Réveil 7h30. Départ
pour la grosse et dernière journée du West Highland Way vers 8h30.
On parle peu, on avance bien, on savoure le paysage sublime et ce
sentier magique qui plonge entre les montagnes immenses et se dessine
en leur creux telle une rivière.
C'est amusant comme les
montagnes des highlands sont à la fois pas si élevées, mais
paraissent tellement immenses. C'est peut-être parce qu'on les voit
entières. Peut-être parce qu'y en a partout et que rien ne nous
empêche de les voir. Peut-être parce que les vallées sont
gigantesques. Je sais pas trop, mais en tout cas c'est juste
complètement parfait.
Il fait ni trop chaud ni
trop froid. On se fait une bonne montée de 300 mètres de dénivelé
pas trop pénible, si ce n'est une espèce de sciatique que Camille
développe depuis hier... Ah je vous le dis, on nous teste. Elle
règle son sac pour qu'il pèse un peu plus sur les épaules pour
épargner son bassin, ça a l'air d'aller un peu mieux.
Après la
montée, on sillonne pendant plusieurs kilomètres un long sentier au
creux d'une vallée splendide (pour changer) et loin de la route.
Seuls les gens sont nuisibles. C'est très beau mais quand même
fichtrement fréquenté... En plus, on suit toujours un peu les mêmes
personnes qu'on finit par doubler et qui finissent par nous
redoubler... Bref, difficile de s'immerger totalement dans le décor
avec les discussions de troupeaux redondantes. Heureusement, on finit
toujours pas prendre chacun notre cadence et nous distancer en milieu
de journée. Dans la matinée, le soleil fait enfin son grand retour.
13H. Pause déjeuner.
Déjà 11 km. Yeah ! On finit par jeter ce qui reste de miettes
de pain, impossible de tartiner quoi que ce soit. Va falloir entamer
le second paquet, ou acheter du pain de mie. C'est reparti. On
continue de tracer sur cette voie sublime, avec un temps parfait. Un
peu de soleil, pas de pluie, des températures confortables. Encore
une fois on parle peu pendant tout le début de l'après midi. Le
silence fait aussi du bien, même à deux, on a besoin de se
recentrer, de méditer, chacune dans notre coin mais ensemble quand
même, et ça c'est cool. Y a pas beaucoup de gens avec qui je
pourrais passer une journée entière sans parler ou presque et sans
que ça crée un vide. Le vide des mots que l'on crée en se taisant
est rempli par tout autour de nous, dont on s'imprègne, que l'on
ingère. Le temps et les kilomètres filent vite.
Bientôt 16 heures,
arrivons dans la « forêt » (à moitié détruite) où on
retrouve nos amis les moutons (je bêle inévitablement) et évoluons
encore quelques kilomètres à travers de longues étendues
d'arbustes et buissons... Avant de se prendre une énorme averse. Ça
faisait longtemps ! Je remets mes chaussettes imperméables
(putain l'invention du SIÈCLE).
Après l'averse, le
soleil revient timidement et on profite de tomber sur un banc pour
faire une pause de … 45 minutes ! Oui ! On se remet à
parler depuis une heure ou deux, à se rappeler nos voyages, à
comparer l'Ecosse et la Laponie, à parler de la pluie et du beau
temps (véritablement). Et du fuckin Ben Nevis qu'on a dans le
collimateur depuis une heure, là, juste face à nous.
Il nous reste quelques 5
kilomètres. Quand on reprend la route, on croise deux allemandes qui
se sont paumées. Elles sont parties du Ben Nevis visitor center (là
où on va, à peu près) et elles devaient faire une petite boucle
dans la forêt, résultat elles se sont retrouvées à faire 10 km AR
parce qu'elles ont pris le WHW ! C'est drôle un allemand.
Il reste 3 kilomètres.
On se refait une pause parce qu'on tombe sur un virage qui nous donne
une vue juste sublime sur le Ben Nevis.
Regardez le,
magnifiquement éclairé, majestueux... Il me fait fondre. Ouais j'ai
un problème avec les montagnes. Huhuhu. Je suis tellement dégoutée.
Camille regarde la météo encore : idem. Flotte à gogo à
partir de midi. Nuages le matin. C'est nul putain. Je grommelle, je
peste, je chouine. Mon amertume et mon sentiment d'inachevé
finissent par contaminer Camille... Plus j'en parle, plus elle a
envie de la monter aussi, cette sale bête. Elle pavane là, avec son
sentier dessiné parfaitement de tout son long, sentier que l'on peut
magnifiquement distinguer sous le soleil qui l'illumine en cette fin
d'après-midi. Pouah, c'est aujourd'hui qu'il fallait le monter :
maintenant !! Quelle tristesse. On reste probablement assises au milieu du sentier pendant une grosse demie heure, à ruminer.
Arrivons vers 19h au Ben
Nevis Inn. Pour une fois, on a profité de notre journée et on
arrive pas trop tôt ! C'est cool. On est juste au pied de la
bête, au tout début du sentier, au parking d'où commence
l'ascension. On a presque les pieds dessus.
On est crevées, la
vache. Flemme de se faire à bouffer à cette heure-ci, on se dirige
au restaurant de l'auberge pour manger. C'est vraiment mignon et chaleureux, autant au niveau du cadre que des humains (pour une fois).
Et là, c'est affluence
de calories et explosion du compteur de la décence : cocktails,
starters, plat (burger pour moi) et tarte aux noix de pécan.
Wouuuuuuuuh, ça c'est un sacré repas.
J'arrête pas de penser au Ben Nevis qu'on va rater. Ça me rend dingue et obsessionnelle. On discute avec la serveuse adorable à qui on demande son avis : « ici le temps change tout le temps, si on s'arrête à la pluie, on ne fait plus rien. » Certes, mais là ma cocotte c'est pas une petite pluie passagère qui est annoncé, c'est carrément l'automne. Mbon. Camille regarde la météo, les yeux rivés sur l'écran. Elle semble pensive. Elle lève le nez, prend une inspiration, et me sort : « Ou alors... La pluie est annoncée à partir de 12h. Il faut environ 5 heures pour monter d'après les forums. On part à 5 heures. On se lève à 4h. » Sur le coup, ça me paraît un peu taré, mais il me faut moins d'une demie-seconde pour avoir envie de lui construire un autel rien que pour avoir sorti cette phrase. DEAL. Ça c'est une putain de bonne idée. Même si on se traîne dans la montée (j'en doute, on n'aura pas nos sacs énormes, ça devrait aller !) on devrait mettre au maximum 6 heures avec les pauses. Arrivée estimée à 11h au sommet. Même s'il pleut en haut, on devrait bénéficier d'une matinée favorable. Ça me fout une espèce de joie / adrénaline, c'est magique. On va payer et on se casse direct au dortoir pour préparer nos sacs pour demain. On se couche vers 23h30. Je mets un peu de temps à trouver le sommeil, toute excitée par le plan du tonnerre de Camille. Je suis un peu comme l'enfant la veille de Noël qui a hâte d'ouvrir ses cadeaux mais qui a quand même un peu peur de pas avoir exactement ce qu'elle souhaite.
J'arrête pas de penser au Ben Nevis qu'on va rater. Ça me rend dingue et obsessionnelle. On discute avec la serveuse adorable à qui on demande son avis : « ici le temps change tout le temps, si on s'arrête à la pluie, on ne fait plus rien. » Certes, mais là ma cocotte c'est pas une petite pluie passagère qui est annoncé, c'est carrément l'automne. Mbon. Camille regarde la météo, les yeux rivés sur l'écran. Elle semble pensive. Elle lève le nez, prend une inspiration, et me sort : « Ou alors... La pluie est annoncée à partir de 12h. Il faut environ 5 heures pour monter d'après les forums. On part à 5 heures. On se lève à 4h. » Sur le coup, ça me paraît un peu taré, mais il me faut moins d'une demie-seconde pour avoir envie de lui construire un autel rien que pour avoir sorti cette phrase. DEAL. Ça c'est une putain de bonne idée. Même si on se traîne dans la montée (j'en doute, on n'aura pas nos sacs énormes, ça devrait aller !) on devrait mettre au maximum 6 heures avec les pauses. Arrivée estimée à 11h au sommet. Même s'il pleut en haut, on devrait bénéficier d'une matinée favorable. Ça me fout une espèce de joie / adrénaline, c'est magique. On va payer et on se casse direct au dortoir pour préparer nos sacs pour demain. On se couche vers 23h30. Je mets un peu de temps à trouver le sommeil, toute excitée par le plan du tonnerre de Camille. Je suis un peu comme l'enfant la veille de Noël qui a hâte d'ouvrir ses cadeaux mais qui a quand même un peu peur de pas avoir exactement ce qu'elle souhaite.


















Aucun commentaire :
Enregistrer un commentaire