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29 juillet 2018



On a fini par s'endormir sans suffoquer de trop. Une fois la fenêtre ouverte, ça allait beaucoup mieux. Dure nuit, la vache, on est un peu nazes.

Réveil à 8 heures. Normalement 7, mais mon réveil n'a pas sonné, pour changer (mon portable fait comme il le sent apparemment). 16 kms aujourd'hui. Ca va être tranquille je crois, quitte à arriver tard. De toute façon hier on est parties à 8h30 et on est arrivées avant 16 heures... Pas besoin de se presser. Il pleut aujourd'hui. 8°C annoncés... Ça s'annonce folklo.

Comme annoncé, on prend notre temps et ne partons qu'à 10 heures. Il ne fait pas si froid que ça. Il ne pleut même plus et le ciel, sans être vraiment dégagé, est potable. Sombre mais potable, comme l'eau quoi.


2 kilomètres plus loin, on s'arrête aux WC publics de Kingshouse hotel (qui est en rénovation jusqu'à février) pour changer notre eau marron en eau claire. Et de là, le sentier s'éloigne un peu de la route et nous fait traverser des fonds de vallées magnifiques pendant plusieurs kilomètres. Franchement, un pur régal. Il ne pleut même pas, y a des montagnes partout mais assez éloignées pour former une vaaaaste vallée aux pentes douces et vertes comme un bonbon « herbe » de Bertie Crochu (ouais bah faut connaître, stou – enfin c'est surtout que j'ai pas trouvé de métaphore satisfaisante). C'est juste sublime... parfait.







Y a même des gens qui ont genre des maisons isolées dans des endroits comme ça là, et ça m'énerve, un peu. Oui je suis jalouse.




Jusqu'à midi, 0 pluie ! Nous sommes joie. On s'arrête à côté d'une rivière où quelqu'un a visiblement oublié ses pompes (je comprends pas comment c'est possible) pour faire une pause goûter. MIOM. Et c'est le retour de l'attaque des midges, alors pour une fois, je sors le headnet. Camille a oublié le sien, mais j'avoue que je crache pas sur ma combi de combat...



Camille teste son sac plastique. Et comme je vous ai spoilé, vous savez déjà que ça ne va paaaaas du touuuuuut. Elle râle un peu, en même temps elle peut : avec le sac, elle est obligée de remonter les manches du truc, ce qui fait qu'elle est trempée quand même et qu'elle a froid... En plus ça n'a strictement aucune gueule.

On reprend la marche. On a une montée de presque 300m assez raide à avaler, on décide de tout faire d'un trait et de manger une fois en haut : il sera tard, mais pas grave, une fois au col, avec le vent, on n'aura probablement moins voire pas de midges.




Ce swag, personne peut test.

La montée est raide, un peu, mais on la monte d'un coup. J'ai hyper mal au ventre, ça va pas. Les midges nous assaillent à chaque micro-pause. Il pleut. J'ai chaud. Je retire mon kaway. J'ai froid. Je le remets. J'ai chaud. Je finis par ouvrir mon kaway et me foutre d'être trempée.



On arrive en haut à 14 heures. J'me sens pas bien du tout. Camille me dit « ooooh regarde le corbeau énorme ! », je crois que j'ai du répondre un truc du genre « mh » ou alors rien du tout tellement je m'en foutais du corbeau à ce moment là. Enfin, pas que je m'en foutais, mais ça n'avait pas assez de poids pour passer au dessus de mon mal-être à ce moment. La gerbe. J'ai froid. La pause ne sera pas très longue, 10 minutes après on repart de l'autre côté pour la descente : je la sens bien, on aura déjà moins de vent en descendant. 
Et effectivement, la descente est plutôt douce et il fait bien meilleur une fois quelques mètres en bas. En plus mon mal de bide est passé, tout va beaucoup mieux d'un coup.


Mais très vite on se retrouve à nouveau dans les nuages. Ah ben la météo avait annoncé de la pluie... Je sais bien que le temps est changeant en Ecosse, mais quand les nuages sont bas, ils sont bas hein. La pluie est faible mais en continu, ce qui est assez fatigant à force. On ne voit vraiment pas loin, on devine seulement les quelques montagnes qui sont supposées nous entourer.


Certes, l'Ecosse sans brume n'a plus le même charme, il faut l'avouer... mais sinon un peu de soleil c'est bien aussi, hein... Histoire de sécher quoi. Camille est trempée et grelotte. On commence à tenir un peu le même discours qu'en Laponie et je crois que Kay va finir par me maudir avec mes destinations à la con où il fait 10°C et il flotte pendant 8 jours. Enfin, au moins cette année on s'offre le luxe de dormir au sec, bien que si on devait planter la tente, croyez nous, on le ferait hein... On a vu quelques spots ma foi très charmants...

Il est plus de 15 heures quand on s'arrête pour pique-niquer à côté d'une rivière, sous des cordes de flotte. Je fais les tartines de midges pendant que Camille se bat contre le froid, la pluie et les midges sus-cités.



Et encore, ce ne sont qu'une partie des centaines de cadavres qui nous recouvrent.

On ne s'éternise pas encore une fois, il fait froid et on se fait beaucoup trop mordre. La dernière partie du sentier se fait dans la forêt, on avance assez vite, c'est cool ! Il pleut toujours mais ma foi on finit par s'y faire... Le sentier est toujours aussi agréable je dois avouer.


Arrivons à Kinlochleven ! Yahou ! Magnifique...


Il est à peine 16h30 quand on se réfugie dans le camping / auberge. On n'a pas traîné encore, c'est cool. Et ce qui est encore plus cool, c'est qu'on est dans une chambre de deux lits, SEULES, avec salle de bain privative ! Ouaaaaaais !
On se fait un petit thé dans la cuisine hyper hightech et très bien équipée avant de partir faire quelques courses.




Je veux un dessert. On a aussi besoin de petit dej pour les deux jours à venir. Et d'un apéro, quand même. Et puis si on trouve un kaway pour Camille ça serait pomal. Que de missions pour l'équipe Nini-Kay !

Eeeeeet c'est mission accompliiiiiie ! Dans le bled il y a une supérette et un marchand de trucs de sport. Bingo ! Bon, par contre elle a pris le moins cher. 40£. Oui, c'était le moins cher... Ça allait jusqu'à 200... Mais bon, faut voir le positif, fini la cape et le poncho pourris !!





19h. Apéro. On est contentes là. L'auberge est cool, Kay a son kaway, il fait pas beau mais ça n'a plus trop d'importance. L'important, là, c'est dans 48 heures. On passe une heure à se poser des questions sur le Ben Nevis. Il se trouve que la météo (très fiable!) du site Weather Online nous indique de la pluie pour la journée du 31 juillet, journée où on a prévu de monter le Ben Nevis... Sauf que si c'est pour se taper 5 heures de montée dans la flotte, frigorifiées, à ne rien voir à part les gens qui montent avec nous, on n'en voit pas l'intérêt. Certes, c'est drôle... Une heure. Pas sept. Autant trouver un plan B. Ce qu'on s'affaire à faire, non sans un goût amer. On a quelques options du genre aller visiter des trucs à Fort William ou encore aller à Glenfinnan voir passer le Jacobite steam (le train de Harry Potter) mais FUCK. Aller voir un train passer sous la pluie ? Sérieusement ? Quelle tristesse... En plus, l'auberge où l'on arrive demain est vraiment au pied du Ben Nevis. C'est comme si on vous tendez un Magnum Almond (parce que c'est les meilleurs) et qu'une fois que vous avez les lèvres à 5 millimètres du chocolat craquant, on vous retire le truc et on vous met un Mr Freeze aux épinards à la place. Ça reste rafraichissant mais on est d'accord que le Magnum il reste en travers de la gorge ? Enfin, non pour le coup, même pas... :(
Bon. Je suis minée. Ça me va pas cette histoire. Je vais sentir un goût d'inachevé, je le sens et ça passera pas. Pendant qu'on discute de tout ça avec Camille, voilà t'y pas qu'elle pousse un petit cri qui m'interpelle : elle a cassé ses lunettes. Enfin... Non, je rectifie : ses lunettes SE SONT cassées. On ne va pas l'incriminer, elle n'a rien fait, la branche est juste... tombée comme une feuille à l'automne. Evidemment, gros pétage de câble. Faut savoir que ces lunettes lui ont coûté une blinde et que les opticiens l'ont faite revenir 4 fois pour les régler parce qu'ils sont pas capables de le faire en une fois. Et là, la branche se casse en deux. On dirait une blague. J'essaye de temporiser en lui prenant des mains avant qu'elle ne les jette dans le mur et on s'affaire à y mettre du scotch. Ouais, c'est moche. Mais bon, ça tiendra jusqu'à ce qu'on puisse acheter de la glue et réparer le truc convenablement.

Vous l'aurez compris, ce soir c'est pas la joie. Entre la nuit dernière complètement pourrie, mon mal de bide, le temps pourri et la poisse... Je nous trouve assez résistantes en terme de positive-attitude (big up Lorie … ou Raffarin) On se laisse pas miner et on continue à se marrer comme il se doit. Allez, demain 22 kms nous attendent, et sans pluie normalement... Ça réconforte !



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