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3 août 2020 / Conclusion

 

6h20. Arrivée à Paris, gare routière de Bercy. J’aime pas cette gare. Elle me rappelle de très bons souvenirs de voyages ou week-end avec Camille, mais qu’est-ce que c’est dégueulasse. Vite, faut que je sorte d’ici. J’ai salement dormi, mais j’ai dormi.


9 jours plus tard, heure pour heure, me revoici dans les transports parisiens. Je rentre chez moi, je m’active : rangement, ménage, courses… Je dormirai ce soir.


Nous sommes actuellement mi-août quand je finis d’écrire ce carnet dans ma Normandie natale. Comme prévu, le retour a été difficile. J’ai ramené des pierres en forme (toute relative) de coeur et je suis allée les déposer sur la tombe de ma minette. 





C’est très étrange ici, de ne pas la voir gambader dans le jardin, d’avoir des réflexes que ni mes yeux ni mon intellect n’arrivent à effacer : se lever le matin, la chercher du regard. Faire attention à fermer les portes du garage pour qu’elle n’aille pas sur la route. Ouvrir le frigo et s’imaginer qu’elle attend sa pâté, assise au bord du buffet, se léchant les babines, oreilles tendues et yeux écarquillés. Sortir dans le jardin et penser spontanément « Il est où mon bébé ? »


Puis se souvenir. 


Revoir ma Normandie et mes parents était impératif avant de reprendre le boulot fin août. Il faudra maintenant que le corps et le coeur s’habituent, jour après jour, mois après mois. Mais la plaie ne sera jamais complètement refermée, comme pour tous les deuils, que j’ai beaucoup de mal à gérer émotionnellement.


Ce périple n’a pas été le meilleur, le plus apaisant, le plus joyeux, c’est certain. Il a été pour le moins très spécial à vivre. La Chartreuse est un beau massif, pas très haut, que je pensais bien plus facile que les Alpes. Mais finalement, la chaleur écrasante et l’important dénivelé que je ne soupçonnais pas ont rendu la marche plus fastidieuse que d’ordinaire, la mort de Xéna mise à part. (Total 76 km pour 4230m de dénivelé montant ! Qui l’eut cru !) 

Et bien sûr, il y a eu des soirées difficiles, face à moi-même et au vide. Je suis heureuse d’avoir fini mon itinéraire malgré mes envies de tout lâcher. Je ne dirais pas que ça a été thérapeutique ou cathartique, car la solitude n’était pas aussi savoureuse que d’ordinaire, et je cherchais beaucoup le contact avec mes proches. Cependant, la marche dans un espace naturel permet aussi de faire le vide : ne pas penser. C’était mon but au départ, comme à tous les treks, surtout en solitaire : être déconnectée, lâcher prise, se sentir vivre, se sentir libre. Ce but a décuplé quand mon père m’a appelé le 27 juillet : ne plus penser. Les jours passant m’ont permis de m’habituer, lentement, à cette sensation de trou béant. 


Je remercie grandement mes amis qui m’ont soutenue et m’ont motivée à continuer, lorsque j’avais trop de peine pour réfléchir à quoi que ce soit. Je remercie aussi beaucoup David, avec qui j’ai passé un super week-end et qui m’a fait revenir à la réalité en rigolant, en évacuant, en avançant. Je remercie enfin énormément mes parents, ces protecteurs indélébiles, qui ont toujours pris grand soin de moi et de mon bébé, qui lui ont offert la plus belle vie qu’elle pouvait avoir, et pour qui je crois que le choc a été encore plus dur que pour moi. J’ai souffert, oui, et je souffre encore évidemment, mais j’étais loin. Eux étaient aux premières loges. Je remercie mon père qui, je le sais, ferait n’importe quoi pour revenir en arrière, et surtout qui a eu le courage, les mots, justes et bons, pour me l’annoncer. Et je sais combien cela a été dur pour lui d’entendre mes pleurs. 


Enfin, je remercie et présente mes excuses à mon petit ange à la fourrure multicolore et aux yeux verts et perçants, qui a bercé ma vie pendant 6 années, dont l’absence sera toujours une profonde blessure, mais qui a comblé cette part de moi immuable qui a besoin de présence et d’affection animale, même si elle refusait mes bisous sur la bouche.





Mises à l'honneur par ma mère en dessins :





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