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1er mars 2019


Madère, terre où tu peux PAS couper entre deux sentiers, même quand y a un sentier.

6h15, le réveil sonne. Wah, j'ai bien dormi ! Mal aux hanches, évidemment, à cause du tapis de sol. Un peu eu froid en milieu de nuit, mais j'ai connu 10 fois pire. Brr, fait pas chaud ce matin !

6h50. J'aimerais sortir petit déjeuner mais il fait encore nuit (et froid, du coup), ça m'encourage pas des masses. Du coup je bouine dans ma tente, range quelques affaires et fait mon apparition à 7h30 avec le soleil.

Il est 8 heures quand j'empaquette la tente et le reste de mes affaires, et décolle un peu avant 9 heures. Le jour est levé, s'il y a du soleil je ferai sécher mes fringues. Pour l'heure, je dois m'habiller de ma polaire mouillée et puante (oui ben hein, c'est la vie). Hors de question de mettre ma polaire du dodo, s'il y a bien des fringues que je veux garder propres, c'est celles avec lesquelles je dors !

Bon. Donc au programme du jour : faire demi tour jusqu'au PR qui remonte jusqu'à la route, faire du stop ou marcher (selon le temps qu'il me reste) jusqu'à Rabaçal, et se balader sur le chemin des 25 sources avant de camper à Rabaçal. Faisable ? FAISABLE !


9h30. J'arrive au bout du tunnel-douche infernal d'hier ! Normalement, selon ma carte, il n'y a pas d'autres choix (et je n'ai d'ailleurs pas vu d'autres failles dans la roche) : le sentier est là.



Bon, ça m'a l'air douteux cette histoire, mais j'ai pas le choix. Je m'enfonce dans ce qui ressemble plus à un éboulement qu'à un sentier jusqu'à tomber sur une petite cascade, avec à son pied, un bon mètre de flotte. CHIOTTE. Impossible de contourner, autour de moi : des falaises de plusieurs mètres de haut.



J'ai quand même beaucoup de mal à croire que c'est le sentier, mais je n'ai absolument aucune autre alternative. Je réfléchis 2 minutes, analyse l'objet en question... Ok. Il faut que je vois si je peux traverser la flotte et escalader la mini cascade, déjà sans sac. C'est parti : je me désappe, retire mes chaussures, enfile mes sandales (OH ELLES SONT UTILES). Je laisse René au sec et m'enfonce dans l'eau. La vache, c'est froid. J'ai de l'eau jusqu'à la taille. J'arrive au pied de la cascade et grimpe d'un ou deux pas... En sandales, c'est pas le top, mais je pense que ça va le faire. Vamos ! Je retraverse la flotte et retrouve René. Je fourre tout à l'intérieur du sursac et remonte les bretelles au max ainsi que la ceinture, afin que mon sac ne descende pas en dessous de ma taille (sinon il sera dans l'eau).

Me voici donc, à 10h du mat, en sous-vêtements, avec 20 kilos sur le dos, à tenter d'escalader une cascade en sandales pour rejoindre un supposé sentier dont je n'ai aucune assurance de l'existence. Je replonge dans l'eau froide... Tout se passe plutôt bien, mon sac arrive juste au-dessus de l'eau. Je marche tout doucement pour ne pas glisser, m'accroche aux herbes et autres plantes le long de la roche. Me voici au pied de la petite cascade que je vais devoir grimper. Là, ça rigole moins. Déjà sans le sac c'était faisable mais pas aisé, là faut vraiment que je fasse gaffe parce qu'en soi, je ne crains rien, par contre je n'ai AUCUNE envie que mon sac tombe dans l'eau. Quelques pas peu rassurés plus tard, me voici grimpée ! Yahouuuuu ! Heureuse Nini ! Je m'apprête à retirer mon sac et mes sandales quand...



NOOOOOOONNNNNNN WTF ??????? Une deuxième cascade m'attend, cette fois l'eau est pas tellement profonde, par contre la paroi fait ma taille les bras tendus. Et je vois pas du tout comment je vais pouvoir grimper ce truc totalement vertical, glissant et sans aucune prise avec mon sac... toujours sans être sûre de trouver un sentier de l'autre côté ! Mais NON !!! Ce temps de perdu, je suis tellement vénère ! J'essaye en vain d'escalader le niveau 2 du jeu « Climb the waterfalls ! » et me plante royalement. C'est peine perdue, je risque seulement de glisser et tremper toutes mes affaires. Oh mais c'était trop beau, je suis dégoutée.

Bon, ben j'ai plus le choix. Je dois redescendre ma putain de cascade là, rejoindre le sentier d'hier, me retaper le tunnel-douche, les 15 km qui reviennent au parking, et faire du stop jusqu'à Rabaçal.



Autant vous dire que descendre le truc, c'était bien moins rassurant que de le monter. Il s'en est fallu de peu pour que je me viande dans l'eau ! Après recherches sur internet quelques temps plus tard, visiblement, ce sentier existe vraiment et j'ai du louper son entrée... mais j'ai trouvé ceci sur internet...


Me revoilà sur la terre ferme. Me sèche, me rhabille, me remet en chemin. Je comprends vraiment pas comment j'ai pu louper le sentier, mais visiblement je l'ai loupé. Je comprends rien. J'ai perdu 2 heures et je compte bien rattraper ce temps. Mais avant, je fais un break, je me sens pas très bien, je crois tourner de l'oeil. Je m'assois, j'ai des fourmillement dans le crâne.

Bon, il est presque 11h, JE TRACE. Je me retape le tunnel d'un kilomètre, sauf que cette fois je mets le sursac de René, mon kaway, mon surpantalon et ma capuche. Une fois sortie du tunnel, je trace à 5km/H sans faire une seule pause : je veux rejoindre la route au plus vite. Ça n'en finit pas.

13h30. Je n'ai pas trainé pour faire les 12 km qui me séparaient de ma tente et me pose à la même table de pique-nique qu'hier. Repas express en compagnie de petites mésanges.


Il est 14 heures quand je repars et je compte bien couper à travers un chemin agricole pour retrouver la départementale directement, beaucoup plus court qu'en revenant au parking.
Il ne faut pas trop de temps avant que je le trouve (enfin un sentier qui existe, MERCI) et me mette à grimper dans la forêt. Wow, 300m de dénivelé, ça me casse les pattes là, c'est dur.


Une heure et demie plus tard, je rejoins une ferme et … LA ROUTE ! Oui ! Enfin ! Je fais une pause pour grignoter.


Un petit chemin de bitume m'amène en 10 minutes à peine à la ER110 qui traverse l'île par le centre. Yeah ! Pouce en l'air, j'entame les quelques 11 km qui me séparent de Rabaçal. Au bout de 5 minutes et 3 bagnoles, des hollandais s'arrêtent. Ils vont à paul do mar, donc pas jusqu'à Rabaçal et proposent de me lâcher à la jonction avec la 210, à 4 km de Rabaçal. Parfait ! Je m'installe en voiture, explique mes aventures et admire la route panoramique.
Une fois arrivés à la jonction, mon chauffeur me dit qu'ils font un détour pour m'amener jusqu'à Rabaçal... trop gentils !!! Merci !!

Ils me lâchent au parking, il est un peu plus de 16 heures. Ah bah c'est sûr que ça va beaucoup plus vite en voiture hein !! Merci merci, allez, j'ai encore de la route moi ! Finalement je m'en sors pas si mal niveau timing avec toutes ces histoires.

Je décide de rejoindre Rabaçal en faisant un détour par la levada do Paul et la cascade de Risco.




Le sentier a quelque chose de très féérique, avec des arbres qui « encadrent » le chemin. Et de temps à autre, une vue se dégage. Je me dresse sur un énorme rocher au bord du vide, et passe quelques minutes à simplement profiter de ce qui m'est offert. Aaaaah, je retrouve cette paix et cette sérénité qui bercent mes voyages... Je réalise que même si j'avais trouvé le sentier, j'en aurais probablement bien chié pour monter mes 700m de dénivelé, finalement c'est un mal pour un bien, j'aime juste pas faire demi-tour sur 15 km, ça a un côté frustrant.





Je n'ai pas le temps de faire le sentier des 25 sources, mais je prends le PR2 jusqu'à la cascade de Risco, magnifique et puissante. Le paradis ! Les nuages arrivent mais c'est par en-dessous qu'il pleut !




Je trouve pas le PR1 pour faire une boucle jusqu'au refuge de Rabaçal, du coup je reviens en sens inverse... 18h15. Hell, je suis crevée... Je me sens mal, faible encore. Mes jambes sont fébriles, je suffoque à chaque marche montée, puis c'est la descente... J'exécute chaque pas avec finesse pour ne pas tomber (dans le vide, accessoirement). J'ai l'impression que tout le poids de mon sac va m'entrainer à chaque pas descendu, j'ai des vertiges. Je mange un peu de chocolat et ça va mieux. Allez, me reste 1,5 km... C'est long, surtout quand on manque de déraper à chaque pas.
Il est 19 heures, la nuit commence à tomber, je ne suis plus très loin. J'arrive enfin à la route. J'ai des ampoules de malade à chaque talon, séance de chirurgie à l'opinel ce soir. Je croise deux allemands.
« Vous allez pas camper là, si ?
- Comment ça ? Si pourquoi ?
- Ok, cool, vous allez voir une tente, c'est la notre ! On part faire une marche nocturne, on sera de retour dans environ deux heures !
- Euh, ok ?
- A plus !

Pourquoi il me raconte sa vie lui ? On est pas potes ! D'abord, j'ai pas de pote allemand (ceci est un troll immonde, je vous l'accorde).

Brrrrr, eh bien il fait frais à 1200m ! Enfiiinnnn je suis arrivée à mon point de chute ! J'espère que les sentiers seront plus faciles à trouver par la suite, bordel ! Enfin avant de partir, je savais déjà que ce passage serait un peu délicat. Je m'en suis pas si mal sortie.

Il fait nuit quand j'installe la tente à côté des germains. Les couleurs sont sublimes.


Au refuge, il y a pas grand chose. Un café ouvert de 9 à 19h, et puis des toilettes et un lavabo. UN LAVABO ! \o/ Par contre ça pue un peu et c'est pas très propre, mais ça fera l'affaire. Deux autres allemands arrivent (ILS SONT PARTOUT), on discute. Ils sont hyper gentils ! (comme quoi.)
Ils viennent d'Encumeada, précisément là où je vais demain ! Ils me conseillent un itinéraire car je leur demande un peu l'état des sentiers et certains ont l'air fermés. Du moins, ils ne les ont pas trouvé. Dommage qu'ils se soient mis sur un autre terrain un peu plus haut (que je n'ai pas vu, sinon je m'y serai mise). Je me lave au lavabo et à la frontale, ça fait du bien d'être propre et sèche !


Oui, vous avez bien vu, il n'y a pas de porte aux toilettes.

Je suis claquée. Je me fais du riz aux champignons. Il commence à bien cailler à la nuit tombée. Je finis mon repas avec un petit thé pendant que les allemands reviennent et me racontent leur rando.

22H, je me couche. J'ai froid, déjà... Mauvais signe pour la nuit à venir ! Je me mets en mode Laponie : collants sous mon legging polaire, tête dans le duvet, fermé avec un trou 3 cm pour respirer. Où sont mes chaussettes polaiiiiiires :'(


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