieurs fois par jour. Mais qu'importe, sous ce ciel bleu, le paysage m'éblouie toujours un peu plus de sa beauté.



 Oui il y a régulièrement des champignons qui poussent dans les bouses.



J'arrive très vite au croisement du lac de Bouillouse et prend la direction opposée au refuge éponyme, vers celui des Camporells. Reste 6 km. Izi boy. 


J'arrive du coup très vite à la cabane de la Balmeta, avec la musique du hobbit dans les oreilles, où deux personnes sont en train de pique-niquer. La solitude me manque. Je trace et me dis que je vais moi-même prendre mon déjeuner (ma poignée de noix de cajou mouillées et mon bout de mimolette dégueu) au bord de l'étang de la Balmeta, un peu plus loin. Ça descend pas mal pendant 10 minutes, et ma foi, c'est pas si foufou, mais au moins je suis seule...


Ouaaaais.......

Mbon. J'enfile ma ration journalière, en prenant soin de finir par le meilleur, à savoir le chocolat au riz. J'en peux plus de la mimolette. Franchement. Achevez-moi.

Il est à peine 13 heures quand je reviens à la cabane de la Balmeta pour monter ensuite vers les Camporells. Y a un mec il a construit sa cabane ICI. Je suis très jalouse.



Je grimpe sur la serra dels alarbs, alias la sierra des arabes (ne tapez surtout pas alarbs dans google, vous allez tomber sur des articles de grosse conne qui puent la haine). Que c'est bon ! Mogwai, Neil Young et Grand corps malade dans les oreilles, je suis refaite !! C'est si féérique, paisible, un air de Highlands avec le petit et le grand pérics face à moi.



Le sentier s'ensuit dans une forêt toute mignonne où on se croirait un peu dans Alice au pays des merveilles, tandis que la musique continue de m'enivrer.


15 heures. J'arrive au refuge des Camporells sous une petite pluie. Du coup, la dame du refuge me dit que comme c'est une réserve, normalement la tente c'est le plus tard possible, mais que là comme il pleut, je peux la planter. Ooooookaaaay. Alors, voyons voir.


Y a une nana et deux mecs qui sont en train de planter leurs deux tentes, je me mets un peu plus loin, entre les arbres et proche du lac. Fiou. Ma tente a jamais été aussi bien montée et tendue !! J'suis fière de moi sur ce coup là, elle est nickel. Il est 16 heures et l'heure de sortir ma petite bière locale achetée au refuge (oui je bois beaucoup de bière, c'est pourtant pas du tout dans mes habitudes).



A peine 2 minutes après que j'aie fini de poser ma tente, un type arrive. Je lis sur sa veste « Office Nationale des Forêts »... merde. Je sais ce qu'il va me dire. Et ça a pas loupé.
« Euh bonjour, je viens pour la tente »
« Ah. Oui. »
« Normalement c'est 19 heures... »
« Oui je sais, mais au refuge on m'a dit que comme il pleuvait, je pouvais la monter maintenant. »
« Ah bon, on vous a dit ça ? »
« Ben oui. »
« Ah ben je suis désolé, mais le règlement c'est pas ça. »
« D'accord. »
« Voilà, désolé. »
« Donc je dois la démonter en fait ? »
« Ben oui, c'est le règlement. »
« ... »

AHZY. è_é
Je jette un œil vers mes acolytes de tente : la fille me regarde d'un air mi-désolé mi-dégouté. Je lui lance un « fait chier » qu'elle approuve en hochant la tête. On se tâte à la démonter... Au loin je repère une tente dont les propriétaires n'ont pas l'air d'avoir envie de se plier aux règles. Finalement, mes camarades démontent et remballent carrément leur tente... Hors de question que je remette la mienne dans son sac. Je déplante seulement les piquets sauf un, et laisse les arceaux, comme ça elle est pas visible mais elle sera en place pour plus tard, j'aurai plus qu'à retendre le bordel. Du coup je vais me poser sur la table de la terrasse du camping, écris mon carnet en écoutant d'une oreille la conversation de mes copains de tente. Il est 16 heures. Ça va être long, jusqu'à 19 heures. Les nuages descendent, il se met à pleuvoir quelques gouttes, puis le soleil les remplace, puis quelques gouttes, puis soleil. Ils font un combat de pouces comme ça pendant une petite demie-heure. Je commence à avoir froid donc je quitte la foule (oui, 12 personnes, et alors ?) pour rejoindre ma tente. De là, je me fais un soin des pieds que je lave dans le lac et, vers 17h30, comme il commence à repleuvoir assez fort, je remonte ma tente. Yiha ! Elle a hyper bien séché. L'intérieur est sec, sol et murs, et la quasi-intégralité de mes vêtements aussi ! Maintenant, opération séchage de noix de cajou. Elles étaient dans un sac de congélation quand René a chuté dans la rivière, mais l'eau s'y est quand même largement infiltrée. Je commence par les étendre au soleil.



Evidemment deux minutes après je trouve ça juste con comme idée (vous avez le droit de partager mon avis), alors je sors le réchaud et je les fais simplement griller. Yey, ça sent le popcorn un peu.


Dans la foulée, je me fais un gouthé (lol) avec mes 4 derniers carrés de chocolat journaliers. MIOM. Je sens que je vais pas manger ce soir, ou peu.

Je profite d'une éclaircie pour aller écouter Eddie Vedder (la BO d'Into the wild) devant le lac. Wow. Quelle jouissance. Je ferme les yeux, les ouvre, observe le lac, les nuages, le ciel qui bouge. Ce genre de moments déploient une spiritualité rare. Soudain, je sens un truc mouillé sur mon bras qui me sort littéralement de ma méditation : UN BORDER COLLIE QUI ME FAIT DES PAPOUILLES !!!!!! Je passe de la nana la plus calme et sereine du monde à une attitude d'enfant de 8 ans. Il me monte dessus alors qu'il est trempé et je lui fais plein de câlins.

Mon emblême.

Je retourne à ma tente me faire une toilette mi-lac mi-molette (ahahahaha). Non, mi-lac mi-lingettes. Je me fais un repas léger : une toute petite portion de soupe avec un peu de semoule. MIOM. Si y a bien un truc dont je me lasse pas, c'est ça. Il se met à nouveau à pleuvoir pendant que je déguste ma pâtée sous l'abside, avec le border collie qui vient sentir un peu ma popote, sans conviction. Ça doit manquer de BARBAC.

Hop, accalmie de 10 minutes le temps de faire la vaisselle au lac et me faire une infusion et je retourne dans mon terrier sous la pluie. Pour le moment la météo a été vraiment chouette, j'espère que ça va continuer en ce sens. Même s'il y a quelques orages en milieu d'après-midi, le beau temps du début de journée permet de faire une super étape sous le soleil et c'est très agréable. Y a pas à dire, la météo ça joue quand même énormément sur la positivité. Et comme demain je vais au pic de mortiers et longe la frontière pyrénées orientalo-ariégeoise sur une crête jusqu'au pic de terrers, j'ai bien l'intention de partir tôt pour y être tôt. Départ prévu 8h30 max.




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