Madère, terre des cascades
Réveil tranquille, me lève
vers 8h. Pas de soleil aujourd'hui, ciel couvert. Je me réjouis
d'avoir eu un temps radieux quand j'étais dans les montagnes.
Aujourd'hui je longe une levada jusqu'à une cascade, ma foi, il peut
bien pleuvioter, je reste dans la forêt …
Je lave mes fringues (marre
de puer) dans la rivière et pars vers 11 heures pour 15 petits
kilomètres jusqu'à la cascade Verde avec seulement mon sac de
pique-nique sur le dos. Un retour tout doux à la normale... Demain
sera aussi une journée soft avec un retour à la civilisation déjà
bien entamé. Ça sent la fin... Pas grand monde à mon départ.
Sentier forestier elfique très mignon.
Je prends mon temps, me
balade en musique tranquillement. Je me fais vite rattraper par des
coureurs et randonneurs bien plus pressés que moi. Je suis morose
aujourd'hui, ou bien molle, du moins.
« I'll take this soul
that's inside me now
Like a brand new friend
I'll forever know
Like a brand new friend
I'll forever know
I've got this light
And the will to show
I will always be better than before »
And the will to show
I will always be better than before »
Eddie Vedder
La musique me porte et
m'emporte. J'arrive à la-dite cascade vers 13 heures, y a foule. Je
me faufile, et m'installe de l'autre côté du sentier.
Deux types se foutent à
poil et sautent dans le lac au pied de la cascade... Mer il son fou,
c'est tellement froid !!
14 heures, je me taille de
là, y a trop de gens. Au lieu de rebrousser chemin, je continue un
peu sur le PR9, sans aller jusqu'au bout, juste pour sortir un peu du
sentier fréquenté. Je trouve un promontoire parfait pour les
suricates dans mon genre qui aiment se surélever. Un bel arc-en-ciel
me fait rester ici un moment, musique dans les oreilles. La BO de
Death Note donne un air spirituel au vide à mes pieds, aux feuilles
qui bougent au vent, à ce tout magique.
Sentiment de tristesse,
comme à chaque fin de voyage. J'irai pas plus loin je crois. Je
rentre au bivouac, je ne suis pas très déterminée aujourd'hui.
Allez, c'est pas terminé, me reste une nuit à la pointe de Sao
Laurenço, dont j'attends beaucoup. En espérant que la météo sera
avec moi …
Ça pullule. Damn it,
j'étais bien dans ma montagne, seule. Oui j'ai hurlé ma douleur et
ma fatigue, comme toujours, mais c'est ça qui est bon. Au final,
qu'importe ce qu'on trouve au bout du calvaire, on trouve toujours
une récompense : dans le paysage, la tranquillité, en
soi-même.
La difficulté du carpe
diem. Sur le moment, on se rend pas compte de combien le froid ou la
douleur ne sont rien par rapport à ce qu'on a en retour. Et une fois
que c'est terminé, on aimerait juste y être de nouveau, quitte à
souffrir encore. La difficulté, c'est de se satisfaire de l'instant
présent sans comparaison avec le futur attendu, ou le passé révolu.
Je rebrousse chemin. Les
tunnels sont bas, ça me fait penser à mes premiers tunnels le long
de la levada Ribeira da Janela. Ça me paraît si proche et si loin à
la fois. Le temps semble s'étirer et se déformer.
Il est 16 heures passées
quand je reviens à ma tente. Il se met à pleuvoir des cordes. Ça
ne s'arrête pas. Je reste dans ma tente, tout est au sec, j'ai de la
chance encore... de toute manière j'ai pas faim.







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