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15 juillet 2018


ON EST EN FINAAAAAALE, ON EST EN FINAAAAAALE, ON EST, ON EST ON EST EN FINAAAAAALE.

Et oui, pour moi aussi c'est la finale. La dernière ligne droite.
2h30. Je me réveille en sueur, je me suis habillée chaudement la veille en pensant avoir froid, résultat j'étouffe, littéralement. Jusqu'à 5 heures du matin, je dors en pointillés, réveillée constamment par la porte de la tente car le terrain est en pente et j'arrête pas de glisser. Machinalement, je me remonte, et reglisse. Ça doit être assez drôle à voir, la manière dont les automatismes insistent, face à la gravité qui, elle, persiste.
7 heures. Réveil définitif. J'ouvre la tente : ciel radieux. Un cochon sauvage passe devant la tente. J'attends comme toujours le soleil sur la tente.



Je suis triste de redescendre à Orlu, quand je repense aux autres qui parlaient de rejoindre les Bésines hier soir. J'hésite à descendre directement au creux de la vallée ou à passer par l'étang de Naguille. Doc me dit que la montée est raide vers Naguille et que les gardiens du refuge ont mis des pastilles stimulantes dans l'eau et que je vais voler dans la descente. Il me fait rire. Seb me souhaite « bon retour dans le monde réel ».
- Chut. CHUT, j'ai dit.

Il est 9 heures pile quand je décolle du refuge, je crois avoir salué tout le monde. C'est assez dur moralement, je suis nostalgique, j'ai une mine déconfite et j'ai juste plus du tout envie de parler, là. Ils étaient tous si simples, bon sang. Dénués de tout artifice. Est-on les mêmes en dehors de tout contexte socialement conformé ? Remarque, la randonnée ça reste un contexte social. M'enfin, c'est assez sommaire quand même. Suis-je la même que dans la vie de tous les jours ? Probablement pas. Plus apaisée, plus ouverte, plus simple, plus confiante, plus casse-cou. Plus naturelle.


J'entame la descente. Voilà, ce soir, je serai de retour au camping, à la civilisation, à l'électricité, aux téléphones, à la télé, au commerce : à la société. Ça me dépriiiiiime.



La descente est douce mais vraiment longue. IAM m'accompagne, la musique de Kaamelott, aussi. Il compose bien ce bougre d'Astier quand même dis donc. C'est beau. C'est fou, je suis pas aussi apaisée que l'an dernier, y a un truc qui me chagrine, qui me gêne. Le manque, je crois. Comme si on m'avait donné 3 gouttes d'eau tandis que je crevais de soif. J'aurais jamais cru.

J'arrive assez vite dans le creux de la vallée, j'observe depuis des centaines de mètres plus bas le sentier d'hier, interminable et infernal. Je me rappelle.




De fil en aiguille, j'arrive au parking de Fanguil puis aux forges d'Orlu, où je me retrouve sur un sentier forestier pendant plusieurs kilomètres. C'est assez long, mais je m'y sens bien : je suis seule, avec ma musique dans les oreilles, il fait relativement frais (relativement), je longe la rivière, je prends mon temps, c'est doux comme ambiance.





J'arrive à Orlu un peu avant 16 heures. La vache, qu'est-ce qu'il fait chaud. Je crame. Je me fous Beat it à fond et je danse sur la route jusqu'au camping. Le village est désert, mais mignon. J'arrive au camping à la sortie du village. 15 kilomètres dans la poche.



On me file un emplacement à l'ombre. Je sors la tente de sa sacoche, l'étale au sol et m'allonge dessus. Des larmes coulent d'elles-mêmes sans que je ne fournisse aucune énergie. Sans spasme. Mon chagrin est passif et même mes pleurs sont calmes. Qu'est-ce que je fous là, dans un camping où chacun est derrière sa télé dans l'attente du match ? J'ai l'impression de gâcher le temps qu'il me reste ici. J'aurais du partir, bivouaquer encore. J'aurais du les suivre, tous, jusqu'au refuge des Bésines, pour boucler la boucle. D'ailleurs à l'heure qu'il est je ne m'explique toujours pas pourquoi je n'ai pas fait le tour des pérics en entier, je sais pas pourquoi j'ai voulu rejoindre Orlu et Ax-les-thermes alors que j'aurais pu retourner aux Bésines le J5 et descendre à l'Hospitalet le J6 pour mon train de nuit. Je sais pas, c'était un peu con mon trajet là.
Bref, dans tous les cas, c'est fait. Maintenant je suis en train de chialer sur ma tente, en manque de montagne, et en train de me dire que la prochaine fois, je partirai 8 jours (et celle d'après 10, et après 20, et après j'irai vivre à la montagne.)

Je prends une grosse douche pendant que mon portable reprend du poil de la bête. Déjà en sortant, je transpire à ne rien faire... J'ai entendu des gamins gueuler. On a du mettre un but. Je me sens entre deux eaux, je déteste ça. J'aurais du être loin de tout ça, mais je n'y suis pas. Je suis là, c'est comme ça, alors plutôt que d'être spectatrice de l'effervescence en boudant dans mon coin, autant y aller à fond. Il est 18h30 quand je décide de partir en quête d'un bar pour finir le match. 


A l'accueil du camping, on m'indique le Relais Montagnard à 400m. Quand j'arrive là-bas, je m'installe d'abord en terrasse, puis j'entends crier à l'intérieur. Je m'approche et découvre un genre de salle communale avec une quarantaine de villageois devant un écran où est vidéo-projeté le match en wifi. Ahaha ! C'est génial ! Le troisième but français vient d'être marqué. Les gens sont raisonnablement euphoriques. Je commande une bière (j'aurais jamais bu autant de bières qu'en cette semaine). La patronne me voit sur mon téléphone et me demande de ne pas utiliser le wifi du bar, sinon on n'aura plus le match. Mais AHAHAHA. C'est drôle d'être là, dans le seul bar à 10 km à la ronde, pour voir la France gagner la finale. La dernière fois, en 98, j'étais dans mon village normand, seule avec mon frère en train de déambuler dans le bourg, histoire de faire comme les parisiens. Mais ça marchait pas trop trop. 


Je finis par m'installer dehors avec Féli et Cyprien, deux frangin/e. Lui est maître-nageur à la piscine du camping, elle est violoncelliste et chanteuse, habite Paris et rentre mardi. On sympathise et finissons par manger ensemble après le match (c'est SOIRÉE PAELLA). Vers 21h, je suis éclatée. Mon bidon comprend pas ce qui se passe et mes yeux crient « sommeil !! » (Ah bah oui, 21h c'est tard pour moi). Je les salue et rentre au camping. On projette de se revoir demain, comme j'ai rien à foutre. Ils me proposent d'aller faire une petite rando pour acheter du fromage à un berger. Deal. Finalement, j'ai bien fait de me bouger le cul. J'ai passé une soirée très sympa. Pas aussi sympa qu'hier, mais très sympa. Ça m'a remonté le moral et empêché de ruminer. Malgré tout, la nostalgie persiste et la montagne me manque, comme quand on quitte un être cher qu'on ne reverra pas pendant longtemps. Très longtemps. C'est fou. Il n'y a rien qui me file autant cette sensation. A part la musique, peut-être. C'est vraiment très particulier.



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